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Mes outils d’écriture : (2) Écrire tous les jours

Chat couché sur un clavier d'ordinateur, avec la légende : Procrastination cat will do it tomorrow.

Comment faire pour éviter l’étiquette d’écrivain du dimanche ? Simple : en se mettant à écrire tous les jours, et en ne quittant le clavier ou le stylo qu’après avoir fait avancer le travail en cours, ne serait-ce que de quelques phrases.

Oh, je vous vois venir : ce n’est pas original, comme programme ! Et je ne me rends pas compte de la difficulté qu’il y a, etc.

Croyez-moi, je vous comprends. Je vous comprends d’autant mieux que jusqu’à cette année, j’avais tendance moi aussi à reculer devant les implications d’un travail littéraire quotidien. Et cela ne m’a pas empêché d’écrire et de publier plusieurs nouvelles, et même mon premier roman. Mais… Il y a un mais : j’ai découvert depuis que je pouvais faire mieux, avec mon temps et avec ma plume, en suivant ce conseil tout bête.

Voyons d’abord la première objection : ce serait un conseil banal, ultra-rabâché, et vous êtes fatiguées de l’entendre.

Je l’avoue, le concept est ancien : on attribue au peintre grec antique Appelle la formule : « Pas un jour sans une ligne », reprise depuis par de nombreux artistes, poètes, etc. Émile Zola avait fait graver la version latine sur le manteau de la cheminée, dans son bureau : Nulla dies sine linea. Et c’est bien parce que le précepte est d’application générale qu’il est si souvent répété : des auteurs en tout genre de sont bien trouvés de l’avoir intégré à leur pratique. (Ici par exemple, un billet de Lionel Davoust qui a beaucoup circulé sur les Internets.)

Je pourrais reprendre les différents arguments, que vous devez déjà connaître :

  • Écrire tous les jours est un entraînement de la capacité à écrire, qui s’exerce par la pratique, comme toute activité humaine, et s’étiole si on la néglige ;
  • Sur un projet au long cours, type roman, reprendre tous les jours son texte permet de maintenir l’immersion dans l’univers qu’on cherche à évoquer, ce qui réduit les risques de ruptures de rythme ou de ton ;
  • Écrire tous les jours réduit le temps d’adaptation à chaque fois qu’on s’installe pour écrire, ce qui augmente la productivité de chaque séance, enclenchant ainsi un cercle vertueux.

Mais je n’insiste pas. Vous trouverez tous les détails ailleurs. Passons donc à la seconde objection : conjuguer l’écriture régulière avec une vie active moderne et surchargée, ça ne va pas la tête ?

Ça va très bien, merci. Jusqu’à novembre dernier, à peu près, je pensais aussi que c’était impossible. Travaillant en semaine, à plein temps, je me réservais les weekends pour écrire – c’est-à-dire en pratique les dimanches, car le samedi est vite rempli d’activités diverses. Puis j’ai eu l’envie de participer au NaNoWriMo 2017, en tentant de faire avancer mon roman en cours des 50 000 mots minimum durant le moins. Ce fut un demi-échec : je n’ai pas atteint la cible. Mais d’un autre côté, cela m’a poussée à me mettre à l’écriture tous les jours, au retour du travail. Et c’est là que j’ai commencé à sentir les bienfaits de l’entraînement évoqués plus haut.

Alors, tant qu’à faire, j’ai continué une fois le mois terminé. Chaque jour, au retour du boulot, je débranche le téléphone et je branche l’ordinateur, et c’est parti pour une heure avec le roman. (Une heure, parce que c’est le minimum que mon cerveau considère comme en valant la peine. Mais d’autres pourront trouver plus facile de se donner un laps de temps plus court. Le tout est d’amorcer la pompe.) Le weekend, les plages de travail sont plus longues, trois ou quatre heures d’affilée à peu près.

Cela aide de ne pas avoir à gérer des enfants, bien sûr. Mais d’un autre côté, je n’ai pas de conjoint pour m’aider dans les tâches pratiques. (Quand on a la chance d’avoir un conjoint qui aide, évidemment… Certains sont aussi chronophages.) Et je n’habite pas trop loin de mon lieu de travail, ce qui est appréciable. (D’un autre côté, si je passais deux heures dans les transports, je prendrais mon ordinateur portable avec moi.) Enfin, j’ai la chance de pouvoir laisser derrière moi le travail en quittant le bureau. (Mais c’est aussi parce que j’ai fait certains choix, dans le passé, en prenant en compte la nécessité vitale pour moi d’écrire.)

J’ai écrit dans le TGV, en partant en vacances. J’ai écrit pendant les vacances. J’ai écrit le jour de mon anniversaire, de retour de l’avoir fêté avec ma famille. J’ai écrit le 14 juillet et le 1er de l’an. J’ai écrit quand j’étais au lit avec la fièvre. J’ai puisé de la force dans l’écriture les soirs ou des doutes m’assaillaient sur d’autres plans – amis peu fiables, contrariétés professionnelles… C’est une grande consolation.

Une chose qui m’inquiétais un peu, au départ, c’était la crainte de la panne sèche. À force de mettre à contribution chaque jour mes facultés d’imagination, n’allais-je pas les épuiser ? Ne me faudrait-il pas m’arrêter quelques jours pour recharger mes batteries ?

En bien, pas du tout. J’ai pu continuer comme ça jusqu’à aujourd’hui, et je prévois de recommencer au même rythme pour mes prochains projets d’écriture. Comparé à la période où j’ai écrit mon premier roman, que j’ai terminé dans la douleur, celui-ci a été remarquablement dépourvu de souffrances (pour l’auteure – les personnages, eux, ont parfois été à la peine)…

Attention : quand je dis sans douleur, cela ne signifie pas sans fatigue ! Au contraire, j’ai appris à mesurer ma capacité à poursuivre le travail ou pas, pour un jour donné, en appréciant mes sensations de fatigue. Yeux qui piquent, lenteur, difficulté à trouver les mots, ou au contraire fébrilité : autant de signes à écouter et respecter, si on veut ménager ses forces. Le but n’est pas d’en faire trop un jour et de s’effondrer, mais d’avancer un peu et d’être capable d’y revenir le lendemain.

Une des vertus de ce rythme de travail, dans mon expérience, c’est de suivre le rythme quotidien de repos et d’activité. Chaque plage de sommeil fait son alchimie réparatrice dans notre cerveau, et les périodes de routine quotidienne (se doucher, faire la vaisselle, les trajets domicile-travail, etc.), sont l’occasion de ruminer sans même s’en rendre compte les éléments du projet d’écriture en cours. Et on passe d’autant plus facilement de ces ruminations à la rédaction proprement dite que le fait de se mettre à écrire est entré dans la routine.

Bref, tout cela pour dire que si on a un tant soit peu d’ambition créatrice, s’organiser pour pouvoir travailler chaque jour à sa création est probablement le meilleur investissement qu’on puisse faire. Testé et approuvé.

Écrire avec elles

Buste en marbre d'une femme coiffée d'un diadème

L’impératrice Hélène, mère de Constantin (Wikimedia)

La Journée internationale des droits des femmes est passée, comme tout les ans, et ce serait facile de retomber dans la routine… Sauf que pour moi, j’ai un rappel quotidien des efforts à faire, à travers l’écriture de mon roman.

Pas seulement parce que l’héroïne du récit est une femme, l’impératrice Hélène. Pas seulement parce que situer un récit dans la Rome antique implique de se colleter avec le sexisme massif et universel de l’époque. (Chez les païens comme chez les chrétiens, pas de jaloux.)

Non, il y a plus subtil : écrire sans répéter des poncifs éculés sur les hommes et les femmes (moins facile qu’il y paraît), et représenter de façon honnête le sexisme d’époque, sans édulcorer (Hello, Lindsay Davis!), sans tomber non plus dans la délectation masochiste. (Chelsea Quinn Yarbro, I’m looking at you…)

Un bon point de départ, c’est une bonne documentation. Pour la société romaine, rien de tel que de se plonger dans les ouvrages d’historiens de métier qui savent aussi s’adresser au plus ou grand public. Paul Veyne est un trésor, de ce point de vue. Le Pain et le Cirque, L’Empire Gréco-romain… Et puis Pierre Grimal, et Florence Dupont (L’Affaire Milon, qu’il est incompréhensible de ne pas rééditer), et Les Larmes de Rome, de Sarah Rey, et le Constantin le Grand de Pierre Maraval, toujours impeccablement rigoureux. En anglais, le SPQR de Mary Beard, et The Cambridge Companion to the Age of Constantine sous la direction de Noel Lenski, une mine. Et il serait dommage de passer à côté du récent ouvrage de Catherine Salles, Les Bas-fonds de l’Antiquité, qui nous ouvre avec une brutale franchise les portes des lieux de plaisirs, où femmes et enfants constituaient le gros des troupes, généralement de condition servile.

Les contrastes qui règnent dans les sociétés antiques peuvent être déconcertantes pour nous. Par exemple, la distinction entre les « gens honorables », dont les biens et la famille sont protégés par la loi, et les autres. Les esclaves, mais aussi qui exercent certains métiers, sont réputés dégradés, et donc ils n’ont pas d' »honneur » à protéger. Inversement, si une femme honnête de comporte de façon « déshonorante » (sortir de chez elle sans escorte ni chaperon, par exemple) est réputée avoir mérité ce qui lui arrivait. (Ça ne vous rappelle rien ? Sur certains points, on a encore du travail, il faut l’avouer…)

Ce n’est pas forcément évident. Fréquenter les historiens permet de se rendre compte à quel point il reste des zones d’ombres dans nos connaissances. Comment interpréter les lois sur la famille de Constantin, par exemple ? Y avait-il là une inspiration chrétienne ? Mais leur forme et leurs références sont tout empreintes du vieux droit romain. Et il est piquant de constater que ces lois comptent les servantes d’auberge parmi les femmes « réputées sans honneur », alors que c’était le métier de sa propre mère…

Une fois éclairée ma lanterne, il faut que je communique cette fragile lueur à mon récit.

Je lis aussi pas mal de romans historiques, on l’aura deviné. Une chose qui m’agace, bien souvent, de ceux qui sont situés dans l’Antiquité, c’est quand les auteurs essaient de ruser avec les mentalités de l’époque pour éviter de compromettre leurs héros et héroïnes avec des réalités comme l’esclavage, les mariages arrangés ou la corruption omniprésente (on n’avait pas encore inventé la séparation des biens publics et privés, après tout). On voit ainsi dans ces romans des citoyens romains prospères qui ne possèdent aucun esclave, et qui plus est utilisent pour se justifier des arguments typiquement modernes, tels que l’égalité des êtres humains ou la compassion. Mais même les émotions les plus universelles n’ont pas partout et toujours la même expression. L’anthropologie Marcel Mauss parlait de « l’expression obligatoire des sentiments ». Ainsi, on sait par les textes qu’ont écrit partisans et adversaires des gladiateurs que même ceux qui les condamnaient de la façon la plus catégorique n’avaient aucune empathie pour ces êtres « dégradés », surtout que les principales sources de personnel de l’arène étaient les criminels condamnés, les Barbares vaincus, et des volontaires qui s’y livraient par goût de la bagarre et de la notoriété. (Aujourd’hui, ils seraient gangsters ou mercenaires.)

Saint Augustin n’avait de compassion que pour les innocents spectateurs venus voir par curiosité ou convaincus par des amis. Un peu plus tôt, les textes du IIe siècle après J.-C. attribués à Saint Paul, les épîtres dites pastorales (parce qu’elles s’adressent aux dirigeants de congrégations, pas à tous les fidèles), annoncent bien la couleur : les esclaves doivent obéit à leurs maîtres, et en retour les maîtres doivent être humains avec leurs esclaves. C’est à peu près ce que disaient déjà les philosophes stoïciens, qui ont probablement transmis aux chrétiens leur vision d’un univers ordonné par une intelligence supérieure. Le « meilleur des mondes possibles », en somme.

Avec tout ça, les relations entre hommes et femmes dépendaient forcément du statut social des intéressés. Difficile dans ces conditions de s’en affranchir. J’ai fais le choix de mettre en scène des personnages « imparfaits », dont les défauts (à nos yeux) seraient des traits banals, voire des qualités. La recette n’est pas neuve : c’était déjà celle de Van Gulik pour ses romans situés dans la Chine ancienne. En littérature, tant qu’à voler, prenons chez les meilleurs !

Je dois d’ailleurs ici reconnaître une grosse dette vis à vis d’un autre auteur de romans historiques, John Maddox Roberts, dont la série SPQR (eh oui, encore) est à mes yeux l’un des meilleurs exemples d’immersion dans la mentalité antique qu’on puisse trouver. Son protagoniste n’a aucun problème à avoir des esclaves, en fait il ne voit pas le problème : il se focalise sur les questions pratiques, certains esclaves sont insolents, d’autres paresseux, mais « c’est le prix à payer pour avoir une vie confortable » !

On se demandera peut-être si ce genre de personnages peut vraiment intéresser le lecteur moderne. Chiche. Prenez Le Temple des Muses de Roberts ou Le Mystère du clou chinois de Van Gulik, et vous m’en direz des nouvelles.

Ou L’Affaire Milon, encore une fois.

D’ailleurs, parler de relations entre hommes et femmes, avec ou sans le décalage impliqué par l’époque où est situé le récit, implique déjà d’avoir des personnages des deux sexes. Ce n’est pas toujours aussi simple qu’il y paraît. Dans mon premier roman, L’Héritier du Tigre, la place des femmes était assez limitée. (Je ne regrette rien, cela dit, j’ai écrit ce qui venait.)

Mais cette fois-ci, j’ai décidé dès le départ d’avoir plusieurs personnages féminins, d’âges, d’origines et de catégories sociales variées. Exactement comme pour mes personnages masculins, d’ailleurs : ils sont plusieurs, et viennent de différents horizons. Bonus : ça permet d’avoir des points de vue variés, ce qui rend le récit (on l’espère) plus attrayant, moins monotone. Une impératrice, des religieuses, de respectables matrones, des hétaïres, une espionne, des ouvrières, une duègne revêche, une guerrière barbare, des petites filles, une jeune ingénue…

Et encore, je ne dis pas tout, il faut bien garder quelques atouts sous le coude.

Mon travail de Romains : voyage en compagnie d’une Indiana Jane de l’Antiquité

Mosaïque représentant quatre personnes, dont une dame de la haute société, une servante et feux jeunes gens

Dolce vita à la Villa del Casale (mosaïque du IVe siècle), source Wikimédia

(Mis à jour le 22/12/2017.)

Il faut bien l’avouer, j’ai peu blogué ces derniers temps, mais c’est pour la bonne cause : l’écriture d’un roman. Un roman historique, même, un roman romain. (Excusez le jeu de mots. Après une journée de travail, il en faut peu…)

J’ai commencé la rédaction du premier jet le 1er janvier 2017 très précisément. J’ai actuellement plus de 350 000 signes au compteur, et ça devrait en faire au moins le double à l’arrivée. Oui, je me lance dans le pavé. C’est un peu la loi du genre, il faut dire. Voyez le dernier Ken Follet…

L’époque, on l’aura devinée aux subtils (ou presque) indices ci-dessus : l’Antiquité romaine. Plus précisément, l’époque de l’empereur Constantin, bref les débuts de l’Empire chrétien. C’est une période assez mal aimée, coincée entre la période antique classique et le Moyen-Âge. Et pourtant ! C’est là que, pour reprendre un titre de Paul Veyne, « notre monde est devenu chrétien ». C’est là aussi que s’est produite la plus importante mutation du christianisme en date jusqu’à la Réforme : la cristallisation des églises locales, avec leurs traditions et textes divers, en une seule Église catholique, apostolique et romaine.

C’est une époque où l’Empire était encore tolérant – par pragmatisme, sans doute, car l’empereur voyait l’intérêt d’être à la fois le pontifex maximus des païens, selon la tradition, et une sorte d’évêque honoraire pour les chrétiens. Oui, c’est complexe.
Et ce qui est encore plus intéressant, c’est Hélène, la mère de Constantin : de condition obscure à l’origine (servante d’auberge, si on croit ses biographes), elle est devenue sous le règne de son fils une sorte d’éminence grise, une personne de confiance à qui l’empereur confiait des missions délicates, comme cette « tournée d’inspection » dans les provinces d’Orient récemment rattachées à l’Empire, au cours de laquelle elle découvrit, selon la légende, la Vraie Croix du Christ. Elle devait être âgée de 75 ou 80 ans à ce moment-là.

Pas mal, pour une « Indiana Jane » du IVe siècle !

C’est donc ce voyage qui fait l’objet de mon roman. Plutôt que le merveilleux légendaire, c’est l’humain qui m’intéresse : comment chrétiens, païens et juifs cohabitent, tant bien que mal, dans ce monde en transformation, comment les uns et les autres rationalisent des opinions auxquelles ils n’arrivent pas par la raison, mais par le pli de l’habitude, ou par fidélité à une tradition. Ou parfois par un coup de foudre, tant il est vrai que la foi est souvent un autre nom de l’amour.

Il y a bien des aspects de l’histoire qui requièrent du doigté. Je ne désire ni caricaturer les anciens chrétiens, malgré leur sectarisme et leur étroitesse de cœur, ni en faire des parangons de vertu, comme c’est encore trop souvent le cas dans la littérature (jusqu’à Max Gallo qui a donné de Constantin un portrait à l’eau bénite). L’Antiquité, c’est aussi une époque où il esclavage était universel et quasiment jamais remis en question. Les plus éclairés se bornaient à demander un traitement humain des esclaves : ne leur fais pas ce que tu ne voudrais pas qu’on te fît, en quelque sorte. Il faut mettre au crédit de Constantin une législation qui rend plus facile l’affranchissement des esclaves, et met des bornes aux châtiments que les maîtres pouvaient exercer sur eux.

Plus largement, c’est la question de la sensibilité d’époque qui m’intéresse : les mentalités, les idées reçues, l’horizon intellectuel. Dans son roman Le Perroquet de Flaubert, Julian Barnes se demande si la gelée de groseilles du XIXe siècle avait la même couleur que la nôtre. Quant à moi, je cherche à voir la pierre volcanique grise des voies romaines et la pourpre intimidante qui enveloppait l’empereur. Je cherche le parfum du baume de Judée et la fraîcheur de l’ombre le soir. Parmi mes lectures, celles qui m’ont le plus aidé sur ce plan est, croyez le ou non, d’abord Agatha Christie, reine de l’observation et du détail, puis la série de Simone Bertière sur les Reines de France. Mentalité et sensibilité, toujours. 

J’espère que ce livre sera distrayant – mieux, même : drôle. Visons haut. J’ai quelques cibles en tête, quelques modèles à ne pas imiter mécaniquement, mais pour servir d’inspiration : Les Fosses carolines de François Cavanna, la série SPQR de John Maddox Roberts, Le Nom de la Rose d’Umberto Eco (forcément), divers Astérix (forcément aussi), Paladin des âmes de Lois McMaster Bujold, La Mort des Dieux de Dimitri Merejkovski, et puis un joyau, une pépite, La Puissance du Néant, d’Aphur Yongden Lama. On verra pourquoi en lisant.

Patience, patience. Pour l’instant, je suis encore en Italie, mais le premier tiers du livre environ est fait. J’espère terminer d’ici fin 2018. Cela semble raisonnable. On approche de novembre et donc du NaNoWriMo : bien entendu, pas question d’en commencer un nouveau, mais bien plutôt de tâcher d’avancer dans mon projet de 50 000 mots, à un éléphant près.

Rendez-vous en décembre, donc. À temps pour évoquer Noël, qui n’était, l’époque qui m’intéresse, pas encore la grande fête de la naissance du Christ. On n’avait d’ailleurs aucune idée de la date de naissance du Christ, même approchée, ni le jour ni même l’année. Et on ne comptait bien sûr pas encore « avant, ou après, Jésus-Christ ». Voilà qui donne une idée du dépaysement !

Post-scriptum du 22/12/2017 :

Bon, avouons-le, pour le NaNoWriMo, c’est râpé, j’ai seulement pu dépasser péniblement les 20 000 mots écrits pendant le mois. Un job a plein temps, ça met une sourdine au volume d’écriture, forcément. Mais qu’importe, le roman pris dans son ensemble est en bonne voie : plus de 100 000 mots (600 000 signes) déjà au total ! Pavé, quand tu nous tiens… Nous avons atteint Thessalonique, et je compte bien sur les fêtes pour avancer plus vite. La suite, chers lecteurs, ici même !

Bonne année, bon roman neuf ! #Ecriture2017

Dimanche dernier, pour bien commencer l’année, j’ai fait ce que j’avais prévu de faire de longue date : écrire les premières lignes d’un roman. Et ce sont vraiment quelques lignes. Mais j’ai déjà le plan, la liste des personnages, des notes sur les milieux et époques évoquées… C’est une expérience intéressante. Au début des années 2000, quand j’ai écrit mon premier roman (L’Héritier du Tigre, vous vous souvenez ?), j’avais commencé de zéro, sans notes ni recherches, avec juste un univers imaginaire. Là, j’ai compulsé pas mal de bouquins d’histoire, plus divers sites web, podcasts, films, expos… Mais surtout des livres.

Chat sur une étagère, parmi les livresAlors, c’est confortable ?
C’était une parfaite occasion pour relire Paul Veyne, L’Empire gréco-romain, ou encore pour acquérir Les Divins Césars de Lucien Jerphagnon, la traduction française de la Bible d’Alexandrie sous la direction de Marguerite Harl (du moins le Pentateuque, disponible en Folio), ou un précis sur L’Architecture grecque de Marie-Christine Hellmann. C’était l’occasion de se plonger dans les empoignades théologiques du IVe siècle, et dans les mutations politiques et administratives de l’Empire romain à la même époque. C’était l’occasion de s’essayer à pasticher certaines formes littéraires de l’époque : épigrammes galants, chansons grivoises, hymnes chrétiens, lettres et discours, et j’en passe. 

Une autre différence avec mes précédentes expériences d’écriture : Scrivener. Le logiciel, s’entend. J’ai voulu tester, par curiosité… Eh bien, pour moi aussi, l’essayer, c’est l’adopter ! Mon précédent roman avait été écrit dans Word 97. Un bon cru, mais un peu dépassé. J’apprécie beaucoup le manque de cérémonie de Scrivener, où le bloc de texte est traité comme… un bloc de texte, justement, à déplacer où on veut au gré de l’évolution du projet. Et avoir simultanément sous les yeux le texte en cours et l’architecture du projet est un confort certain. 

Bref, c’est pour moi une année de projets et d’évolution, de curiosité et de construction. Si j’avais le pouvoir de réaliser mes souhaits, je voudrais que tout le monde puisse bénéficier de pareille conjonction de bonnes choses. Mais je ne suis pas Dieu le Père, ni même un Démiurge de seconde catégorie. Alors je m’en tiendrai à ce souhait : puissent tous les obstacles sur votre route se transformer en occasions de développer de nouvelles capacités. 

#NaNoWriMo 1: on se lance !

Un chat avec une plume à la gueule, avec la légende

I’m in ur writing, tasting it

Rassurez-vous, je ne vais pas vous faire le coup du compteur de mots de NaNoWriMo – ni celui des affres quotidiens de l’auteur-forçat. Juste un mot pour signaler, à toutes fins utiles, que je profite du mois de novembre pour me lancer dans un nouveau projet. Ça fait un bail, je sais… Mais c’est comme ça.

Alors, oui, c’est un roman. Qui a pour titre de travail « L’Invention d’Hélène ». Cela devrait vous donner une idée !

Je dois être complètement frappée…

Oui, parfaitement cinglée. Ça doit être la chaleur. Faut dire, 36 °C à Paris, où on va. (Psst, l’Islande, vous ne pourriez pas avoir un volcan bien fumeux pour obscurcir l’atmosphère quand on en a besoin, dites? Quelque chose pour faire écran au soleil, je dis ça et je ne dis rien…)

Procrastination cat will do it tomorrow... but not writer cat!

Bon. Bref. Donc, aujourd’hui, je suis totalement dingue. Pis, c’est une rechute: j’ai commencé à écrire un nouveau roman!

Oui, oui. Vous avez lu.

Enfin, « aujourd’hui »… Pour être précise, j’ai commencé hier soir, heu, très tard. Au lieu d’aller me coucher. Après m’être couchée, en fait, puisque j’étais dans mon lit. Mais impossible de dormir. Le moyen, avec une cascade de mots qui déferlent sur le cerveau et insistent qu’il faut les noter tout de suite, et non, demain ça ne vaut pas…

Résultat: lampe de chevet, cahier de notes, stylo. Pas question d’allumer l’ordi, là pour le coup je n’aurais pas pu me rendormir après. Griffonner, raturer. Les idées sur le papier. Cette expression à noter, là, celle-ci! Et puis celle-là! Et telle description! Et, et, et…

Ouf.

Passé une heure du mat’, mon cerveau m’a un peu lâchée, et j’ai pu enfin dormir.

Aujourd’hui… Ben, aujourd’hui, j’ai pris mes notes, mon ordi, et tapé, tapé, tapé. En espérant au passage améliorer.

Et de toute façon, c’est un premier jet.

Quel genre de roman? Hmm. Pour ceux/celles qui sont intéressé(e)s, disons qu’il ne s’agit pas de la suite immédiate du précédent (voir ici, L’Héritier du Tigre) mais que c’est fortement en rapport. Et que si d’aventure on a aussi lu ma nouvelle « L’Horizon incertain »… Cela rappellera aussi des choses.

Je n’en dis pas plus pour l’instant.

P.S. Ah, si, il y a une chose, puisque la question a été posée: j’ai bien dit que c’était un premier jet, donc une version pas encore présentable. Vous n’avez pas envie de la lire tout de suite, faites moi confiance.

Fin (pour le moment)

N’y allons pas par quatre chemins: oui, je sais, cela fait plus d’un mois que ce blogue n’a plus été mis à jour. Et non, hélas (ou tant mieux? c’est selon), il ne sera probablement pas réalimenté de sitôt.

Pourquoi? Oh, juste la Vie Réelle™ qui s’interpose…

Plus précisément, disons que j’ai peu à peu réalisé que j’en avais assez de jouer les éditorialistes occasionnelles, surtout dans un contexte aussi exaspérant. Par où commencer? Entre la saga de ceux qui légifèrent sur internet sans y entraver quoi que ce soit, celle d’un gouvernement aux abois qui multiplie les fumigènes avec la bénédiction de journalistes qu’on enverrait bien rempiler sur les bancs de l’école; entre la frilosité des éditeurs français devant le livre électronique (ah, si seulement on pouvait reproduire ce qui marche pour le livre papier!) et le climat général de ce pays où une héritière peut jouer les chefs de parti populiste sans sombrer dans le ridicule… Franchement, parfois, même le ricanement vengeur meurt sur les lèvres, dans un grand soupir d’impuissance.

Bref, commenter l’actualité, même limitée à l’édition, ou aux livrels, ou à internet, ce n’est plus trop ma tasse de thé.

Fatigue et dégoût? Oui, vous pouvez dire ça. Mais pas uniquement (et c’est heureux!): il y a aussi le désir de faire des choses qui échappent, justement, à tous ces sujets d’exaspération. Tiens, reprendre sérieusement l’écriture, par exemple…

Et c’est ma raison numéro 2 pour annoncer que je me mets en vacances de blogue pour une période indéterminée: le temps et l’énergie que je consacrerais à alimenter ce site pourrait être aussi bien (et probablement mieux) utilisé à un peu de création littéraire. Du moins, au genre de création littéraire (certains pourraient arguer que le blogue est un genre littéraire…) qui a un peu de chance de continuer à être lu même après que 99% d’entre nous auront oublié l’écume de l’actualité.

Bref, retour pour moi à la fiction! Je suis sûre qu’il y en a ici qui ne s’en plaindront pas, hmm?

En attendant, lecteurs et lectrices fidèles, ou bien nouveaux/nouvelles venu(e)s, on peut bien entendu toujours accéder aux textes que j’ai déjà mis en ligne, comprenant plusieurs nouvelles et un roman.

Merci, et j’espère à un de ces jours.