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En passant

What a weird orwellian world we live in: for no known reason, the Photoshop artists at Apple deleted the image of a galaxy in the astronomical photo they used as the default desktop wallpaper in Macintosh OS X Lion… Now … Lire la suite

Les tuyaux de l’écrivain: auto-édition électronique

Pour les auteurs (ou les petits éditeurs) qui voudraient prendre en main leur publication sous forme numérique mais se demandent si c’est seulement faisable, en pratique, je citerai ce message de Jean-Claude Dunyach sur la liste SFFranco:

La procédure pour fabriquer un livre électronique en format Epub est assez simple, si le fichier d’origine n’a pas une mise en page tarabiscotée (c’est le cas de la très grande majorité des romans ou recueils de nouvelles). Pour ceux que ça intéresse, l’explication détaillée figure sur le blog de Thierry Crouzet, ici:
http://blog.tcrouzet.com/2010/10/04/texte-vers-epub/

Sur le même blog, on trouve également des tas de conseils utiles pour mettre ses livres sur des plates-formes de téléchargement, genre Apple:
http://blog.tcrouzet.com/2010/09/10/comment-publier-su…
C’est l’occasion d’essayer, non ?

Que dire de plus? À part un retentissant: «Merci, les gars!»

La boutique Apple et les filles d’Ève

Allons bon, je vais encore taper sur la firme à la pomme… Et dire que je n’utilise même pas les produits Apple! En revanche, j’ai récemment aidé une copine à passer de Windows à Mac OS X, et ça m’a donné l’occasion d’entrer dans une boutique estampillé du logo au fruit défendu.

Donc, l’autre jour, nous entreprenions de remédier au fait qu’il n’y a que deux ports USB sur le MacBook tout neuf (ben oui, pour faire du design élégant, faut faire des concessions ailleurs) en allant chercher un hub, pardon, un concentrateur tout neuf à la boutique Apple du quartier. Car il y a une boutique Apple dans le quartier de ladite copine, avenue Parmentier. Je connais des gens bien, faut pas croire.

Une fois entrées, nous avons failli sortir très vite. Je m’approche du comptoir, dis au jeune homme qu’il me faut un hub USB… Lui, sans barguigner, prend une boîte et commence à taper la facture!

Heu, oh! Mon cher, ne me dites pas qu’il n’y a qu’un seul modèle? Et d’abord, quel est le prix? Un peu de politesse avec les clientes, voire d’explications, ce ne serait pas du luxe, non? Ben, on dirait que c’en est. Nous avons fini par lui extorquer l’information que oui, il y avait plusieurs modèles, mais que non, si nous avions besoin d’un concentrateur avec alimentation externe (pour y brancher une imprimante, par exemple), c’était le seul disponible, et que cela ferait 25,00 € tout rond.

Le plus exaspérant, c’est que le brave gars n’a pas semblé réaliser qu’il nous traitait avec légèreté, voire condescendance.

Mais je n’irai pas jeter la pierre uniquement aux employés de la galaxie Apple. Des femmes dans un magasin informatique? Bah, elles ne doivent pas s’y connaître beaucoup, hein, donc pourquoi compliquer les choses en leur donnant des détails techniques? Voire même en leur confiant le soin de choisir par elles-mêmes entre plusieurs possibilités…

Ce genre de préjugés est assez répandu, et pas que chez Apple. (Même si la réputation de convivialité de la marque devrait au contraire sensibiliser ses promoteurs à l’accueil de ceux et celles qui ne s’y connaissent pas… Vous avez dit logique?) C’est pourquoi les naïfs, ou les roublards, qui prétendent que l’égalité entre hommes et femmes «fait partie de nos traditions» – par rapport à d’autres traditions «pas de chez nous», forcément – me donnent férocement envie de ricaner.

La liberté d’expression, oui… Sauf si vous offensez mes sensibilités

Il y a toujours des gens pour applaudir à la censure des discours ou des œuvres qui les mettent mal à l’aise. Oh, certes, ils se pensent sincèrement démocrates et défenseurs de la liberté d’expression… Mais seulement si cela n’offense pas leurs sensibilités. Là, soudain, des barrières tombent.

Témoin cette étonnante sortie d’un blogueur et twitteur catholique, @lechafouin, qui avoue tranquillement préférer l’excès de censure à l’excès de licence.

Le contexte: Apple, par la voix de son PDG Steve Jobs, promet de garder l’iPhone pur de toute «pornographie», quitte à faire passer à la trappe (du moins dans un premier temps: là comme souvent, Apple a fini par rétropédaler, très sensible à la mauvaise publicité…) des œuvres qui n’ont rien de «pornographique» mais peuvent présenter des images de nu, comme certaine adaptation en bande dessinée d’Ulysse de James Joyce…

Le «devoir moral» ainsi claironné par Apple est surtout un positionnement stratégique. On ne fait pas fonctionner une telle entreprise sur des bases idéalistes.

Et le côté visionnaire bien connu de Jobs se double, il ne faut pas l’oublier, d’une bonne dose de pragmatisme. En 2007, il décrétait que les tablettes de lecture n’avaient pas d’avenir. Et en 2010, Apple sort l’iPad. Que s’est-il passé? L’émergence d’un nouveau marché, tout simplement. (Je pourrais aussi parler des tentatives pour sortir prématurément un ordinateur personnel sans lecteur de disquette, avec l’iMac, qui se sont soldées par… La mise en vente de lecteurs de disquettes externes pour iMac. Le client est roi.)

Ceci pour dire, brièvement, que la main sur le cœur du cher Steve, lorsqu’il promet de protéger l’iPhone de tout ce qui pourrait choquer un public «familial», doit être prise avec un certain grain de sel.

Mais entre temps, divers défenseurs des valeurs religieuses applaudissent. Pas de porno sur Apple, voilà qui est moral, au moins! Et si on doit censurer au passage quelques figures de nu artistique, eh bien, tant pis, on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs.

Passons sur cette mentalité où la fin justifie les moyens, et que je ne trouve pas, moi, très catholique…

Mais ce qui est le plus embêtant, au fond, du point de vue intellectuel, c’est l’incapacité de ce blogueur et de ses pairs à se dégager de leurs réflexes. Telle chose me gêne, ou cela ne correspond pas à ce que je considère comme moral? Brrr! Empêchons les autres de voir cela! Du moins, barrons l’accès aux plates-formes les plus populaires, c’est déjà ça de gagné.

On remarquera que les islamistes qui vocifèrent contre la moindre représentation de Mahomet ne procèdent pas autrement: horreur, malheur, cela nous offense! Ôtez vos blasphèmes de devant nos yeux!

Cachez cette App que je ne saurais voir?

Mais dans ce cas, mes bons amis, vous devriez songez à changer d’affiliation politique. Si, pour vous, la liberté d’expression n’est valable que si vous n’êtes pas choqués, c’est qu’au fond vous n’êtes pas démocrates. Vous refusez de garantir aux autres le droit de décider de ce qui est bon pour eux.

C’est là que le bât blesse. Et, chose révélatrice, les arguments pour défendre cette position ne sont pas de grande qualité.

Comme souvent, @lechafouin en est réduit à des sophismes ou arguments fallacieux: «La pornographie n’est pas un droit de l’homme» – comme si c’était la question. Le droit d’un citoyen adulte de ne pas être traité comme un mineur par ceux qui croient savoir ce qui est bon pour lui, voilà ce qu’il est nécessaire de défendre.

Cela m’ennuie un peu de citer Neil Gaiman (qui, tout grand écrivain qu’il soit, n’est pas très franc concernant ses liens avec certaine secte… mais laissons lui le bénéfice du doute), surtout que le texte est en anglais. Mais je pense que la meilleure plaidoirie pour le refus d’une censure moralisante est son texte de 2008: «Why defend freedom of icky speech?»

«Pourquoi défendre la liberté d’expression de ce qui nous écœure?»

Parce que si je définis, moi, ce qui constitue le domaine écœurant, vous ne serez pas forcément d’accord là-dessus. Et vice-versa. Vous connaissez sans doute l’adage la pornographie, c’est l’érotisme des autres? Et celui à propos des gens qui n’ont pas d’indulgence pour les vices qui ne les tentent pas

Certaines questions sont certes plus faciles à régler que d’autres. Si je décrète que les photos de sexe avec des enfants, par exemple, sont à proscrire, vous serez probablement d’accord – mais parce que pour obtenir ces images, il a bien fallu faire subir à de vrais enfants des pratiques absolument pas de leur âge, et qui ne peuvent que leur faire du mal, physiquement ou psychologiquement ou les deux!

Si je décrète que les photos d’adultes en train de pratiquer des actes sexuels sont interdites, vous serez peut-être d’accord si vous concevez que les «acteurs» du porno sont hélas souvent des gens exploités, poussés par la pauvreté ou l’addiction ou autre situation qui les rend vulnérable.

Mais si je dis que les dessins et animations mettant en scène des nus et du sexe sont interdites…

Si vous y réfléchissez, vous me direz: de quel droit? En vertu de quoi? À qui cela cause-t-il du tort? Et pourquoi m’imposez-vous votre conception de la moralité, vos valeurs religieuses ou traditionnelles – qui sait, votre malaise avec la sexualité, peut-être!

Vous voyez où mènent ce genre de réflexions.

Dans l’article que j’ai mis en lien, Neil Gaiman donne des exemples concrets tirés de son expérience. Il évoque une bande dessinée dont il était scénariste, et qui était une adaptation réaliste de l’Ancien Testament. Il y a eu des gens, aux États-Unis, pour demander son interdiction au motif que c’était de la «pornographie»: malheureusement pour eux, il s’est avéré que les passages «choquants» étaient pris tels quels dans le texte biblique!

C’était des histoires telles que celle des gens de Sodome et Gomorrhe qui voulaient violer les messagers divins parce qu’ils étaient tellement beaux; et du pieux Lot qui leur donne en échange l’une de ses filles, pour qu’ils en fassent ce qu’ils veulent. Authentique.

Vous voyez comme, dès que l’on s’éloigne de quelques cas bien précis où il y a exploitation réelle d’êtres humains, le champ est vaste pour commettre avec la prétendue «pornographie» des crimes sans victimes…

Oh, mais ce n’est «pas un droit de l’homme», s’écrient les moralistes, croyant tenir là une carte imparable!

Hem. Vous savez quoi?

Le droit de ne pas être offensé n’en constitue pas un non plus. À vous d’y songer.

L’athéisme et le scepticisme appliqués à Apple

Avertissement sans frais

Certaines opinions exprimées ci-dessous risquent de choquer les croyants sincères. Mais vous préférez sûrement que je respecte vos facultés de raisonnement logique, et pas juste votre foi en telle ou telle icône médiatico-informatique ?

Hmm ?

Ceci dit, procédons plus avant.

* * *

C’est fou comme certaines tendances ont la vie dure. Parlez sur un blougue de sujets liés au féminisme ou à l’oppression des femmes et, rapidement, voilà que des mecs rappliquent avec un grand cri de : « Mais les hommes ont des problèèèèmes aussiiii » ! Ça ne rate jamais.

De même, parlez sur un blougue de logiciels libres, de plate-formes et/ou formats ouverts, et voilà que les fans d’Apple ou de Microsoft rappliquent avec un grand cri de : « Mais iTruc / Windows N… sont de bons produits aussiiii » !

Hé, sans doute. Je veux bien vous croire. Et vos anecdotes sont bien sympathiques. Qu’importe si la plupart du temps, elles sont essentiellement tautologiques : ce sont des témoignages d’utilisateurs qui aiment les gadgets électroniques qu’ils ont adoptés. Voui, voui. Et pourquoi ils les ont adoptés ? Parce que cela correspondait à leurs besoins en matière d’électronique et de gadgets. Tiens, donc.

Mais au fait, qu’est-ce ces historiettes apportent à des gens qui n’ont pas les mêmes besoins en la matière, pas les mêmes habitudes de travail, goûts esthétiques, expérience, patience avec l’informatique, nécessités professionnelles, base installée, etc. ?

Heu…

Pas lourd.

Mais on avait bien dit qu’il s’agissait d’anecdotes, pas vrai ?

* * *

Et puisqu’il se trouve que cette fois-ci, c’est un fan d’Apple qui a détourné mon dernier billet sur une offre de liseuses électroniques sans pomme, essayons de poursuivre plus loin l’analogie, pour voir.

Une chose qui m’amuse, et qui revient souvent dans l’argumentaire de ce genre de fans, ce sont des affirmations du genre « nous libérer de la tyrannie de X… » (Microsoft, Adobe, Google : choisissez. Apple est le challenger multicartes, c’est bien connu.)

Fort bien. Mais si c’est pour tomber dans la dépendance à Apple, où est l’avantage ?

Y a-t-il de « bonnes » dictatures ? Pourquoi faut-il que Steve Jobs en personne intervienne pour modérer les rigueurs de la politique maison d’Apple en matière de ce qui est acceptable dans l’App Store ou pas ?

Hum. Autant demander pourquoi, dans l’ancien régime, on présentait au roy des placets pour lui demander d’atténuer les rigueurs de sa propre justice. Ou pourquoi c’est le Pape, dans l’Église catholique, qui a le dernier mot sur la possibilité ou non pour les cathos d’accepter l’évolution.

* * *

Tiens, au fait, puisque Jésus est revenu d’entre les morts pour diriger Apple… Posons-nous quelques questions supplémentaires. Rien n’est sacré.

Lors de la sortie du Kindle d’Amazon, en 2007, on avait entendu Steve Jobs déclarer vertement que la lecture était morte et qu’Apple ne se lancerait pas sur ce marché-là. Oooh, non.

Mais alors… À quoi joue donc à présent Steve Jobs, ou du moins sa firme, lorsque Apple fait la promotion de l’iPad comme d’un appareil idéal pour la lecture de textes numériques ? Jusqu’à provoquer un vent de panique chez Amazon, quand les grands éditeurs américains, les uns après les autres, tournent le dos au modèle du « prix unique pour les nouveautés et best-sellers » choisi par Amazon.

(Soit dit en passant : bien fait pour Amazon. Et dommage qu’ils fassent subir aux auteurs les dommages collatéraux de leurs guéguerre de mammouths de l’édition.)

Bref, faudrait savoir. Morte ou pas morte, la lecture ? Et Apple est-il en train de jouer le même coup avec les livres et l’iPad que pour l’iPod et la musique ? Ou bien est-ce un rien plus subtil ?

Subtil, oui. Peut-être même plus qu’un rien.

Car au fond, que vend Apple avec l’iPad ? Une liseuse électronique ? Non, pas vraiment. L’appareil a un écran LCD, pas à base d’encre électronique, donc sans avantage pour les yeux par rapport à un écran d’ordinateur. Et les applications disponibles sont clairement censées satisfaire une clientèle bien plus vaste que celle des lecteurs. Jeux, multimédia, communication, et j’en passe.

Mais alors, l’iPad serait une sorte d’ordinateur portable léger, avec une interface simplissime puisqu’héritée de l’iPhone ? En gros, oui. C’est un netbook à écran tactile. Ou, si on veut, un iPhone agrandi.

Sauf que, dit ainsi, ce n’est pas très glamour. Et surtout, si Apple avait lancé sa machine sous ses vraies couleurs, l’iPad aurait pris le risque de se retrouver noyé parmi la pléthore de tablettes communicantes, netbooks et autres gros smartphones qui se disputent déjà le marché.

Du coup, tout s’explique.

L’application iBook, c’est l’angle choisi par les as de l’Apple-marketing pour positionner la bébête sur le marché : lecture, instruction, culture, toutes choses respectables et qui donnent au gadget un certain cachet. Car certes, l’iPad est simple, mais il ne faudrait pas non plus que toute la communication à son sujet soit du genre « mon gamin de 2 ans 1/2 et son iPad ». Voire « mon chat et »

L’appareil offre certes le design ultra-sexy d’Apple, mais c’est devenu une habitude. Ses capacités sont limitées. Et il ne comprend pas d’innovation technologique époustouflante, il faut l’avouer.

Et pourtant, il fallait bien un truc pour amener les gens à débourser les 500 $ US, au minimum, pour se le procurer. Et quoi de mieux que l’appel de la culture ?

D’où ce (discret) revirement par rapport aux livres numériques…