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Le roman policier à travers le temps : (4) Détectives et mandarins sous les Ming

Les gibbons chers à Van Gulik (détail d’une peinture due à l’empereur Xuande, 1427)

Poursuivons notre série sur les précurseurs de la littérature policière moderne : après l’ingéniosité de Daniel dans la Bible, puis les casse-têtes du vizir Djafar dans les Mille et Une Nuits, et les diverses histoires de lecture d’indices, du Talmud aux Princes de Serendip, le tableau ne serait pas complet sans un regard sur certains fameux détectives de la Chine ancienne, et sur la tradition littéraire qui s’en est inspirée.

On connaît en Occident le Juge Ti à travers les aventures que lui a attribuées Robert Van Gulik, sinologue et diplomate néerlandais qui trouvait le moyen d’écrire (en anglais, pour toucher un plus large public) des romans policiers en guise de loisirs. Il a commencé par traduire en anglais un roman chinois anonyme paru sous la dynastie Qing (1644-1912), le Dee Goong An, ou selon la translittération actuelle Di Gong An.

(On notera les noms multiples sous lesquels est connu le héros : Dee dans la translittération anglaise en vigueur dans les années 40, lorsque Van Gulik écrivait, Ti lorsqu’il a été traduit en français, puis aujourd’hui Di, selon le système officiel pinyin.)

Le personnage fait donc partie d’une tradition chinoise déjà ancienne, puisque les premiers romans du type Gong An (littéralement : « affaires criminelles ») remontent à l’époque de la dynastie Ming (1368-1644), et que de telles histoires fournissaient déjà des pièces de théâtre, théâtre de marionnettes et opéra sous les Song (960-1279). Les héros en sont des magistrats impériaux, souvent portant le nom d’authentiques personnages historiques, comme le juge Ti (Di Renjie, nom d’un homme d’État de la dynastie Tang, né en 630) ou le juge Bao (Bao Zheng, qui a vécu sous les Song du Nord, au XIe siècle).

L’une de ces pièces de théâtre traditionnelles, d’époque Yuan (1250-1368), qui a pour titre Le Cercle de craie, met en scène une situation similaire à l’histoire du jugement de Salomon : comment déterminer entre deux femmes qui est la véritable mère d’un enfant. Le juge Bao use d’ailleurs d’une ruse identique à celle du souverain biblique : il place l’enfant dans un cercle tracé sur le sol à la craie et ordonne aux deux femmes de le tirer chacun par un bras. La véritable mère, bien sûr, lâche l’enfant, de peur de lui faire mal, et son innocence est reconnue.

En plus du théâtre et des romans, le cinéma chinois puise volontiers dans ce fonds d’histoires mystérieuses, aussi bien en Chine continentale qu’à Taïwan. La série de films de Tsui Hark Detective Dee montre ainsi à un public international une version haute en couleurs du héros découvert grâce à Van Gulik : intrigues politiques, cascades et combats d’arts martiaux à couper le souffle, éléments surnaturels omniprésents…

On aime ou pas, mais c’est d’une grande virtuosité. Et bien dans la tradition chinoise.

Augusta Helena, t.1, Énigmes en Terre Sainte : c’est parti ! #Roman

Couverture du roman : dessin d'une femme en costume byzantin avec de nombreux bijoux, et tenant le montant d'une croix
Augusta Helena, t. 1 Énigmes en Terre Sainte, par Irène Delse, éditions du 81, ISBN 978-2915543643

« An 326. L’empereur Constantin vient d’unifier l’Empire après des décennies de guerre civile. Converti, il favorise peu à peu l’Église tout en ménageant l’aristocratie romaine, attachée aux anciens cultes païens. L’aristocrate Lucius Aurelius enquête discrètement sur la disparition récente du populaire prince Crispus, fils aîné de Constantin. Pendant ce temps, la vieille mère de l’empereur, l’impératrice Hélène, reçoit les plaintes de deux religieuses à propos de disparitions inexpliquées dans un couvent possédé par le Malin. Mais c’est la découverte des reliques de la Croix du Christ à Jérusalem qui préoccupe encore plus l’Empire. C’est ainsi qu’Hélène, Lucius et l’évêque Ossius partent ensemble, sous les ordres de Constantin, en direction de l’Orient pour élucider ces mystères. Le cortège impérial devra lutter contre des espions perses, des bandits, des faussaires, des accusations d’hérésie, et même une épidémie de peste dans un roman magnifique où le suspense est à son comble. »

Telle est la présentation de mon nouveau roman noir historique, Augusta Helena, t.1, Énigmes en Terre Sainte, dans le catalogue des Éditions du 81. Oui, c’est juste le 1er tome, vu la taille du manuscrit… Mais le tome 2 est prévu pour cet automne.

Et bien sûr on peut le trouver chez Amazon, la Fnac, Cultura, Gibert, la Procure, le Furet du Nord et toutes les bonnes librairies.

« Du sang sur les dunes », et 240 pages de vacances en plus

Du sang sur les dunes, polar historique signé Irène Delse, paru le 20 août 2021 aux éditions du 81 (ISBN 978-2-915-54373-5)

« À l’été 1805, le capitaine Antoine Dargent enquête sur la mort mystérieuse d’un ingénieur à Calais, en marge de l’immense armée réunie par Napoléon pour attaquer l’Angleterre. Quand il réalise que les plans de l’ingénieur concernaient un nouveau type d’arme capable de briser la supériorité maritime des Britanniques, il doit rapidement reconstituer les papiers manquants avant d’être lui-même victime d’agents anglais prêts à tout pour tuer dans l’œuf une telle invention… »

C’est la 4e de couverture de mon roman Du sang sur les dunes, un polar historique qui devrait faire rêver même des gens qui connaissent bien la période, car tous les éléments sont vrais… C’est juste leur rapprochement qui relève de la fiction. Je n’en dis pas plus, on verra que le sort de la France sous ce 1er Empire déjà mondialisé se décidait parfois très loin de nos côtes, et que la rivalité technologique n’était pas moins rude que celle sur les champs de bataille. On peut en sourire aujourd’hui, vu les liens d’amitié liés depuis avec les Britanniques (au Brexit près), mais en 1805, l’ennemi numéro un était toujours la « perfide Albion », et sa puissance fascinait autant qu’elle agaçait. Et l’Empire de Napoléon inquiétait lui aussi déjà pas mal de monde.

Un roman à dépayser, donc, que je m’étais bien amusée à écrire. Et si on y trouve des échos de problèmes actuels, ou plutôt éternels (préjugés racistes, confiance ou non dans la vaccination, lanceurs d’alerte qu’on n’écoute pas…), eh bien, ce n’est pas du tout involontaire.

Où le trouver ? Le livre est référencé par la base nationale des libraires, on devrait donc pouvoir le commander dans toutes les librairies ou grandes surfaces culturelles, mais j’ai pu voir qu’il est déjà en stock dans plusieurs Fnac et Cultura, et chez Gibert Joseph (celui de St-Michel et à Barbès)

P. S. Les librairies du groupe Furet du Nord aussi l’ont quasi toutes en rayon, c’est sympa. Et c’est logique.