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Ma nouvelle, « Décalages culinaires », dans l’anthologie Marmite & Micro-ondes, est disponible sur Kindle, le saviez-vous ?

Couverture de l'anthologie : un monstre géant verdâtre qui mange une fusée spatiale

J’ai déjà parlé ici de l’anthologie Marmite & Micro-ondes, réunie par Vincent Corlaix et Olivier Gechter pour les éditions Gephyre. Épuisé au format papier, le volume est disponible sous forme Epub pour les liseuses Kobo et les smartphones, et maintenant aussi sur le Kindle d’Amazon.

C’est aussi là qu’on peut lire ce qui doit être ma nouvelle la plus déjantée : « Décalages culinaires », une histoire de voyages dans le temps et de junk food, de futur dystopique et de perceptions du passé… De mauvais goût et d’encore plus mauvaises actions.

Le texte a une histoire un peu compliquée elle aussi, puisque je l’avais écrit il y a une quinzaine d’années pour le fanzine Marmite & Micro-ondes, mais avais changé d’avis alors même que ma nouvelle avait été acceptée. Drôle d’idée ? C’est que j’avais cru trouver un autre canal de publication plus intéressant : un petit éditeur qui voulait lancer une collection de nouvelles publiées individuellement. Hélas, il n’a pas voulu d’un texte de science-fiction, et je me suis retrouvée avec le texte sur les bras. « Décalage culinaires » a finalement vu le jour vers 2007 en auto-édition, sous le titre « Et si la faim venait » (cela évoquera peut-être des souvenirs à certains) et j’ai dû en écouler, tout compris, 20 exemplaires.

Heureusement que la présente anthologie est indulgente avec ces péchés de jeunesse !

Note de lecture : Neuro-science-fiction

Couverture du livre Neuro-science-fiction, avec dessin d'un cerveau relié à des câbles électroniques

J’ai une nouvelle note de lecture en ligne sur le site de l’AFIS (Association française pour l’information en sciences) : Neuro-science-fiction, les cerveaux d’ailleurs et de demain, par Laurent Vercueil, aux éditions du Bélial’, avec une préface de Roland Lehoucq et des illustrations de Cédric Bucaille. Bouquin très agréable et stimulant, pour ne rien dévoiler !

Ma nouvelle « Décalages culinaires » désormais disponible au format epub

Vous vous souvenez de « Décalages culinaires », la nouvelle de science-fiction parue l’an dernier dans l’anthologie Marmite & Micro-ondes, aux éditions Gephyre ? L’édition papier est épuisée, mais on peut désormais trouver le titre sous forme de livrel, soit chez l’éditeur, soit via la plateforme Kobo. Et bien sûr, à un prix réduit par rapport au volume papier.

« Décalages culinaires » est un texte dystopique et humoristique, parlant de restrictions alimentaires et de voyage dans le temps… Oui, tout ça à la fois ! Et la preuve irréfutable que j’ai une imagination bizarre. J’avoue.

La science-fiction, les femmes et le progrès

Orientation morale, c’est par où ?

Le début de la sagesse, dit-on, est de savoir faire la différence entre les choses qui dépendent de nous et celles qui ne dépendent pas de nous, afin de concentrer nos efforts les premières et ne pas nous rendre malade au sujet des secondes. Cela pourrait aider en particulier après une crise, quand on découvre par exemple qu’une personnalité puissante et/ou respectée a eu un comportement détestable, voire criminel. Ce qu’a fait cette personne ne dépend pas de moi. Comment j’y réagit en revanche dépend totalement de moi.

Mais la clarté morale est rarement au rendez-vous des commentaires dans ce genre d’affaires. On voit au contraire des déclarations du type : « Pour un genre qui se veut tourné vers le progrès, la SF contient beaucoup de sexisme/racisme/X » comme s’il y avait un rapport…

Il y a là-dessous une double prémisse, doublement contestable :

  1. D’une part, cela présuppose que la SF serait forcément progressiste, ce qui est très douteux, surtout quand on voit l’importance des thèmes dystopiques dans ce domaine.
  2. D’autre part, même dans un climat d’optimisme en matière progrès technique, il n’y a pas nécessairement de lien avec le progrès social et moral ; il y a même des exemples historiques très clairs du contraire.

J’ai discuté un peu plus tôt comment les vagues d’optimisme et de pessimisme technologique ont fluctué au fil du temps dans la SF, avec une tendance vers la fin du XXe siècle à un triomphe du catastrophisme plutôt que du progressiste. Mais même avant cela, l’un des plus grands best-seller en français et classique du genre, Ravage, de René Barjavel, est quand même réactionnaire au plein sens du terme : réaction de rejet au progrès technique et à la modernité qui l’accompagne.

Quant au lien si vite fait entre progrès technique et progrès social, il faut vraiment ne pas connaître l’histoire contemporaine pour le croire automatique. Par exemple, on tend à l’oublier aujourd’hui, mais avant 1945, et en particulier avant le procès de Nuremberg qui a exposé à la fois les crimes des Nazis et les bases idéologiques du régime, l’eugénisme était un concept partagé par un grand nombre d’intellectuels, de scientifiques et de politiques du monde occidental. Je discute ce point dans mon article pour Science & Pseudo-Sciences d’avril 2021. Certaines pionnières de la lutte pour le droit des femmes à contrôler leur corps, par exemple, voyaient aussi l’accès à la contraception comme une façon de réduire le nom d’«indésirables» dans la société (pauvres, illettrés, etc.), ce qui montre que le féminisme n’est pas une protection automatique contre d’autres formes de préjugés.

Dans le cas de la science-fiction, on ne peut même pas qu’il y ait eu beaucoup de féminisme dans le corpus de textes, du moins récent. L’un des auteurs les plus influents des années 2000 est même plutôt du genre à faire vibrer la corde viriliste, et même virile hétéronormée. On comprend après cela que la phrase citée plus haut, sur la SF et le progrès, me frappe comme incroyablement à côté de la plaque.

Aussi publié sur mon Substack.

Mon article « La science-fiction peut-elle changer le monde ? » en ligne sur le site de l’AFIS

Couverture de la revue
Science & Pseudo-sciences n°335

J’avais mentionné ici un peu plus tôt la sortie du numéro 335 de Science & Pseudo-sciences, avec mon article sur l’influence de la science-fiction sur l’imagination du public, mais aussi des scientifiques eux-mêmes. Le voici en ligne en accès libre sur le site de l’AFIS. Merci à eux !

Posté également sur mon Substack.