Archives de Catégorie: Imaginaires

On relance ! Téléchargez #Doors, lisez Irène Delse

Je vous parlais récemment du rachat de la plateforme de lecture en ligne Doors par l’entreprise Vivlio, leader européen du livre électronique. En pratique, comment cela va se passer ?

Très simplement : l’appli Doors reste telle quelle, le catalogue existant est toujours là et les abonnements sont valables comme d’habitude. Pareil pour les auteurs qui voudraient soumettre des projets : toutes les infos sont sur la page du comité de lecture de Doors (notez l’icône Vivlio dans le coin).

C’est compris ? Pour essayer l’appli Doors, il suffit de la télécharger sur votre boutique en ligne favorite (pour Android, c’est par ici) pour profiter des 15 jours gratuits, puis chercher dans les catégories SF pour L’Interprète et Fantasy pour L’Héritier du Tigre.

Il y a encore quelques bugs, mais pour l’essentiel, ça marche : on lit, on passe d’un épisode à l’autre sans problème, etc. Alors, si le cœur vous en dit, sautez en marche dans l’aventure ! Et n’oubliez pas, si vous avez apprécié, de noter et laisser un commentaire dans l’appli. Plus une série marche, plus l’auteure sera motivée pour écrire une suite, c’est bien connu.

Anthologie Marmite & Micro-Ondes : à vous de jouer !

L’aspect fini. Classe, non ?

(Màj du 22/11/2020 : Ça y est, la campagne de financement est terminée, et elle est réussie ! L’anthologie verra bien le jour. Je vous donnerai des nouvelles dès que j’ai une date de parution.)

Une nouvelle de SF de ma part, cela vous dit ? Un texte dystopique et humoristique sur fond de restrictions alimentaires et de voyage dans le temps ? Du léger pour faire digérer du lourd ? Et dix-neuf autres textes inédits touchant aux genres de l’imaginaire, tous ayant trait de quelque façon à la bouffe… Pardon, à l’alimentation et la cuisine. Car on est ici dans la gastronomie littéraire. L’anthologie préparée par les soins d’Olivier Gechter et Vincent Corlaix est à déguster. Avec des contributions de Ketty Seward, Philippe Heurtel, Sylvie Miller, Jean-Louis Trudel, entre autres bons marmitons.

La campagne Ulule est en cours, et déjà financée à presque 50%. À bon entendeur, salut ! Pour les gens qui ne connaîtraient pas, cela fait vingt ans que la revue Marmite & Micro-Ondes mitonne son brouet de SF, fantasy et interrogations sur le contenu de nos assiettes. Comme dans le dicton, dis-moi ce que tu mange, je te dirai qui tu es.

Anthologie Marmite & Micro-Ondes : 20 ans et toutes nos dents, textes réunis par V. Corlaix et O Gechter, éditions Gephyre, 2020.

L’Interprète, premières notes de lecture (et c’est encourageant)

Quatre jours seulement depuis la parution de L’Interprète chez Rocambole, et déjà les premières notes de lecture sont là. Tout va vite dans l’édition en ligne ! La liste n’est pas exhaustive (il y en a sûrement que je n’ai pas vues) mais voici déjà une note de lecture sur le blog d’Alouqua, et une autre sur Twitter par L. Williams.

Si vous avez d’autres critiques, n’hésitez pas à les mettre sur la page Babélio ou Booknode de L’Interprète… Ou bien venez discuter avec nous sur le Discord de Rocambole ! Plus on est de fous, plus on lit.

L’Interprète : ma nouvelle série de SF, à lire chez Doors (ex-Rocambole)

L’Interprète, par Irène Delse, publiée le 15/07 sur Rocambole

Vous vous souvenez de ce texte de science-fiction avec lequel j’ai passé le confinement ? Eh bien il a trouvé un éditeur, et un beau : Doors (ex-Rocambole) ! Ce sera donc la deuxième série que je publie chez eux, après L’Héritier du Tigre.

De quoi s’agit-il ? Disons, sans rien déflorer, qu’il s’agit des aventures d’une linguiste qui est chargée de parler avec des extraterrestres… Mais toutes ressemblance avec un certain film à succès s’arrête là : le problème ici n’est pas d’établir la communication, mais de savoir ce que l’on décide quand elle est établie. Les choix que l’on fait, ou que l’on ne fait pas, tant comme individu que pour l’humanité…

Ça vous intéresse ? Alors, rendez-vous sur l’appli Doors ! (Ou bien sur le site, bien sûr.)

C’est la faute à Jules Verne ! De la SF et de ses prophéties

Sérénité malgré tout.

D’où vient cette idée que la science-fiction pourrait servir de boule de cristal, qu’on pourrait y lire des prédictions ou du moins des avertissements sur ce que nous réserve l’avenir ? C’est une idée très répandue, y compris dans la profession. Encore récemment, Catherine Dufour affirmait dans Le Monde :

« La science-fiction avait pour fonction d’alerter les époques fascinées par le progrès. Maintenant que tout le monde a très peur, elle doit prendre le contre-pied. »

Si on y regarde bien, c’est doublement bizarre. D’abord, pourquoi faire porter à la fiction un rôle qui est en toute logique celui de la prospective ? Ensuite, je suis désolée pour ma collègue, mais ce n’est pas ce que montre l’histoire de la SF. Les époques qui croyaient au progrès avaient une littérature enthousiaste pour le progrès (de Jules Verne à Asimov, disons) et les époques qui s’en méfient ont une littérature qui reflète cet état d’esprit. Voir : toute la SF occidentale ou presque depuis les années 60.

Au départ, en fait, la science-fiction n’était ni optimiste ni pessimiste, et elle ne prédisait pas, elle explorait. Prenons Frankenstein ou le Prométhée moderne, de Mary Shelley. Il y a de solides arguments pour dire que c’est le premier roman important de ce qu’on peut appeler fiction scientifique, ce qui deviendra la SF. Dedans, l’auteure explore une idée : la possibilité de créer une vie artificielle, en s’inspirant notamment des recherches de Galvani sur l’influx nerveux (la « réanimation » apparente de cadavres ou même de parties de corps sous l’effet de l’électricité). Elle s’intéresse à la responsabilité du créateur envers sa créature (Victor Frankenstein abandonne l’être à qui il a donné vie, et l’amertume rend celui-ci méchant) ainsi qu’aux sentiments et à leur origine (le « monstre » est capable de comprendre les sentiments humains et même d’aimer). Mais en aucun cas elle ne dépeint cette expérience comme la prédiction d’une nouvelle technologie. En fait, le processus de création d’un être artificiel est volontairement laissé dans le vague. C’est manifestement accessoire : le vrai sujet est la nature humaine.

C’est probablement avec Jules Verne, dans la seconde moitié du XIXe siècle, que ce qui allait devenir la science-fiction a commencé à être vu comme de l’anticipation. Il faut dire que le progrès technique s’accélérait au point que quelques années à peine pouvaient séparer l’idée nébuleuse dans la tête d’un chercheur de son application pratique et sa généralisation. Photographie, phonographe, télégraphe électrique, moteur à combustion interne, ampoule électrique, cinéma… Toutes inventions de la période qui ont connu des succès rapides. Un écrivain qui se tenait un peu au courant de l’actualité scientifique pouvait facilement jouer les prophètes, en étant juste parmi les premiers à mettre sous les yeux du grand public ces idées pleines de potentiel.

Jules Verne n’a pas été le seul ici. On peut citer aussi Albert Robida, Camille Flammarion (également astronome, donc parfaitement du sérail), J.-H. Rosny Aîné…

Il y a toujours eu parallèlement des auteurs pour se pencher sur les usages plus sinistres de la technologie, surtout ceux qui ont connu des époques troublées. Il faut absolument citer ici Nous autres, d’Évguéni Zamiatine, un roman écrit en 1920 à propos de ce qui était alors la toute jeune expérience soviétique. Un autre roman bien plus connu s’en est inspiré trente ans après, le fameux 1984 d’Orwell, que des critiques ont cru pouvoir saluer comme « prophétique »…

Je suis en revanche en phase avec Catherine Dufour sur le fait qu’il y a depuis quelques temps un mouvement interne au genre pour s’éloigner du dystopique et du grimdark. Le terme qui s’est plus ou moins imposé, hopepunk, sur le modèle de cyberpunk, est assez parlant. Mais au fait est-ce vraiment un tournant si récent ? On peut penser à Cory Doctorow, qui depuis le milieu des années 2000 écrit dans une veine qu’on pourrait appeler « l’imagination au pouvoir » : des romans qui seraient facilement des dystopies si l’auteur n’y mettait pas un coup de pouce. Bref de l’optimisme raisonné. Et comment ne pas mentionner Doctor Who ? En bonne série pour la jeunesse, on y recherche toujours la solution pacifique et on n’y perd jamais espoir, même quand tout semble aller mal… Et grâce à cet espoir et à l’imagination, on trouve toujours une solution. Aujourd’hui comme lors de sa création, c’est un versant optimiste d’une époque qui a produit beaucoup d’histoires de fin du monde, mais pas uniquement.

Tout cela pour dire ? Que la prophétie est dans l’œil de qui regarde, comme la beauté. Et que la science-fiction peut servir à explorer nos peurs ou nos espoirs, mais que c’est bien plutôt son temps qu’elle reflétera.