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BOINC, ou comment aider la recherche scientifique avec un téléphone

Ou une tablette. Ou tout autre appareil sous Android. Le principe de la plate-forme BOINC : utiliser les ressources non utilisées d’un ordinateur (quand il est sous économiseur d’écran, par exemple, ou quand un portable est en cours de chargement) pour faire tourner des calculs scientifiques, grâce au principe du calcul distribué. Mathématiques, biologie, recherche médicale, cryptographie, astronomie, étude du climat, j’en passe… Oh, et bien entendu, pas de panique, le programme se charge de tout ! Assigner à votre machine sa portion de calcul à effectuer, gérer finement les ressources employées (en mettant à contribution le processeur, mais aussi le cas échéant la puce graphique, pendant que les autres programmes ne les exploitent pas trop), puis envoyer les résultats au serveur, d’où ils s’intégreront à un projet de recherche.

Logo du BOINCManager pour Android (licence GNU)

Logo du BOINCManager pour Android (licence GNU)

C’était déjà possible sur un ordinateur personnel sous Windows, Mac OS ou GNU/Linux, divers Unix et dérivés, et même sur certaines consoles de jeu, mais désormais, les terminaux portables sous Android ont aussi leur version du BOINC Manager, disponible gratuitement sur Google Play. Le programme et sa page d’accueil de téléchargement sont en anglais, mais pas d’un niveau bien difficile. Et on apprécie que les autorisations demandées pour l’installation du programme soient minimales.

C’est bien entendu un logiciel libre et open source. Et le programme reste léger en termes d’occupation de la mémoire et des ressources de l’appareil. Il marche parfaitement sur mon petit Androphone Wiko Cink Slim, millésime 2012, par exemple. Après l’installation, il suffit de quelques minutes pour parcourir les projets disponibles pour Android et s’y inscrire, puis vogue la galère ! J’ai coché World Community Grid (recherche contre le Sida, les maladies tropicales, etc.) et Asteroids@Home (pour mieux connaître ces astéroïdes qui grouillent dans notre système solaire, et pourraient bien un jour faire de gros dégâts sur Terre)…

Juste un petit bémol toutefois : le projet préféré des geeks, SETI@Home, n’est pas encore compatible Android. Ah, là là, qu’attendent-ils ? 😉

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Taxes, télés et Internet: certains contribuables seraient-ils plus égaux que d’autres?

Drôle de télescopage. Hier, sur le fil d’infos de PC INpact, deux infos  liés à la fiscalité… qui à elles deux racontent une petite histoire:

Ben oui, ce serait dommage de grever de taxes supplémentaire la consommation de télévision sur ces nouveaux supports qui se multiplient, hein… Faudrait pas que les clients soient dissuadés de s’abrutir quand ils sont sur Internet!

Mais l’abonnement lui-même à Internet et au téléphone, lui, sera plus fortement taxé, par le biais d’une « harmonisation » des taux de TVA sur les fameuses offres Triple Play (Internet + téléphone + télévision)… harmonisation sur le taux le plus haut, celui de 19,6%, évidemment. Vous avez dit « produit indispensable dans le monde moderne »? Veut pas l’savoir!

Au passage, la prime de la plus mauvaise excuse pour éviter d’élargir l’assiette de la redevance télé, y compris aux résidences secondaires (!), devrait être décernée au ministre du Budget de notre cher gouvernement Fillon II+III (Fillon forever? Parlez pas de malheur…), j’ai nommé François Baroin, pour qui il ne serait pas juste de taxer la deuxième télé du foyer fiscal sous prétexte que: «on ne regarde pas deux fois la télévision en même temps!»

Ahem. M’sieur Baroin, vous savez qu’il y a souvent plusieurs personnes, dans un foyer fiscal? Et que si l’on possède deux logements, ils peuvent être occupés en même temps par des membres de la même famille, voire prêtés à des amis?

Mais non, ça ne lui a jamais traversé l’esprit. Ce gouvernement n’est pas familier avec l’univers des riches, comme il le montre tous les jours depuis trois ans…

La boutique Apple et les filles d’Ève

Allons bon, je vais encore taper sur la firme à la pomme… Et dire que je n’utilise même pas les produits Apple! En revanche, j’ai récemment aidé une copine à passer de Windows à Mac OS X, et ça m’a donné l’occasion d’entrer dans une boutique estampillé du logo au fruit défendu.

Donc, l’autre jour, nous entreprenions de remédier au fait qu’il n’y a que deux ports USB sur le MacBook tout neuf (ben oui, pour faire du design élégant, faut faire des concessions ailleurs) en allant chercher un hub, pardon, un concentrateur tout neuf à la boutique Apple du quartier. Car il y a une boutique Apple dans le quartier de ladite copine, avenue Parmentier. Je connais des gens bien, faut pas croire.

Une fois entrées, nous avons failli sortir très vite. Je m’approche du comptoir, dis au jeune homme qu’il me faut un hub USB… Lui, sans barguigner, prend une boîte et commence à taper la facture!

Heu, oh! Mon cher, ne me dites pas qu’il n’y a qu’un seul modèle? Et d’abord, quel est le prix? Un peu de politesse avec les clientes, voire d’explications, ce ne serait pas du luxe, non? Ben, on dirait que c’en est. Nous avons fini par lui extorquer l’information que oui, il y avait plusieurs modèles, mais que non, si nous avions besoin d’un concentrateur avec alimentation externe (pour y brancher une imprimante, par exemple), c’était le seul disponible, et que cela ferait 25,00 € tout rond.

Le plus exaspérant, c’est que le brave gars n’a pas semblé réaliser qu’il nous traitait avec légèreté, voire condescendance.

Mais je n’irai pas jeter la pierre uniquement aux employés de la galaxie Apple. Des femmes dans un magasin informatique? Bah, elles ne doivent pas s’y connaître beaucoup, hein, donc pourquoi compliquer les choses en leur donnant des détails techniques? Voire même en leur confiant le soin de choisir par elles-mêmes entre plusieurs possibilités…

Ce genre de préjugés est assez répandu, et pas que chez Apple. (Même si la réputation de convivialité de la marque devrait au contraire sensibiliser ses promoteurs à l’accueil de ceux et celles qui ne s’y connaissent pas… Vous avez dit logique?) C’est pourquoi les naïfs, ou les roublards, qui prétendent que l’égalité entre hommes et femmes «fait partie de nos traditions» – par rapport à d’autres traditions «pas de chez nous», forcément – me donnent férocement envie de ricaner.

Pourquoi Google nous mangera

Parce que ça marche… Demandez donc à CC (@CyCee):

Ça marche – et même ça court. 😉

Heureusement qu’il y a des logiciels libres…

J’ai déjà expliqué comment je jouais parfois les Docteur Micro pour ma chère famille, où à peu près tout le monde sauf deux personnes (l’auteure de ces lignes incluse) ne font clairement pas partie de la catégorie geek.

Ce qui rend les choses assez délicates, c’est que nous sommes loin d’avoir un parc informatique homogène. Je parle d’une famille assez étendue, composée et recomposée, avec différentes classes d’âges, des couples, des célibataires, des parents et des enfants… Certains ont plus ou moins de facilité avec l’outil informatique que d’autres, mais tous en ont définitivement besoin pour leur travail ou leurs études. Sans parler de la vie courante: envoyer des courriels, partager des photos, chercher un billet de train ou d’avion, trouver son chemin sur Google Street View – ou suivre les dernières séries sur Megavideo. C’est encore légal! Hé oui, madame Hadopi.

Certains sont restés sous Windows XP, d’autres ont franchi le cap de Vista, voire de Windows 7, selon la date d’acquisition de l’ordinateur. Il y a un petit camp résolument pro-Macintosh… Et puis il y a mon Linux et moi!

Bah, oui, I ♥Ubuntu 🙂

Résultat, quand je dois intervenir sur l’ordi de quelqu’un d’autre, il faut s’adapter à un autre système d’exploitation et à d’autres habitudes de travail.

Heureusement, les logiciels sont souvent les mêmes. Et pour cause: j’ai contaminé – ahem, converti – la plupart des ordinateurs de la famille avec divers logiciels libres! À commencer par les produits phares de Mozilla, Firefox (navigation internet) et Thunderbird (courrier électronique). Pour des raisons de sécurité, mais aussi de très bon rapport efficacité/facilité d’emploi.

Et ce n’est pas tout. Comme Microsoft Office n’est pas à la portée de toutes les bourses, j’ai poussé à l’acclimatation d’OpenOffice sur les ordis familiaux. Et puis à celle de VLC Media Player pour la musique et vidéo, parce que ça lit tous les formats. Et les DVD de toutes les régions. (Ah, mais!)

Ainsi, quand on me demande: «S’il te plaît, comment faire pour récupérer mes mails en changeant de PC» ou «Pourquoi ça ne marche pas si je fais tel truc», je peux répondre à distance, en testant sur ma propre machine, les réglages nécessaires.

Enfin, presque toujours. Mais c’est quand même nettement plus pratique que de devoir me déplacer. Ou réapprendre du tout au tout.

Dans la peau d’une hot-line

Qui n’a jamais paniqué devant un ordinateur qui faisait des siennes? Qui n’a jamais souhaité avoir sous la main une lampe d’Aladin d’où sortirait un génie – pardon, un geek – serviable et dévoué?

Dans mon entourage, c’est moi que l’on considère comme la «geek de service» – la personne à qui on s’adresse quand l’ordinateur se met à agir comme la bête machine qu’il est, c’est-à-dire de façon incompréhensible, troublante, stressante et surtout absolument contraire à la plus élémentaire productivité.

C’est vrai, quoi. L’ennui, avec les ordinateurs, c’est qu’ils sont fondamentalement beaucoup plus bêtes que nous. Leurs capacités d’adaptation à l’imprévu (exemple: si par malchance on lance en même temps deux applications qui veulent utiliser la même partie de la mémoire) sont limitées, ce qui est une importante source de plantages. Dans ces cas-là, l’usager doit essayer de comprendre ce qui se passe et y remédier. Il y a deux possibilité: se transformer en technicien(ne)… ou appeler le geek de service.

(Je laisse de côté le cas où l’usager appelle le service après-vente ou un dépanneur professionnel, car au fond, c’est un cas particulier du choix numéro 2.)

Donc la geekette de service, dans ma famille, c’est moi. La personne qui murmure à l’ouïe de ventilation des ordinateurs. Il faut dire que je bénéficie d’un avantage décisif par rapport à ma parentèle et à bon nombre de mes amis: quand un ordinateur joue les débiles indélébiles, je considère cela comme un casse-tête à résoudre, pas comme une insulte personnelle – ou une inquiétante déchirure dans la normalité du quotidien.

Et les casse-têtes, j’aime bien.

Résultat, on m’appelle quand il y a un problème («Dis, je n’arrive plus à charger mes e-mails…»; ou bien: «J’ai mon écran qui clignote quand j’écris au clavier, c’est grave?») mais aussi de façon préventive, quand il s’agit d’installer un logiciel ou d’acheter un équipement informatique.

Je préfère nettement la consultation préventive. D’abord, on peut la planifier. Ça vaut mieux que d’être dérangé pendant le dîner par un coup de fil paniqué pour découvrir que l’icône «bizarre» qui avait surgi dans un coin de l’écran était celle d’une mise à jour automatique, et que tout allait en fait comme sur des roulettes. (Cas vécu.) Et puis, en installant moi-même le logiciel ou périphérique en question, j’ai la garantie que ce sera fait de façon convenable.

Comme la plupart de mes connaissances réagissent par le stress et la paralysie aux mésaventures informatiques, la première étape est généralement de les rassurer. Mais non, ce n’est pas une catastrophe, juste un ennui temporaire. Mais oui, tes données sont toujours là (en général, c’est le cas), il s’agit juste de trouver le moyen d’y accéder.

Cette paralysie n’est d’ailleurs pas toujours une mauvaise chose. Quand un usager panique et préfère appeler une «experte» à l’aide plutôt que de bidouiller tout(e) seul(e) à l’aveuglette, le bon côté de la chose, c’est qu’il ou elle ne risque pas d’aggraver la situation. Car il y a pire qu’un débutant largué, en informatique: un débutant largué et qui ne le sait pas. On parle parfois d’effet Dunning-Kruger ou de «l’arrogance de l’ignorance». Ou peut-être devrait-on parler de l’arrogance de la quasi-ignorance? Je pense au genre de quidam juste assez sûr de lui (dans mon expérience, c’est souvent un mec – tant pis pour les clichés) pour se lancer dans les entrailles du système d’exploitation, mais qui confond désinstaller un logiciel et effacer le fichier qui lance ce logiciel; ou qui efface des fichiers temporaires de Word «pour faire de la place sur le disque» mais ne se rend pas compte que le traitement de texte est resté ouvert…

Une partie des appels à l’aide de mes chers z’amis et parents consiste donc à réparer les dégâts causés par des tentatives imprudentes de réparation. Certains jours, je me dis que je devrais me faire payer.

Je me suis aussi rendue compte qu’une bonne partie de l’intervention consistait à faire préciser à la personne: 1) ce qui s’était passé précisément; et 2) ce qu’il ou elle cherchait à obtenir au final.

Le point 2) est trrrrès important. Souvent, et tout particulièrement quand il s’agit de choisir un logiciel, un ordinateur ou un autre équipement, c’est l’étendue quasi-incommensurable des possibilités qui paralyse mon interlocuteur. Et l’on m’appelle à l’aide: «Dis-moi ce que je dois choisir!» Si je peux l’aider à réduire ces choix («C’est pour faire quoi avec?»), la partie la plus délicate de mon job est faite. Il n’y a plus qu’à en tirer les conclusions pratiques. C’est là qu’une certaine connaissance technique est nécessaire. (Une fois définie la tâche, par exemple, faire des sauvegardes, reste à savoir quel support et quelle technique est la plus adaptée au cas présent: disques optiques, disque dur, clef USB… Non, pas de disquettes. Fini, les disquettes! R.I.P.)

C’est dire qu’en plus des compétences techniques, il faut aussi une bonne dose de doigté et de sens de la communication.

Heureusement, il y a des compensations. Les gens sont tellement contents quand vous avez réussi à remettre leur fichue machine en marche! Et souvent, je repars avec des preuves de leur satisfaction: parfois des gâteaux, un pot de confiture maison… Récemment, on m’a promis des dattes venues tout droit de Tunisie, où un pote les cultive.

C’est bien d’avoir des amis IRL, non?

Le chat donne son avis: si l'ordinateur te stresse, pourquoi ne pas chercher sur Google "enlever les boules de poil du disque dur"? Gniark.
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