Boris Strougatski, après Arcadi, à jamais dans les étoiles

C’était pour moi un nom exotique sur une couverture, l’une des deux unités d’un duo de frères vivant et publiant en Union soviétique des années 60 à 80, souvent en rusant avec la censure, en marge de leurs métiers respectifs de traducteur de japonais et de chercheur scientifique… Voilà à peu près tout ce que l’on pouvait glaner sur la 4e de couverture ou la présentation de l’éditeur d’un livre d’Arcadi et Boris Strougatski.

Couverture : "Il est difficile d'être un dieu", par Arcadi et Boris Strougatski, éditions Denoël, coll. Lunes d'encre

Cheez Denoël, coll. Lunes d’encre, une réédition révisée bien méritée

Ils font partie des auteurs qui ont marqué ma jeunesse, parce qu’ils figuraient dans la bibliothèque assez éclectique de mon père (lui-même amateur de science-fiction et de fantastique) et venaient avec de chaudes recommandations de sa part. J’avais lu très tôt la traduction (hélas écourtée) de Il est difficile d’être un dieu dans Présences du Futur, un des grands romans politiques de la SF. Et puis l’insolite Le Lundi commence le samedi, qui à la SF mêle le merveilleux des contes populaires russes ; et plus récemment La Seconde invasion des Martiens, un court roman férocement drôle et désespéré, qui accomplit le tour de force d’être à la fois une satire d’un système bureaucratique à la soviétique, et d’un monde capitaliste où l’argent est roi.

Il y a aussi les textes découverts grâce à quelques merveilleux bénévoles du fanzine Antarès, dans les années 80, comme ce « Tentative de fuite », où là aussi, sous une apparente utopie collectiviste, se cache une dénonciation de la déshumanisation de l’homme par l’homme.

Et c’est l’émotion, soudain, en apprenant la mort de Boris Strougatski le 19 novembre 2012, à l’âge de 79 ans.

J’avoue que j’ignorais que son frère, Arcadi, était décédé depuis 1991 ; ni que le vieil auteur de SF avait continué d’être publiquement actif à plus de 70 ans, critiquant les dérives autoritaires conservatrices du régime de Poutine, et défendant notamment le collectif féministe Pussy Riot

C’est un grand monsieur qui nous quitte, et toute la SF mondiale qui perd un autre morceau vivant de son histoire.

Une réponse à “Boris Strougatski, après Arcadi, à jamais dans les étoiles

  1. C’est une sale année que 2012 pour la SF, beaucoup de disparitions tragiques😦

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