Archives de Catégorie: Écrire, éditer

Ma nouvelle, « Décalages culinaires », dans l’anthologie Marmite & Micro-ondes, est disponible sur Kindle, le saviez-vous ?

Couverture de l'anthologie : un monstre géant verdâtre qui mange une fusée spatiale

J’ai déjà parlé ici de l’anthologie Marmite & Micro-ondes, réunie par Vincent Corlaix et Olivier Gechter pour les éditions Gephyre. Épuisé au format papier, le volume est disponible sous forme Epub pour les liseuses Kobo et les smartphones, et maintenant aussi sur le Kindle d’Amazon.

C’est aussi là qu’on peut lire ce qui doit être ma nouvelle la plus déjantée : « Décalages culinaires », une histoire de voyages dans le temps et de junk food, de futur dystopique et de perceptions du passé… De mauvais goût et d’encore plus mauvaises actions.

Le texte a une histoire un peu compliquée elle aussi, puisque je l’avais écrit il y a une quinzaine d’années pour le fanzine Marmite & Micro-ondes, mais avais changé d’avis alors même que ma nouvelle avait été acceptée. Drôle d’idée ? C’est que j’avais cru trouver un autre canal de publication plus intéressant : un petit éditeur qui voulait lancer une collection de nouvelles publiées individuellement. Hélas, il n’a pas voulu d’un texte de science-fiction, et je me suis retrouvée avec le texte sur les bras. « Décalage culinaires » a finalement vu le jour vers 2007 en auto-édition, sous le titre « Et si la faim venait » (cela évoquera peut-être des souvenirs à certains) et j’ai dû en écouler, tout compris, 20 exemplaires.

Heureusement que la présente anthologie est indulgente avec ces péchés de jeunesse !

Le roman et les nouvelles

Couverture du roman "Du sang sur les dunes" par Irène Delse : bateaux à voile près d'une jetée, mer agitée

Le 20 août 2021 paraissait mon premier roman policier, Du sang sur les dunes, aux Éditions du 81. Mais ce n’est pas le seul texte qui se rattache à l’univers d’Antoine Dargent et à son époque. J’ai aussi commis quelques nouvelles ! On peut les lire ici même, sur ce blog. Je les ai mises en ligne après une première publication, généralement dans un cadre non commercial :

Premier Noël, dernier Noël (petit conte écrit pour un atelier d’écriture à tendances oulipoesques, d’où certaines curiosités dans le vocabulaire utilisé)

Une leçon de Terreur (beaucoup plus sombre, un texte écrit en 2020 pour un « Spécial Halloween » de Rocambole, qui n’était pas encore devenu Doors)

Un artiste en son genre (atelier d’écriture encore ; je m’étais bien amusée)

(Pour ceux et celles qui veulent en lire plus, je signale aussi la page Textes de fiction, pour les liens vers des nouvelles dans d’autres univers.)

Vos articles préférés : du copyright, de la SF, du polar et… un cuiseur à riz

Photo : morceaux de pain de forme irrégulière, mais bien cuits

Plutôt que de me pencher sur l’année écoulée, si je regardais l’ensemble du bilan de ce blog ? Je l’ai lancé en 2010 (après avoir sabordé un précédent blog, mais c’est une autre histoire) et forcément, j’ai accumulé des billets assez divers dessus. Grâce à la fonction statistiques de WordPress, il est facile de voir quels sujets ont attiré les visiteurs. Et le billet le plus visité, de très loin, est…

* Les aventures d’un cuiseur à riz : faire du pain ! Oui, un tuto sur comment faire une (petite) miche de pain dans un cuiseur vapeur. On en conviendra, c’est consensuel.

Les suivants sur la liste varient d’un mois à l’autre, mais je les donne ici en vrac :

* Harry Potter et le droit moral sur les œuvres de création (assez provocateur, celui-ci, et volontairement)

* Idée reçue : Asimov et les personnages féminins (je suis assez contente de celui-là)

* Les gens heureux n’ont pas d’histoire, ou pourquoi on parle de « conflit » dans les manuels d’écriture (là aussi, très contente de voir que ce texte trouve son public ; les concepts abordés sont importants et méritent de n’être pas caricaturés)

* Mes outils d’écriture : (8) Relire Agatha Christie (de l’enquête policière comme méthode de création de personnages de fiction)

Bref, à part la pause pique-nique du début, on reste dans les livres. Je ne m’en plaindrai pas !

Notez-moi ! Notez-moi ! Retrouvez mes romans sur Amazon, Fnac ou Babelio

Capture d'écran : liste de mes romans sur Amazon, avec Augusta Helena et Du sang sur les dunes marqués cinq étoiles

D’accord, il n’y a qu’une note pour l’instant, mais c’est encourageant. Au moins, il s’agit de gens qui ont été assez enthousiasmés par Augusta Helena ou Du sang sur les dunes pour aller sur le site du vendeur les retrouver et les noter. Est-il besoin d’expliquer pourquoi c’est important pour la vie du roman de se voir distingué ainsi sur un site qui joue, qu’on le veuille ou non, un rôle de prescripteur ?

Je profite de l’occasion pour inviter toutes celles et tous ceux qui ont apprécié les romans en question à prendre quelques minutes pour noter, et si possible commenter, ces titres sur le site du vendeur. Amazon n’est pas le seul à proposer de noter les achats : c’est possible à la Fnac, chez Cultura, etc.

Et bien sûr, il y a Babelio, le site des amateurs de livres : c’est là, pour l’instant, qu’il y a le plus de notes et avis sur mes bouquins. À bon entendeur…

Augusta Helena : peplum or not peplum ?

Couverture du roman Augusta Helena : dessin d'une femme en habits byzantins, avec couronne et auréole, représentant Sainte Hélène tenant une croix

Le mois dernier, j’ai enregistré un entretien avec l’animateur d’un podcast historique ; une très bonne expérience, soit dit en passant. Et dès que l’épisode sera en ligne, je vous ferai signe ici, bien entendu. Mais je peux déjà révéler que nous avons parlé d’Augusta Helena, mon roman policier historique situé au IVe siècle, sous Constantin.

Comme on discutait des personnages, et de la nécessité de gérer une vaste distribution, j’ai expliqué que mon but, en me mettant à écrire, était d’avoir des héros qui soient crédibles même indépendamment du cadre historique. Je ne voulais pas m’inscrire dans une logique de péplum, avec tous les clichés, raccourcis et rôles-types que cela implique. (J’avais quelques modèles bien précis en tête : Le Nom de la Rose, d’Umberto Eco, mais aussi Les Fosses carolines, le jubilatoire roman historique de Cavanna, et surtout la série de romans policiers antiques SPQR, de John Maddox Roberts, peu connus chez nous hélas.)

Des personnages qui soient crédibles, cela implique une certaine complexité. Gare aux silhouettes de carton pré-découpées, prêtes à jouer les figurants dans n’importe quelle « fresque historique » ! J’en ai parlé plus longuement ailleurs : la meilleure façon d’éviter les clichés, c’est de traiter chaque personnage comme un individu, un spécimen d’humanité avec son caractère, son passé, ses défauts et ses points forts…

C’est vrai aussi pour l’Antiquité, même si j’ai l’impression que les auteurs sont parfois hypnotisés par le chatoyant de surface de la toile historique, par l’exotisme agressif qui marque presque tous les aspects d’une société aussi différente de la nôtre, par certains aspects, qu’un récit de science-fiction. C’est particulièrement vrai pour l’époque de Constantin, un empereur qui reste dans l’histoire comme protecteur de l’église et consolidateur de l’empire, mais qui a aussi probablement fait assassiner un de ses fils pour des raisons de succession. Il se trouve que nous avons assez de textes de sa main pour entrevoir quelque chose de sa personnalité, ses goûts et dégoûts, sa façon d’argumenter en matière de politique comme de théologie. Bref, nous avons de quoi en faire un individu.

C’est moins évident pour sa mère Hélène, l’héroïne du roman. D’elle, on ne sait même pas la date de sa mort, ni son origine, ni sans doute son vrai nom. Mais on a des aperçus indirect, à travers les faits et gestes que l’histoire a enregistré : des actes officiels comme ce voyage en Orient vers 326, mais aussi sa relation avec Constantin, qui lui faisait manifestement pleinement confiance pour le représenter dans ces provinces lointaines. Et puis bien sûr, dans les nombreux blancs de l’histoire, on peut toujours broder. J’ai ainsi pas mal fait appel aux souvenirs de ma propre mère pour dépeindre Hélène : j’ai donné à l’impératrice quelque chose de son aspect physique, et surtout de sa foi profonde, mais qui n’excluait pas le bon sens.

Et cependant… Avouons-le : dans le cadre de ce roman, j’ai à plusieurs reprises et très consciemment « fait du péplum ». Je pense à l’épisode du combat de gladiateurs, par exemple, ou aux évocations de la gastronomie romaine, ou encore au personnage de Roxanna, la farouche « amazone » scythe.

C’est que les clichés ne sont pas juste des raccourcis mentaux, des images superficielles : ils ne deviennent tels que parce qu’ils sont tellement populaires, parce que c’est avec eux qu’est meublé notre imaginaire. En écrivant un roman historique antique, j’allais forcément me colleter avec la vaste littérature qui a précédé, sans compter les apports du cinéma, de la bédé… J’ai donc choisi d’aller aussi souvent que possible dans le sens du picaresque, du cliché repris et revisité. Sans faire de pastiche. Mais puisque le vécu authentique nous échappe (et il nous échappe forcément, le passé, selon l’expression bien connue, « est un pays étranger »), autant prendre les strates accumulées d’arts et de littérature, en faire la matière première du roman.

Pour le dire autrement, j’écris au XXIe siècle, et l’intertextualité fait pleinement partie de mes outils. Impossible d’y échapper… aussi je n’essaie pas ! Au contraire, on verra dans Augusta Helena comment j’ai utilisé les textes antérieurs, depuis la Bible jusqu’à Astérix, pour tisser une nouvelle tapisserie sur ces cartons antiques.