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Échec et mat express

Les connaisseurs (comme Éric Mainville, j’imagine) connaîtront forcément. Mais juste pour le fun, une petite démonstration d’une tactique permettant de gagner une partie d’échecs en 2 coups – et donc des deux déplacements à éviter en commençant! (Source: @SLSingh.)

(Chanson: « How You Remind Me », par Nickelback.)

Réalité contre nihilisme: c’est toujours les mêmes qui gagnent

[Mise à jour du 24/09: Ami lecteur, amie lectrice, qui furent dirigé ici par un petit esprit incapable de faire autre chose que railler ce qu’il ne comprend pas, prend conscience, je te prie, que ce billet contient de l’ironie. Et même des blagues geeks. Si tu ne sais pas de quoi il s’agit, n’hésite pas à te cultiver dans les archives de maman Google.]

C’est que la réalité n’a pas de bons arguments, voilà bien le problème. Et dans les débats, on peut toujours démolir n’importe quel argument avec un peu de dialectique nihiliste, qu’elle soit de l’espèce sceptique, post-moderne ou bien tout simplement primaire. (Comme l’école, car cela consiste à se boucher les oreilles en chantant très fort: «Na-na-nère, je t’entends pas!» – une tactique fort prisée des leaders politiques et/ou religieux.)

Et ça explique aussi comment le gouvernement (entre autres) s’y prend pour non seulement mentir sur des trucs pourtant faciles à vérifier (ce qu’ont vraiment dit X et Y à Bruxelles, combien d’argent donnent en moyenne les contributeurs de l’UMP avant de recevoir la légion d’honneur…) mais en plus se sentir dans son bon droit quand il le fait: c’est pas sa faute à lui, c’est celle de la réalité.

On notera que les écrivains, eux, connaissent bien le problème: dans un récit, il faut au moins un minimum de vraisemblance et de cohérence interne, alors que le monde réel, lui, n’a pas à se justifier devant un éditeur – ni surtout des lecteurs – pointilleux!

Voir la suite dans Les Céréales du Dimanche Matin (VF du génial webcomic de Zach Weiner) sur le portail Lapin.

Bon, c’est un peu dommage d’avoir changé le titre (SMBC = Saturday Morning Breakfast Cereal, soit les céréales du samedi matin…) et surtout, surtout, d’avoir oublié le point rouge sur lequel on doit faire planer la souris, à la fin!

L’athéisme et le scepticisme appliqués à Apple

Avertissement sans frais

Certaines opinions exprimées ci-dessous risquent de choquer les croyants sincères. Mais vous préférez sûrement que je respecte vos facultés de raisonnement logique, et pas juste votre foi en telle ou telle icône médiatico-informatique ?

Hmm ?

Ceci dit, procédons plus avant.

* * *

C’est fou comme certaines tendances ont la vie dure. Parlez sur un blougue de sujets liés au féminisme ou à l’oppression des femmes et, rapidement, voilà que des mecs rappliquent avec un grand cri de : « Mais les hommes ont des problèèèèmes aussiiii » ! Ça ne rate jamais.

De même, parlez sur un blougue de logiciels libres, de plate-formes et/ou formats ouverts, et voilà que les fans d’Apple ou de Microsoft rappliquent avec un grand cri de : « Mais iTruc / Windows N… sont de bons produits aussiiii » !

Hé, sans doute. Je veux bien vous croire. Et vos anecdotes sont bien sympathiques. Qu’importe si la plupart du temps, elles sont essentiellement tautologiques : ce sont des témoignages d’utilisateurs qui aiment les gadgets électroniques qu’ils ont adoptés. Voui, voui. Et pourquoi ils les ont adoptés ? Parce que cela correspondait à leurs besoins en matière d’électronique et de gadgets. Tiens, donc.

Mais au fait, qu’est-ce ces historiettes apportent à des gens qui n’ont pas les mêmes besoins en la matière, pas les mêmes habitudes de travail, goûts esthétiques, expérience, patience avec l’informatique, nécessités professionnelles, base installée, etc. ?

Heu…

Pas lourd.

Mais on avait bien dit qu’il s’agissait d’anecdotes, pas vrai ?

* * *

Et puisqu’il se trouve que cette fois-ci, c’est un fan d’Apple qui a détourné mon dernier billet sur une offre de liseuses électroniques sans pomme, essayons de poursuivre plus loin l’analogie, pour voir.

Une chose qui m’amuse, et qui revient souvent dans l’argumentaire de ce genre de fans, ce sont des affirmations du genre « nous libérer de la tyrannie de X… » (Microsoft, Adobe, Google : choisissez. Apple est le challenger multicartes, c’est bien connu.)

Fort bien. Mais si c’est pour tomber dans la dépendance à Apple, où est l’avantage ?

Y a-t-il de « bonnes » dictatures ? Pourquoi faut-il que Steve Jobs en personne intervienne pour modérer les rigueurs de la politique maison d’Apple en matière de ce qui est acceptable dans l’App Store ou pas ?

Hum. Autant demander pourquoi, dans l’ancien régime, on présentait au roy des placets pour lui demander d’atténuer les rigueurs de sa propre justice. Ou pourquoi c’est le Pape, dans l’Église catholique, qui a le dernier mot sur la possibilité ou non pour les cathos d’accepter l’évolution.

* * *

Tiens, au fait, puisque Jésus est revenu d’entre les morts pour diriger Apple… Posons-nous quelques questions supplémentaires. Rien n’est sacré.

Lors de la sortie du Kindle d’Amazon, en 2007, on avait entendu Steve Jobs déclarer vertement que la lecture était morte et qu’Apple ne se lancerait pas sur ce marché-là. Oooh, non.

Mais alors… À quoi joue donc à présent Steve Jobs, ou du moins sa firme, lorsque Apple fait la promotion de l’iPad comme d’un appareil idéal pour la lecture de textes numériques ? Jusqu’à provoquer un vent de panique chez Amazon, quand les grands éditeurs américains, les uns après les autres, tournent le dos au modèle du « prix unique pour les nouveautés et best-sellers » choisi par Amazon.

(Soit dit en passant : bien fait pour Amazon. Et dommage qu’ils fassent subir aux auteurs les dommages collatéraux de leurs guéguerre de mammouths de l’édition.)

Bref, faudrait savoir. Morte ou pas morte, la lecture ? Et Apple est-il en train de jouer le même coup avec les livres et l’iPad que pour l’iPod et la musique ? Ou bien est-ce un rien plus subtil ?

Subtil, oui. Peut-être même plus qu’un rien.

Car au fond, que vend Apple avec l’iPad ? Une liseuse électronique ? Non, pas vraiment. L’appareil a un écran LCD, pas à base d’encre électronique, donc sans avantage pour les yeux par rapport à un écran d’ordinateur. Et les applications disponibles sont clairement censées satisfaire une clientèle bien plus vaste que celle des lecteurs. Jeux, multimédia, communication, et j’en passe.

Mais alors, l’iPad serait une sorte d’ordinateur portable léger, avec une interface simplissime puisqu’héritée de l’iPhone ? En gros, oui. C’est un netbook à écran tactile. Ou, si on veut, un iPhone agrandi.

Sauf que, dit ainsi, ce n’est pas très glamour. Et surtout, si Apple avait lancé sa machine sous ses vraies couleurs, l’iPad aurait pris le risque de se retrouver noyé parmi la pléthore de tablettes communicantes, netbooks et autres gros smartphones qui se disputent déjà le marché.

Du coup, tout s’explique.

L’application iBook, c’est l’angle choisi par les as de l’Apple-marketing pour positionner la bébête sur le marché : lecture, instruction, culture, toutes choses respectables et qui donnent au gadget un certain cachet. Car certes, l’iPad est simple, mais il ne faudrait pas non plus que toute la communication à son sujet soit du genre « mon gamin de 2 ans 1/2 et son iPad ». Voire « mon chat et »

L’appareil offre certes le design ultra-sexy d’Apple, mais c’est devenu une habitude. Ses capacités sont limitées. Et il ne comprend pas d’innovation technologique époustouflante, il faut l’avouer.

Et pourtant, il fallait bien un truc pour amener les gens à débourser les 500 $ US, au minimum, pour se le procurer. Et quoi de mieux que l’appel de la culture ?

D’où ce (discret) revirement par rapport aux livres numériques…