Archives mensuelles : février 2010

Alexandre Dumas, les Noirs et le star-system

Racisme ? Communautarisme ? Pour comprendre la polémique sur L’Autre Dumas, film à grand spectacle et (probablement, hélas) occasion manquée, il est bon de lire cet article de Claude Ribbe, dans Jeune Afrique.

Écrivain et historien, Ribbe se définit comme originaire de Guadeloupe et de la Creuse. Et il a consacré à Alexandre Dumas une biographie, Le Diable noir. Car l’auteur des Trois Mousquetaires et du Comte de Monte-Cristo, cet écrivain français métis dont le père était né esclave à Haïti, se définissait lui-même comme un « nègre aux cheveux crépus ». Et son teint de peau tirait plus sur le café au lait que sur les pétales de roses !

On le sait, vous me direz… Mais depuis combien de temps ? Dumas, férocement raillé et caricaturé de son vivant sur cette négritude, qu’il assumait d’ailleurs crânement, a longtemps été perçu comme un grand-écrivain-français, point, c’est tout. Et ce qui est français est universel, et ne devrait donc pas afficher de particularités raciales… Sauf blanches, mais on ne le dit pas. Bref, la mémoire d’Alexandre Dumas a été pieusement blanchie par omission.

Et encore aujourd’hui, quand des producteurs français, avec le soutien d’une chaîne de service public, financent un film sur Alexandre Dumas, non seulement le terme de « nègre » n’y est employé que pour désigner son collaborateur discret, Auguste Maquet, mais on embauche pour cela un acteur bien blanc, Gérard Depardieu.

Il faut croire que dans leur logique, seul le nom d’une méga-star dans le rôle titre pouvait permettre le succès du film, qu’ils auront sans doute à vendre à l’étranger. Et s’il n’y a pas d’acteur métis de cette envergure dans le monde du cinéma français, tant pis pour l’exactitude !

Dommage, car il aurait sans doute aussi bien été possible de trouver un acteur un peu moins connu, mais de faire le film pour moins cher. Et de rentrer quand même dans ses frais, tout en donnant à un acteur originaire des « minorités visibles », comme on dit, l’occasion de briller. Chacun ses priorités…

Mais non, Dumas sera incarné par un blond portant une perruque. Et le film, bâti sur une rivalité Dumas-Maquet montée en épingle, manquera l’occasion d’explorer les péripéties traversées par l’écrivain en raison de ses origines et de son faciès. Au lieu d’un film qui familiarise, voire réconcilie, les Français avec cette part de négritude dans leur héritage, on a un film qui fait seulement de Dumas – ô ironie ! – un « négrier » littéraire. Et en réhabilitant le collaborateur invisible du grand écrivain, on contribue à garder dans l’ombre les artistes français noirs ou métis.

Chose ironique, le réalisateur choisi pour le film, le Bayonnais Safy Nebbou, est lui-même de père algérien. Son nom et son visage ne laissent aucune illusion sur ses origines peu gauloises… Mais on dirait qu’il est plus facile pour le cinéma français – et son public – d’accepter un « sang-mêlé » derrière la caméra que devant ! Histoire de mieux s’identifier aux personnages du film, direz-vous ?

Aïe. Et voilà que ressurgit cette satanée « identité » française…

Il paraît que Gérard Depardieu « se fout d’être français ». Certains le blâmeront pour cette franchise, sans doute. Mais j’avoue, parfois, que je le comprends.

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« Mais très certainement. Mon père était un mulâtre, mon grand-père était un nègre et mon arrière-grand-père était un singe. Vous voyez, monsieur : ma famille commence où la vôtre finit. » – Alexandre Dumas père, à un fâcheux qui lui demandait s’il s’y connaissait en « nègreries ».

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Reading: Children of the Night, by Mercedes Lackey

Mercedes Lackey, Children of the Night: A Diana Tregarde Investigation, Tor Books (paperback), 2005.

This novel could be classified as urban fantasy, or dark fantasy, or paranormal romance, if you wish. However, it was first published in 1990, well before the explosion of these (sub-)genres.

On the menu tonight: love, magick, drugs and rock’n’roll…

I like Mercedes Lackey‘s easy blend of horror, humour, adventure and whatever-it-takes-to-make-the-story-go-ahead. I like her heroine, Diana Tregarde, a modern witch who writes romance novels to make a living (because being a psychic investigator doesn’t pay). And the bad guys of the story, the « psychic vampires », are genuinely scaaaary! There’s also a real (bloodsucking) vampire who’s a true gentleman and a perfect lover – no wonder. This one takes more after Chelsea Quinn Yarbro’s Saint-Germain than classic old Count Dracula, or even Anne Rice’s oh-so-byronic Lestat.

Light fare, but highly enjoyable.

Et en avant pour l’écriture

Choses que je me suis promises de faire aujourd’hui : reprendre une de mes nouvelles restées inédites et la nettoyer (si nécessaire adapter) pour l’envoyer à un appel à textes dans le domaine du fantastique. Un AT qui pourrait conduire à une publication pro, qui plus est, chez un sympathique petit éditeur indépendant.

Bon. Juste une nouvelle, pour l’instant. Sur le plan de l’écriture de fiction aussi, je sais que j’ai intérêt à progresser en douceur.

En attendant ? On peut faire pis que visiter The Unspeakable Vault (of Doom), de François Launet, dont le dernier épisode raconte une histoire (presque…) vraie sur les dangers du prosélytisme.

P.S. (le soir) : Ayé ! Mission accomplie.

Simon’s Cat : nouvelle vidéo

Bonne nouvelle pour les fans de Simon Tofield et de son fameux Simon’s Cat : il y a une nouvelle vidéo, « Snow Business », qui dépeint la découverte de la neige par le susdit chat…

(Source : Jerry Coyne, pour son « Félin du samedi ».)

Coups de griffes : Botul, BHL et un éditeur

« Nous exprimons toute notre compassion à l’égard de ce pauvre philosophe. »

Frédéric Pagès, président de l’Association Botul (ActuaLitté).

Ah, douceur de la vacherie…

Il y a de quoi se boyauter, étymologiquement parlant. Enfin, sauf pour le philosophe de l’écume et pour son éditeur, Grasset… À croire que la maison n’a plus de lecteurs ni de correcteurs capable de faire une recherche sur Wikipédia. Ou que certains auteurs, par la vertu de leur célébrité (et de leurs chiffres de ventes) sont désormais intouchables ?

Contactée par ActuaLitté, la maison Grasset a plutôt décidé de faire profil bas et de laisser au sieur Levy le soin de se justifier lui-même. assurant qu’ils ne commenteront pas cela avant que l’intéressé ne se soit manifesté.

Doit-on subodorer que les ouvrages de BHL ne sont pas correctement relus ? M. Levy osera-t-il avouer, tout comme Beigbeder, que son éditeur ne lui refuse rien ? Et ce dernier qu’il pourrait ne pas prendre la peine de faire relire les livres de son poulain ?

Tss, tss. Quel mauvais esprit.

Tiens, en parlant d’auteurs qui croient pouvoir se passer d’un regard extérieur sur leur prose immortelle, et qui sont arrivés à un tel niveau de succès que les éditeurs croient devoir leur céder : vous connaissez le syndrome d’Anne Rice ?

À la fenêtre

Février à Paris : à chaque jour suffit sa neige. Et jusqu’ici, ça tient.

Neige sur le jardin

J’avoue, j’aime la langue anglaise

Ben oui. Le billet précédent n’est pas une aberration. Et j’ai l’intention d’en publier d’autres à l’occasion. Parce que j’aime ça. Ou pour m’entraîner. Ou pour participer à une discussion sur des blogues anglophones. On verra.