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Valse d’étiquettes dans les pseudo-médecines

Que faire si des essais cliniques mettent en évidence que la pratique de l’acupuncture traditionnelle n’est pas plus efficace qu’un placebo par acupuncture simulée (par exemple, le fait de piquer légèrement la peau avec un cure-dents ou d’utiliser des aiguilles rétractiles)? Que faire si, tests à l’appui, aucune trace des méridiens ni du Qi n’est trouvé, si le placement exact des aiguilles sur le corps n’a pas d’importance pour le soulagement (subjectif) annoncé par les patients, et si même il n’est pas besoin de percer réellement la peau pour observer le même effet?

En bref, comment la profession d’acupuncteur peut-elle s’en relever?

Photo: acupuncture (Wikimedia Commons)

Heh. Facile. Il suffit de baptiser des choses qui marchent « acupuncture », ou quelque mot dérivé, et le tour est joué!

Le simple fait d’appuyer sur la peau marche? Vous avez l’acupressure, en pressant avec les doigts ou un objet sur les « points d’acupuncture ».

La neurostimulation électrique transcutanée (TENS) est utilisée par les médecins et kinés pour soulager la douleur? Elle consiste à appliquer un courant électrique sur la peau grâce à des électrodes, pour stimuler directement les terminaisons nerveuses? Prenez une aiguille (ou autre appareil de même forme), reliez-la à un générateur de courant, et voici l’acupuncture électrique! (Garantie non traditionnelle et non chinoise, mais on évitera de le dire.)

Enfin, si rien d’autre ne soulage la douleur que des analgésiques chimiques, on les introduira sous la peau grâce à une aiguille et on appellera cela de la PaP acupuncture et non plus de l’anesthésie locale! (PaP désignant une enzyme, la prostatic acid phosphatase, qui peut avoir un effet anti-douleur plus durable que celui de la morphine.)

On ne sera pas étonné qu’il y ait des gens pour considérer tout cela comme peu conforme à l’éthique, voire carrément malhonnête… On les comprend. En son temps, pourtant, Confucius ne disait-il pas déjà qu’il était crucial « d’utiliser les dénominations correctes » pour agir droit?

Certains de ses disciples ont dû prendre le conseil à l’envers: pour changer la réalité, changez les noms!

Le petit coin du contre-sens

À l’intention des nouveaux venus (et des nouvelles itou) à l’instigation d’un certain blougueur qui se croit trrrrès malin mais ne réussit qu’à faire de l’auto-trollage (et qui est décidément un peu obsédé, le pauvre), je me permet de republier un petit billet qui n’a déjà servi que deux fois (et que j’ai aussi fini par intégrer à la page À propos, parce que ça va bien un moment):

On dirait que cela prête à confusion, si j’en crois les mots-clefs qui font atterrir sur ce blogue… Mais bon, qu’à cela ne tienne.

Le titre de ce blogue, «L’Extérieur de l’Asile», est tiré d’un roman de Douglas Adams (pour ceux qui veulent tout savoir: c’est Salut et encore merci pour le poisson, le quatrième de la série dite du «Routard galactique», alias H2G2) où un personnage appelle sa maison «l’extérieur de l’asile», d’ailleurs organisée de façon à ce que le papier peint soit à l’extérieur et les briques à l’intérieur.

Pourquoi? Mais, c’est bien simple: avec un asile, les aliénés sont à l’intérieur, et les gens sensés à l’extérieur. La demeure de l’individu sensé est donc, logiquement, à l’extérieur de l’asile.

(Précédentes parutions les 30/08 et 10/02/2010.)

Tss! La malcomprenance fait des ravages! Mais que fait donc Roselyne Bachelot?

L’internationale des fachos se porte bien, merci

Si vous croyez encore que la hiérarchie du FN a la volonté de défendre une quelconque «identité nationale» franco-française, vous avez été bien eus. C’est un parti des plus internationalistes, en fait!

Les amitiés et références du deuxième parti français d’extrême-droite (ces jours-ci, l’UMP est le numéro un, désolée, mais faut pas se voiler la face, hein…) constituent un intéressant gotha du fachisme mondial: ultra-nationalistes flamands, néo-nazis autrichiens, extrême-droite japonaise (celle-là même qui organise tous les ans un pèlerinage au Yasukuni, symbole du passé militariste de l’Empire, et qui abrite la tombe de criminels de guerre de l’Axe – cette année, Le Pen et Gollnisch sont du voyage, quelle délicate attention), British National Front (abonné aux défaites électorales, comme quoi les Anglais ont peut-être quelque chose à nous apprendre) et même la famille de Sadam Hussein.

Plus de détails sur le blogue Droites extrêmes, tenu par deux journalistes du Monde, Abel Mestre et Caroline Monnot.

Le niveau de foutage de gueule dans les discours officiels du FN en ce moment est assez élevé pour dépasser deux ou trois Everest. «Patriotes de tous les pays, unissez-vous», vraiment? Vraiment? S’il y a une chose que l’on peut retenir de 5000 années d’histoire connue, c’est que les nations ne mettent jamais si bien d’accord que pour se faire la guerre…

Oh, ces écrivains !

Allons bon, un éditeur m’écrit… C’est Le Pont du Change, une petite maison d’édition fondée à Lyon en 2009 par Jean-Jacques Nuel. (Un ancien de la galaxie Calcre, si cela vous dit quelque chose.)

Pourquoi ? Eh bien, pour signaler la parution de Tu écris toujours ? Manuel de survie à l’usage de l’auteur et de son entourage, de Christian Cottet-Emard. Un recueil de chroniques d’humeur et d’humour dont plusieurs ont paru précédemment dans le Magazine des Livres. On peut juger sur pièces en téléchargeant un extrait sur Feedbooks :

Votre écrivain est infernal et vous ne savez plus comment vous y prendre avec lui : avez-vous pensé à vous équiper d’un cochon d’Inde ? En observant attentivement ce petit rongeur, vous verrez que votre écrivain et lui ont beaucoup de points communs.

Par exemple, il existe bien sûr des élevages de cochons d’Inde mais savez-vous qu’on peut aussi faire de l’élevage d’écrivain ? Mais oui, dans des lieux très variés comme certaines grandes maisons d’édition et dans les universités américaines. Quelques organismes publics pratiquent aussi l’élevage d’écrivain mais leurs résultats sont aléatoires. Souvent, les écrivains ainsi élevés (par les bourses) s’habituent et, une fois lâchés par l’éleveur, ils n’arrivent plus à s’adapter au retour à la vie sauvage. C’est bête.

[…]

Le cochon d’Inde, que la nature n’a pas doté de moyens de défense très efficaces, compense ce handicap, lorsqu’il est agressé, par toute une panoplie de comportements théâtraux censés impressionner ou déstabiliser l’adversaire (mâchoire ouverte, agitation, poils hérissés). Parfois, les écrivains le font aussi, même à la télévision, mais comme ils sont habillés, on ne voit pas leurs poils.

(Extrait de Tu écris toujours ? de Christian Cottet-Emard, éditions Le Pont du Change, 2010. Informations & bon de commande chez l’éditeur.)

La zoologie au service des auteurs en milieu hostile ? Attention, esprits chagrins s’abstenir !