Archives mensuelles : juin 2021

Pour qui est ce roman ? « Du sang sur les dunes » bientôt disponible

Temps houleux, propice à l’aventure…

(Mise à jour du 12/07/2021 : il y a eu un problème chez l’imprimeur, et je ne sais pas quand aura lieu la sortie du bouquin. Désolée. Je vous tiendrai au courant dès qu’il y a du nouveau.)

Oui, je parle de mon roman policier historique, à paraître début juillet aux éditions du 81. Et cela se précise. La page Amazon du bouquin offre maintenant la précommande (en se trompant bizarrement sur la date, ça ne fait pas très sérieux). Cultura se débrouille mieux, ainsi que Gibert. Et de toute façon, il devrait très bientôt être physiquement en librairies, ça ne devrait plus tarder à présent.

Mais au fait, à quel public est destiné ce livre ? Roman policier, c’est un domaine fort vaste, après tout.

En guise de réponse, une petite anecdote. Courant 2019, alors que j’étais en pleine rédaction de mon roman historique Tous les Accidents, je participais à un groupe d’écriture où chacun lisait et commentait les travaux des autres. L’une des participantes m’a un jour demandé : « Mais dans ce roman, tu t’intéresses à la reconstitution historique ou à la vie des personnages et à leurs relations ? » La réponse que j’ai faite alors, et que je pourrais redire à présent, était : « Aux deux ! »

J’aime bien les romans historiques pour la plongée qu’ils offrent dans un monde différent, aussi étranger que bien des univers de science-fiction. Et en même temps, c’est un univers qui ne nous est pas tout à fait étranger, puisque nous en sommes issus. Ici, on parle de la France de 1805, quand Napoléon était déjà empereur et entretenait encore le rêve d’envahir l’Angleterre. La Révolution avait accouché d’une étrange monarchie qui ne disait pas son nom, le progrès scientifique était illustré par des inventions telles que le télégraphe optique, la vaccination, la machine à vapeur et les ballons captifs. Mais on continuait de dépendre de la météo pour les récoltes, et la France utilisait sa puissance militaire pour s’enrichir aux dépends de ses voisins, que soient les vaincus ou des alliés (Italie, Espagne, Hollande) à qui on réclame de lourdes contributions. Un monde plein de contrastes, où bien des aventures individuelles sont possibles.

D’un autre côté, j’aime bien suivre le cheminement émotionnel des personnages, les relations qu’ils entretiennent entre eux. Mon héros détective ici n’est pas seul, mais entouré d’amis et anciens camarades, de parents et connaissances… On a toute une petite galaxie d’individus, hommes et femmes, avec chacun leur passé, leurs désirs, leurs objectifs dans la vie ou leurs craintes pour le passé. Des parents s’inquiètent pour la santé de leur enfant, une jeune femme pour celle de son fiancé ; des militaires noirs essayent d’échapper aux mesures discriminatoires de l’Empire ; des armateurs tentent l’aventure en finançant des bateaux corsaires ; une ancienne cantinière conseille les collègues plus jeunes d’après son expérience ; un officier tente de sonder le cœur d’un camarade dont il est épris…

Et bien plus, à découvrir dans le roman Du sang dans les dunes. Dans toutes les bonnes librairies, etc.

(Aussi publié sur mon Substack.)

Mon roman Du sang sur les dunes, à paraître aux Éditions du 81 !

Couverture du roman "Du sang sur les dunes". Illustration : des bateaux à voile anciens, sur une mer démontée, et un bandeau rouge en haut et en bas.
Temps houleux annoncé ! Surtout pour mes personnages…

(Mise à jour du 12/07/2021 : il y a eu un problème chez l’imprimeur, et je ne sais pas quand aura lieu la sortie du bouquin. Désolée. Je vous tiendrai au courant dès qu’il y a du nouveau.)

Vous savez, le roman que j’ai commencé le 1er juin 2020, au sortir du 1er confinement, et dont j’ai à plusieurs reprises évoqué ici les thèmes et surtout les personnages ? Eh bien, il devrait bientôt voir le jours aux éditions du 81, dans leur collection « Romans noirs historiques ». Le titre : Du sang sur les dunes. Tout un programme.

De quoi s’agit-il ? Selon la 4e de couverture :

« À l’été 1805, le capitaine Antoine Dargent enquête sur la mort mystérieuse d’un ingénieur à Calais, en marge de l’immense armée réunie par Napoléon pour attaquer l’Angleterre. Quand il réalise que les plans de l’ingénieur concernaient un nouveau type d’arme capable de briser la supériorité maritime des Britanniques, il doit rapidement reconstituer les papiers manquants avant d’être lui-même victime d’agents anglais prêts à tout pour tuer dans l’œuf une telle invention… Découvrez ce polar historique passionnant au suspens insoutenable qui vous emmène au cœur des dunes et des complots. »

Une bonne lecture d’évasion, en somme. Plus qu’à espérer que beaucoup de lectrices et de lecteurs seront de cet avis. Et n’hésitez pas à jeter un œil aux autres titres de l’éditeur : des polars historiques situés à Venise au XVIIIe siècle, de quoi voyager sans souci de certificat sanitaire.

N.B. Précision sur la date de parution : cela aurait dû être le 11 juin, et c’est celle qui figure sur la page Amazon du bouquin, sur celle de la Fnac, etc. Mais un problème technique a obligé à la décaler à début juillet. Je vous tiendrai au courant dès que j’aurai la date précise. En attendant, il n’est pas interdit d’en parler à vos libraires favoris. Plus il y aura d’intérêt pour le livre, et plus tôt, mieux ce sera.

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La lecture, grande cause nationale – ne boudons pas les bonnes nouvelles !

Un chaton vautré au milieu des livres.
Mon rêve ! Mais évidemment, pas celui de tout le monde.

Je vais être franche : quand il s’agit de lecture, je ne suis pas du tout désintéressée. Après tout, j’essaie de trouver un lectorat, tant ici, en ligne, que par des canaux plus traditionnels ! Pour que je sois lue, encore faut-il que les gens lisent.

Donc je suis très contente de la décision du président de faire de la lecture une « grande cause nationale » pour la période allant de l’été 2021 à l’été 2022. Mais pas seulement à mon petit niveau égoïste. Il y a d’autres raisons de s’inquiéter du devenir de la lecture en France et de vouloir faire des efforts pour l’encourager, d’une part comme art de vivre, d’autre part comme outil indispensable à l’exercice des droits de citoyen, voire à la vie quotidienne, tout simplement.

Il y a par exemple beaucoup de gens, quel que soit leur degré d’éducation, qui ne consomment quasiment plus de fiction sous forme écrite – surtout des adultes, car les enfants et ados lisent encore. L’audiovisuel à volonté des Netflix, Amazon Prime et compagnie occupe le temps de loisir et est calibré (de façon tout à fait volontaire) pour être addictif à un point qu’il sera toujours difficile pour l’écrit de ne serait-ce qu’approcher. Manque de goût, manque de temps, aversion à l’effort ? Lire demande un certain entraînement, c’est incontournable, et pas seulement pour déchiffrer : il y a tout un travail d’élaboration cérébrale, de création d’images mentales à partir des mots… D’ailleurs il existe des gens qui en sont incapables à cause d’un dysfonctionnement du cerveau, l’aphantasie. Pour eux, l’image est indispensable afin de pouvoir profiter d’une histoire.

Mais ce n’est pas le cas de la majorité des non-lecteurs, bien sûr. On est plus dans un schéma de déshabituation : après la fin de la scolarité, on cesse d’être obligé de fréquenter quotidiennement les livres, et comme ceux-ci restent associés aux devoirs et examens, on se tourne vers des loisirs qui ne demandent plus de lire, ou du moins de lire de façon suivie et attentive le même texte pendant un moment. Car dans le même temps, ces non-lecteurs sont des usagers des réseaux sociaux, de jeux vidéos et autres activités qui requièrent un peu de lecture et/ou d’écriture, au moins de façon ponctuelle.

C’est bien différent des 7% de gens qui sont réellement illettrés, qui ne déchiffrent qu’avec effort et pour qui se débrouiller dans un monde où l’écrit est partout est déjà une galère. On n’y pense pas, mais parfois un incident nous rappelle cette vérité : une vieille dame, au supermarché, qui demande timidement qu’on lui lise une étiquette pour être certaine que telle marque ne contient pas tel produit auquel elle est allergique ; tel usager, au guichet d’administration, qui commence par demander qu’on lui explique le formulaire, et au final on doit le remplir pour lui. Tout ça avec pas mal de gêne et de dignité. Bien entendu, quand on a autant de mal avec l’écrit, on ne passe pas ses loisirs avec des livres…

L’initiative du président va bien sûr dans le sens d’une promotion de la lecture, pour encourager les gens qui le peuvent à ne pas fuir après la fin des études, à trouver du plaisir dans la fréquentation des livres, dont l’immense diversité est déjà un gage que chacun peut trouver des titres à son goût. Et je n’excluerai pas les bédés et les mangas : texte et images sont là complémentaires, c’est une dimension de plus pour l’écrit.

Mais j’espère bien qu’on pensera aussi à ceux qui ont décroché, et qu’il y aura des dispositifs pour les aider à dépasser le blocage de l’illettrisme. Idéalement, il faudrait aussi changer là-dessus le regard de la société. C’est aujourd’hui pris comme une honte de ne pas savoir lire, ou du moins une aberration dont les gens ne parlent pas. Pourtant, si on veut les aider à « raccrocher », on pourrait imaginer des supports spécifiques, des livres spécialement édités et présentés. Usage de polices typographiques adaptées aux dyslexiques, gros caractères, textes courts ou assez simples pour des lecteurs « faux débutants », en imitation de ce qui se fait pour l’apprentissage des langues… Et bien sûr le couplage livre écrit avec version audio : on peut imaginer dans le livre un code QR à scanner pour télécharger le fichier audio.

Ce sont des pistes, mais pas les seules. L’important, c’est de penser qu’il y a des gens pour qui la lecture est encore un continent inconnu, et d’essayer de les aider à s’en rapprocher. Au final, ce sera peut-être plus simple que de convaincre les habitués de Netflix de consommer aussi de la prose.

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Vaccinée, libérée ! Mes aventures pour une piqûre

SARS-CoV-2, portrait de virus. (Source : CDC.) En rouge, la désormais fameuse protéine Spike qui se lie aux cellules à infecter.

Comme beaucoup de monde, j’ai vécu les différentes étapes de la pandémie en serrant les dents, sachant que je faisais partie des personnes qui ont un risque de développer un Covid sévère. Pas exactement riant comme perspective. Au printemps 2020, j’ai bénéficié d’une autorisation d’absence à ce titre, et parce que le télétravail n’était pas adapté à mon cas. La rançon d’être fonctionnaire de guichet. Mais je suis reconnaissante pour cette autorisation accordée rapidement et sans histoire par l’administration.

Je suis donc restée chez moi en avril 2020, temps que j’ai mis à profit en écrivant une série de science-fiction pour Rocambole. Mais si, vous vous souvenez : c’était L’Interprète, déjà une histoire policière, cette fois dans un futur pas très éloigné. Au passage, gros coup de chapeau à l’entreprise, qui s’est pris dans les dents le coronavirus au moment où ils lançaient leur nouvelle formule et ont tout de suite rebondi en s’organisant pour travailler à distance, tout en lançant de nouveaux titres et en mettant les textes en accès gratuit pour la durée du confinement (les auteurs ayant été consultés bien sûr).

À l’automne 2020, toutefois, lors du second confinement, je n’ai pas cherché à bénéficier d’une nouvelle autorisation d’absence. J’aurais sans doute pu, mais ça ne me souriait absolument pas. J’ai beau apprécier la solitude, il y a un moment où cela pèse. Et puis on avait désormais des masques, du gel, et une bonne connaissance des mécanismes de transmission du virus. Aller travailler était donc un risque calculé.

N’empêche, quand les vaccins ont commencé à arriver, je n’ai eu qu’une hâte : pouvoir enfin en bénéficier. C’est ainsi que lorsque, courant février 2021, le ministre de la Santé a annoncé que les personnes de 50 ans et plus avec une affection les mettant à risque de Covid grave pourraient se faire vacciner chez leur médecin généraliste avec le vaccin AstraZeneca (qui peut être stocké dans un frigo ordinaire, ce qui simplifie son emploi), j’ai sauté sur l’occasion. J’ai eu ma première injection le 6 mars, après avoir été sur des charbons ardents pendant quelques jours : mon médecin partait à ce moment-là en vacances et j’ai eu un peu de mal à joindre son remplaçant. Mais au final, ça s’est fait et j’ai pu pousser un premier ouf de soulagement. Ce n’était pas une protection complète, bien sûr, mais c’était mieux que rien. Et je n’ai même pas eu d’effets secondaires embêtants.

Vous connaissez la suite de l’histoire : les informations sur des accidents de coagulation rares mais graves chez des patients jeunes, la décision de réserver ce vaccin aux plus de 54 ans… Ah zut, et ceux qui avaient déjà eu la première injection mais pas la seconde ?

Cela se passait courant mars. Mon rappel de vaccination, selon l’information donnée par le toubib, devait avoir lieu en mai, soit entre 9 et 12 semaines après la première injection. J’ai donc attendu, plus que jamais sur les charbons ardents. Et heureusement que j’avais de quoi m’occuper, n’étant pas plus confinée qu’en novembre.

Je n’ai pas eu à me poser longtemps des questions. En avril, nouveau communiqué du ministère de la Santé : les gens qui avaient eu une première injection AstraZeneca et ne pouvaient bénéficier d’une deuxième en raison de leur âge pourraient à la place recevoir une dose de l’un des vaccins à ARN messager, Moderna ou Pfizer/BioNTech, à la date normalement prévue.

Un panachage, donc, qui d’après les données recueillies au Royaume-Uni (qui a commencé avant et a donc un peu essuyé les plâtres) est efficace. Pas de problème pour moi, d’autant que j’avoue être en admiration devant la technologie des vaccins à ARNm, et à l’élégance d’une telle invention. N’injecter que l’ARN permet notamment d’avoir un vaccin extrêmement pur, ce qui réduit les risques d’effets secondaires.

Qu’à cela ne tienne : j’ai donc cherché sur sante.fr un créneau de vaccination dans la période qu’on m’avait indiqué, entre le 8 et le 29 mai…

C’est là que je découvre à quel point les places sont chères. Dans l’absolu, ce n’est pas une mauvaise chose : ça montre que les gens veulent être protégés ! Mais je finis par trouver un créneau le samedi 15 mai, et dans un centre de mon quartier. Du moins je pense avoir trouvé. En recevant mon courriel de confirmation, cependant, je vois la mention : « la seconde injection doit se faire dans le même centre que la première ». Zut alors, ils ne sont pas au courant pour AstraZeneca ? Ou bien ils n’ont juste pas mis à jour leur message ?

Tant pis, pour en avoir le cœur net, je leur téléphone. Ce n’était pas une mauvaise chose, car j’apprends (on est alors fin avril) qu’il n’y a pas de problème pour ça, mais que la deuxième injection doit obligatoirement être faite 12 semaines après la première, avec une tolérance d’un jour en plus ou en moins, mais c’est tout.

Retour à la case départ. Le rendez-vous du 15 mai est annulé, et je dois chercher un créneau pour fin mai, impérativement. Ah non, désolée, ce centre ne donne de rendez-vous que quinze jours à l’avance, rappelez plus tard.

Soit. Je suis retournée à Internet, et trouvé le site https://vitemadose.covidtracker.fr/ qui était alors assez récent mais déjà d’une efficacité magistrale. Et c’est grâce à lui que j’ai trouvé un autre centre à Paris qui avait un créneau libre pour le bon jour, le bon vaccin et le bon public (certains centres étant réservés au personnel soignant ou aux plus de 60 ans). Et là j’ai croisé les doigts pour pas attraper le virus avant.

Quinze jours plus tard, je reçois un appel du centre de mon quartier : ils me proposent un rendez-vous pour le vaccin. C’est très gentil, je leur ai répondu, mais j’ai déjà trouvé, merci.

Et en effet, le 29 mai sans faute, je suis passée à travers la mécanique bien huilée du centre de vaccination. Vérification du nom et de la carte Vitale, attente, questionnaire sur mes antécédents médicaux, attente, piqûre (au bras gauche pour les droitiers), attente, et enfin délivrance du joli QR-code qui me permet de rentrer chez moi tranquille.

Le lendemain, j’ai le haut du bras sensible, mais trois fois rien. C’est la preuve que l’ARNm fait son travail, et mes cellules le leur : elles fabriquent des protéines d’enveloppe de virus. Et mon système immunitaire aura ainsi les outils nécessaires pour reconnaître très vite le vilain SARS-Cov-2 s’il se montre dans les parages, et pour l’estourbir avant qu’il ait pu faire des dégâts.

Alors, ce n’est pas la folie, bien sûr, je continue à porter le masque dans les transports en commun et au travail jusqu’à ordre contraire, mais je me sens déjà plus tranquille quand je suis à côté de gens qui le portent mal ou l’enlèvent à tout bout de champ.

Je vous laisse avec une chanson qui rappellera des souvenirs aux geeks dans mon genre. Ah, les temps déjà lointains de fin 2020…

(Aussi publié sur Substack.)