L’Interprète, premières notes de lecture (et c’est encourageant)

Quatre jours seulement depuis la parution de L’Interprète chez Rocambole, et déjà les premières notes de lecture sont là. Tout va vite dans l’édition en ligne ! La liste n’est pas exhaustive (il y en a sûrement que je n’ai pas vues) mais voici déjà une note de lecture sur le blog d’Alouqua, et une autre sur Twitter par L. Williams.

Si vous avez d’autres critiques, n’hésitez pas à les mettre sur la page Babélio ou Booknode de L’Interprète… Ou bien venez discuter avec nous sur le Discord de Rocambole ! Plus on est de fous, plus on lit.

L’Interprète : ma nouvelle série de SF, à lire chez #Rocambole

L’Interprète, par Irène Delse, à paraître le 15/07 sur Rocambole

Vous vous souvenez de ce texte de science-fiction avec lequel j’ai passé le confinement ? Eh bien il a trouvé un éditeur, et un beau : Rocambole ! Ce sera donc la deuxième série que je publie chez eux, après L’Héritier du Tigre.

De quoi s’agit-il ? Disons, sans rien déflorer, qu’il s’agit des aventures d’une linguiste qui est chargée de parler avec des extraterrestres… Mais toutes ressemblance avec un certain film à succès s’arrête là : le problème ici n’est pas d’établir la communication, mais de savoir ce que l’on décide quand elle est établie. Les choix que l’on fait, ou que l’on ne fait pas, tant comme individu que pour l’humanité…

Ça vous intéresse ? Alors, rendez-vous sur l’appli Rocambole ! (Ou bien sur le site, pour ceux qui préfèrent lire sur ordi.)

C’est la faute à Jules Verne ! De la SF et de ses prophéties

Sérénité malgré tout.

D’où vient cette idée que la science-fiction pourrait servir de boule de cristal, qu’on pourrait y lire des prédictions ou du moins des avertissements sur ce que nous réserve l’avenir ? C’est une idée très répandue, y compris dans la profession. Encore récemment, Catherine Dufour affirmait dans Le Monde :

« La science-fiction avait pour fonction d’alerter les époques fascinées par le progrès. Maintenant que tout le monde a très peur, elle doit prendre le contre-pied. »

Si on y regarde bien, c’est doublement bizarre. D’abord, pourquoi faire porter à la fiction un rôle qui est en toute logique celui de la prospective ? Ensuite, je suis désolée pour ma collègue, mais ce n’est pas ce que montre l’histoire de la SF. Les époques qui croyaient au progrès avaient une littérature enthousiaste pour le progrès (de Jules Verne à Asimov, disons) et les époques qui s’en méfient ont une littérature qui reflète cet état d’esprit. Voir : toute la SF occidentale ou presque depuis les années 60.

Au départ, en fait, la science-fiction n’était ni optimiste ni pessimiste, et elle ne prédisait pas, elle explorait. Prenons Frankenstein ou le Prométhée moderne, de Mary Shelley. Il y a de solides arguments pour dire que c’est le premier roman important de ce qu’on peut appeler fiction scientifique, ce qui deviendra la SF. Dedans, l’auteure explore une idée : la possibilité de créer une vie artificielle, en s’inspirant notamment des recherches de Galvani sur l’influx nerveux (la « réanimation » apparente de cadavres ou même de parties de corps sous l’effet de l’électricité). Elle s’intéresse à la responsabilité du créateur envers sa créature (Victor Frankenstein abandonne l’être à qui il a donné vie, et l’amertume rend celui-ci méchant) ainsi qu’aux sentiments et à leur origine (le « monstre » est capable de comprendre les sentiments humains et même d’aimer). Mais en aucun cas elle ne dépeint cette expérience comme la prédiction d’une nouvelle technologie. En fait, le processus de création d’un être artificiel est volontairement laissé dans le vague. C’est manifestement accessoire : le vrai sujet est la nature humaine.

C’est probablement avec Jules Verne, dans la seconde moitié du XIXe siècle, que ce qui allait devenir la science-fiction a commencé à être vu comme de l’anticipation. Il faut dire que le progrès technique s’accélérait au point que quelques années à peine pouvaient séparer l’idée nébuleuse dans la tête d’un chercheur de son application pratique et sa généralisation. Photographie, phonographe, télégraphe électrique, moteur à combustion interne, ampoule électrique, cinéma… Toutes inventions de la période qui ont connu des succès rapides. Un écrivain qui se tenait un peu au courant de l’actualité scientifique pouvait facilement jouer les prophètes, en étant juste parmi les premiers à mettre sous les yeux du grand public ces idées pleines de potentiel.

Jules Verne n’a pas été le seul ici. On peut citer aussi Albert Robida, Camille Flammarion (également astronome, donc parfaitement du sérail), J.-H. Rosny Aîné…

Il y a toujours eu parallèlement des auteurs pour se pencher sur les usages plus sinistres de la technologie, surtout ceux qui ont connu des époques troublées. Il faut absolument citer ici Nous autres, d’Évguéni Zamiatine, un roman publié en 1920 à propos de ce qui était alors la toute jeune expérience soviétique. Un autre roman bien plus connu s’en est inspiré trente ans après, le fameux 1984 d’Orwell, que des critiques ont cru pouvoir saluer comme « prophétique »…

Je suis en revanche en phase avec Catherine Dufour sur le fait qu’il y a depuis quelques temps un mouvement interne au genre pour s’éloigner du dystopique et du grimdark. Le terme qui s’est plus ou moins imposé, hopepunk, sur le modèle de cyberpunk, est assez parlant. Mais au fait est-ce vraiment un tournant si récent ? On peut penser à Cory Doctorow, qui depuis le milieu des années 2000 écrit dans une veine qu’on pourrait appeler « l’imagination au pouvoir » : des romans qui seraient facilement des dystopies si l’auteur n’y mettait pas un coup de pouce. Bref de l’optimisme raisonné. Et comment ne pas mentionner Doctor Who ? En bonne série pour la jeunesse, on y recherche toujours la solution pacifique et on n’y perd jamais espoir, même quand tout semble aller mal… Et grâce à cet espoir et à l’imagination, on trouve toujours une solution. Aujourd’hui comme lors de sa création, c’est un versant optimiste d’une époque qui a produit beaucoup d’histoires de fin du monde, mais pas uniquement.

Tout cela pour dire ? Que la prophétie est dans l’œil de qui regarde, comme la beauté. Et que la science-fiction peut servir à explorer nos peurs ou nos espoirs, mais que c’est bien plutôt son temps qu’elle reflétera.

Les traces du passé dans les rues de nos villes

Faut-il supprimer cette plaque-là ? (Paris, 18ème, au pied du Sacré-Cœur)

Les débats sont une bonne chose. C’est un point ce départ. Il y a des gens qui disent : « Enlevons les symboles racistes de l’espace public », comme dans une tribune récente dans Jeune Afrique, c’est une parole à entendre, même si on peut penser que c’est une façon de verrouiller la réponse que de poser la question ainsi. Qui peut vouloir se dire pro-raciste, après tout ? Mais on peut se demander honnêtement si ce n’est pas peint à trop gros traits. (1) Et pourquoi limiter ça au racisme ? Est-ce que l’oppression sexiste, religieuse ou de classe serait plus tolérable, soudain ?

Je regarde autour de moi. Vivant à Paris, je ne peux me tourner nulle part, ou presque, sans voir des traces du passé. Une plaque ici, une statue là, ailleurs la façade d’une maison, même le sol où l’on marche parfois. Est-ce que nous regardons ces monuments aujourd’hui de la même façon que ceux qui les ont érigés ? Bien sûr que non. C’est pourquoi on ne peut en rester à l’idée que les statues sont juste là pour honorer.

Et même quand elles le font… On aménage les choses. On rajoute. Les couches superposées seront toujours une meilleure leçon d’histoire qu’un trou.

Un exemple qui m’est familier, car juste derrière chez moi : le Sacré-Cœur de Montmartre. Combien, parmi les touristes qui s’y pressent chaque année, savent que ce monument avait pour but d' »expier » l’insurrection ouvrière de la Commune ? D’humilier les révolutionnaires vaincus ? (Gallia pœnitente, est-il écrit à l’intérieur, entre autres devises pieuses.) Cette basilique blanche construite sur la Butte Rouge qui fut le dernier bastion des insurgés, c’est un peu comme si on mettait une statue de Custer dans une réserve indienne, ou de Bugeaud devant l’ambassade d’Algérie.

Et pourtant, l’esprit humain est inventif, et le besoin de vivre ensemble plus fort que ce qui nous sépare, jusqu’ici. Ni les Républiques qui se sont succédé depuis 1870, ni la ville de Paris, n’ont cherché à détruire, déménager, ou même rapetisser le Sacré-Cœur. En revanche, la rue qui le longe a été renommée « rue du Chevalier de la Barre », du nom du jeune homme qui a été condamné à mort et exécuté au XVIIIe siècle pour le « crime » de ne pas s’être découvert devant une procession catholique… Histoire de mettre en contexte, comme on dit, la construction de la basilique, et rappeler certaines causes des révolutions en France. Histoire de savoir d’où on vient.

(1) La référence historique qui s’impose ici est celle du Sud des USA après la guerre de Sécession, quand les États vaincus ont érigé des monuments à Lee et autres généraux confédérés pour signifier à la population noire que malgré les lois venues de Washington, les autorités locales considéraient toujours les Afro-Américains comme des sous-hommes. Et les événements qui allaient suivre (instauration de la Ségrégation, massacres racistes de Tulsa, Rosewood, etc.) allaient montrer que ce n’était pas une menace en l’air. Résultat : les militants antiracistes voient logiquement ces statues comme des outils, et non pas seulement des symboles, de l’oppression.

Transposer ce contexte particulier sur un autre continent, dont l’histoire a suivi une trajectoire si différente, c’est un peu bizarre. Ou plutôt, c’est une étrange manifestation de colonisation des esprits par la culture américaine…

En route pour de nouvelles aventures #romanpolicier #romanhistorique

Appétit d’écriture… I haz it.

Il y a plusieurs façons, pour une auteure comme moi, de mesurer le chemin parcouru. Une façon évidente consiste à compter le nombre de textes publiés, éventuellement modulé par l’impact médiatique et financier de chaque publication. De ce côté-là, j’ai connu des hauts et des bas, depuis le fanzine photocopié à 50 exemplaires jusqu’à une édition en volume avec envoi d’exemplaires à la presse (au temps du Navire en pleine ville), et aujourd’hui une publication électronique chez un pure-player comme Rocambole.

Mais on peut aussi s’intéresser à la variété (ou non variété) de textes produits. La versatilité d’écriture, si on veut. Où en suis-je sur ce plan-là ?

Faisons nos comptes :

  • trois romans, dont un de fantasy (L’Héritier du Tigre) et deux romans d’aventures historiques (Augusta Helena et Tous les Accidents),
  • divers textes courts, la plupart de fantasy mais quelques nouvelles de science-fiction, fantastique et historique,
  • et même un certain nombre de poèmes qui ont trouvé publication, mais oui, les fanzines peuvent être accueillants.

La catégorie science-fiction devrait bientôt s’enrichir d’une novelette écrite pendant le confinement et déjà acceptée pour pour publication chez un éditeur, plus une nouvelle révisée à la faveur du même confinement, et qui devrait trouver place dans une sympathique anthologie. Quand la vie vous fait vivre dans un film de science-fiction, renvoyez-lui l’ascenseur.

Et pour la suite ? Si vous suivez régulièrement ce blog, vous avez dû voir que j’avais pris l’habitude de commencer un roman le 1er janvier pour bien commencer à la fois l’année et le bouquin. Et j’avais bien prévu de commencer un nouveau projet le 01/01/2020, un nouveau roman historique, parce que je m’étais bien amusée avec les deux précédents. Mais cette fois, ça n’a pas marché. Entre le sujet choisi qui était plus difficile que prévu, et un certain accident de parcours nommé Covid-19…

J’ai jeté l’éponge. Et ça n’a pas été perdu, puisque j’ai passé mars, avril et mai à écrire de la SF et à rendre mon premier roman historique, Augusta Helena, disponible en ligne à titre d’essai. On verra ce que ça donnera.

Mais avec tout ça, j’ai du temps de libre jusqu’au 31 décembre. Que faire ? C’est le moment où jamais d’essayer quelque chose de nouveau, défricher un nouveau territoire en matière de genres littéraire. Un polar, par exemple ? D’un autre côté, s’il y a un moyen de m’appuyer sur ce que j’ai déjà fait, réutiliser la recherche accumulée pour les précédents projets… Banco ! Ce sera donc un polar historique ! Après tout ce que j’ai lu, compulsé et digéré sur la Révolution et le Premier Empire, cela ne devrait pas poser d’obstacle irréductible.

Pour tout dire, je commence demain, 1er juin. La période m’est familière, et je peux réutiliser plusieurs personnages de mon précédent roman Tous les Accidents, en particulier celui qui jouera le rôle du détective. Si ça marche, je pourrais avoir sur les bras une série avec un personnage. Pour reprendre les termes d’un précédent billet, j’ai trouvé quoi faire de mon « homme en noir ».