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Le dernier G. R. R. Martin fuité sur Amazon.de: vraiment une erreur?

Aubaine pour les uns, sale coup pour les autres: A Dance With Dragons, le tant attendu tome cinq (1) du Trône de Fer de George R. R. Martin s’est retrouvé pendant quelques heures en vente sur le site de la filiale allemande d’Amazon. Shocking!

Couverture de "A Dance With Dragons", George R. R. Martin

Mais avant l’heure, c’est pas l’heure. Lancement planétaire simultané oblige, la webrairie a dû prestement retirer le titre, tandis que « G. R. R. M. » se fâchait tout rouge.

Cela dit…

On apprend incidemment dans l’article d’ActuaLitté que ce n’est pas la première fois qu’Amazon.de fait des coups de ce genre. Déjà avec une version non définitive d’un autre bouquin très attendu, futur best-seller assuré, par une certaine Stephenie Meyer, si vous voyez ce que je veux dire. De plus, tenez vous bien, on murmure ici et là sur le Net que d’autres sites européens qui vendent en ligne des livres anglophones en font autant. Et pas par erreur, mais de façon systématique.

Cette dernière allégation est tout sauf gratuite. J’ai un exemple précis en tête: celui de la romancière américaine de SF et fantasy C. J. Cherryh, qui est bien moins célèbre que Martin, mais n’en a pas moins un solide contingent de fans plus ou moins disséminés sur la planète. Y compris un certain nombre d’Européens qui lisent fort bien l’anglais et ne veulent pas attendre les (éventuelles, hélas) traductions — et qui donc commandent les bouquins en ligne dès leur sortie aux USA… ou même avant, grâce à la magie des pré-commandes.

"Betrayer", by C. J. Cherryh, available at The Book Depository

Comment je le sais? Facile. Les forums de fans se repassent les adresses de « bons » sites auxquels commander les livres de leurs auteurs favoris, en comparant prix, vitesse de livraison et autres détails pratiques. Dans le cas de Cherryh et du forum Shejidan, c’est ainsi que l’on découvre la saga de l’un de ces fans, domiciliés en Suède cette fois, qui reçoit quasi-systématiquement les bouquins quelques jours avant leur date de sortie officielle aux USA…

Eh oui. Pour rendre l’édition papier disponible à la même date dans de nombreux pays différents, les éditeurs doivent au préalable expédier des stocks physique quelques mois ou semaines à l’avance. D’où, pour les webrairies locales la tentation de dégainer plus vite que le mastodonte Amazon.com.

Si les enjeux économiques ne sont pas très gros (marché local modeste à l’échelle des USA, auteur n’ayant pas la stature d’un best-seller international…), cela peut passer inaperçu quasi-indéfiniment.

Qu’en pense-t-on outre-Atlantique? Auteurs et éditeurs réagissent… de différentes façons. Qui dépend beaucoup évidemment de la question économique, mais aussi de leurs relations avec les fans.

Dans le cas précis de C. J. Cherryh, là encore, le forum apporte la réponse: l’auteure (et sa maison d’édition) ferment les yeux tant que ces sorties prématurées restent dans des proportions modestes. (Dans ce cas, limitées à l’Europe du Nord ou à peu près.) Mieux encore, comme certains membres du forum ont des contacts personnels avec Cherryh (soit lors de conventions de SF, soit parce qu’ils sont voisins ou amis), l’auteure a donné sa tacite approbation à une coutume bien particulière sur Shejidan: la publication en mini-feuilleton du début du roman, quelques lignes à la fois, jusqu’à la moitié du premier chapitre environ.

Cela, encore une fois, avant que le livre soit seulement disponible à l’expédition sur Amazon US…

Si on y regarde de près, c’est tout bénéfice pour l’auteure autant que pour les lecteurs. Non seulement cela tient en haleine tous ceux des fans qui ne vivent pas en Suède ou à proximité, mais cela fait au livre de la publicité gratuite en permettant aux lecteurs potentiels non encore initiés à la prose de Cherryh de s’en faire une idée — et d’avoir envie de connaître la suite!

Comment on appelle ça, déjà, dans le business? Ah, oui, une stratégie gagnant-gagnant!

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(1) N.B. En édition originale. Le saucissonnage des volumes de la traduction française est de la stricte responsabilité des éditions Pygmalion.

Lecture numérique, la grande question: «Mais est-ce que ça marche avec…»

Je savais bien, en publiant mon billet sur la plate-forme numérique des éditions du Bélial’, que l’une des premières questions porterait forcément sur la compatibilité avec telle ou telle tablette à la mode. La seule incertitude restait la marque. Kindle? Sony? iPad? Eh bien voilà, ce fut l’iPad.

Ah, ce réflexe de réclamer aux blougueurs un service après-billet!

Bon. Rien que de très normal, vous me direz. À nouveaux modes de lecture, nouvelles habitudes à prendre, et cela nécessite un apprentissage… Et comme je suis bonne (et que j’aime les livrels, les liseuses et tout ce qui va avec), voici trois petits trucs à noter pour qui veut savoir avant d’acheter si telle webrairie pourra alimenter, sans trop de prises de tête, leur machine à lire personnelle:

1) Vous êtes sur le site de l’éditeur, du libraire ou de la plate-forme numérique Truc? Il y a probablement une page de F.A.Q. (Foire aux questions), ou Aide, ou même un forum d’utilisateurs où on peut échanger des tuyaux. (Exemple: dans le cas du Bélial’, c’est un forum. Et le sujet consacré à la plate-forme numérique est ici.)

2) Vous avez votre liseuse ou tablette avec vous? Repêchez au fond de la boîte le manuel d’utilisation! Si vous ne l’avez plus, ou si c’est un manuel sous forme de fichier numérique, chargez ce fichier à l’écran. Au pis, vous pouvez toujours vous rendre sur le site du constructeur, qui devrait avoir lui aussi une rubrique d’aide. (Dans le cas des liseuses électroniques de Bookeen, que je connais bien, il y a un manuel numérique dans l’appareil plus une F.A.Q. sur le site.)

3) Enfin, puisque vous lisez ceci, vous êtes sur Internet: essayez donc de poser la question dans votre moteur de recherche favori! Dans le cas de l’iPad et de la webrairie du Bélial’, qui offre des livrels aux formats epub et PDF, il suffit de taper dans (allez, au hasard, Google) les mots clefs «iPad + epub» ou «iPad + PDF» pour atterrir, dans la première page de résultats, sur des sites qui donnent la réponse. (Pour le PDF: ActuaLitté. Pour l’epub: eBouquins ou iClarified.)

Profitons-en pour faire la pub de Calibre, un gestionnaire de bibliothèque numérique (un biblioticiel?) qui a l’avantage d’être un logiciel libre et de savoir presque tout faire, y compris synchroniser avec divers appareils (dont l’iPad) et convertir d’un format de livrel dans un autre (dont l’epub). Seul défaut: l’interface est en anglais. Mais la prise en main est très, très simple.

Oh, et une dernière chose: je peux personnellement garantir que les fichiers epub téléchargés sur e-Belial se lisent très bien sur le Cybook Opus de Bookeen. Testé et approuvé. 😉

P.S. C’était là une liste rapide des ressources en français. Pour ceux qui lisent la langue de Steve jobs, il y en a une à ne pas manquer: les forums et wikis de Mobile Read. C’est d’ailleurs là que j’ai découvert Calibre.

Science-fiction et livres numériques: e-Bélial’, c’est parti!

Un petit mot rapide pour signaler que le lancement de e-Bélial’, la boutique en ligne – oh, pardon, plate-forme numérique – des éditions du Bélial’, c’était aujourd’hui, 1er septembre!

Au catalogue, des titres de Joëlle Wintrebert, Jean-Pierre Andrevon, Claude Ecken, Thomas Day, Xavier Mauméjan, Ugo Bellagamba et Roland C. Wagner. Les prix vont de zéro (pour tester) à 10 € (pour un roman/recueil de nouvelles), et il y a la possibilité d’acheter juste une ou deux nouvelles et non tout le recueil.

Question format, c’est plutôt sympathique: on peut choisir entre epub (à mettre dans les liseuses et smartphones) et PDF, pour imprimer ou lire sur ordinateur.

Enfin, ce qui ne gâte rien: pas le moindre petit bout de DRM!

Alors, soit, il n’y a pour l’instant que peu de titres, mais si le succès est au rendez-vous, on peut espérer là une jolie webrairie francophone spécialisée dans l’imaginaire.

P.S. Évidemment, tout le monde n’est pas du même avis. Pour un point de vue critique, lire «Quelque chose comme une lettre ouverte…», par Ayerdhal. (Signalé par @cgenin.)