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Bookeen + ILV + Ubuntu = une liseuse libre ?

Attention, Amapple et autres Googazon : la résistance s’organise… Enfin, l’offre alternative s’élargit ! Témoin celle signalée par PC INpact aujourd’hui : deux sociétés françaises, Bookeen (à qui on doit les très chouettes Cybook Gen3 et Opus) et In Libro Veritas (éditeur et prestataire d’auto-édition proche de la philosophie « libriste » – ayant notamment publié La Bataille d’Hadopi) s’allient pour proposer en pré-commande jusqu’au 20 mai le petit ILV Opus, un « e-reader libre », décliné en plusieurs couleurs et configurations, pour 199 € et pas un centime de plus… Et bien sûr, sans DRM.

Pour ceusses qui auraient suivi l’actualité récente de Bookeen, il ne sera pas difficile de reconnaître la nouvelle déclinaison multicolore du Cybook Opus. Les caractéristiques techniques sont sans surprise (technologie E-Ink, écran 5 pouces – non tactile, attention – et 4 niveaux de gris, résolution 600×800, 1 Go de mémoire flash, affichage portrait ou paysage, lecture des formats standard Adobe PDF et epub). Les changements résident, outre dans le choix de plusieurs couleurs pour la coque, dans une nouvelle version du logiciel embarqué (firmware, d’ailleurs aussi basé sur GNU/Linux), pour plus de fiabilité et de rapidité, à ce qui est annoncé.

Et bien sûr, si on achète l’édition spéciale chez ILV, on peut choisir de recevoir son Opus avec un choix de livres numériques déjà présents en mémoire. Plusieurs choix possibles, selon les goûts, dont :

  • La version « Ubuntu », comprend le livre de référence Simple comme Ubuntu, de Didier Roche, plus la distribution Lucid Lynx prête à l’installation ;
  • La « Sélection ILV-Bibliothéca », avec plusieurs des titres phares édités par ILV (dont Internet et Création, Le Hold-up planétaire, etc.) ;
  • Enfin, plus classique, mais ça ne fait pas de mal, une « Sélection domaine public », avec des œuvres de « jeunes auteurs » comme Shakespeare, Homère ou Victor Hugo, histoire de bien débuter une e-bibliothèque.

Pas de sans fil ? Pas d’écran tactile ? Pas de quoi faire trembler Googappfnamazon ? Et alors ? C’est une liseuse, pour les gens qui aiment lire, et qui souhaitent pouvoir emporter partout avec eux leurs livres de chevet ou de référence – et sans avoir à s’enquiquiner avec des verrous numériques, évidemment !

Publier son livre numérique sans DRM avec Smashwords

Découvert au détour de Twitter, grâce à un message du blogueur philippin et passionné de science-fiction Charles A. Tan : c’est Smashwords, un site qui permet aux auteurs, mais aussi à de petits éditeurs, de publier des livres numériques et de les vendre sur Internet.

Précisons que le site est en anglais, mais permet aussi de publier dans d’autres langues. Avis aux francophones…

Le principe est un peu le même que celui de Lulu ou The Book Edition : une plate-forme d’auto-publication qui permet à M. et Mme Tout-le-monde de mettre en ligne leurs œuvres sans investissement de départ et sans apprendre la PAO.

Comment ça marche ?

  1. Vous avez un texte sur lequel vous possédez les droits de reproduction (ça va sans dire, j’espère…) et que vous voulez publier.
  2. Vous créez un compte Smashwords gratuitement.
  3. Vous préparez un fichier au format Microsoft Word en suivant les conseils du manuel (gratuit aussi) The Smashword Style Guide.
  4. Vous le transférez sur leur site (« upload », quoi) et remplissez les diverses rubriques – titre, résumé, genre, etc.
  5. Vous choisissez le prix de vente (l’option « gratuit » est disponible) et le ou les formats numériques sous lesquels vous voulez voir votre livre publié (PDF, Kindle, etc.).
  6. Le moteur de numérisation de Smashwords tourne.
  7. Une fois que c’est terminé, vous vérifiez et approuvez le résultat.
  8. Il ne reste plus qu’à attendre l’acheteur.

Et voilà. Votre livre numérique, ou e-book, ou livrel, est disponible à la vente publique ! Vous êtes un auteur du XXIe siècle !

En option, on peut choisir de mettre en vente le titre non seulement sur le site de Smashwords, mais aussi chez d’autres revendeurs en ligne, dont Sony et Barnes & Noble, avec qui Smashwords a signé un partenariat. Sont également annoncés pour bientôt Apple (iPad, mon bel iPad…) et Amazon.

Évidemment, pour les ventes effectuées par l’intermédiaire de tiers, il y a des frais supplémentaires : à la commission prélevée par Smashwords (15%) s’ajoute celle du vendeur partenaire, qui peut monter jusqu’à 50% pour des poids-lourds comme Sony ou B&N. L’auteur touche dans ce cas environ 1/3 du prix de vente au public, alors que pour une vente directe sur le site de Smashwords, c’est 85%. À chacun de décider si le surcroît de visibilité ainsi offert justifie de leur abandonner la part du lion.

Reste un gros bémol, pour les auteurs qui sont situés hors des États-Unis (comme la majorité de mes lecteurs, j’imagine) : si on vend son livre sur Smashwords et ses partenaires, il faut remplir un formulaire d’enregistrement auprès de l’IRS, le fisc américain. Sans quoi, Smashwords ne peut vous verser vos royalties.

À mon avis, à moins de vraiment vouloir devenir auto-entrepreneur, mieux vaut s’abstenir.

Mais, bon. À tout le moins, il faut noter que tout cela se fait sans vous infliger, ni à vos lecteurs, le moindre verrou numérique. Quand on sait que les DRM rendent les produits numériques plus chers et moins faciles à utiliser, on appréciera.

Personnellement, je ne pense pas utiliser Smashwords pour vendre des livres numériques, du moins dans un avenir prévisible. (Pour cela, voir plutôt Babelpocket.) Mais comme plate-forme de re-publication et promotion de textes que je mets déjà gratuitement à la disposition du public sous licence Creative Commons, et en parallèle avec Feedbooks, pourquoi pas ?

Un libraire en ligne qui n’aime pas les DRM

Les titres avec DRM, c’est deux fois moins de ventes et nettement plus de SAV : un constat établi chez Immatériel.fr, détaillant en livres numériques.

Problèmes de compatibilité, nécessité d’installer un logiciel spécifique, complexité des transferts sur les liseuses… Pas vraiment user-friendly, tout ça.

Et, chose intéressante, l’absence de DRM n’incite pas spécialement au piratage :

Enfin, notre expérience nous montre que ceux qui déposent les fichiers sur Internet sont majoritairement de faux clients qui utilisent des cartes de crédit volées, et n’ont pas vraiment de scrupules à partager les fichiers, avec ou sans DRM (car bien sûr, les livres avec DRM sont aussi piratés, soit parce que le verrou est cassé, soit parce que la version papier est scannée). Au moins eux ne se plaignent jamais…

En prime, mettre des verrous numériques est un coût supplémentaire, qui se répercute au final sur l’acheteur.

Conclusion : le mieux, ce serait clairement de se passer de ces gadgets qui coûtent cher à tout le monde et n’assurent qu’une sécurité illusoire. Un simple marquage du fichier assure la traçabilité de la vente et sert de « DRM social ».

Hélas, la majorité des éditeurs français ne semble pas prête à entendre ce discours. Pire : certains rajoutent des contraintes supplémentaires, comme l’impossibilité de transférer le fichier livre de l’ordinateur sur une liseuse électronique portable !

De quoi dégoûter a priori les lecteurs des livres numériques. Ou pis, les pousser dans les bras des pirates…