Archives de Tag: epub

Mon recueil de nouvelles de nouveau disponible sur Lulu.com

De temps en temps, on me demande des nouvelles de ma prose, notamment pour savoir si ces textes sont disponibles, et si oui sous quelle forme. Récemment, c’est @Monolecte qui, convertie aux liseuses (chouette !) voulait savoir si mon roman était disponible comme livre électronique. La réponse est oui (voir la page « Textes de fiction » dans le menu en haut de ce blog) ; mais cela m’a rappelé que j’avais en 2008 tenté l’aventure de l’autoédition, en publiant un petit recueil chez Lulu.com : La Faim et autres nouvelles.

Image : couverture de livre, style science-fiction (texture métallique, motif fractal)

La Faim et autres nouvelles par Irène Delse (Lulu.com)

Au départ, il s’agissait uniquement de la version papier, mais il s’y est entre temps ajouté la possibilité d’offrir la version PDF, puis bien sûr le format epub.

Aujourd’hui, la version papier (broché, 69 pages) est disponible pour 5,22 € chez Lulu.com,  et le livre électronique (PDF ou epub) pour 1,99 € seulement – cela sans aucune « protection » technique, c’est-à-dire sans DRM.

Les deux formats sont lisibles tels quels sur ordinateur, mais aussi sur la plupart des liseuses (Kobo, Sony, Cybook…) ainsi que sur les smartphones et tablettes. (Pour Android, Blackberry et les ordis sous Windows, Mac OS ou Linux, utiliser par exemple FBReader ; pour iPhone/iPad, Stanza.) Enfin, si on a un Kindle, on peut convertir très facilement le fichier .epub en .mobi, lisible sur ce support, grâce à un freeware très sympathique, Calibre.

Bref, en réponse à la question « comment trouver mes livres », la réponse pour celui-ci est : « Voyez chez Lulu.com, les amis ! » 😉

La Faim et autres nouvelles, par Irène Delse.

Support independent publishing: Buy this e-book on Lulu.

Premiers pas avec le Cybook Odyssey HD Frontlight : une liseuse, ça sert à… lire ;-)

Ça a l’air idiot, mais c’est un peu ce que m’inspirent ces comparaisons entre liseuses et tablettes : forcément, les tablettes ouvrent la voie à toutes sortes d’applications, et séduisent donc un plus grand public. Elles sont aussi rapides (enfin, si pas trop bas de gamme…) et en couleurs. Quelle place pour l’encre électronique, là-dedans ?

Photo : le Cybook Odyssey HD Frontlight dans sa couverture, ouvert à l'écran d'accueil

L’écran d’accueil de la chose… (cliquer sur l’image pour agrandir)

Réponse : avec une tablette, on est devant un objet à tout faire, pas un environnement de lecture. Et si comme moi on est vraiment, vraiment fan de lecture… Eh bien il y a une niche pour les liseuses spécialisées !

D’où cette prise en main du Cybook Odyssey HD Frontlight, le dernier bébé de Bookeen, que je me suis offerte avec mes sous – non, je ne suis pas blogueuse sponsorisée. 😉

Question 1 : Pourquoi Bookeen ?

Parce que j’avais déjà eu auparavant leur première liseuse, le Cybook Gen3 (millésime 2007, ça ne nous rajeunit pas), puis le très agréable petit Cybook Opus, et que je fais confiance à la boîte… Et parce que je n’avais pas envie de faire profiter encore plus les géants du marché avec leurs systèmes frileusement bordés de murs commerciaux et techniques. Ni Kindle d’Amazon, ni Kobo by Fnac, donc ! Et puis j’avoue que oui, ça compte, pour moi, que Bookeen soit français. (1)

Question 2 : Et c’est facile à trouver ?

J’avais le choix entre commander directement sur Bookeen Shop, soit chez un revendeur : Cultura, Virgin, Decitre… Ils ne manquent pas en France et dans le reste de l’Europe, soit en ligne soit dans les magasins en dur. Dans mon cas, je suis allé au plus simple : le Virgin Megastore de Barbès, à deux minutes de chez moi ! (Ooouh, la veinarde que je suis.)

Question 3 : Et si on parlait sous ? C’est cher, non ?

Oui et non. Sur le site de Bookeen, l’appareil est à 149 €, contre 129 € chez Virgin comme chez d’autres grandes surfaces de produits culturels. (Non, pas la Fnac. Ni Amazon. Eux ont ne vendent que leur propre liseuse maison, point barre.)

Comptez 20 à 30 € de plus pour une couverture protectrice. Un peu dommage qu’elle ne soit pas incluse, ce n’est pas du luxe pour protéger la bête dans la poche ou le sac.

Notez que le prix Bookeen a un peu baissé depuis le mois de novembre, puisque le prix de lancement était de 159 €. Mais comme on voit sur la photo ci-dessus, le revendeur met aussi un lien direct vers son site de vente d’ebooks, avec son logo. Pas ma tasse de thé non plus, vu que je ne télécharge pas d’ebooks DRMisés…

Question 3 : Quoi, il faut passer par sa boutique pour les livrels ?!

Non, non, pas de panique. Ce qui est bien avec les Cybook, c’est qu’ils sont ouverts : on peut y mettre dessus des livres achetés sur n’importe quelle boutique en ligne (sauf Amazon, quelle suprise…) pour peu qu’il s’agisse des formats acceptés. Les plus fréquents dans le commerce, epub et PDF inclus évidemment.

Question 4 : D’accord. Trêve de blabla, si on voyait la machine ?

Très juste. Donc, je déballe, je vérifie que tout y est… On trouve aussi dans la boîte un câble USB/micro-USB pour brancher sur un ordinateur afin de charger et/ou transférer des fichiers ; ainsi qu’un bref livret de prise en main, qui vous explique que le manuel complet est chargé dans la mémoire de l’appareil. OK.

Je vous passe l’effet « rhoooh, c’est bô » des gadgets neufs, mais on n’est pas déçu. Le design du Cybook Odyssey HD Frontlight a de la gueule : tout fin, lisse, avec un bouton unique et sobre sous l’écran et les autres, discrets, sur bords… La coque est d’un noir velouté et l’écran gris perle.

Première surprise : ça me fait bizarre, une liseuse de cette taille (6 pouces de diagonale pour l’écran) après deux ans avec un petit Cybook Opus que, avec ses 5 pouces (à peu près un livre de poche), je pouvais tenir confortablement d’une seule main. Le Cybook Odyssey, lui, est un peu plus haut et large qu’un livre de poche moyen, mais plus fin. Mais tout s’arrange vite : une fois l’appareil dans sa couverture qui s’ouvre comme un livre (voir photo ci-dessus), on retrouve rapidement les gestes de la lecture « à l’ancienne » !

Le bouton d’allumage est sur le bord inférieur, à droite, à côté de l’emplacement pour carte MicroSD, du port micro-USB et d’une diode indicatrice, en allant de droite à gauche.

Une pression longue sur le bouton met en marche l’appareil : hop, c’est rapide ! Comparé à mon vieil Opus pourtant pas si lambin, on gagne quelques secondes. Première impression de l’écran : pas mal du tout, la finesse d’impression promise avec l’écran HD est au rendez-vous. Le confort de lecture y gagne. Et avec en plus 16 niveaux de gris, il est maintenant possible de visionner sans grincer des dents les ouvrages qui contiennent des illustrations ou diagrammes !

5) Et le fonctionnement ? Hmm ?

Là, j’avoue que ma première impression a été mitigée… les premiers essais avec l’écran tactile peuvent dérouter, même si on a l’habitude d’autres appareils tactiles ! Mais, heureusement, cela s’arrange assez vite.

L’interface de navigation de Bookeen reste basée sur les mêmes principes, avec le bouton du bas servant à appeler le menu contextuel. La page d’accueil est très pratique avec les raccourcis vers le dernier ouvrage consulté, la bibliothèque (avec mise en avant des textes récemment ajoutés), le navigateur internet et les réglages de l’appareil. Tout en bas, une barre d’état affiche le niveau de charge de la batterie, et si l’appareil est connecté en Wifi ou non.

Tiens, d’ailleurs, le Wifi : je l’ai testé, et si on est à proximité d’un hotspot, ça marche sans problème, la connexion se fait assez vite, donc un bon point de ce côté là. Le navigateur internet, basé sur Webkit, est simple mais efficace, avec une page d’accueil qui tout bêtement celle de… Google ! On ne sera donc pas dépaysé. Détail sympathiques : il y a quelques marque-pages enregistrés par défaut, dont Le Monde, Wikipedia et le Projet Gutemberg, qui permettront de faire ses premiers pas avec les fonctions internet de l’appareil et d’apprécier le confort de lecture qu’il offre dans un monde de texte.

Bien entendu, j’ai aussi rapidement été voir du côté d’une librairie en ligne, ici chez Feedbooks, qui offre un large éventail d’œuvres anciennes et modernes, en français, en anglais, italien, allemand et espagnol. Le site fonctionne très bien : on peut rechercher de livres par mots clefs ou en feuilletant les catégories, télécharger des extraits (très bon point pour Feedbooks par rapport à d’autres librairies en ligne), et le rendu des couvertures ne pose pas de problèmes…  J’ai testé le téléchargement avec des textes du domaine public : un clic, et c’est fait. Le livre téléchargé est directement placé dans la bibliothèque et apparaît avec l’étiquette « nouveau » dans la liste des textes récents sur l’écran d’accueil.

Rebelote avec la partie « librairie » du site :  sans bavure. Et sans DRM non plus, du moins on peut choisir de rechercher uniquement dans cette catégorie. Aussitôt le livre sélectionné, on peut payer par carte bancaire et télécharger directement depuis le Cybook, sans passer par la connexion à un ordinateur. Je sens que c’est une fonctionnalité que je vais devoir me restreindre d’utiliser… 😉

Mais si on n’a pas envie d’aller directement sur internet, il est très facile de transférer des livrels depuis l’ordinateur. Il suffit de brancher via le port USB, et tout système d’exploitation honnête devrait être capable de reconnaître l’appareil. Sous Ubuntu, en tout cas, il a été tout de suite reconnu en tant que volume de stockage externe. Et on peut déplacer des fichiers directement depuis le disque dur, ou bien utiliser pour cela un logiciel de gestion d’ebooks. Je n’ai pas testé (et pour cause !) le gestionnaire de livres sous DRM, Adobe Digital Editions… En revanche, pour les livres non verrouillés, je conseille chaudement Calibre, qui est libre, gratuit, existe en plusieurs langues et s’adapte à Windows, Linux et Macintosh.

6) Ça alors, que des points positifs, alors ?

Holà, je n’ai pas dit ça. En fait, j’ai eu un certain mal au début avec l’écran tactile, notamment pour cliquer sur les liens internet et pour me servir du clavier. Mais, après quelques essais et erreurs (irritants, j’avoue), j’ai fini par l’apprivoiser.

Une chose que je commence à apprécier à force de fréquenter les appareils tactiles, c’est que chaque écran est particulier.

C’est clair, le feeling de cette liseuse à affichage E-Ink tactile est différent que celui d’un téléphone ou d’une tablette LCD ou OLED : c’est un toucher plus proche du plastique que de la vitre, par exemple. Et le temps de réaction, même s’il a été réduit par rapport aux anciennes liseuses, reste sensiblement plus lent. Ici, la vitesse de rafraîchissement de l’encre électronique est un facteur limitatif. Heureusement, c’est une chose qui se sent moins au cours de la lecture, plutôt pendant qu’on parcourt la bibliothèque ou les réglages et menus ! Reste que cela oblige à utiliser le clavier tactile plus lentement que sur un smartphone. Mais, bon, on ne se sert pas vraiment d’une liseuse pour consulter le trafic RATP ou envoyer un courriel urgent…

Donc, se concentrer un peu, et ça vient. Et puis il faut apprendre de nouveaux gestes : pincer pour zoomer sur l’écran du navigateur internet, par exemple, ou faire un quart de tour avec le bout des doigts pour changer l’orientation de l’affichage…

À ce propos, je conseille très fortement de consulter le manuel d’utilisation qui est dans la bibliothèque : c’est là qu’on a la réponse à « comment changer la taille de caractères », « comment changer l’orientation de l’écran », « comment organiser la bibliothèque en dossiers »… Les réglages possibles sont abondants, depuis le choix de la langue (là encore un point fort, on peut même avoir son Cybook en grec, en russe, et en chinois – classique et simplifié) pour l’interface jusqu’au rythme auquel est rafraîchi l’écran.

7) Ah, d’accord. Et c’est vraiment bien pour lire ?

Ben oui. J’ai déjà parlé de la finesse de l’affichage, on n’y reviendra pas, mais c’est apprécié. C’est très bien aussi pour ce qui est des contrastes. Il y a quelques reflets en lumière artificielle, mais rien de bien gênant à mon goût.

Chose sympathique, il y a une centaine de livres déjà chargés dans la machine, la plupart des extraits de bouquins récents, mais aussi quinze titres des éditions Bragelonne, un éditeur de science-fiction, fantasy et thrillers qui a le bon goût de publier des livrels sans DRM. Au menu : Pierre Pevel, Mélanie Fazi, Stephen Baxter, Gudule, Serge Brussolo, Ange… De quoi plonger tout de suite dans l’aventure.

Le déplacement à l’intérieur d’un livre se fait bien sûr à l’écran tactile, en effleurant pour faire défiler les pages ; soit à l’aide des boutons situés sur les bords, un à gauche, un à droite ; soit à l’aide de la table des matières à laquelle le bouton du bas, qui appelle le menu contextuel, donne accès. Outre l’orientation de l’écran, on peut changer la taille et la police de caractère dans les livres au format epub, ou zoomer en avant et en arrière dans les PDF : de quoi permettre aux presbytes de ne pas se fatiguer les yeux.

J’ai testé brièvement ce qui est désormais un must pour les liseuses, apparemment : l’éclairage intégré. Bon, honnêtement, cela me laisse de marbre. Mais si on n’aime que les écrans blanc papier, ou si on veut lire en faible lumière ambiante (et prendre plein de photons directement dans la rétine…), on peut régler ce fameux « Frontlight ». Avec 20 niveaux d’intensité, là encore on est gâtés.

Il y a d’autres fonctionnalités bien agréables : un dictionnaire français intégré, Le Nouveau Littré, auquel on accède en touchant le mot à consulter ; la possibilité de surligner des passages et de mettre des notes et des marque-pages.

(Tiens, à propos des notes : j’ai vu sur Twitter que certains avaient du mal à cliquer sur les appels de notes. En fait, là aussi, c’est une question d’habitude : la zone à toucher est petite, mais l’écran est sensible, donc il faut juste prendre le tour de main. Ou plutôt de doigt !)

Je pourrais parler aussi de la capacité de stockage de l’appareil : 2 gigaoctets, qu’on peut augmenter de 32 Go avec une carte mémoire MicroSD. De quoi transporter une bibliothèque de plusieurs milliers de titres, si on les a…

8) Bref… Vous m’en mettrez une douzaine ?

Oui, si on est lecteur de fond, et si on veut investir dans un appareil pour lire confortablement sans être distrait par une messagerie ou des réseaux sociaux, mais qu’on veut pouvoir chercher sur Wikipédia en cours de chapitre, ou annoter le texte : le Cybook Odyssey HD Frontlight de Bookeen est une bonne machine, qu’on tient comme un livre mais qui a un ordinateur dans le ventre.

Si en revanche vous voulez surtout surfer sur la Toile, envoyer des messages, fréquenter les réseaux sociaux, alors voyez plutôt du côté des tablettes !

De mon côté… je vous laisse, j’ai quelques livrels qui m’attendent au chaud dans la liseuse.

P.S. Pour les questions plus pointues, notamment les comparaisons avec d’autres appareils, j’ai posté dans un billet plus récent les liens vers des forums d’utilisateurs de liseuses ainsi que les rubriques de support technique de Bookeen.

__________

(1) Comme tous les autres ou presque, l’appareil est fabriqué en Chine. Mais conception en France. Voilà.

Pour rêver un peu: le livrel du futur? Epub 3, tablettes et interactivité.

Un avant-goût de ce que nous réserve l’avenir? Vidéo de démonstration d’un livre électronique interactif au format Epub 3, le très beau Kadath, guide de la cité inconnue, des éditions Mnémos. Une réalisation du studio Walrus (crédits musique: Jiminy Panoz).

Walrus Epub Demo#3 – Kadath from Walrus Books on Vimeo.

Source: ActuaLitté.

Bien sûr, il faudra pour tout cela une tablette (on comprend l’intérêt d’Apple pour l’Epub 3); ou une liseuse de nouvelle génération, capable d’afficher la couleur.

Ah, l’informatique! Même bouquiner devient une question de geeks

« L’Héritier du Tigre »: Un livre à télécharger légalement, ça vous dit?

Le mois dernier, en commençant la publication par épisodes de mon roman L’Héritier du Tigre (voir ici pour l’explication), j’avais promis qu’une fois le feuilleton achevé, je mettrais aussi en ligne le texte complet sous forme compatible avec les liseuses et autres tablettes numériques. Cela a finalement pris un peu plus de temps que je pensais, mais chose promise, chose due: on trouvera tous les liens ci-dessous!

Je tiens à remercier particulièrement Beranger, qui a montré son intérêt pour l’entreprise depuis le début, et à qui on doit une très bonne version epub du livre avec table des matières, prête à être chargée dans la tablette de votre choix. (C’est d’ailleurs cette version que j’ai utilisée pour préparer le fichier .mobi, compatible avec divers appareils, dont le Kindle.)

  • L’Héritier du Tigre, par Irène Delse: version .epub (509 ko)
  • Version Mobipocket/Kindle: .mobi (408 ko)
  • Format PDF imprimable: .PDF (1,2 Mo)
  • Texte seul: .txt (575 ko)
  • Texte enrichi: .RTF (1,4 Mo)
  • Format page web: .html (884 ko)

(Tous ces fichiers peuvent être téléchargés gratuitement sur Box.net. S’il y a un problème, merci de me contacter.)

Je rappelle que ce texte est publié sous la licence Creative Commons 3.0 NC-BY-SA (Attribution, Pas d’utilisation commerciale, Partage aux mêmes conditions) et qu’on peut donc le partager sans problèmes à condition évidemment de mentionner le nom de l’auteur, de garder les copies (et éventuellement les œuvres dérivées, soyons fous) sous le même régime juridique, et de ne pas essayer d’en tirer un profit commercial sans l’autorisation de l’auteure – c’est moi.

Et si d’aventure il se trouvait un éditeur intéressé, est-il besoin de dire que je l’écouterais, a priori, avec la plus grande attention?

Bonne lecture!

Message de service: fichiers, formats et feuilleton

On m’a fait remarquer, sur Twitter, que mon choix de suggérer l’utilitaire DotEpub aux lectrices et lecteurs voulant transférer les pages de ce blogue contenant les chapitres de L’Héritier du Tigre sur leur téléphone (ou liseuse, ou tablette) n’était pas forcément exempt de problèmes.

Quoi, quoi, il y a quelque chose d’imparfait en ce bas monde?

Personnellement, je ne suis pas actionnaire de DotEpub (hé!) et je ne l’ai conseillé que parce que je l’avais essayé moi-même et pu observer que cela marchait très bien pour des pages web classiques, pas trop longues et surtout ne contenant pas d’images volumineuses.

Je l’ai notamment testé sur les chapitres 1, 2 et 3 du feuilleton. (Ben oui.) L’avantage principal de DotEpub est qu’il s’inclut très simplement dans les navigateur Firefox (un très bon navigateur…) aussi bien que Chrome et Safari, et qu’il permet de produire à la volée des fichiers epub tout à fait présentables. Voir là-dessus un article de L’Actu des Ebooks.

(Remarque au passage: j’ai aussi testé DotEpub sur des pages plus complexes, de la longueur d’un roman complet par exemple, et avec des liens hypertextes internes. Et ça marche. Apparemment, le problème numéro 1, ce sont les images ou graphiques. Dans le cas présent, on est donc tranquilles.)

Après, c’est une question de choix personnel autant que de technique. On peut ne pas aimer rajouter des trucs dans son navigateur. On peut vouloir utiliser un autre navigateur, non compatible avec DotEpub. On veut pouvoir retravailler le fichier HTML avant de le convertir en epub, également.

Dans ce cas, le petit DotEpub est forcément peu utile. Mais il y a bien sûr d’autres possibilités pour passer de la page HTML au fichier epub. Et notamment le logiciel Calibre, que j’ai déjà eu l’occasion de recommander, et qui permet à peu près de tout faire avec des livres électroniques.

Gestion d’e-bibliothèque, conversion de fichiers HTML en .epub ou .mobi ou autre format… C’est un vrai couteau suisse.

Dernière précision: si pour l’instant je publie les chapitres un par un, ici, sous forme de billets du blogue, c’est d’une part pour tenter l’expérience de l’e-feuilleton; mais aussi parce que j’en profiter pour réviser légèrement le texte au fur et à mesure. On  trouve toujours des coquilles ou erreurs qui traînent ici et là…

Après, une fois les 24 chapitres en ligne, je n’exclus pas d’y rajouter le fichier du texte complet à télécharger. Et là se reposera la question des formats. Ainsi que des outils pour les manipuler.

Les tuyaux de l’écrivain: auto-édition électronique

Pour les auteurs (ou les petits éditeurs) qui voudraient prendre en main leur publication sous forme numérique mais se demandent si c’est seulement faisable, en pratique, je citerai ce message de Jean-Claude Dunyach sur la liste SFFranco:

La procédure pour fabriquer un livre électronique en format Epub est assez simple, si le fichier d’origine n’a pas une mise en page tarabiscotée (c’est le cas de la très grande majorité des romans ou recueils de nouvelles). Pour ceux que ça intéresse, l’explication détaillée figure sur le blog de Thierry Crouzet, ici:
http://blog.tcrouzet.com/2010/10/04/texte-vers-epub/

Sur le même blog, on trouve également des tas de conseils utiles pour mettre ses livres sur des plates-formes de téléchargement, genre Apple:
http://blog.tcrouzet.com/2010/09/10/comment-publier-su…
C’est l’occasion d’essayer, non ?

Que dire de plus? À part un retentissant: «Merci, les gars!»

Le livre numérique dans tous ses états, avec Hervé Le Crosnier

La formation permanente est sur la Toile, et ça décape! Si vous deviez ne visionner qu’une seule conférence vidéo sur le livre numérique cette année, que ce soit celle donnée le 21 juillet par Hervé Le Crosnier et mise en ligne par l’ADBS (association professionnelle de documentalistes):

Ancien bibliothécaire, maître de conférences à l’Université de Caen, où il enseigne les technologies de l’Internet et de la culture numérique, Hervé Le Crosnier est aussi éditeur. Il connaît donc bien tous les dessous de la «chaîne» du livre ainsi que son marché, aussi bien dans sa version imprimée que dans ses diverses déclinaisons numériques.

Attention, il y a sept segments, tous disponibles sur la chaîne DailyMotion de l’ADBS:

  1. L’objet «livre numérique» (ergonomie, fonctionnalités…);
  2. La chaîne du livre numérique (qui n’est ni celle du Web, ni celle de l’imprimé);
  3. L’économie globale (rentabilité, modèles économiques, etc.);
  4. Ergonomie et fabrication (les normes de fait et leur évolution);
  5. Questions-réponses 1, 2 et 3.

(Source: Aldus.)

Ce qui est passionnant avec le livre numérique, mais qui rend aussi le sujet casse-gueule, c’est qu’il pose à se reposer toutes les questions que l’on croyait fixées de toute éternité.

Une nouvelle technologie de lecture? C’était déjà le défi rencontré à la fin de l’Antiquité avec la lecture silencieuse! Et ne parlons pas de la lecture sur ordinateur. Comme le fait remarquer Le Crosnier, regardez ce que vous imprimiez il y a dix ans, et aujourd’hui…

Et puis, vient la question du mode de rémunération. La frontière est de plus en plus floue entre objet et service avec le livre numérique. Payer les livres au volume, au chapitre (retour du feuilleton?), par abonnement auprès d’un éditeur? D’une plate-forme (du genre Amazon ou Apple)? Par une redevance ajoutée à l’accès Internet? Tous ces modèles n’étant d’ailleurs pas mutuellement exclusifs.

Reste à se rappeler que même si le livre numérique fonctionne dans une économie de l’attention, le métier de lecteur n’est seulement celui de client, c’est aussi un prescripteur. Trop «protéger» un livre contre le piratage, c’est risquer de se priver de cette interaction.

La question du multimédia est bien sûr évoquée, mais plus intéressant, peut-être, du point de vue de l’amatrice de lecture invétérée que je suis, c’est la question de l’organisation de bibliothèque personnelle. La bibliothèque du futur pourrait bien être en ligne, annotable, partageable, accessible depuis n’importe quel point d’accès au réseau (ordinateur, tablette, téléphone), et hébergée sur le «nuage» de Google…

Eh oui, ce genre de service universel et gratuit (mais ouvert sur diverses formes de monétisation) existe déjà – et il s’appelle Google Books. Ce qui, il faut l’avouer, n’est pas vraiment une surprise.