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La Tribune de Genève, avec un de mes tweets dedans

Authentique ! Et mini-moment de gonflage d’ego, bien sûr… 😉

Capture d'écran Twitter avec le hashtag #UMPlosion

Capture d’écran Twitter vers 16h, à Paris comme à Genève

« Duel Fillon-Copé : Sur Twitter, même la droite se moque de l’UMP » (Hé oui, c’est leur titre, pas le mien !)

En tout cas, à l’heure où je poste ce billet, toujours pas de fumée blanche…

Cette fachosphère qui les fascine, farce en trois tweets

Mais non, ce n’est même pas une tragi-comédie. La presse française se penche sur la fachosphère, gasp! Et découvre que ces petits messieurs ne se prennent pas pour de la crotte.

Je ne crois pas que je pourrais faire mieux que reproduire ici cet échange d’hier sur Twitter à propos d’un article du Monde (parmi tant d’autres, soyons justes) à propos des « hussards bruns du ouaibe ». Dont fait partie certaine vieille connaissance… Didier Goux. (Tiens, tiens!)

C’est vrai, au fond. Un lecteur du Monde avait posté en commentaire de l’article: « C’est effarant cette fascination de la presse française pour l’extrême-droite ». Mais quelque part, c’est logique.

Regardez les films de Hitchock. Et James Bond. Star Wars. Harry Potter. Même Walt Disney. Élitistes, les « super-villains » hollywoodiens? Au plus haut niveau. Snobs? Vous reprendrez bien un doigt de whisky pur malt avant d’être jeté dans le bassin à piranhas, hmm? Et qui vomissent 99,9% de l’humanité tout en se contemplant dans le miroir? Par définition.

Moralité: chers éditorialistes, pensez aux bons vieux classiques de la culture populaire, du mélodrame à Hollywood. Vous trouverez la source du plagiat.

En passant

D’accord, d’accord. Je ne l’aurais pas cru sans le constater moi-même, mais c’est la seule conclusion possible: Éric Besson est un robot. Et il veut robotiser la France à son image. Car la patrie en danger nécessite plus de formatage! … Lire la suite

Palabres presque véridiques à l’Élysée

[Avertissement: Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé est un produit de votre imagination. Attaquez-vous vous-même en diffamation.]

Dans un recoin obscur du Château, les p’tits gars de l’UMP gambergent… (Et même les quelques nanas de service sont des p’tits gars, si elles parlent dans l’exercice de leurs fonctions électives dans le parti. Des sbires, quoi.)

Sarko: Bon, alors, et si ce dernier fumigène marche pas, on fait quoi? Les veaux de France vont pas nous suivre jusqu’à perpète! Surtout qu’on en a déjà usé pas mal, de bouquémissaires. Les jeunes, les noirs, les chômeurs, les téléchargeurs de fichiers, les musulmans, les Roms… Faut voir à trouver autre chose!

Woerth (avec un sourire perfide à son collègue Hortefeux): Les Auvergnats?

#Hortefail: Ah, non, tu vas pas encore me la reprocher, celle-là…

Sarko: La ferme, vous deux! Et magnez-vous plutôt les méninges, ou je vous botte le cul!

(En coulisse, on entend une voix mielleuse ressemblant curieusement à celle de Villepin: Et avec des talonnettes, ça fait mal… Il est rapidement étouffé et jeté sur le pavé hostile de l’avenue Saint-Honoré.)

Vanneste (plein d’espoir): On pourrait essayer les pédés, non?

Sarko: Débile, va! C’est trop tard, ça fait plus trembler grand-monde. Et puis ça nous ferait perdre les quelques soutiens d’artistocs qu’on a pu grappiller avec #Hadopi. Nan, faut trouver autre chose!

(Soudain, une sonnerie tintinnabule. Tout le monde cherche dans sa poche de pantalon, sauf les nanas, qui retournent leur sac à main. Quelqu’un finit par extirper un portable sur lequel s’affiche un texto de @NKM: «Pa touch A mes internets! Me fai dj assE traiter sur twittr com sa!» Sarko hausse les épaules et balance le pauvre appareil. Qui expire à grand fracas contre un lambris doré.)

Worth: Pff… Un nouveau bouquémissaire, c’est moins facile à trouver par ici que des évadés fiscaux.

Morano: T’en sais quelque chose, hein? Parce que c’est à cause de toi qu’on a du taf sur la planche aujourd’hui!

Woerth: Gromph, greumph… Tiens, j’ai une idée: si on tapait sur les femmes, pour changer?

Pécresse: Pour changer quoi, pignouf? Je fais ça tout le temps!

Dati et MAM (en chœur): Nous aussi!

Sarko (qui devient tout pâle): Ah ben non, alors! Je veux la paix dans mon ménage jusqu’en 2012, moi! Déjà que je dois me taper les paparazzi étrangers… Et non, je sais ce que vous allez dire: faut taper sur les journaleux. Laissez tomber, c’est déjà le B.A. BA de ma comm de base, la ficelle est usée. Et c’est moi qui le dit.

(Grattages de tignasses, remuements de pieds, raclements de gorges embarrassés. Les Rolex tictaquent joyeusement dans un silence épais.)

Soudain, la porte s’ouvre et Marine passe la tête dans la porte, malgré les huissiers bien embêtés. Et de lancer à la cantonade, avec un grand sourire:

— Alors, mes chéris, c’est quand que vous vous déciderez à mettre les youpins dans le collimateur? Si vous voulez vraiment récupérer les électeurs de cheux nous, vous savez ce qui vous reste à faire…

Sarko (en soupirant et en se passant la main sur le front): Nan, pas possible. Je t’aime bien, mais tu sais que j’ai trop utilisé le soutien du CRIF pour ça, ce serait suicidaire. C’est pour ça que je suis ici et pas ton père! Parce que je sais à quelle époque on est. Bande d’amateurs, va…

(Un ange passe. Et repasse.)

Fadela regarde Rama. Qui repasse le bébé à Fadela. Qui sourit nerveusement et essaie:

— Heu, patron, si au lieu de chercher des bouquémissaires pas trop usés, on essayait de gouverner un peu? Vous savez, avoir plus que l’air de s’occuper du chômage ou de la crise? Et ne pas donner qu’aux riches, parce qu’on a quand même été élus aussi par les francémoyens, faut pas l’oublier…

Sarko devient tout rouge, puis tout blanc, puis à nouveau tout rouge. Les veines palpitent sur ses tempes. Les p’tits gars de l’UMP reculent nerveusement, tout comme les huissiers de l’Élysée.

Finalement, il explose:

— Connasse! Incapable! Où tu crois que t’as mis les pieds, s’pèce d’idiote d’Arabe? Fous-moi le camp! Foutez tous le camp d’ici, vous me rendez malade! Dois tout faire tout seul, ici! Vous pendrai tous à un croc de boucher! RaaaaAAAAHH!!!

(Là s’arrête l’enregistrement, probablement inactivé par les ondes cérébrales surchauffées émises lors de cette épique colère. Les espions de Wikileaks Médiapart – chuuut, c’est un secret – qui ont récupéré l’appareil au péril de leur vie opinent que les échos en ont ébranlé suffisamment l’écorce terrestre pour que, par effet papillon interposé, une tempête de CO2 glacé fasse rage deux jours après sur la planète Mars. Ou quelque chose comme ça.)

L’affaire Bettencourt pour les nuls

Décidément, l’affaire Woerth/Bettencourt/Sarkozy (n’en jetez plus), c’est formidable. On y redécouvre le B.A. Ba de la politique: ben oui, la droite a plus d’argent que la gauche, parce qu’elle fait la politique des riches, qui ne se font pas prier pour la financer. Et @rrêt sur images, qui fait décidément bien les choses, a mis en accès libre ses deux dernières émissions (1 h chaque environ). Pour les ceusses qui veulent tout comprendre.

Si vous avez manqué un épisode, je recommande la lecture du résumé dans Partageons mon avis de dimanche. «C’est l’histoire d’une affaire», en effet. Et les scénarios qui en découlent ne sont pas hyper-encourageants.

Personnellement, cette déjà interminable fin de règne de Nic-la-Palisse sent furieusement le revenez-y des années Giscard. Un monde que les trentagénaires ne peuvent pas connaître: les affaires à tiroirs (pleins d’enveloppes aujourd’hui, naguère de diamants), la mainmise même pas discrète du pouvoir sur l’audio-visuel public, et jusqu’à la rhétorique incandescente des polémistes du RPR… oh, pardon, de l’UMP! Il y a trente ans, le mot-clef était «socialo-communistes» (et rappelez-vous, c’était du temps où l’Union soviétique n’avait pas encore rejoint la liste des espèces disparues). Aujourd’hui, le must, c’est une valeur sûre: trotskyste, voire trotsko-fachiste. Faut pas se gêner. Surtout si c’est pour taper sur la presse du Net, hein…

On vit vraiment une époque passionnante. Et pour certains, enrichissante.

Dis, maman, d’où il vient, le pétrole ?

(Inspiré par Fake Science et cet article (twitté par @biblioroots)… Certains jours, on n’a pas envie d’habiter la planète Terre, croyez-moi.)

Mes chers petits, c’est un processus à la fois très simple et très compliqué.

D’abord, les compagnies pétrolières vont extraire cette petra oleum de l’écorce terrestre, sous l’océan. C’est très difficile, et très cher, et c’est pourquoi on y investit beaucoup d’argent. Un peu de cet argent sert à aider les gouvernements à se souvenir de donner l’autorisation de forer aux entreprises, évidemment.

Ensuite, les compagnies pétrolières s’arrangent pour mettre le plus de pétrole possible dans l’eau, mais cette fois en surface, car cela rapproche le pétrole des consommateurs, ce qui est très important. Il y a plusieurs méthodes possibles : casser un bateau de pétrole sur les rochers, par exemple. Mais si on veut maximiser la quantité de pétrole répandu, une fuite dans le puits est bien mieux. Plus c’est profond, plus c’est difficile à réparer, donc plus longtemps cela durera.

L’étape suivante consiste à laisser faire la nature, et les courants, qui font circuler tout ce pétrole à la surface de l’eau, pour en faire profiter les animaux marins, les oiseaux, le plancton, les pêcheurs et même les écosystèmes du rivage. Il y en a pour tout le monde.

Enfin, il ne reste plus qu’à envoyer des tas de gens au bord de la mer, et autour du puits de pétrole, pour récolter les tonnes et les tonnes d’hydrocarbures ainsi libérées. C’est l’occasion d’une merveilleuse communion entre des gens très différents, tant volontaires qu’employés du génie civil, travailleurs de l’industrie pétrolière et activistes écologistes – mais tous unis pour bâtir autour de ce riche pétrole un avenir riant.

Attention, toutefois, au cas où votre zone pétrolifère hébergerait aussi un ou deux Grands Anciens du type Cthulhu. Ces monstres aquatiques ne sont pas, mais alors pas du tout accommodants.

L’athéisme et le scepticisme appliqués à Apple

Avertissement sans frais

Certaines opinions exprimées ci-dessous risquent de choquer les croyants sincères. Mais vous préférez sûrement que je respecte vos facultés de raisonnement logique, et pas juste votre foi en telle ou telle icône médiatico-informatique ?

Hmm ?

Ceci dit, procédons plus avant.

* * *

C’est fou comme certaines tendances ont la vie dure. Parlez sur un blougue de sujets liés au féminisme ou à l’oppression des femmes et, rapidement, voilà que des mecs rappliquent avec un grand cri de : « Mais les hommes ont des problèèèèmes aussiiii » ! Ça ne rate jamais.

De même, parlez sur un blougue de logiciels libres, de plate-formes et/ou formats ouverts, et voilà que les fans d’Apple ou de Microsoft rappliquent avec un grand cri de : « Mais iTruc / Windows N… sont de bons produits aussiiii » !

Hé, sans doute. Je veux bien vous croire. Et vos anecdotes sont bien sympathiques. Qu’importe si la plupart du temps, elles sont essentiellement tautologiques : ce sont des témoignages d’utilisateurs qui aiment les gadgets électroniques qu’ils ont adoptés. Voui, voui. Et pourquoi ils les ont adoptés ? Parce que cela correspondait à leurs besoins en matière d’électronique et de gadgets. Tiens, donc.

Mais au fait, qu’est-ce ces historiettes apportent à des gens qui n’ont pas les mêmes besoins en la matière, pas les mêmes habitudes de travail, goûts esthétiques, expérience, patience avec l’informatique, nécessités professionnelles, base installée, etc. ?

Heu…

Pas lourd.

Mais on avait bien dit qu’il s’agissait d’anecdotes, pas vrai ?

* * *

Et puisqu’il se trouve que cette fois-ci, c’est un fan d’Apple qui a détourné mon dernier billet sur une offre de liseuses électroniques sans pomme, essayons de poursuivre plus loin l’analogie, pour voir.

Une chose qui m’amuse, et qui revient souvent dans l’argumentaire de ce genre de fans, ce sont des affirmations du genre « nous libérer de la tyrannie de X… » (Microsoft, Adobe, Google : choisissez. Apple est le challenger multicartes, c’est bien connu.)

Fort bien. Mais si c’est pour tomber dans la dépendance à Apple, où est l’avantage ?

Y a-t-il de « bonnes » dictatures ? Pourquoi faut-il que Steve Jobs en personne intervienne pour modérer les rigueurs de la politique maison d’Apple en matière de ce qui est acceptable dans l’App Store ou pas ?

Hum. Autant demander pourquoi, dans l’ancien régime, on présentait au roy des placets pour lui demander d’atténuer les rigueurs de sa propre justice. Ou pourquoi c’est le Pape, dans l’Église catholique, qui a le dernier mot sur la possibilité ou non pour les cathos d’accepter l’évolution.

* * *

Tiens, au fait, puisque Jésus est revenu d’entre les morts pour diriger Apple… Posons-nous quelques questions supplémentaires. Rien n’est sacré.

Lors de la sortie du Kindle d’Amazon, en 2007, on avait entendu Steve Jobs déclarer vertement que la lecture était morte et qu’Apple ne se lancerait pas sur ce marché-là. Oooh, non.

Mais alors… À quoi joue donc à présent Steve Jobs, ou du moins sa firme, lorsque Apple fait la promotion de l’iPad comme d’un appareil idéal pour la lecture de textes numériques ? Jusqu’à provoquer un vent de panique chez Amazon, quand les grands éditeurs américains, les uns après les autres, tournent le dos au modèle du « prix unique pour les nouveautés et best-sellers » choisi par Amazon.

(Soit dit en passant : bien fait pour Amazon. Et dommage qu’ils fassent subir aux auteurs les dommages collatéraux de leurs guéguerre de mammouths de l’édition.)

Bref, faudrait savoir. Morte ou pas morte, la lecture ? Et Apple est-il en train de jouer le même coup avec les livres et l’iPad que pour l’iPod et la musique ? Ou bien est-ce un rien plus subtil ?

Subtil, oui. Peut-être même plus qu’un rien.

Car au fond, que vend Apple avec l’iPad ? Une liseuse électronique ? Non, pas vraiment. L’appareil a un écran LCD, pas à base d’encre électronique, donc sans avantage pour les yeux par rapport à un écran d’ordinateur. Et les applications disponibles sont clairement censées satisfaire une clientèle bien plus vaste que celle des lecteurs. Jeux, multimédia, communication, et j’en passe.

Mais alors, l’iPad serait une sorte d’ordinateur portable léger, avec une interface simplissime puisqu’héritée de l’iPhone ? En gros, oui. C’est un netbook à écran tactile. Ou, si on veut, un iPhone agrandi.

Sauf que, dit ainsi, ce n’est pas très glamour. Et surtout, si Apple avait lancé sa machine sous ses vraies couleurs, l’iPad aurait pris le risque de se retrouver noyé parmi la pléthore de tablettes communicantes, netbooks et autres gros smartphones qui se disputent déjà le marché.

Du coup, tout s’explique.

L’application iBook, c’est l’angle choisi par les as de l’Apple-marketing pour positionner la bébête sur le marché : lecture, instruction, culture, toutes choses respectables et qui donnent au gadget un certain cachet. Car certes, l’iPad est simple, mais il ne faudrait pas non plus que toute la communication à son sujet soit du genre « mon gamin de 2 ans 1/2 et son iPad ». Voire « mon chat et »

L’appareil offre certes le design ultra-sexy d’Apple, mais c’est devenu une habitude. Ses capacités sont limitées. Et il ne comprend pas d’innovation technologique époustouflante, il faut l’avouer.

Et pourtant, il fallait bien un truc pour amener les gens à débourser les 500 $ US, au minimum, pour se le procurer. Et quoi de mieux que l’appel de la culture ?

D’où ce (discret) revirement par rapport aux livres numériques…