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Avec Emmanuel Macron, pour gagner

En 2017, j’ai rejoint la campagne d’Emmanuel Macron entre les deux tours, sur les chapeaux de roues. Voir Marine Le Pen au second tour était dur à avaler, bien sûr, mais pas inattendu : on ne s’en souvient peut-être pas, mais elle était donnée en tête du premier tour par la plupart des sondages. Bref, ce n’était pas une surprise.

Non, le vrai choc pour moi avait été les premiers jours de l’entre-deux-tours, et ce qu’on appellerait le buzz autour de Le Pen : soudain, après des mois à dire que celui ou celle qui ferait face à l’extrême-droite l’emporterait automatiquement, les médias n’en avaient plus que pour la possibilité de voir Le Pen élue présidente. Et c’était toute une petite musique sur les électeurs de gauche qui resteraient chez eux, l’abstention qui battrait des records, mais aussi sur sa campagne « réussie » et son image « adoucie »… Cela ne vous rappelle rien ?

Nous savons tous ce qui s’est passé ensuite. Sur le moment, l’humeur n’était pas à épiloguer, mais à agir. L’équipe de marcheurs que j’ai rejointe pour faire du porte-à-porte et tracter sur les marchés avait une attitude confiante et lucide, pas arrogante. Surtout, l’une des consignes données aux nouveaux comme moi m’est restée en mémoire :

« Il faut faire voter pour notre candidat, pas contre l’adversaire ! »

Sages paroles, que la plupart des candidats de cette élection-ci auraient pu utilement méditer, en particulier les candidates du PS et des Républicains, qui se sont évertuées à se positionner contre le président sortant au lieu d’avoir un discours positif sur leur propre candidature. Elles n’en seraient sans doute pas là.

Certes, démonter les idées toxiques des extrémistes et dénoncer les dangers que ferait courir au pays leur politique est important, mais ça suffit pas à bâtir un projet alternatif. Et on a bien besoin, surtout dans ce contexte de tensions tous azimuts, de se retrouver autour de projets constructifs !

La candidature d’Emmanuel Macron en 2022, c’est à la fois un bilan solide, et un projet ambitieux mais cohérent. En prime, un enthousiasme non entamé, malgré ces 5 ans parfois très mouvementés. Je ne résiste pas au plaisir de mettre ici cet extrait du meeting de La Défense Arena le 2 avril :

Emmanuel Macron à Paris La Défense Arena, le 2 avril 2022

Un bilan, disais-je. Je ne reviendrai pas sur celui de la pandémie, dont le président n’a pas à rougir : la campagne de vaccination, le « quoi qu’il en coûte » qui a permis à l’économie de repartir vite et fort, l’école qui est restée ouverte autant que possible, le Ségur de la santé… Cela semble aujourd’hui une évidence, mais encore fallait-il avoir la lucidité et le courage de faire ces choix.

Et puis il y a l’autre grande réussite de ce quinquennat : le front de l’emploi et de la réindustrialisation. Emmanuel Macron a montré depuis 2017 que non, on n’avait pas tout essayé depuis 30 ans. Les réformes introduites dès le début de son mandat : défiscalisation des heures supplémentaires, réforme de l’ISF (devenu IFI, et touchant la fortune immobilière et non plus les parts d’entreprises), ont donné un coup de fouet aux entreprises, ramené en France des capitaux qui fuyaient. Une politique volontariste de soutien à l’activité économique, dans la tech mais aussi dans l’industrie en général, a peu à peu permis de retisser un avenir pour les territoires sinistrés.

Car c’est ce qu’expliquait un passionnant article de Jean-Noël Barrot dans les Échos  au moins de mars : la politique d’Emmanuel Macron, loin de se contenter de faire monter le niveau général de l’emploi, ce qui aurait déjà été une avancée, a investi de préférence dans les bassins d’emplois les moins favorisés, les plus désindustrialisés. De l’Aude à la Seine-Saint-Denis en passant par la Martinique, ce sont les départements où il y a le plus fort taux de pauvreté qui ont le plus vu l’emploi progresser.

C’est donc à la fracture territoriale que s’est attaqué le président Macron, et il a montré que là non plus, il n’y a pas de fatalité, la cassure entre métropoles et périphéries n’est pas insurmontable.

Emmanuel Macron est aussi celui qui aura le plus dépensé pour soutenir le niveau de vie des ménages pauvres et modestes, d’après Julien Damon, sociologue. Et pas seulement pendant le Covid. Revalorisation du minimum vieillesse et de l’allocation adulte handicapé, suppression de la taxe d’habitation, prime d’activité… Des mesures qui ont donné de l’oxygène à ceux et celles qui en ont le plus besoin.

Les nouveaux chantiers du président candidat vont dans le même sens : son programme est articulé autour de cette question de l’emploi et du pouvoir d’achat. Une France créative et productive, qui se projette dans l’avenir au lieu de régresser en contemplant un passé mythifié, c’est cela le projet d’Emmanuel Macron pour les cinq années à venir. Et dans le contexte actuel, cela fait du bien de se dire qu’on a à la barre quelqu’un qui a montré qu’il savait faire face aux chocs, sans perdre de vue les grandes orientations de son programme.

Les #fakenews, la taxe d’habitation et le stagiaire de #BFMTV

Statue en bronze du dieu Mercure

Mercure, dieu du commerce et des voleurs, est-il aussi celui de la désinformation économique ? (Crédit : Mallowtek)

Dans cette folle campagne présidentielle, on a entendu beaucoup d’arguments foireux, et c’est parti pour faire de même aux législatives. La vigilance est de mise ! Car c’est une chose de perdre si les gens ne veulent pas de vous ou de votre projet ; mais perdre des votes pour du vent, de l’intox, du pur fantasme, ça va trop loin.

J’ai appris incidemment, en bavardant avec mon médecin, l’une des sources d’une déformation tenace sur le programme économique d’Emmanuel MacronBFMTV​ Économie. Je lui parlais d’un collègue qui était effrayé par la perspective d’une exonération de la taxe d’habitation pour 80% des ménages. Il croyait dur comme fer que pour financer ça, l’impôt des 20% restants allait être doublé ou triplé… Comme si le budget des collectivités locales, auquel est versée cette taxe, n’avait qu’une seule source de revenus ! Le programme du candidat, publié sur le site d’En Marche !, parlait pourtant de la contribution versée par l’État aux collectivités en compensation de cet impôt. Et l’État s’arrange pour avoir d’autres sources de revenus, notamment la CSG, impôt le plus juste car le mieux réparti. Peine perdue.

C’est là que mon toubib a révélé que lui aussi était tombé dans le panneau…

« Mais ils en ont parlé sur BFM Éco ! Ça fait quand même un gros manque à gagner, la taxe d’habitation, c’est énorme ! »

Ouille, ouille. Ce n’est pas parce qu’il y a « Économie » dedans que les gens savent de quoi ils parlent ! Et surtout qu’ils ont un minimum de déontologie. Ici, la seule explication que je vois, c’est que les chroniqueurs de BFMTV ont essayé de spéculer sur ce que ferait Macron s’il était élu, et qu’avec leurs préjugés habituels envers un ancien ministre d’un gouvernement d’un gouvernement de gauche, ils en ont conclu qu’il voudrait imposer à outrance tous ceux qui ont un peu de bien au soleil. Que ce soit un épouvantail sorti de leur imagination ne l’a pas effleuré, pas plus que mon collègue. Ils ne semblent pas avoir intégré que les médias ont des biais – et pas seulement les médias que lisent ou écoutent les autres…

Enfin, même si on est porté à croire le scénario BFMTV​, un minimum de connaissances et d’esprit critique aurait dû faire écarter cette histoire de hausse vertigineuse de la taxe d’habitation. D’abord parce que c’est un impôt qui ne rapporte pas beaucoup, surtout comparé à ce qu’il coûte à mettre en œuvre. Pour l’année 2009, par exemple, la TH représentait 16,5 millions d’euros – dix fois moins environ que la TVA, six fois moins que la CSG. Pas de quoi déclencher une révolution en augmentant brutalement le barème !

Et puis qui dit taxe d’habitation dit fiscalité locale : ce sont les communautés territoriales, bref communes, agglomérations, départements et régions, qui votent les taux. Et eux non plus n’ont pas intérêt à maltraiter leurs administrés. Avec la réforme proposée, ces communautés auront plutôt à cœur de négocier judicieusement avec l’État, puisque c’est lui qui remplacera le manque à gagner.

Après, on peut discuter des inconvénients pour les communautés en question, bien sûr, ou de la justification de ce 20% restant qui continue à payer la taxe. Mais au moins, on parlera de choses réelles, pas de la politique du #stagiairedeBFMTV.