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Contre le Sarkozistan, un petit Huron… et un gros succès Internet

Il y a un petit livre qui fait des vagues dans la Sarkofrance – ou « Sarkozistan », comme les habitués des éditos de Daniel Schneidermann doivent en avoir l’habitude – et devient mine de rien un succès public malgré le fait qu’il soit publié anonymement et auto-édité grâce à un prestataire uniquement établi sur la place d’Internet, j’ai nommé LePublieur.com.

Mieux: on dirait que les chroniqueurs littéraires en place commencent eux aussi à s’y intéresser! Voir par exemple ce billet de Pierre Assouline sur ces « Souvenirs effarés d’un Huron de retour du Sarkozistan ».

With a little help from my friends… online? Tiens, tiens.

Et il est intéressant qu’un livre qui décortique au scalpel les compromissions, copinages et autres liaisons dangereuses entre pouvoir et médias (sans parler du mélange des genres affaires privées/vie publique, ou intérêts économiques et pouvoir politique…) n’ait pas été publié, par choix de son auteur, chez un éditeur « normal ». Mais que ce soit au réseau, ce seul « ennemi » contre lequel le pouvoir n’ait « pas trouvé de discours convaincant ni de parade efficace » que l’ouvrage ait été confié.

Avec déjà 13000 exemplaires vendus, sans la presse ni les librairies. Vous avez dit alternative? Hmm.

Les tuyaux de l’écrivain: auto-édition électronique

Pour les auteurs (ou les petits éditeurs) qui voudraient prendre en main leur publication sous forme numérique mais se demandent si c’est seulement faisable, en pratique, je citerai ce message de Jean-Claude Dunyach sur la liste SFFranco:

La procédure pour fabriquer un livre électronique en format Epub est assez simple, si le fichier d’origine n’a pas une mise en page tarabiscotée (c’est le cas de la très grande majorité des romans ou recueils de nouvelles). Pour ceux que ça intéresse, l’explication détaillée figure sur le blog de Thierry Crouzet, ici:
http://blog.tcrouzet.com/2010/10/04/texte-vers-epub/

Sur le même blog, on trouve également des tas de conseils utiles pour mettre ses livres sur des plates-formes de téléchargement, genre Apple:
http://blog.tcrouzet.com/2010/09/10/comment-publier-su…
C’est l’occasion d’essayer, non ?

Que dire de plus? À part un retentissant: «Merci, les gars!»

Publier son livre numérique sans DRM avec Smashwords

Découvert au détour de Twitter, grâce à un message du blogueur philippin et passionné de science-fiction Charles A. Tan : c’est Smashwords, un site qui permet aux auteurs, mais aussi à de petits éditeurs, de publier des livres numériques et de les vendre sur Internet.

Précisons que le site est en anglais, mais permet aussi de publier dans d’autres langues. Avis aux francophones…

Le principe est un peu le même que celui de Lulu ou The Book Edition : une plate-forme d’auto-publication qui permet à M. et Mme Tout-le-monde de mettre en ligne leurs œuvres sans investissement de départ et sans apprendre la PAO.

Comment ça marche ?

  1. Vous avez un texte sur lequel vous possédez les droits de reproduction (ça va sans dire, j’espère…) et que vous voulez publier.
  2. Vous créez un compte Smashwords gratuitement.
  3. Vous préparez un fichier au format Microsoft Word en suivant les conseils du manuel (gratuit aussi) The Smashword Style Guide.
  4. Vous le transférez sur leur site (« upload », quoi) et remplissez les diverses rubriques – titre, résumé, genre, etc.
  5. Vous choisissez le prix de vente (l’option « gratuit » est disponible) et le ou les formats numériques sous lesquels vous voulez voir votre livre publié (PDF, Kindle, etc.).
  6. Le moteur de numérisation de Smashwords tourne.
  7. Une fois que c’est terminé, vous vérifiez et approuvez le résultat.
  8. Il ne reste plus qu’à attendre l’acheteur.

Et voilà. Votre livre numérique, ou e-book, ou livrel, est disponible à la vente publique ! Vous êtes un auteur du XXIe siècle !

En option, on peut choisir de mettre en vente le titre non seulement sur le site de Smashwords, mais aussi chez d’autres revendeurs en ligne, dont Sony et Barnes & Noble, avec qui Smashwords a signé un partenariat. Sont également annoncés pour bientôt Apple (iPad, mon bel iPad…) et Amazon.

Évidemment, pour les ventes effectuées par l’intermédiaire de tiers, il y a des frais supplémentaires : à la commission prélevée par Smashwords (15%) s’ajoute celle du vendeur partenaire, qui peut monter jusqu’à 50% pour des poids-lourds comme Sony ou B&N. L’auteur touche dans ce cas environ 1/3 du prix de vente au public, alors que pour une vente directe sur le site de Smashwords, c’est 85%. À chacun de décider si le surcroît de visibilité ainsi offert justifie de leur abandonner la part du lion.

Reste un gros bémol, pour les auteurs qui sont situés hors des États-Unis (comme la majorité de mes lecteurs, j’imagine) : si on vend son livre sur Smashwords et ses partenaires, il faut remplir un formulaire d’enregistrement auprès de l’IRS, le fisc américain. Sans quoi, Smashwords ne peut vous verser vos royalties.

À mon avis, à moins de vraiment vouloir devenir auto-entrepreneur, mieux vaut s’abstenir.

Mais, bon. À tout le moins, il faut noter que tout cela se fait sans vous infliger, ni à vos lecteurs, le moindre verrou numérique. Quand on sait que les DRM rendent les produits numériques plus chers et moins faciles à utiliser, on appréciera.

Personnellement, je ne pense pas utiliser Smashwords pour vendre des livres numériques, du moins dans un avenir prévisible. (Pour cela, voir plutôt Babelpocket.) Mais comme plate-forme de re-publication et promotion de textes que je mets déjà gratuitement à la disposition du public sous licence Creative Commons, et en parallèle avec Feedbooks, pourquoi pas ?