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Mes outils d’écriture (15) : Traînez sur Internet !

Un chat dans un tube de plastique. Légende : "Internet est une série de tubes. Et dans ces tubes, il y a des chats."
My God, it’s full of cats!

Non, ce n’est pas un conseil malveillant pour torpiller la concurrence. L’usage d’Internet m’a réellement permis de me développer comme auteure, en particulier comme romancière, et ceci est un petit témoignage de mon aventure.

Déjà, autant annoncer la couleur : je suis ce qu’on peut appeler geek, et je ne m’en repends pas. J’ai commencé à baigner dans des histoires de science-fiction et d’ordinateurs quand j’étais petite. Autant dire que quand j’ai pu me connecter régulièrement au Réseau, à partir de 1997, je n’ai pas hésité. C’était certes des temps héroïques : on payait sa connexion à la seconde, et ce n’était pas donné. Mais cela ouvrait de telles possibilités…

Par exemple, discuter avec des fans de mes auteurs favoris dans le monde entier, même ceux qui sont au Japon, ou à Nouméa, ou à Vancouver… C’était l’époque des messageries Usenet (ça vous dit quelque chose ? Googlez donc !) et l’astuce pour ne pas avoir une facture de téléphone trop horrible était de télécharger les messages du jour, puis se déconnecter pour lire à loisir et élaborer sa réponse. Puis on se reconnectait juste pour poster ses messages. Limité, mais c’était déjà le moyen d’augmenter en expérience. Celle dont on parle quand on conseille aux débutants : « écrivez sur ce que vous connaissez ».

Quelques années ont passé, l’an 2000 a commencé à rapetisser dans le rétroviseur, et on a pu profiter de quelques innovations bien pratiques : le WiFi et la compression mp3. Avec le premier, fini le décompte angoissé des secondes et des minutes pour ne pas dépasser ton forfait Internet ! Il était désormais presque confortable de surfer, et les possibilités de découvrir et interagir augmentaient d’autant. Ce fut pour moi la période des blogues et des forums en ligne, et l’exposition à bien des idées et des expériences nouvelles. Des gens racontaient leur vie sur leur blog ou dans leur forum préféré, et il n’y avait plus qu’à lire pour vivre par procuration. Et pour être aux premières loges quand des empoignades avaient lieu, car forcément, qui dit gens qui discutent dit qui se disputent…

Mais ce n’est pas tout. L’autre média de choix, en ce début des années 2000, c’était le podcast, alias balado pour parler un peu français. Et l’un d’entre eux m’a carrément donné une idée de roman. C’était, je crois, Rationally Speaking, un balado en anglais consacré à la discussion des religions sous l’angle du rationalisme. L’un des épisodes mentionnait au passage le voyage fait par l’impératrice Hélène, mère de Constantin, pour ramener la Vraie Croix de Jérusalem. Quelqu’un utilisait même l’expression « Indiana Jane du IVe siècle » ! Je n’en ai rien fait sur le moment, mais des années plus tard, je suis retombée sur la mention de ce voyage, toujours via un podcast. Cette fois, mon imagination n’a pas voulu rester en repos ; le résultat fut Augusta Helena.

Pour le roman suivant, Internet a encore frappé. Par le biais de Wikipédia, pour changer : ce site a l’excellente habitude de mettre chaque jour quelques articles à la une, soit de particulière qualité, soit parce qu’ils sont insolites… Un jour de 2018, en ouvrant la page, je tombe sur la mention de Marie-Angélique Duchemin, première femme décorée de la légion d’honneur et héroïne des guerres révolutionnaires. Il y avait même une photo, prise vers 1850. La dame n’avait pas l’air commode ! Fascinant. Je me suis aussitôt documenté un peu plus sur cette période foisonnante de notre histoire, et c’était parti ! J’en ai tiré Tous les Accidents, ce que je pourrais appeler mon « roman national ».

Je pourrais donner d’autres exemples, comment, grâce à Internet, j’ai découvert certains bouquins sur l’écriture qui m’ont conduite à faire évoluer ma pratique… Mais on se place alors déjà dans un autre billet de la série, qui s’intitulerait : « (16) Relis Ton Fichu Manuel »…

Comme nous disions du temps d’Usenet. Ce qui boucle la boucle.