Archives de Catégorie: Imaginaires

Mon recueil de nouvelles de nouveau disponible sur Lulu.com

De temps en temps, on me demande des nouvelles de ma prose, notamment pour savoir si ces textes sont disponibles, et si oui sous quelle forme. Récemment, c’est @Monolecte qui, convertie aux liseuses (chouette !) voulait savoir si mon roman était disponible comme livre électronique. La réponse est oui (voir la page « Textes de fiction » dans le menu en haut de ce blog) ; mais cela m’a rappelé que j’avais en 2008 tenté l’aventure de l’autoédition, en publiant un petit recueil chez Lulu.com : La Faim et autres nouvelles.

Image : couverture de livre, style science-fiction (texture métallique, motif fractal)

La Faim et autres nouvelles par Irène Delse (Lulu.com)

Au départ, il s’agissait uniquement de la version papier, mais il s’y est entre temps ajouté la possibilité d’offrir la version PDF, puis bien sûr le format epub.

Aujourd’hui, la version papier (broché, 69 pages) est disponible pour 5,22 € chez Lulu.com,  et le livre électronique (PDF ou epub) pour 1,99 € seulement – cela sans aucune « protection » technique, c’est-à-dire sans DRM.

Les deux formats sont lisibles tels quels sur ordinateur, mais aussi sur la plupart des liseuses (Kobo, Sony, Cybook…) ainsi que sur les smartphones et tablettes. (Pour Android, Blackberry et les ordis sous Windows, Mac OS ou Linux, utiliser par exemple FBReader ; pour iPhone/iPad, Stanza.) Enfin, si on a un Kindle, on peut convertir très facilement le fichier .epub en .mobi, lisible sur ce support, grâce à un freeware très sympathique, Calibre.

Bref, en réponse à la question « comment trouver mes livres », la réponse pour celui-ci est : « Voyez chez Lulu.com, les amis ! » 😉

La Faim et autres nouvelles, par Irène Delse.

Support independent publishing: Buy this e-book on Lulu.

Boris Strougatski, après Arcadi, à jamais dans les étoiles

C’était pour moi un nom exotique sur une couverture, l’une des deux unités d’un duo de frères vivant et publiant en Union soviétique des années 60 à 80, souvent en rusant avec la censure, en marge de leurs métiers respectifs de traducteur de japonais et de chercheur scientifique… Voilà à peu près tout ce que l’on pouvait glaner sur la 4e de couverture ou la présentation de l’éditeur d’un livre d’Arcadi et Boris Strougatski.

Couverture : "Il est difficile d'être un dieu", par Arcadi et Boris Strougatski, éditions Denoël, coll. Lunes d'encre

Cheez Denoël, coll. Lunes d’encre, une réédition révisée bien méritée

Ils font partie des auteurs qui ont marqué ma jeunesse, parce qu’ils figuraient dans la bibliothèque assez éclectique de mon père (lui-même amateur de science-fiction et de fantastique) et venaient avec de chaudes recommandations de sa part. J’avais lu très tôt la traduction (hélas écourtée) de Il est difficile d’être un dieu dans Présences du Futur, un des grands romans politiques de la SF. Et puis l’insolite Le Lundi commence le samedi, qui à la SF mêle le merveilleux des contes populaires russes ; et plus récemment La Seconde invasion des Martiens, un court roman férocement drôle et désespéré, qui accomplit le tour de force d’être à la fois une satire d’un système bureaucratique à la soviétique, et d’un monde capitaliste où l’argent est roi.

Il y a aussi les textes découverts grâce à quelques merveilleux bénévoles du fanzine Antarès, dans les années 80, comme ce « Tentative de fuite », où là aussi, sous une apparente utopie collectiviste, se cache une dénonciation de la déshumanisation de l’homme par l’homme.

Et c’est l’émotion, soudain, en apprenant la mort de Boris Strougatski le 19 novembre 2012, à l’âge de 79 ans.

J’avoue que j’ignorais que son frère, Arcadi, était décédé depuis 1991 ; ni que le vieil auteur de SF avait continué d’être publiquement actif à plus de 70 ans, critiquant les dérives autoritaires conservatrices du régime de Poutine, et défendant notamment le collectif féministe Pussy Riot

C’est un grand monsieur qui nous quitte, et toute la SF mondiale qui perd un autre morceau vivant de son histoire.

Bonne lecture pour écrivains en herbe (et les autres)

C’est une petite histoire pour encourager, mais aussi faire méditer, tous ceux et celles qui s’acharnent sur leurs projets d’écriture – et plus particulièrement qui veulent accéder au statut de romancier: « La petite grenouille qui voulait faire publier son roman ».

Et l’on y évite pas les questions qui fâchent:

[…] « Quand un éditeur te dit non, même sans expliquer, c’est qu’il a une bonne raison. Tu ne le feras pas changer d’avis sans changer ton texte. Et crois-moi, il se souviendra de toi si tu as pris de son temps de travail en demandant des explications, et ton prochain manuscrit sera reçu avec la plus grande méfiance !
— Mais il devrait quand même expliquer pourquoi, non ?
— Rien ne l’y oblige. S’il n’a pas le temps ni l’envie de le faire, il ne le fera pas : ce n’est pas son travail d’aider les jeunes auteurs. De l’aide, tu peux en trouver sur la mare, avec plein d’autres grenouilles qui seront ravies de t’aiguiller si tu leur proposes ton expérience en échange. L’éditeur, lui, doit juste savoir si le manuscrit est publiable et s’il correspond au public de sa maison d’édition. Autant dire que si tu envoies ton manuscrit, tu dois le penser excellent : n’espère pas avoir juste un avis.
[….]
— Et s’il me propose des pistes de travail avec lesquelles je ne suis pas d’accord ?
— S’il t’a laissé entrevoir la possibilité d’une collaboration, tu peux argumenter pour essayer de comprendre son point de vue. S’il te les a juste données parce qu’il a aimé ton manuscrit mais ne veut pas le publier, c’est inutile : c’était juste une information pour t’aider !
— Super ! Merci, grand esprit de la mare, je vais pouvoir envoyer mon projet à tous les éditeurs maintenant !
— Ne sois pas trop gourmande, petite. Cible les éditeurs qui te conviennent, il y a même un Grimoire Galactique des Grenouilles pour t’y aider. Et attention aux envois groupés qui montrent que tu l’as envoyé à tout le monde ! Ça ne fait vraiment pas professionnel… »

À lire sur Tintamarre, le blog associé au forum CoCyclics, où les auteurs de l’imaginaire se regroupent pour faire de la bêta-lecture, bref, s’entraider pour s’améliorer et pour multiplier leurs chances de se faire éditer.

Le dernier G. R. R. Martin fuité sur Amazon.de: vraiment une erreur?

Aubaine pour les uns, sale coup pour les autres: A Dance With Dragons, le tant attendu tome cinq (1) du Trône de Fer de George R. R. Martin s’est retrouvé pendant quelques heures en vente sur le site de la filiale allemande d’Amazon. Shocking!

Couverture de "A Dance With Dragons", George R. R. Martin

Mais avant l’heure, c’est pas l’heure. Lancement planétaire simultané oblige, la webrairie a dû prestement retirer le titre, tandis que « G. R. R. M. » se fâchait tout rouge.

Cela dit…

On apprend incidemment dans l’article d’ActuaLitté que ce n’est pas la première fois qu’Amazon.de fait des coups de ce genre. Déjà avec une version non définitive d’un autre bouquin très attendu, futur best-seller assuré, par une certaine Stephenie Meyer, si vous voyez ce que je veux dire. De plus, tenez vous bien, on murmure ici et là sur le Net que d’autres sites européens qui vendent en ligne des livres anglophones en font autant. Et pas par erreur, mais de façon systématique.

Cette dernière allégation est tout sauf gratuite. J’ai un exemple précis en tête: celui de la romancière américaine de SF et fantasy C. J. Cherryh, qui est bien moins célèbre que Martin, mais n’en a pas moins un solide contingent de fans plus ou moins disséminés sur la planète. Y compris un certain nombre d’Européens qui lisent fort bien l’anglais et ne veulent pas attendre les (éventuelles, hélas) traductions — et qui donc commandent les bouquins en ligne dès leur sortie aux USA… ou même avant, grâce à la magie des pré-commandes.

"Betrayer", by C. J. Cherryh, available at The Book Depository

Comment je le sais? Facile. Les forums de fans se repassent les adresses de « bons » sites auxquels commander les livres de leurs auteurs favoris, en comparant prix, vitesse de livraison et autres détails pratiques. Dans le cas de Cherryh et du forum Shejidan, c’est ainsi que l’on découvre la saga de l’un de ces fans, domiciliés en Suède cette fois, qui reçoit quasi-systématiquement les bouquins quelques jours avant leur date de sortie officielle aux USA…

Eh oui. Pour rendre l’édition papier disponible à la même date dans de nombreux pays différents, les éditeurs doivent au préalable expédier des stocks physique quelques mois ou semaines à l’avance. D’où, pour les webrairies locales la tentation de dégainer plus vite que le mastodonte Amazon.com.

Si les enjeux économiques ne sont pas très gros (marché local modeste à l’échelle des USA, auteur n’ayant pas la stature d’un best-seller international…), cela peut passer inaperçu quasi-indéfiniment.

Qu’en pense-t-on outre-Atlantique? Auteurs et éditeurs réagissent… de différentes façons. Qui dépend beaucoup évidemment de la question économique, mais aussi de leurs relations avec les fans.

Dans le cas précis de C. J. Cherryh, là encore, le forum apporte la réponse: l’auteure (et sa maison d’édition) ferment les yeux tant que ces sorties prématurées restent dans des proportions modestes. (Dans ce cas, limitées à l’Europe du Nord ou à peu près.) Mieux encore, comme certains membres du forum ont des contacts personnels avec Cherryh (soit lors de conventions de SF, soit parce qu’ils sont voisins ou amis), l’auteure a donné sa tacite approbation à une coutume bien particulière sur Shejidan: la publication en mini-feuilleton du début du roman, quelques lignes à la fois, jusqu’à la moitié du premier chapitre environ.

Cela, encore une fois, avant que le livre soit seulement disponible à l’expédition sur Amazon US…

Si on y regarde de près, c’est tout bénéfice pour l’auteure autant que pour les lecteurs. Non seulement cela tient en haleine tous ceux des fans qui ne vivent pas en Suède ou à proximité, mais cela fait au livre de la publicité gratuite en permettant aux lecteurs potentiels non encore initiés à la prose de Cherryh de s’en faire une idée — et d’avoir envie de connaître la suite!

Comment on appelle ça, déjà, dans le business? Ah, oui, une stratégie gagnant-gagnant!

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(1) N.B. En édition originale. Le saucissonnage des volumes de la traduction française est de la stricte responsabilité des éditions Pygmalion.

Livres à suivre: « Étranger », de C.J. Cherryh, bientôt en nouvelle traduction française (enfin!)

Faut-il sous-titrer « attention, copinage », ou « attention, bouquin événement »? Ou les deux? Au fond, qu’importe: quand on aime, on ne choisit pas…

Donc, parlons franc: je suis super-excitée par cette nouvelle traduction française du Foreigner de C. J. Cherryh que nous annoncent les éditions Mnémos pour la fin du mois de mars. Et encore plus enthousiaste parce que le projet a été porté par une amie et ancienne complice, l’éditrice Hélène Ramdani, précédemment du Navire, si cela vous dit quelque chose!

(Oui, bon, je suis moins emballée par la couverture, mais personne n’est parfait.)

Pourquoi excitée? Parce que, ayant lu le roman en anglais, ainsi que toutes ses suites (déjà 11 volumes parus aux USA, avec un douzième prévu pour le mois d’avril), j’ai été soufflée par la densité et la richesse de l’univers qu’il explore, d’autant plus que cette complexité est assurée dans ce volume avec le minimum de moyens: une seule planète, deux espèces qui se regardent en chiens de faïence (les humains et les atevi), une demi-douzaine de personnages de départ. Et un seul gros vaisseau spatial, égaré loin de la Terre sans espoir de retour.

Et c’est parti pour un voyage d’exploration à l’interface entre l’humanité et l’altérité, une exploration où les nuances psychologiques et les relations entre individus sont plus souvent qu’à leur tour mises à mal par une situation politique explosive. Et que peut faire un diplomate quand les outils mentaux de ses interlocuteurs sont incompatibles? Avec de gros enjeux: le futur de la planète et de ses deux fragiles populations.

Bref, attention, bouquin incontournable – et pas seulement pour les fidèles de la SF! (Même si les connaisseurs auront en tête les thèmes similaires de précédents classiques de C. J. Cherryh, comme Cyteen ou Forteresse des étoiles, pour la politique, et Chanur ou Chasseur de mondes pour le face à face entre espèces différentes.) Tout amateur de politique-fiction devrait y trouver son compte. Et je ne parle pas des fascinants aperçus ouverts ça et là vers la linguistique et les neurosciences, puisque le fond du problème est que non seulement les extra-terrestres ne parlent pas seulement la même langue, mais n’ont pas la même psychologie, le même univers mental que nous…

Pourquoi une réédition? Le roman d’origine, Foreigner, est sorti en 1994 aux États-Unis, bientôt suivi de deux suites, Invader et Inheritor, qui avec lui forment une trilogie cohérente. Devant le succès initial, l’auteure avait pu continuer d’explorer cet univers, d’où les onze (bientôt douze, et un treizième en cours d’écriture) romans de la série Foreigner.

En 1998, les éditions J’ai lu sortaient en poche et sans trop de flon-flons une traduction française du premier, puis du deuxième tome… et puis s’étaient arrêtées en chemin, sans continuer la trilogie. (Ne parlons même pas du reste de la série.) Il faut donc rendre grâces aux éditions Mnémos de relever le gant aujourd’hui, surtout qu’on nous offre en prime une nouvelle traduction, qui devrait corriger les défauts reprochés à l’époque à la première mouture.

Étranger, de C. J. Cherryh, éditions Mnémos (coll. Dédales), ISBN 978-2-35408-105-8, 350 pages, 22 €.

À paraître le 24 mars 2011. On peut déjà réserver chez Amazon et la Fnac, mais si j’étais vous, j’en parlerais à mon libraire…

P.S. du 30/04/2011: Je crois que j’ai parlé trop vite. Je viens de me rendre compte que le site des éditions Mnémos annonce un «report jusqu’à la fin de l’année» pour Étranger… Ben zut, alors.

Liens choisis, rayon littératures de l’imaginaire

Quelques liens en vrac, pour essayer de voir le monde sous un angle… étrange (enfin, plus étrange que d’habitude, quoi):

  • Dans Le Parisien, un portrait de « Pascal, 50 ans, assistant sexuel » – et citoyen honoraire de la Colonie de Bêta? (Les lecteurs de Barrayar, le roman de Lois McMaster Bujold, auront compris l’allusion. Et si vous ne l’avez pas lu… Foncez!)
  • À Lyon, ils auront un Salon du Vampire les 4 et 5 décembre! Moi, parisienne, je suis jalouse, tiens.
  • Un « Cthulhu » sculpté sur une pierre tombale de plus de 300 ans? Et si on avait plutôt retrouvé l’une des sources d’inspiration (consciente ou non) de l’écrivain H.P. Lovecraft, dont la passion pour les antiquités de sa région natale de Nouvelle-Angleterre est bien connue – ainsi que son penchant pour les balades dans les cimetières à la recherche d’une atmosphère Poe-tique!

Concours de nouvelles Visions du Futur 2011

De l’imagination? À vos marques, prêts… Écrivez! Ou dessinez, selon les cas.

Mais d’abord, bien sûr, n’oubliez pas de consulter le règlement du concours Visions du Futur 2011, organisé par l’association Présences d’Esprits, et qui récompensera trois catégories d’œuvres de l’imaginaire: nouvelle, bande dessinée et illustration. Kézaco, « imaginaire »? C’est l’ensemble des genres qu’on classe sous les étiquettes de science-fiction, fantasy, fantastique et merveilleux.

Précisons que les lauréat(e)s seront publiés dans un numéro spécial de la revue AOC. Débutants, débutantes, à vos méninges…

(Source: le blogue Monde de la SF. Merci, Georges.)