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De la neige à Noël? Dites merci au réchauffement climatique…

Et non, ce n’est pas une blague. Mais – très probablement – la conséquence d’un phénomène de physique bien connu: plus de réchauffement (du globe) conduit à plus d’évaporation (des mers), qui entraîne à son tour plus de précipitations (d’eau ou de neige selon la température locale).

C’est aussi une bonne occasion de rappeler la différence entre climat (sur de longues périodes, avec fluctuations) et météo (localisée dans l’espace et le temps).

Non seulement la tendance globale au réchauffement sur plus de 50 ans n’empêche pas des cycles avec des hauts et des bas – et c’est ainsi que pour l’année 2010, un hiver arctique dans l’hémisphère nord succède à 9 mois particulièrement chauds (voir une interview de Patrick Galois, de Météo France) – mais le fait que le globe se réchauffe conduit en soi à une tendance à l’augmentation de l’humidité présente dans l’atmosphère.

Si on se rappelle un peu le programme de sciences du primaire, on sait que la neige est de l’eau cristallisée, et qu’une chute de neige n’est pas forcément un signe de grand froid, mais que c’est ce qui se passe quand l’air contient suffisamment d’eau (en termes techniques, on parle de sursaturation) et que la température locale descend à zéro ou au-dessous.

Je simplifie, bien sûr, mais vous voyez le principe…

Pour les amateurs de science-fiction, je signale que John Wyndham avait déjà utilisé ce phénomène dans son roman-catastrophe de 1953 Le Péril vient de la mer. Là, ce sont des extraterrestres qui provoquent la fonte des calottes glaciaires, et non l’activité humaine, mais l’enchaînement des changements climatiques qui s’ensuivent est très bien décrit – et fort suggestif de la période présente, hélas.

La vie qui en vaut la peine, selon Pierre Rabhi

Je ne suivrai pas totalement Pierre Rabhi dans son analyse de la fragilité de notre civilisation et son concept de «sobriété heureuse» (cf. l’entretien avec Rue89 du 24/07/2010 et le livre publié récemment chez Actes Sud). N’empêche que l’inspirateur de l’association Terre & Humanisme et du Mouvement des Oasis en tous lieux a certaines choses importantes à nous dire.

Comme cette réponse à la question: «Que dites-vous aux chefs d’entreprises qui vous sollicitent pour des conférences?»

Le Medef m’invitait à réfléchir sur la question de savoir s’il existe une vie après la mort, mais je m’en fiche. Moi, ce qui m’intéresse c’est ce qui existe pendant que je suis vivant, s’il existe une vie AVANT la mort.

Quand on y pense, en effet, c’est simple. Et c’est de là que tout découle.

Mauvaises pratiques en climatologie ?

L’affaire dite du « Climategate », vous vous souvenez ?

Eh bien, elle devrait se solder par un non-lieu s’agissant des accusations de manipulations de données lancées à grand renfort de tam-tam médiatique contre le groupe de scientifiques de l’université d’East-Anglia (Royaume-Uni), la Climatic Research Unit. Non, en fait, il n’y a pas de leur part eu de « mauvaises pratiques », conclut aujourd’hui une commission d’experts indépendants (BBC News).

Ci-dessus : Graphique publié par H. Grudd dans la revue Science. En rouge, sa courbe des températures d’origine. En noir, la version d’Allègre.

Pendant ce temps, c’est un autre ténor de la dénégation du changement climatique qui subit un coup de chaud : notre « climato-sceptique » national, Claude Allègre. Comme l’explique Sylvestre Huet dans {sciences²}, le blogue scientifique de Libération, l’auteur de L’Imposture climatique est accusé par d’autres chercheurs d’avoir falsifié une courbe indiquant les relations au cours des derniers siècles entre température moyenne et teneur de l’atmosphère en CO2.

Cette courbe, due au paléo-climatologue suédois Håkan Grudd, montre qu’au cours des XVIIIe et XIXe siècle, la température moyenne à la surface du globe était sur une courbe descendante, puis change de sens vers 1900, où elle se met à grimper. En parallèle, durant la même période, la teneur de l’atmosphère en dioxyde de carbone commence à augmenter à partir de l’an 1800 environ et ne cesse de croître depuis. L’hypothèse est donc que l’accumulation de CO2 dans l’atmosphère a atteint vers 1900 un seuil critique à partir duquel l’effet de serre est suffisant pour faire augmenter la température.

Mais dans la version d’Allègre, la courbe des températures diverge de celle de Grudd à partir de ce moment précis : d’abord elle monte moins vite, puis s’inverse même vers 1950.

Tout cela, proteste Grudd et ses collègues paléo-climatologues (spécialistes de l’étude des climats anciens à partir des traces qu’ils ont laissés dans les roches, glaces, fossiles, etc.), ne repose sur aucune nouvelle donnée ! Allègre aurait donc, dans son livre, falsifié des résultats. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois, puisqu’une paléo-climatologue britannique, Louise Sime, avait déjà accusé Allègre d’avoir déformé les résultats de ses travaux.

Pas joli, joli, monsieur l’ex-ministre !

Pollution spirituelle

J’apprécie déjà modérément de recevoir des publicités sauvages dans ma boîte aux lettres. Quand en plus c’est pour m’annoncer la « bonne parole » particulière de telle secte ou église, c’est encore moins amusant. Je n’ai pas demandé à ce qu’on m’évangélise, merci bien.

Mais quand, par-dessus le marché, le tract prosélyte est imprimé sur support plastique, bref non biodégradable, je me dis que ces pieux raseurs n’ont pas seulement un culot infernal (et pas mal d’argent à jeter par les fenêtres), mais qu’ils se soucient comme d’une guigne du devenir de notre demeure terrestre et de ses écosystèmes !

Et je m’empresse de noter ConnaîtreDieu.com (l’un des sites du très actif pasteur internaute Éric Célérier, également créateur de TopChrétien.com) à la rubrique des pénibles à éviter en priorité.

Tiens, au fait… Comme de juste, il s’agit d’évangéliques. Missionnaires convaincus, préférant apporter des réponses (enfin, ce qui peut apparaître comme des réponses) plutôt que susciter des questions, ils semblent du genre pour qui Dieu est l’alpha et l’oméga de toute chose… Littéralement.

Hmm. Ça ne laisse guère de place à la planète, en effet. Ni à l’être humain durant son séjour ici-bas.