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Ma vie n’est toujours pas un roman

Oh, non. Mais ça n’empêche pas la famille de rester… ahem, la famille. Mais ce serait trop long à expliquer, même s’il n’y avait pas ce truc de la confidentialité. Sur ce, je vous laisse avec le chat-coptère. Vous, je ne sais pas, mais parfois j’ai bien besoin de lolz.

LOLcat/Catcopter: "So u think yer life sux?"

Original ici. Gloups.

Plus que dix jours avant d’aller chez l’ophtalmo…

Ou à peu près. Grrr. Pas drôle de chercher à s’informer sur Internet comme d’hab’ quand on a l’impression d’avoir un cercle de plomb (fondu) autour des yeux. Pas envie de bloguer non plus…. Hélas, avec l’âge, ma myopie ne s’arrange pas (ça ne s’arrange jamais, on ne peut que ralentir la progression) et en prime la presbytie est venue. Joyeux quarante-troisième anniversaire!

Et j’aurais besoin de nouvelles lunettes. Et essayez de trouver un ophtalmo à Paris qui ne fasse pas de dépassements d’honoraires et qui donne des rendez-vous moins d’un mois (voire deux) à l’avance.

Résultat: je force sur mes muscles oculaires pour voir de loin, et je fais la même chose pour voir de près. Et ça devient pire chaque jour. Aïe-yeux.

Je sais, je sais, j’aurais mieux fait de m’y prendre plus tôt. Ben voyons. L’ennui, c’est que je m’y étais quand même prise dès le début avril. On m’avait alors donné une date pour dans un délai de six semaines – le vendredi 18 mai. Et puis la secrétaire m’avait recontactée pour m’informer que oups, erreur de sa part, c’était le pont de l’Ascension et le centre médical était fermé ce jour-là. Est-ce que le 11 juin vous conviendrait chère madame?

Ben, que pouvais-je dire? Mais oui, merci, je note.

Il n’y avait plus ensuite qu’à patienter. (Jeu de mot inclus, bien sûr.) Et re-grrr.

Pause.

Pas de billet depuis un moment, je sais, je sais. La Vraie Vie™ est une source inépuisable d’occupations qui empêchent de bloguer… Bref, juste un petit mot pour dire: oui, j’existe. Non, ma santé ne cause pas d’inquiétudes. C’est juste que j’ai réellement autre chose à faire ces temps-ci, et cela risque de durer encore un bon petit moment. Merci de votre attention et de votre patience. Et peut-être à bientôt (ou à plus tard, qui sait). Ciao. Bye.

Choses que l’auteure a apprises grâce aux jeux de rôles

Comment donner plus d’épaisseur aux personnages d’un roman, par exemple, de façon à les rendre plus crédibles, plus réalistes. Non, non, ne riez pas, il y a une logique là-dessous…

Cela remonte à pas mal d’années. Quand j’étais étudiante, j’ai pendant un moment joué assez régulièrement à des jeux de rôles, essentiellement des variantes de Donjons & Dragons. (Ultra-banal, quoi.)

Je n’étais pas super passionnée, juste joueuse du week-end. Le genre qui se fait « tuer » en ouvrant bêtement une porte ou en lisant un grimoire(1)

Mais j’en ai quand même profité pour acquérir une ou deux astuces qui se sont révélées utiles dans un domaine presque voisin: la création et l’animation le temps d’un récit de personnages de fiction.

En écrivant un roman ou une nouvelle, il y a des moments où l’on n’a pas de peine à « sentir » la logique interne d’un personnage, ses émotions profondes, ses valeurs, ses réflexes, et donc à décider comment il ou elle réagira dans une situation donnée. Et puis parfois, hélas, cela devient beaucoup moins évident. Coincée, l’auteure hésite, ne sait plus comment poursuivre, car son protagoniste principal lui échappe entre les doigts.

C’est là que je me suis rendu compte que j’appliquais en pratique le conseil donné naguère par un MD (oui, on était fort classiques, dans notre groupe):

Si tu as des doutes sur ce que peut faire ton perso et que ce n’est pas autrement spécifié, ni incompatible avec le jeu, n’hésite pas à lui donner une de tes propres caractéristiques.

(Par exemple: ton barbare sait-il nager? ton voleur sait-il lire? ta magicienne aime-t-elle les chats? Et ainsi de suite.)

Le principe a l’air simpliste, mais en pratique… ça marche. Surtout dans mon cas, puisque j’ai tendance à écrire des histoires qui sont chaque fois racontées du point de vue d’un ou d’une protagoniste en particulier, donc qui nécessitent pour l’auteure et les lecteurs de rester un long moment dans la tête du personnage, guidés par sa façon de sentir, de penser et de réagir face au monde extérieur.

On conseille souvent aux auteurs débutants d’écrire sur « ce qu’ils connaissent ». Pour la science-fiction ou le fantastique, cela n’a pas l’air évident… Et pourtant, c’est utile – même si d’une façon légèrement modifiée! 😉

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(1) Ou en se disputant avec les persos des autres joueurs… Authentique.

Tranche de vie au guichet: savoir ce que l’on veut

Chers et chères usagers de l’administration, je suis bien placée pour compatir avec vous. De façon un peu paradoxale, mais en fin de compte logique: mon gagne-pain consiste justement à répondre au public dans un service administratif parisien, soit derrière un guichet, soit aux commandes d’un standard téléphonique. Cela donne l’occasion d’en entendre (et d’en voir) de vertes et de pas mûres.

Lolcthulhu: ceci n'est pas une description de mon quotidien au travail, nooon...

Ce matin, appel furieux, j’ai du mal à placer un mot. Il s’agit d’un gérant d’entreprise pas du tout content: il cherche à joindre l’agent administratif qui s’occupe de son dossier, et l’adresse de courriel qu’on lui a donnée n’est pas la bonne. (Précisons que sur tous nos courriers figurent nom de la personne responsable, numéro de téléphone, fax, courriel et adresse postale. Il ne manque pas d’options pour nous joindre.) Étant au standard, je l’ai mis en relation avec quelqu’un du service compétent il y a cinq minutes. Mais le voilà qui revient à la charge…

Petit verbatim pour bien apprécier les choses:

Moi: Bonjour, monsieur.

Lui: La personne que vous m’avez passée tout à l’heure, là, pour l’adresse e-mail incorrecte, j’ai pas apprécié du tout. Je lui que c’était du foutage de gueule et il m’a raccroché au nez!

Moi: Ah. [Moment de silence, appel en renfort de notre amie la déontologie, plus pas mal de patience.] Je suis désolée, monsieur. Que puis-je faire pour vous?

Lui: C’est pas normal, cette mentalité! Faudrait comprendre que les usagers ne sont pas là pour se faire maltraiter! Je cherche à joindre M. Untel [la personne qui s’occupe du dossier de son entreprise] et on me raccroche au nez! Et l’adresse e-mail incorrecte…

Je le laisse continuer comme ça un petit moment en espérant que ça va le calmer. Hélas, il n’a pas l’air de redescendre de son trip d’indignation. Je réussis quand même à susurrer que, puisque son problème est de joindre ce M. Untel, je vais m’enquérir auprès de la chef de service et voir ce qu’il en est. Merci de patienter une minute, etc.

Mon entretien avec l’inspectrice se résume vite. Non, M. Untel n’est pas là aujourd’hui. Et oui, c’est bizarre que l’adresse de courriel figurant dans la lettre n’ait pas été correcte, mais qu’elle va vérifier au cas où. (Sachant qu’il est évidemment possible que le monsieur se soit trompé en recopiant, impossible de savoir de là où nous sommes…) Enfin, si mon interlocuteur est tellement pressé, qu’il envoie donc un fax, ce sera traité dans les plus brefs délais.

Je transmets ces informations pratiques à mon gérant, qui pendant ce temps a entretenu son ire au bout du fil. Et qui m’explose dessus!

Lui: Pas normal… On est pris pour quoi… Foutage de gueule… Bla, bla, administration, mentalité… Grrr…

Moi: Monsieur, je suis désolée que cela se passe ainsi. J’ai transmis votre réclamation à la chef de service. Et pour votre démarche, le plus rapide est vraiment un fax. Avez-vous de quoi noter?

Lui: Grombleu, quoi, quel numéro? Bof, déjà en tête de la lettre, grmm, de toute façon ça sert à rien, grmbl… Pas possible cette administration… Vais laisser tomber…

Moi: C’est comme vous voulez, monsieur. Vous pouvez envoyer un fax dès maintenant, ou sinon M. Untel sera de retour lundi. Et vous pouvez bien entendu toujours envoyer vos critiques et réclamations par fax ou courrier.

Lui: Pas la peine… Je laisse tomber… [Tiens, serait-il moins courageux par écrit, qui laisse des traces, qu’au téléphone, avec quelqu’un qui n’a pas le droit de lui répliquer sur le même ton? Tiens, tiens.] Grmbl…  Comprenez que c’est pas normal qu’on soit reçu ainsi… Les usagers ne sont pas sensés devoir… Ces fonctionnaires qui… Comment on nous traite…

Moi: Encore désolée, monsieur. Mais là, je vais devoir vous laisser, j’ai vraiment beaucoup d’appels.

Clic.

Ouf.

Encore une conversation où j’ai réussi à ne pas dire: non, les usagers ne sont pas sensés tout comprendre tous seuls. Ils sont même très capables de ne pas tirer profit des informations qu’on leur donne. Et non, les agents du service public ne sont pas des machines, ni des déversoirs commodes pour la mauvaise humeur du premier quidam venu.

Et que peut-être, cher monsieur, il serait utile de se demander ce que vous cherchez vraiment à accomplir: s’agit-il de régler un problème relatif à votre entreprise? Ou bien est-il tellement important de pourrir la journée d’autrui à coup d’insultes et de récriminations à rallonge, tout en perdant votre propre temps et en finissant par abandonner en cours de route votre démarche?

Encore une journée, enfin, où j’ai réussi à éviter de dire aux usagers que oui, il est parfois difficile de nous joindre ou du moins d’avoir une solution immédiate aux problèmes… mais que franchement, chères Françaises, chers Français, est-il réaliste de s’attendre à autre chose quand on élit des gens qui croient (entre autres choses déplaisantes) que la meilleure façon de réformer l’administration consiste avant tout à réduire drastiquement le nombre d’agents du service public? Quand on choisit une voie, il faut savoir aussi en assumer les conséquences.

Mais quoi, le bon sens n’est pas forcément la chose du monde la mieux partagée…