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Chers amis écolos politiques, si vous vous informiez un peu, d’abord?

Je râle. Je rage. Il y a des gens très bien, dans la grande famille (dysfonctionnelle, certes, comme toutes les vraies familles…) de l’écologie politique. J’admire le courage, l’intégrité et le franc-parler d’Eva Joly. Fille de (quasi) soixante-huitards, je garde toujours un peu de tendresse pour Dany le Vert, malgré ses errances droito-gaucho-libéralo-quelquechose…

Mais quand on lit des choses comme: «En France, il n’y a plus de taudis» (Eva Joly, dans le mensuel Rue89), au mépris de la plus élémentaire des réalités…

Ou quand Daniel Cohn-Bendit déclare à France Inter que l’immigration est «un problème» et qu’il faudrait s’inspirer de la politique de «Tolérance Zéro» initiée par le maire de New York, Rudolf Giuliani – sans préciser que les États-Unis ont surtout déplacé le problème avec cette méthode, et rempli les prisons à tel point que près d’un Américain sur cent est hébergé dans le système carcéral, avec (tiens donc!) un pourcentage particulièrement élevé chez les minorités ethniques, et que certains, y compris aux USA, s’inquiètent du poids économique de ce secteur sur la justice américaine…

On se demande quelle mouche verte les a piqués.

Et bien sûr, jusqu’où les Verts et Europe Écologie comptent aller sans quelques sérieuses séances de rattrapage sur le thème des réalités sociales. Juste une suggestion, hein. Ça peut toujours servir.

La vie qui en vaut la peine, selon Pierre Rabhi

Je ne suivrai pas totalement Pierre Rabhi dans son analyse de la fragilité de notre civilisation et son concept de «sobriété heureuse» (cf. l’entretien avec Rue89 du 24/07/2010 et le livre publié récemment chez Actes Sud). N’empêche que l’inspirateur de l’association Terre & Humanisme et du Mouvement des Oasis en tous lieux a certaines choses importantes à nous dire.

Comme cette réponse à la question: «Que dites-vous aux chefs d’entreprises qui vous sollicitent pour des conférences?»

Le Medef m’invitait à réfléchir sur la question de savoir s’il existe une vie après la mort, mais je m’en fiche. Moi, ce qui m’intéresse c’est ce qui existe pendant que je suis vivant, s’il existe une vie AVANT la mort.

Quand on y pense, en effet, c’est simple. Et c’est de là que tout découle.

Dis, maman, d’où il vient, le pétrole ?

(Inspiré par Fake Science et cet article (twitté par @biblioroots)… Certains jours, on n’a pas envie d’habiter la planète Terre, croyez-moi.)

Mes chers petits, c’est un processus à la fois très simple et très compliqué.

D’abord, les compagnies pétrolières vont extraire cette petra oleum de l’écorce terrestre, sous l’océan. C’est très difficile, et très cher, et c’est pourquoi on y investit beaucoup d’argent. Un peu de cet argent sert à aider les gouvernements à se souvenir de donner l’autorisation de forer aux entreprises, évidemment.

Ensuite, les compagnies pétrolières s’arrangent pour mettre le plus de pétrole possible dans l’eau, mais cette fois en surface, car cela rapproche le pétrole des consommateurs, ce qui est très important. Il y a plusieurs méthodes possibles : casser un bateau de pétrole sur les rochers, par exemple. Mais si on veut maximiser la quantité de pétrole répandu, une fuite dans le puits est bien mieux. Plus c’est profond, plus c’est difficile à réparer, donc plus longtemps cela durera.

L’étape suivante consiste à laisser faire la nature, et les courants, qui font circuler tout ce pétrole à la surface de l’eau, pour en faire profiter les animaux marins, les oiseaux, le plancton, les pêcheurs et même les écosystèmes du rivage. Il y en a pour tout le monde.

Enfin, il ne reste plus qu’à envoyer des tas de gens au bord de la mer, et autour du puits de pétrole, pour récolter les tonnes et les tonnes d’hydrocarbures ainsi libérées. C’est l’occasion d’une merveilleuse communion entre des gens très différents, tant volontaires qu’employés du génie civil, travailleurs de l’industrie pétrolière et activistes écologistes – mais tous unis pour bâtir autour de ce riche pétrole un avenir riant.

Attention, toutefois, au cas où votre zone pétrolifère hébergerait aussi un ou deux Grands Anciens du type Cthulhu. Ces monstres aquatiques ne sont pas, mais alors pas du tout accommodants.