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Chers amis écolos politiques, si vous vous informiez un peu, d’abord?

Je râle. Je rage. Il y a des gens très bien, dans la grande famille (dysfonctionnelle, certes, comme toutes les vraies familles…) de l’écologie politique. J’admire le courage, l’intégrité et le franc-parler d’Eva Joly. Fille de (quasi) soixante-huitards, je garde toujours un peu de tendresse pour Dany le Vert, malgré ses errances droito-gaucho-libéralo-quelquechose…

Mais quand on lit des choses comme: «En France, il n’y a plus de taudis» (Eva Joly, dans le mensuel Rue89), au mépris de la plus élémentaire des réalités…

Ou quand Daniel Cohn-Bendit déclare à France Inter que l’immigration est «un problème» et qu’il faudrait s’inspirer de la politique de «Tolérance Zéro» initiée par le maire de New York, Rudolf Giuliani – sans préciser que les États-Unis ont surtout déplacé le problème avec cette méthode, et rempli les prisons à tel point que près d’un Américain sur cent est hébergé dans le système carcéral, avec (tiens donc!) un pourcentage particulièrement élevé chez les minorités ethniques, et que certains, y compris aux USA, s’inquiètent du poids économique de ce secteur sur la justice américaine…

On se demande quelle mouche verte les a piqués.

Et bien sûr, jusqu’où les Verts et Europe Écologie comptent aller sans quelques sérieuses séances de rattrapage sur le thème des réalités sociales. Juste une suggestion, hein. Ça peut toujours servir.

Wikileaks en Afghanistan: quand la Grande Muette l’ouvre…

Enfin, l’entrouvre, par Web interposé. On appelle déjà ça la plus grande fuite de renseignements militaires de l’histoire.

La dernière affaire Wikileaks met à nu le quotidien peu glorieux de cette guerre que l’on fait en notre nom. Cafouillages meurtriers, «tirs amis» et «dégâts collatéraux» (c’est-à-dire victimes civiles – ah, ces euphémismes!) en tous genres, trouble jeu de l’allié pakistanais, tiraillements dans les pratiques et les objectifs des différents membres de la coalition (les USA n’étant pas vraiment sur la longueur d’onde que les autres), confusions dans les buts de guerre: lutte contre le terrorisme? L’opium? Pour les droits de l’homme? Ou juste établissement d’un régime local complaisant…

Le linge sale est étalé au grand jour. Difficile de ne pas rapprocher ça de l’affaire du général McCrystal et de ses confessions au kärcher à des journalistes de Rolling Stone.

La faute du général (aussitôt limogé) avait bien sûr été de déblatérer publiquement sur le compte de son commandant en chef, Obama. Pas très professionnel, pour un officier. Mais ce faisant, il en révélait long sur l’état d’esprit des troupes sur le terrain. Si les militaires engagés en Afghanistan, y compris au sommet de l’État-major, pensent qu’ils sont en train de perdre la guerre, et qu’ils ont l’impression de ne pas être entendus par les autorités civiles qu’ils sont censés servir, que leur reste-t-il pour faire passer le message?

Faire fuiter des documents bruts de décoffrage sur un site internet du genre Wikileaks, par exemple…

Ce qui prouve encore une fois qu’on peut mener un âne à la rivière, mais pas le forcer à avoir soif. Aujourd’hui, les bêtes de somme en treillis en ont manifestement gros en travers de la gorge.

Source d’infos médicales, moi? Si, si. Sauf que non…

Ce n’est pas crédible, là, vous me direz? Je fabule, je galéje, j’exagère? Et pourtant! Hier, je répondais à une question posée à la cantonade (enfin, à ceux-z-et celles qui la suivent) par une Twitteuse:

Elle: Je me demande si la varicelle ça commence par une dizaine de petits boutons minuscules

Moi: Pas forcément minus. Mais pour la varicelle, un indice: les boutons/cloques *démangent* férocement.

Elle: Merci… Il ne reste qu’à attendre. Apparemment il y en a 1 qui gratte, les autres ça va.

Moi: Si les boutons deviennent des cloques et se multiplient, c’est la varicelle. Ne surtout pas gratter, cicatrices assurées!

Elle: je crains que ce ne soit ça… Et va empêcher un enfant de 4 ans et demi de se gratter !!

Et voilà, un exemple parmi cent mille de nos petits crowdsourcings quotidiens. Comment obtenir une information pertinente? Identifier les symptômes d’une maladie, trouver un resto de sushis pas trop hypé (optimiste), vendre son vieil iPod ou chercher un appart’ à louer pas trop cher pour la rentrée (optimiste, bis): toutes questions que j’ai vu des gens poser sur Twitter ou sur leur blogues, dans les cybercercles où je traîne mon butineur.

Mais comment on sait que l’info est bonne? Ah…

C’est là que l’élément jugeote entre en ligne de compte, ainsi que la comparaison avec l’expérience passée. Deux éléments, on le notera, importants pour l’examen critique d’un problème.

Et à propos d’expérience, je précise que pour la varicelle, je parlais de la mienne, en décrivant de mémoire les symptômes de ma propre rencontre avec cette sale bête de virus Varicella zoster, à l’âge de 15 ans. (Pas amusant du tout, vous pouvez m’en croire. Mon frère, beaucoup plus jeune, s’en est tiré avec une atteinte bénigne, mais j’ai eu droit à la transformation en monstre rougeâtre et pustuleux. Avec l’envie de s’arracher la peau.)

Mais, bon, je suis juste une blougueuse et Twitteuse parmi bien d’autres: pourquoi mon témoignage (que j’avais certes assaisonné de quelques compléments d’infos trouvés lors d’un rapide Googlage de précaution) devrait-il être pris pour argent comptant?

Je ne suis pas médecin, après tout. Et je ne tiens pas non plus un blogue médical. D’accord, j’ai une certaine culture scientifique, mais quand même.

J’imagine que mon interlocutrice m’a fait confiance d’emblée parce que cela fait longtemps qu’on se croise sur la Toile et que je n’ai pas vraiment une réputation de loufoque. (Enfin, j’espère…)

Et j’espère bien qu’elle a procédé aussi à ses propres vérifications, que ce soit sur un vrai site médical – ou, mieux, en menant le gosse chez le toubib.

Mais c’est quand même un peu vertigineux, comme responsabilité.

Moralité: ne prenez pas vos conseils de santé d’un blougue ou touitte lambda. Exigez des références, des sources, des précisions! Demander «d’où je parle», quand je me risque à donner des informations médicales, ce n’est pas seulement permis, c’est indispensable.

Sans blague.