Archives mensuelles : décembre 2010

Roman: L’Héritier du Tigre, chapitre 18

Dernier jour de l’année… Mais pas encore le dernier chapitre! C’est le numéro 18, et il y en a encore 6 après celui-là. Bonne lecture. Et comme toujours, ce texte est gratuit, mais il n’est pas interdit d’utiliser Flattr pour marquer son appréciation.

Rappelons que pour convertir rapidement cette page en un fichier au format epub, on peut conseiller par exemple DotEpub, très simple et gratuit. (Si vous êtes à la recherche d’un outil plus complet, allez voir du côté de Calibre, qui permet de transformer n’importe quel fichier HTML en epub.)

Enfin, pour la liste complète des épisodes déjà publiés, c’est par ici.

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L’Héritier du tigre

Roman

par Irène Delse

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Première publication : éditions Le Navire en Pleine Ville,
Saint-Hippolyte-du-Fort (France), mai 2006.

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Présente édition publiée sous licence Creative Commons 2.0 (France)
BY-NC-SA (Paternité, Non commercial, Partage à l’identique)

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Chapitre 18 : La ville du fleuve

Comme leurs ailes sont grandes, pensai-je. Si je pouvais partir avec l’un d’eux, nous serions à Shalin-Yari en un battement de cœur…

Dans la brise, des formes légères dansaient sur le fleuve comme un rassemblement d’oiseaux de toutes les couleurs. Mais ce n’étaient que des bateaux : les nefs et les gabares du grand commerce continental sur le fleuve Shenran. De Tyendri, sur les Marches du Nord, à Tsilkansa, capitale du royaume ; ou de Katò, la ville des steppes, dans l’Ouest, jusqu’au grand port maritime de Tamna-Rora, à plus de mille lieues vers le sud, toutes les richesses de Lizil devaient passer devant ces rives, traversant les Dix-Provinces par les chemins de l’eau.

Moi qui, de ma vie, n’avais jamais vu autant de navires, ni d’aussi beaux, je sentis mon cœur s’enflammer. Qui pourrait encore vouloir marcher quand le fleuve offrait de tels vaisseaux ?

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Pourquoi il ne faut pas laisser dans les codes les lois obsolètes

Vous avez entendu parler de cette affaire, j’espère? Ces parents qui ont pu faire annuler le mariage de leur fils (qui, à trente ans, devait pourtant se croire adulte…) avec sa fiancée chinoise, en utilisant une loi millésimée de 1803. Vous avez bien le bonjour du Code Napoléon!

«Après avoir accusé Mandy de se marier pour obtenir des papiers, ils l’accusent désormais d’être une espionne au service du gouvernement chinois»

Charmant. J’imagine que cela va jeter un froid pendant le réveillon…

Cela dit, au-delà des relents de vieux racisme (le péril jaune, vous savez…) et d’affaires de famille bien épaisses, il y a une leçon à retenir de cette histoire.

Deux leçons, même. D’une part, que la soi-disant Patrie-des-Droits-de-l’Homme™ ferait bien de balayer devant sa porte en matière de droits humains et de lois scélérates avant d’essayer de faire la morale aux autres. D’accord, en la matière, on fait mieux que, disons, le Pakistan. Mais il faudrait peut-être songer à ne pas s’endormir sur nos petits lauriers, hmm?

D’autre part, c’est encore un cas où un peu de logique aurait permis d’éviter le drame. Et dans ce cas, d’une logique qui devrait crever les yeux du premier écrivain ou storyteller venu.

La logique narrative. Je pense à l’exemple qu’utilise l’écrivain de SF canadien Cory Doctorow pour critiquer les lois « anti-piratage » du genre Hadopi:

Read your Chekhov, people: the gun on the mantelpiece in act one will go off in act three. Allowing the MPAA to get SOC in your set-top box but « never planning on using it » is like buying a freezer full of chocolate ice-cream and never planning on eating it.

Traduction rapide:

« Relisez Tchékov, les gars: le fusil suspendu au-dessus de la cheminée, dans l’acte I, servira à tirer sur quelqu’un dans l’acte III. Permettre à l’industrie du cinéma d’installer un dispositif de contrôle dans votre récepteur télé mais « sans aucune intention de l’utiliser » c’est comme d’acheter tout un freezer de glaces au chocolat « sans aucune intention » de les manger! »

Pour les lois sur le mariage, c’est pareil. Tant qu’elles sont dans les codes, c’est pour qu’on les utilise. Et si on veut éviter les coups de feu, on enlève le fusil de dessus la cheminée.

P.S. Un commentaire m’apprend que Maître Eolas avait fait un billet là-dessus en novembre dernier pour expliciter le contexte juridique de cette loi, mais sans nous apprendre grand-chose sur le fond. (Et sa conclusion me semble un peu courte, pour quelqu’un qui peste régulièrement contre la façon dont les lois sont rédigées…)

Roman: L’Héritier du Tigre, chapitre 17

Problèmes d’Internet en série, ce soir… L’ordinateur et le FAI se sont ligués pour me casser les pieds, on dirait! Mais ce n’est pas ça qui m’empêchera de poster un chapitre ce soir. Non, mais.

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L’Héritier du tigre

Roman

par Irène Delse

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Première publication : éditions Le Navire en Pleine Ville,
Saint-Hippolyte-du-Fort (France), mai 2006.

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Présente édition publiée sous licence Creative Commons 2.0 (France)
BY-NC-SA (Paternité, Non commercial, Partage à l’identique)

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Chapitre 17 : Au fil de l’eau

La barque de roseaux glissait silencieusement sur l’eau noire. Le mince croissant de la première lune bordait de cernes d’argent les rides qui naissaient de l’étrave. Tzennkald ramait lentement, sans à-coups, plongeant sa pagaie d’un mouvement souple et la relevant doucement, sans la sortir tout à fait de l’eau. Ainsi avons-nous pris secrètement la direction de la rivière, quittant le village sans un bruit, sans témoins.

Neïvrann, notre hôtesse d’un jour, nous avait fourni des vivres en surcroît du peu qui nous restait : surtout des fruits secs, noix et noisettes, prunes et abricots ; avec quelques galettes et du poisson séché, fumé au-dessus de l’âtre, comme c’est la coutume en ces régions.

Pour compléter les préparatifs, Tzennkald avait rempli sa gourde au puits, dédaignant l’eau brunâtre de la rivière. Il fit de même avec une outre, cadeau de Neïvrann. Il m’avait sans un mot lancé la gourde et calé l’outre au fond de la barque. Le temps pour lui de chuchoter un dernier mot d’adieu à la femme-montagne, et bientôt nous fûmes partis, poussant à l’eau sans encombre la légère embarcation. Nous avons mis à la rame en silence, laissant derrière nous le village endormi.

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Première neige pour… trois tigres de Sibérie

Parce que certains jours, on a tous besoin de vidéos débordantes à ras bords de l’élément adorable

Les bambins sont de jeunes Tigres de l’Amour (alias Tigres de Sibérie) nés au zoo du Bronx, à New York, et qui découvrent la neige pour la première fois.

Commentaire du biologiste Jerry Coyne (du blogue Why Evolution Is True, où j’ai piqué – sans vergogne aucune – cette vidéo): cette variété de tigre a manifestement développé au cours de son évolution les gènes nécessaires pour bien tolérer la neige… mais pas les gènes pour en avoir une connaissance innée! Et ces trois-là font comme tous les bébés mammifères du monde: ils jouent avec la nouveauté afin de mieux l’explorer.

Roman: L’Héritier du Tigre, chapitre 16

Pas le temps de faire des billets (pour cause de real life bien chargée), mais je n’oublie pas le feuilleton! Comme toujours, ce texte est gratuit, mais il n’est pas interdit d’utiliser Flattr pour marquer son appréciation.

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L’Héritier du tigre

Roman

par Irène Delse

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Première publication : éditions Le Navire en Pleine Ville,
Saint-Hippolyte-du-Fort (France), mai 2006.

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Présente édition publiée sous licence Creative Commons 2.0 (France)
BY-NC-SA (Paternité, Non commercial, Partage à l’identique)

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Chapitre 16 : Les mains noires

Cheminant parmi les grands arbres, nous finîmes au bout de quelques jours par atteindre l’orée du bois, à mi-pente d’un coteau.

Là était un village, tapi dans la courbe d’une rivière en contrebas. La lumière se reflétait sur l’eau clapotante comme des milliers de pièces d’or. Parmi les huttes de roseaux se dressaient d’étranges cuves et échafauds. Des lambeaux informes, rougeâtres, pendaient et frémissaient au vent. Les Knas qui s’affairaient là semblaient trempés de sang frais des pieds à la tête.

Les incidents des jours passés m’avaient rendu nerveux. Je me suis arrêté net, prêt à disparaître en un instant sous le couvert des chênes. Mais Tzennkald ricana et me poussa devant lui d’une bourrade. Je serrai les poings. Baissant la tête, j’assurai à nouveau le sac sur mon épaule et, maudissant intérieurement le Krobor, je descendis avec lui vers les huttes sanglantes.

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Roman: L’Héritier du Tigre, chapitre 15

Mais oui, pendant la trêve des confiseurs (enfin, pour ce qu’il en est), le feuilleton continue! Comme toujours, ce texte est gratuit, mais il n’est pas interdit d’utiliser Flattr pour marquer son appréciation.

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L’Héritier du tigre

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Saint-Hippolyte-du-Fort (France), mai 2006.

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Chapitre 15 : Au cœur de la forêt

Plus le temps passait, plus Tzennkald devenait nerveux. Je savais bien que je le retardais, malgré tous mes efforts.

C’est pour cela, je pense, qu’il prit le risque de revenir sur le chemin principal, qui traversait la forêt d’ouest en est. Ce n’était guère qu’un sentier, à vrai dire, à peine assez large pour laisser deux Knas marcher de front ; mais il était plat et dégagé, sans les troncs morts ni les ronces qui nous avaient jusqu’ici entravés. Nul n’y était passé récemment, à en croire les signes. On pouvait seulement distinguer çà et là quelques vieilles marques de pas et de sabots.

Mais elles devaient dater du dernier orage qui avait détrempé la terre du sentier. Celle-ci était sèche à présent, dure comme la pierre. Tant mieux. Au moins n’allions-nous pas laisser d’empreintes à notre tour.

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Roman: L’Héritier du Tigre, chapitre 14

Non, non, je n’oublie pas! Voici le chapitre 14 de L’Héritier du Tigre, tout frais. Comme toujours, ce texte est gratuit, mais il n’est pas interdit d’utiliser Flattr pour marquer son appréciation.

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Chapitre 14 : Les fugitifs

Le cœur serré, je regardai les taillis où avaient disparu les soldats. J’étais un peu inquiet moi-même. Que ferions-nous si les Satyissinsha avaient prévu ce genre de diversion et postaient des embuscades sur chaque itinéraire ?

Tzennkald secoua la tête, sentant mon trouble.

— Le commandant du fort n’a aucune raison de soupçonner que nous voyions dans son jeu, dit-il. Ne vous tracassez donc pas !

J’en étais moins sûr. Avec un tel enjeu, et des risques aussi grands s’il était découvert, le félon ne pouvait se permettre d’échouer. C’était trop espérer que de croire qu’il s’en tiendrait à des demi-mesures ! Mais d’un regard glaçant, Tzennkald me fit taire. Je compris qu’il s’attendait lui aussi à des difficultés sur la route, mais qu’il n’avait pas eu l’intention de le laisser deviner aux soldats. S’ils l’avaient su, ceux-ci l’auraient sans doute abattu sur-le-champ.

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