Archives de Catégorie: Choses vues

Un arbre en liberté

Grand platane dont des branches traînent à terre

Août 2016, Parc Barbieu à Roubaix

Tellement banal, un platane ? C’est qu’on en voit rarement ailleurs que le long d’un boulevard, taillés ras pour éviter que les branches, poussant comme bon leur semble, ne zigzaguent entre ciel et terre…

Expo : les troupes coloniales françaises dans la Grande Guerre

Pour ceux qui sont ou passent à Paris ce mois-ci, il y a une expo d’affiches et autres documents d’époque sur les troupes coloniales françaises de la guerre de 1914-1918, du 1er au 29 mars, à la Bibliothèque municipale Goutte d’Or, 2 rue Fleury, dans le 18e.

Affiche de propagande française pendant la Grande Guerre, à la gloire des troupes coloniales (Afrique surtout)

Affiche d’époque : troupes coloniales françaises dans la Grande Guerre (photo Irène Delse)

C’est à côté de chez moi, et je n’ai pas manqué d’aller y faire un tour. Et pris quelques photos, à voir ici sur mon Tumblr. L’armée d’Afrique est la plus représentée en images, mais les autres peuples de l’empire auquel la France s’adossait, et où l’Indochine jouait un rôle important, ne sont pas oubliés.

Au pied du Sacré-Cœur, les braises anticléricales couvent toujours

Vivre à Paris, au pied de la butte Montmartre, c’est un peu vivre dans une attraction touristique. Il y aurait de quoi s’en lasser… Heureusement, c’est aussi vivre au milieu des pages d’un livre d’histoire. Cela fait des compensations.

Je recommande une petite balade autour et dans le Sacré-Cœur, par exemple. Les millions de visiteurs qui visitent la basilique chaque année savent-ils que cette grosse meringue blanche a été bâtie à l’instigation de notables catholiques, souvent monarchistes, qui voulaient rétablir l’Ordre moral (sic) et que la France « fasse pénitence » (re-sic) pour l’insurrection populaire républicaine que fut la Commune de Paris ? (La phrase « Gallia pœnitente » est d’ailleurs inscrite en toutes lettres à l’intérieur, parmi d’autres pieuses devises.)

Photo : statues équestres d'anges armés d'épées, portail de la Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre (Crédit : Irène Delse)

Statues équestres d’anges armés d’épées, au-dessus du portail de la Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre (Paris 18e) – Photo Irène Delse

On peut aussi apprécier les statues d’anges très militants (et militaires) qui accueillent le visiteur, casque en tête et épée à la main. À tout prendre, je préfère la sobre vieille église abbatiale St-Pierre-de-Montmarte, qui s’élève de l’autre côté de la rue, et qui couronnait la colline depuis le XIIe.

L’intérieur du bâtiment est intéressant, avec un mélange de haut kitsch néo-classique et d’art-déco, de sculptures modernes involontairement (?) surréalistes (Saint-Denis portant sa tête entre ses mains levées, en avant de ses épaules…) et de marchandisage du temple (une boutique de souvenirs ? non, deux). Oh, et ne surtout pas laisser passer l’occasion de gagner des indulgences papales, hem, hem. (Pas de photo ici, hélas : interdiction d’utiliser son appareil à l’intérieur. Sans doute pour éviter la concurrence.)

On devinera que je ne suis pas vraiment touchée par la piété organisée.

Mais ce qui m’a bien fait sourire, c’est le nom de la rue qui longe la fameuse basilique, et qui forme son adresse légale : rue du Chevalier de la Barre. Réponse du berger à la bergère ? Qu’on en juge : le parti catholique et monarchiste lance la souscription pour bâtir le Sacré-Cœur au début des années 1870, et parvient même à faire voter l’ouvrage d’utilité publique par l’Assemblée nationale en 1873. La IIIe République n’était pas encore bien assurée sur ses bases, étant un peu à l’époque un régime « par défaut ».

La basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, côté rue du Chevalier de la Barre

Flanc droit Arrière de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, côté rue du Chevalier de la Barre, avec gros-plan sur la plaque de rue (photo : Irène Delse)

Mais en 1907, quand l’ancienne rue de la Fontenelle (du nom d’une source locale) devient rue du Chevalier de la Barre, la République a gagné, la loi de séparation de l’Église et de l’État est toute fraîche et l’anticléricalisme sert alors utilement à faire faire à l’histoire de France son devoir d’inventaire. Diverses victimes de l’ordre moral d’Ancien Régime sont réhabilitées.

Et le pauvre chevalier de la Barre, torturé et condamné à mort à 19 ans pour les graves « offenses à la religion » d’avoir possédé de « mauvais livres » (dont le Dictionnaire philosophique de Voltaire) et ne pas s’être découvert au passage d’une procession, entre au patrimoine des rues de la capitale.

Juste à côté d’une grosse église où l’on procède à l’adoration perpétuelle de ce même Saint-Sacrement qu’il n’avait eu garde de saluer.

Il plie et ne se déracine point

Photo : platane qui repousse après avoir été mis à terre et à moitié déraciné

Le platane qui pousse à l’horizontale (photo Irène Delse, 16/03/2013)

 

À la place des tempêtes, je serais vexée qu’un arbre que j’ai mis par terre, non seulement ne se déracine pas, mais repousse à plusieurs endroits…

Métro, boulot, graffito: les murs aussi sont Indignés?

Je ne sais rien de l’auteur(e) de ces tags, mais j’aime bien sa philosophie:

Écrit sur le mur: "Je peux faire plein de choses mais pas me bouziller au boulot" (photo)Le travail c’est la santé… ou bien?

Écrit sur le mur: "Moi j'aime la vie, j'aime pas qu'on m'humilie" (photo)« On n’est pas là pour se faire engueuler », comme disait le poète

Le 19e siècle, c’était la découverte de l’hygiène pour la prévention des maladies. Et si le 21e était l’occasion de faire de l’hygiène mentale une nouvelle révolution?

Nouveau programme universitaire, version Fnac?

Pris au passage cet après-midi à la Fnac des Halles, à Paris:

Voilà au moins qui devrait motiver les étudiants à potasser leurs bouquins, pas vrai?

Ces créatures peuvent atteindre des tailles impressionnantes

Je veux parler des platanes, bien sûr. Il y en a un, dans les jardins Caillebotte de Yerres (Essone) qui ne se prend pas pour la moitié d’une queue de cerise.