Archives de Tag: anti-DRM

En passant

On n’achète pas un livrel, une chanson ou un jeu « protégés », on ne fait que les louer. Les militants anti-DRM le répètent depuis longtemps et des éditeurs, de plus en plus nombreux, entendent le message. Voir l’article d’ActuaLitté sur l’éditeur … Lire la suite

Science-fiction et livres numériques: e-Bélial’, c’est parti!

Un petit mot rapide pour signaler que le lancement de e-Bélial’, la boutique en ligne – oh, pardon, plate-forme numérique – des éditions du Bélial’, c’était aujourd’hui, 1er septembre!

Au catalogue, des titres de Joëlle Wintrebert, Jean-Pierre Andrevon, Claude Ecken, Thomas Day, Xavier Mauméjan, Ugo Bellagamba et Roland C. Wagner. Les prix vont de zéro (pour tester) à 10 € (pour un roman/recueil de nouvelles), et il y a la possibilité d’acheter juste une ou deux nouvelles et non tout le recueil.

Question format, c’est plutôt sympathique: on peut choisir entre epub (à mettre dans les liseuses et smartphones) et PDF, pour imprimer ou lire sur ordinateur.

Enfin, ce qui ne gâte rien: pas le moindre petit bout de DRM!

Alors, soit, il n’y a pour l’instant que peu de titres, mais si le succès est au rendez-vous, on peut espérer là une jolie webrairie francophone spécialisée dans l’imaginaire.

P.S. Évidemment, tout le monde n’est pas du même avis. Pour un point de vue critique, lire «Quelque chose comme une lettre ouverte…», par Ayerdhal. (Signalé par @cgenin.)

Doctorow’s First Law of Locks

Science-fiction writer and Digital Rights activist Cory Doctorow spent a few months shopping around for ebook sellers that would enable authors and publishers to opt out of DRMs. He relates for Publishers Weekly the experience and what he learned from it:

This led me to formulate something I grandiosely call Doctorow’s First Law: «Any time someone puts a lock on something that belongs to you, and won’t give you a key, they’re not doing it for your benefit.»

(Source: Boing Boing.)

Oh, and you want to know which on-line ebook sellers said yes and which refused to let go of DRMs at any price? In the «yes» camp: Amazon, Barnes & Noble, Kobo. And for the «no»: Apple and Sony.

Édition numérique: attention, ça bouge très vite

Nous sommes en 2010 et le premier éditeur important à passer au tout-numérique s’est déclaré: c’est Dorchester Romance, aux USA, qui publiait jusque là des romans sentimentaux et/ou fantastiques en édition de poche bon marché (mass market paperback), va désormais abandonner cette débauche de papier et proposer ses titres directement sur la Toile, d’une part au format électronique pour le Kindle et autres liseuse, et d’autre part en impression à la demande (print-on-demand ou POD) – eh oui, comme chez Lulu.

La source: un article de Publishers Weekly, signalé sur son blogue Wave Without A Shore par l’écrivaine de science-fiction C.J. Cherryh. Merci à elle.

Et à propos de science-fiction, fantasy et autres mauvais genres apparentés, je constate que chez les éditeurs francophones, ce sont ces catégories-là qui sont les plus avancées dans la transition vers le numérique.

À preuve l’éditeur québécois Alire (celui entre autres d’Élisabeth Vonarburg, de Joël Champetier, de la revue Solaris, etc.), qui publiait le 10 août 2010 ses chiffres d’exploitation (reproduits sur Tiers Livre par François Bon): déjà une centaine de titres disponibles en numériques, et plus d’un millier de ventes depuis août 2009, soit un an après le lancement de leur catalogue numérique. Mieux, cela représente 18% des ventes sur l’entrepôt numérique pour seulement 5% des titres… Bref, l’expérience est probante. Oh, et vous savez quoi? Le fait que les livrels de chez Alire soient seulement marqués et non «protégés» par des verrous numériques n’est pas, à mon peu humble avis, étranger au fait.

Tant qu’on est dans les littératures de l’imaginaire, penchons-nous sur le cas des éditions du Bélial’, chez nous, en France, qui va lancer le 1er septembre 2010 sa propre plate-forme numérique. Et c’est alléchant: des titres à prix doux, sans DRM, disponible aussi bien sur le site du Bélial’ que sur la plate-forme des libraires, et en prime, un pourcentage de droits d’auteur plus élevé que pour le livre papier. À suivre de près… Et merci à e-Bouquins pour l’info!

La science-fiction, d’accord… Mais au fait, dans le cas de Dorchester, pourquoi un éditeur de romans à l’eau de rose? Leurs lectrices ne sont pas supposées être particulièrement branchées, non? Erreur.

À part quelques best-sellers qui défraient la chronique (vous avez dit Millenium? Hmm…), ce segment ultra-populaire (quoique mal considéré, comme tous les «genres») de l’édition est l’un de ceux qui marchent le mieux au format numérique. Jetez donc un œil à la catégorie «Romance» de la webrairie américaine Fictionwise, pour voir.

Et comme de juste, la catégorie littéraire qui bat actuellement tous les records de croissance est la paranormal romance, les histoires mêlant roman d’amour et magie ou êtres fantastique.

Si vous savez épeler S-t-e-p-h-e-n-i-e M-e-y-e-r, vous voyez ce que je veux dire…

Publier son livre numérique sans DRM avec Smashwords

Découvert au détour de Twitter, grâce à un message du blogueur philippin et passionné de science-fiction Charles A. Tan : c’est Smashwords, un site qui permet aux auteurs, mais aussi à de petits éditeurs, de publier des livres numériques et de les vendre sur Internet.

Précisons que le site est en anglais, mais permet aussi de publier dans d’autres langues. Avis aux francophones…

Le principe est un peu le même que celui de Lulu ou The Book Edition : une plate-forme d’auto-publication qui permet à M. et Mme Tout-le-monde de mettre en ligne leurs œuvres sans investissement de départ et sans apprendre la PAO.

Comment ça marche ?

  1. Vous avez un texte sur lequel vous possédez les droits de reproduction (ça va sans dire, j’espère…) et que vous voulez publier.
  2. Vous créez un compte Smashwords gratuitement.
  3. Vous préparez un fichier au format Microsoft Word en suivant les conseils du manuel (gratuit aussi) The Smashword Style Guide.
  4. Vous le transférez sur leur site (« upload », quoi) et remplissez les diverses rubriques – titre, résumé, genre, etc.
  5. Vous choisissez le prix de vente (l’option « gratuit » est disponible) et le ou les formats numériques sous lesquels vous voulez voir votre livre publié (PDF, Kindle, etc.).
  6. Le moteur de numérisation de Smashwords tourne.
  7. Une fois que c’est terminé, vous vérifiez et approuvez le résultat.
  8. Il ne reste plus qu’à attendre l’acheteur.

Et voilà. Votre livre numérique, ou e-book, ou livrel, est disponible à la vente publique ! Vous êtes un auteur du XXIe siècle !

En option, on peut choisir de mettre en vente le titre non seulement sur le site de Smashwords, mais aussi chez d’autres revendeurs en ligne, dont Sony et Barnes & Noble, avec qui Smashwords a signé un partenariat. Sont également annoncés pour bientôt Apple (iPad, mon bel iPad…) et Amazon.

Évidemment, pour les ventes effectuées par l’intermédiaire de tiers, il y a des frais supplémentaires : à la commission prélevée par Smashwords (15%) s’ajoute celle du vendeur partenaire, qui peut monter jusqu’à 50% pour des poids-lourds comme Sony ou B&N. L’auteur touche dans ce cas environ 1/3 du prix de vente au public, alors que pour une vente directe sur le site de Smashwords, c’est 85%. À chacun de décider si le surcroît de visibilité ainsi offert justifie de leur abandonner la part du lion.

Reste un gros bémol, pour les auteurs qui sont situés hors des États-Unis (comme la majorité de mes lecteurs, j’imagine) : si on vend son livre sur Smashwords et ses partenaires, il faut remplir un formulaire d’enregistrement auprès de l’IRS, le fisc américain. Sans quoi, Smashwords ne peut vous verser vos royalties.

À mon avis, à moins de vraiment vouloir devenir auto-entrepreneur, mieux vaut s’abstenir.

Mais, bon. À tout le moins, il faut noter que tout cela se fait sans vous infliger, ni à vos lecteurs, le moindre verrou numérique. Quand on sait que les DRM rendent les produits numériques plus chers et moins faciles à utiliser, on appréciera.

Personnellement, je ne pense pas utiliser Smashwords pour vendre des livres numériques, du moins dans un avenir prévisible. (Pour cela, voir plutôt Babelpocket.) Mais comme plate-forme de re-publication et promotion de textes que je mets déjà gratuitement à la disposition du public sous licence Creative Commons, et en parallèle avec Feedbooks, pourquoi pas ?