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Accros aux catastrophes, les ados? Ou juste réalistes?

Allons bon. Je fais le ménage dans la pile de brouillons du blogue (merci WordPress, au passage – I love you et toute cette sorte de choses), et je tombe sur une ébauche contenant seulement ce touitte:

Pourquoi je l’avais noté?

Zut, alors, je ne me souviens plus… Mais dans l’article, daté du 1er décembre, cela parle de l’édition jeunesse, dont le salon de Montreuil, millésime 2010, venait d’ouvrir ses portes.

On pourra suivre (ou pas) l’avis de la rédactrice, à propos du succès des romans d’anticipation dystopiques chez les jeunes lecteurs. Est-ce vraiment lié à un sentiment d’insécurité dans le monde réel? À l’angoisse de se réveiller un jour dans un contexte de catastrophe planétaire ou de régime totalitaire?

Ou bien cela reflète-t-il surtout leur intérêt pour le monde présent – avec son réchauffement climatique, sa « guerre contre le terrorisme » et son feuilleton Wikileaks inclus?

Voir Cory Doctorow et sa vision de la science-fiction actuelle comme une forme de « présentisme radical »…

Et au fait, est-ce que le succès de ces thèmes dans l’édition jeunesse est particulièrement remarquable? Par rapport aux succès d’édition grand public en général, je veux dire. Car la vogue des zombies et des fictions post-apocalyptiques n’a pas commencé chez les ados, que je sache.

En revanche, l’édition en général est en crise, chez nous comme outre-Atlantique, mais l’un des rares secteurs à plutôt bien s’en tirer est celui des livres pour ados et « jeunes adultes ».

Et à mon avis, c’est plutôt cela qui est remarquable.

Les croquemitaines

On voit parfois des trucs, dans la vie, qu’on aimerait ensuite effacer et prétendre nuls et non avenus… Ce qui bien sûr est impossible.

Comme ce soir, au supermarché, ce père qui, pour faire obéir un petit enfant (trois ou quatre ans à peu près), le menaçait de l’amener « à la police ». Je n’invente rien, je vous jure. Même si sur le moment j’ai cru que mes oreilles étaient parties toutes seules dans une autre dimension.

Oh, certes, je sais, de la façon dont on sait que les méridiens se rencontrent aux pôles, qu’il y a réellement des gens qui éduquent (?) leurs enfants de cette façon. Mais cela fait une drôle d’impression d’en rencontrer en vrai.

Et pour être juste, il faut signaler que ce monsieur n’est en retard que de quelques dizaines d’années sur ce qui est socialement acceptable. C’est par exemple ce qui serait arrivé à Alfred Hitchcock à l’âge de 5 ans, au début du XXe siècle: envoyé par son père porter un message au commissariat… et enfermé quelques heures en cellule sur la foi dudit message – pour lui donner une leçon, comme cela se faisait alors.

Bref, mon bonhomme du supermarché n’avait pas inventé de faire des agents de la force publique des croquemitaines. Il y a toute une tradition là-dessous.