Archives de Tag: Livres

Pas de panique

Je découvre comme vous que la date de parution de Mort d’une Merveilleuse et de L’Odyssée de l’impératrice (tome 2 d’Augusta Helena) a beau être venue, les librairies en ligne affichent ces ouvrages « en rupture de stock », ce qui doit vouloir dire qu’il y a un problème du côté de l’imprimeur, ou du distributeur, ou des deux…

La maison d’édition est prévenue. J’espère sincèrement que tout cela sera vite réparé, et que les bouquins pourront bientôt aller à la rencontre de leur public.

Wait and see.

Mort d’une merveilleuse : nouvelle date de parution en novembre, désolée du retard

Changement de programme : ce n’est plus pour octobre, comme un précédent billet l’annonçait, mais pour novembre.

Oui, je sais, il y avait eu le même gag l’an dernier… Mais on n’y peut rien, le monde de l’édition n’a pas changé substantiellement entre temps. Donc Mort d’une Merveilleuse paraîtra finalement le 18 novembre.

La mauvaise nouvelle, c’est que vous aurez un peu plus longtemps à attendre. La bonne (pour moi), c’est que cela laisse plus de temps pour parler du livre. Je croise les doigts.

Le colibri, les tourterelles et les mythes

J’ai trouvé sur la page de l’Afis un article qui partait à la recherche des origines du fameux « conte amérindien » du colibri cher à Pierre Rabhi… Et qui ne trouvait pas grand-chose. Normal : ce n’est pas un mythe issu d’Amérique du Sud !

Par contre, cela ressemble beaucoup à une anecdote littéraire chinoise classique, mentionnée notamment par Simon Leys dans son ouvrage La Forêt en feu. Dans cette version, ce sont des palombes qui tentent d’éteindre l’incendie, et la morale est bien plus sombre : les oiseaux se rendent compte que leur tentative est désespérée et qu’ils se battent pour une cause perdue.

Ce qui change pas mal de choses.

La lecture, grande cause nationale – ne boudons pas les bonnes nouvelles !

Un chaton vautré au milieu des livres.
Mon rêve ! Mais évidemment, pas celui de tout le monde.

Je vais être franche : quand il s’agit de lecture, je ne suis pas du tout désintéressée. Après tout, j’essaie de trouver un lectorat, tant ici, en ligne, que par des canaux plus traditionnels ! Pour que je sois lue, encore faut-il que les gens lisent.

Donc je suis très contente de la décision du président de faire de la lecture une « grande cause nationale » pour la période allant de l’été 2021 à l’été 2022. Mais pas seulement à mon petit niveau égoïste. Il y a d’autres raisons de s’inquiéter du devenir de la lecture en France et de vouloir faire des efforts pour l’encourager, d’une part comme art de vivre, d’autre part comme outil indispensable à l’exercice des droits de citoyen, voire à la vie quotidienne, tout simplement.

Il y a par exemple beaucoup de gens, quel que soit leur degré d’éducation, qui ne consomment quasiment plus de fiction sous forme écrite – surtout des adultes, car les enfants et ados lisent encore. L’audiovisuel à volonté des Netflix, Amazon Prime et compagnie occupe le temps de loisir et est calibré (de façon tout à fait volontaire) pour être addictif à un point qu’il sera toujours difficile pour l’écrit de ne serait-ce qu’approcher. Manque de goût, manque de temps, aversion à l’effort ? Lire demande un certain entraînement, c’est incontournable, et pas seulement pour déchiffrer : il y a tout un travail d’élaboration cérébrale, de création d’images mentales à partir des mots… D’ailleurs il existe des gens qui en sont incapables à cause d’un dysfonctionnement du cerveau, l’aphantasie. Pour eux, l’image est indispensable afin de pouvoir profiter d’une histoire.

Mais ce n’est pas le cas de la majorité des non-lecteurs, bien sûr. On est plus dans un schéma de déshabituation : après la fin de la scolarité, on cesse d’être obligé de fréquenter quotidiennement les livres, et comme ceux-ci restent associés aux devoirs et examens, on se tourne vers des loisirs qui ne demandent plus de lire, ou du moins de lire de façon suivie et attentive le même texte pendant un moment. Car dans le même temps, ces non-lecteurs sont des usagers des réseaux sociaux, de jeux vidéos et autres activités qui requièrent un peu de lecture et/ou d’écriture, au moins de façon ponctuelle.

C’est bien différent des 7% de gens qui sont réellement illettrés, qui ne déchiffrent qu’avec effort et pour qui se débrouiller dans un monde où l’écrit est partout est déjà une galère. On n’y pense pas, mais parfois un incident nous rappelle cette vérité : une vieille dame, au supermarché, qui demande timidement qu’on lui lise une étiquette pour être certaine que telle marque ne contient pas tel produit auquel elle est allergique ; tel usager, au guichet d’administration, qui commence par demander qu’on lui explique le formulaire, et au final on doit le remplir pour lui. Tout ça avec pas mal de gêne et de dignité. Bien entendu, quand on a autant de mal avec l’écrit, on ne passe pas ses loisirs avec des livres…

L’initiative du président va bien sûr dans le sens d’une promotion de la lecture, pour encourager les gens qui le peuvent à ne pas fuir après la fin des études, à trouver du plaisir dans la fréquentation des livres, dont l’immense diversité est déjà un gage que chacun peut trouver des titres à son goût. Et je n’excluerai pas les bédés et les mangas : texte et images sont là complémentaires, c’est une dimension de plus pour l’écrit.

Mais j’espère bien qu’on pensera aussi à ceux qui ont décroché, et qu’il y aura des dispositifs pour les aider à dépasser le blocage de l’illettrisme. Idéalement, il faudrait aussi changer là-dessus le regard de la société. C’est aujourd’hui pris comme une honte de ne pas savoir lire, ou du moins une aberration dont les gens ne parlent pas. Pourtant, si on veut les aider à « raccrocher », on pourrait imaginer des supports spécifiques, des livres spécialement édités et présentés. Usage de polices typographiques adaptées aux dyslexiques, gros caractères, textes courts ou assez simples pour des lecteurs « faux débutants », en imitation de ce qui se fait pour l’apprentissage des langues… Et bien sûr le couplage livre écrit avec version audio : on peut imaginer dans le livre un code QR à scanner pour télécharger le fichier audio.

Ce sont des pistes, mais pas les seules. L’important, c’est de penser qu’il y a des gens pour qui la lecture est encore un continent inconnu, et d’essayer de les aider à s’en rapprocher. Au final, ce sera peut-être plus simple que de convaincre les habitués de Netflix de consommer aussi de la prose.

(Également publié sur Substack.)

Alertez les auteurs : vos indisponibles ne le sont pas pour tout le monde ! #ReLIRE

Petit message que font passer en ce moment plusieurs auteurs et petits éditeurs (Jean-Claude Dunyach sur les forums de science-fiction et fantasy, François Bon sur son blog), et qui mérite d’être répété : toute personne qui publie ou a publié au moins un livre diffusé sur le marché français a intérêt à faire au plus vite un petit tour du côté du Registre des Livres Indisponibles en Réédition Électronique (ReLIRE) de la BNF et vérifier si ses œuvres y figurent…

Si c’est le cas, congratulations : vous avez 6 mois (c’est la loi) pour vous opposer à « l’entrée en gestion collective agréée », c’est-à-dire pour éviter de perdre votre droit à rééditer (ou non) ces œuvres en numérique et à les gérer vous-même, ou à confier ce droit à l’éditeur de votre choix.

Et encore, bien heureux si le registre ne contient pas vos titres à tort ! Bien que cette loi ne concerne, en principe, que les livres publiés en France entre le 01/01/1901 et le 21/12/2000 qui sont toujours sous droit d’auteur et qui ne sont pas actuellement publiés, ni sur papier ni sous forme numérique, la liste des couacs recensés est impressionnante : titres publiés en langue française chez un éditeur étranger (par exemple québécois) mais recensés parce que le livre était disponible en France ; titres épuisés dans l’édition d’origine mais republiés sous forme électronique ou même papier par l’auteur lui-même, ou par un éditeur artisanal comme Publie.net ; éditions postérieures au XXe siècle, comme certains titres de feu mon éditeur, le Navire en pleine ville

Heureusement pour moi, toutefois,  L’Héritier du Tigre a échappé (pour le moment ?) aux griffes maladroites de ReLIRE : je ne le trouve pas dans le registre, ni en cherchant par nom, ni par titre, ni par éditeur. Capture d’écran à l’appui :

Capture d'écran : registre des indisponibles de la BNF (ReLIRE)

NB : recherche faite, je ne trouve pas mon livre, ce qui est normal (capture d’écran du 24/03/2013). Au moins la loi ici est respectée.

Non mais c’est vrai, quoi.

Vu que ce titre est paru pour la première fois en 2006, chez le Navire en pleine ville, et qu’en 2011, après la disparition d’icelui, j’ai mis le roman en diffusion numérique ici même, sur ce blog. Robots fureteurs de la BNF, archiveurs numériques, sociétés de gestion collectives : prenez-en bonne note !

(Dommage quand même que l’État, via la Bibliothèque nationale, ainsi que les sociétés de gestion, laissent aux auteurs et aux éditeurs la tâche de vérifier l’exactitude du registre. Pas comme s’ils n’avaient que ça à faire, hein… Et tiens, au fait, où sont les Gallimard et consorts qui pleuraient quand c’était Google qui voulait imposer le système de l’opt-out ? Hmm ? Je crains que la conclusion qu’en tireront beaucoup d’auteurs, à l’avenir, est que le système français classique, où un auteur confie à un éditeur la gestion de tous ses droits, est obsolète, et que pour trouver un partenaire qui s’occupe de leurs intérêts, c’est vers les agents littéraires qu’il faudra se tourner… Encore faut-il en avoir les moyens, bien sûr.)