Archives quotidiennes : 19 février 2020

Trois romans, une auteure

Je ne saurais dire depuis combien de temps j’écris : faut-il compter l’époque où j’imaginais des histoires avant même de savoir lire ? Pour le roman, en revanche, c’est plus facile. C’était à la fin de la classe de 5ème, grâce à une prof qui nous avait assigné, comme dernier devoir de rédaction avant les vacances, « écrire le premier chapitre d’un roman ».

Cela n’avait pas donné grand chose, bien sûr. Je ne prétends pas être une surdouée, ou autre gag. Mais ce fut un déclic important : depuis, j’ai pensé possible d’écrire des romans. Et je m’y suis mise sérieusement.

Le premier que j’ai terminé, ce fut L’Héritier du Tigre : un roman de fantasy qui aurait dû être le premier d’une série… Je ne sais pas si j’y reviendrai un jour (j’espère bien), mais en attendant, le texte se suffit à lui-même comme aventure. Paru en 2006 aux éphémères éditions Le Navire en pleine ville, il s’est retrouvé épuisé au bout de quelques années… Puis je l’ai retravaillé pour en faire une série chez Rocambole et c’est là désormais que l’on peut le lire !

Écrire le premier jet de ce premier roman m’avait pris trois ans, trois ans à tenir à peu près le rythme de l’écriture tous les week-ends, et à douter une bonne partie du temps. Mais cela avait marché. Après, trouver un éditeur, qui était d’ailleurs une éditrice, et améliorer le texte, avait aussi pris du temps. Inutile de dire que si j’avais espéré pouvoir vivre de ma plume, mes illusions se seraient dissipées aussitôt.

Heureusement pour moi, j’étais partie du principe que l’écriture ne payait pas, ce qui statistiquement est vrai. J’ai donc continué malgré les déboires de mon éditrice et le passage dans les limbes qui avait suivi.

Mais je n’avais pas renoncé à écrire. Vers 2016, je ne sais plus à quel moment exactement, j’écoutais un podcast rationaliste quand la question des miracles et reliques est venue sur le tapis, et l’invité de mentionner le cas de l’impératrice Hélène, mère de Constantin, qui était partie vers l’âge de 80 ans à la recherche de la croix du Christ, ou du moins était-ce la légende… « Une Indiana Jane de l’Antiquité », en somme ! Comment ne pas voir là un savoureux sujet de roman ? J’ai donc rédigé ce qui est devenu Augusta Helena, mon deuxième roman, et premier roman historique. Toujours en quête d’un éditeur, s’il y en a qui sont intéressés… (Mise à jour du 19/03/2020 : Ce roman est désormais en ligne gratuitement sur Wattpad.)

Ce deuxième opus avait demandé en tout deux ans, grâce à l’expérience, et aussi au fait que je m’étais cette fois organisée pour écrire au moins un peu chaque jour, ce qui est le conseil numéro un qu’on peut donner à tous les écrivants. (L’autre conseil incontournable : terminer son texte.)

Quand ça marche, pourquoi s’arrêter ? En janvier 2019, je me suis lancée dans la rédaction d’un troisième roman (et deuxième roman historique). Cette fois, le déclic est venu de la lecture des éphémérides de Wikipedia (et oui, j’ai un fil internet à la patte…), qui mettaient à l’honneur une certaine Marie-Angélique Duchemin, engagée volontaire de la Révolution française et première femme à avoir reçu la légion d’honneur. Un sujet de roman, s’il en fut jamais ! Cela donna Tous les Accidents, un texte dont je suis particulièrement contente, et qui cherche lui aussi en ce moment un éditeur.

On notera que ce dernier roman n’a pris qu’un an à écrire. Je pense avoir atteint là une vitesse de croisière, qui me permette d’écrire de façon productive tout en continuant à exercer mon emploi à plein temps. Il faut bien vivre. Et puis je suis consciente de ce que cela m’apporte d’avoir ce contact avec le monde extérieur. Bosser à un guichet de l’administration, ce n’est pas toujours facile, mais je le recommande à tous ceux et celles qui auraient une panne d’imagination. On en voit de toutes les couleurs.