Archives quotidiennes : 11 juin 2022

Corrections, mon amour

Photo d'un moulin à vent ancien à côté d'un étang
Moulin De 1100 Roe, Amsterdam. Crédit : Aloxe CC-BY-SA 3.0

En écriture, s’entend ! Eh oui, je suis en train de terminer la mise au point d’un nouveau manuscrit, et le stade des corrections et révisions n’est pas le plus facile. C’est fou le nombre de bêtises et de coquilles qu’on découvre quand on commence à se relire…

De quoi s’agit-il cette fois ? Un nouveau roman policier historique dans la série commencée l’an dernier avec Du sang sur les dunes, mais qui se déroule un peu plus tôt, sous la Révolution. Pendant la campagne de Hollande, très précisément. Un épisode peu connu chez nous, même si cela a conduit à ce qu’il faut bien appeler un protectorat français sur les Pays-Bas, de 1795 à 1814. Ce que les Néerlandais appellent « la période française », ou « franco-batave ».

Un moment intéressant, dans un pays qui l’est tout autant. Et que je connaissais moi-même fort mal, je m’en suis rendue compte en cours d’écriture. Ni le gouvernement ni la société des Provinces-Unies, comme on disait à l’époque, ne ressemblaient à la France d’ancien régime, par exemple, même s’il existait une noblesse locale. Les lignes de fractures ne se situaient pas au même endroit. Il suffit de lire les récits de voyageurs français du XVIIIe siècle, qui s’étonnent que les riches bourgeois hollandais ne cherchent pas à faire oublier qu’ils sont roturiers, comme c’était le cas en France ou en Angleterre. Et puis il y a le paysage religieux, riche en sectes et églises en tout genre… Mais la tolérance néerlandaise tant vantée avait aussi des limites, et logiquement, ce sont les catholiques les plus suspects.

Ce sont justement ces récits d’époque qui m’ont le plus servi dans l’écriture de ce roman. Je peux citer Le Voyageur françois, anthologie réunie par un certain abbé de la Porte dans les années 1770. Plus de trente volumes disponibles sur Gallica… La Hollande figure dans les tomes 19 et 20. Et puis il y a des détails grappillés chez les mémorialistes, du prince de Ligne au général Thiébault. Une mine de données, dont beaucoup sont en ligne, en particulier des articles universitaires sur les « révolutions » de 1787 et 1795. Et il y a bien sûr les données visuelles, de Google Earth aux collections de cartes et gravures d’époque. Il y a ainsi une carte d’Amsterdam du XVIIIe siècle où figure chaque maison Et ce n’est pas une hyperbole.

Bref, il a fallu aller au charbon. Je ne me plains pas, j’ai découvert un pan de notre histoire tout à fait passionnant. Et j’espère que le roman qui en résulte tiendra la route. Mais je pense que pour celui d’après, je reviendrai à un cadre plus familier !

En attendant, je rappelle que le 20 août paraîtra le tome 2 de ma série policière, Mort d’une Merveilleuse, aux Éditions du 81. Après l’Empire, le Directoire, et une histoire sombre, très sombre. Je n’en dis pas plus pour l’instant.