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Si, si, le gouvernement a changé… de bouc émissaire!

Les affaires? Quelles affaires? Vite, regardez plutôt ce beau Tour avec des coureurs presque pas dopés! Et ces histoires d’in-sé-cu-rit-é? Ça plaît toujours, ça, l’insécurité. La preuve, le préz’ et sa famiglia politique enfourchent ce dada plusieurs fois par an depuis son élection – comme si elle n’avait servi à rien, puisque c’était déjà l’alpha et l’oméga de sa campagne.

Nooon? On nous aurait menti?

Ah, le sécuritarisme! C’est bien pratique, mais pas question de se pencher sur des questions qui pourraient déboucher sur une remise en cause de la politique actuelle, hein! Du genre, le non-remplacement de départs à la retraite dans les forces de l’ordre, le sacrifice de la gendarmerie (et de sa culture de «police de proximité») pour des questions de rentabilité, la valse des préfets depuis 2007, ou encore des économies faites sur le dos de l’école, des associations d’insertion…

Non, les problèmes concrets et leur résolution, c’est ringard! Place à cette pièce de choix de la com’ sarkozyste: le bouc émissaire ethnique.

Et comme la ficelle du trop vague jeune-de-banlieue devient un peu usée, comme taper sur les Noirs ou les Arabes est trop manifestement raciste, il suffit de changer un peu de cible. Et voilà: l’ennemi, à présent (puisqu’il paraît que c’est une «guerre»…), ce sont ces moutons noirs de «gens du voyage», ou encore les Roms, puisque le préz’, qui prétend sans rire ne pas vouloir stigmatiser une communauté, emploie les deux termes indifféremment. Alors même que la plupart de ces gens du voyage (c’est une catégorie administrative) ne sont pas roms, et que seule une minorité des Roms de France vivent de façon nomade.

C’est facile, de montrer du doigt, quand votre vision du monde est aussi simpliste.

Tout juste s’il admet du bout des lèvres que ces nouveaux objets de son ressentiment sont «parfois même français»… Aaah, oui, mais c’est qu’il y a les bons et les mauvais Français; et les mauvais ont généralement la réputation de venir d’ailleurs et de ne pas être attachés à la terre (celle qui ne ment pas). Ce n’est pas not’ bon Maréchal qui aurait dit le contraire.

Mais il faut croire que le préz’ connaît bien ses Français: sur la Toile, à peine l’ennemi désigné, voilà que les trolls racistes débarquent avec leurs gros clichés pour envahir les commentaires du moindre billet évoquant avec sympathie les Gitans ou les gens du voyage!

Évidemment, c’était le but de l’opération. Car pendant ce temps-là, on ne parle plus (trop) des millions versés à Liliane Bettencourt aux frais du contribuable; ni des emberlificotages de Woerth, du juge Courroye et des autres dans les conflits d’intérêt. On évite d’évoquer le coup des sous-marins vendus à la Malaisie, délicat mélange de corruption et de subvention aux frais du contribuable (merci encore!) de notre belle industrie d’armement que le monde envie.

Et bien entendu, silence dans les rangs sur les morts de Karachi et les liens avec le financement d’une campagne RPR anti-Chirac en 1995…

L’affaire Bettencourt pour les nuls

Décidément, l’affaire Woerth/Bettencourt/Sarkozy (n’en jetez plus), c’est formidable. On y redécouvre le B.A. Ba de la politique: ben oui, la droite a plus d’argent que la gauche, parce qu’elle fait la politique des riches, qui ne se font pas prier pour la financer. Et @rrêt sur images, qui fait décidément bien les choses, a mis en accès libre ses deux dernières émissions (1 h chaque environ). Pour les ceusses qui veulent tout comprendre.

Si vous avez manqué un épisode, je recommande la lecture du résumé dans Partageons mon avis de dimanche. «C’est l’histoire d’une affaire», en effet. Et les scénarios qui en découlent ne sont pas hyper-encourageants.

Personnellement, cette déjà interminable fin de règne de Nic-la-Palisse sent furieusement le revenez-y des années Giscard. Un monde que les trentagénaires ne peuvent pas connaître: les affaires à tiroirs (pleins d’enveloppes aujourd’hui, naguère de diamants), la mainmise même pas discrète du pouvoir sur l’audio-visuel public, et jusqu’à la rhétorique incandescente des polémistes du RPR… oh, pardon, de l’UMP! Il y a trente ans, le mot-clef était «socialo-communistes» (et rappelez-vous, c’était du temps où l’Union soviétique n’avait pas encore rejoint la liste des espèces disparues). Aujourd’hui, le must, c’est une valeur sûre: trotskyste, voire trotsko-fachiste. Faut pas se gêner. Surtout si c’est pour taper sur la presse du Net, hein…

On vit vraiment une époque passionnante. Et pour certains, enrichissante.