Archives mensuelles : juin 2012

Ma vie n’est toujours pas un roman

Oh, non. Mais ça n’empêche pas la famille de rester… ahem, la famille. Mais ce serait trop long à expliquer, même s’il n’y avait pas ce truc de la confidentialité. Sur ce, je vous laisse avec le chat-coptère. Vous, je ne sais pas, mais parfois j’ai bien besoin de lolz.

LOLcat/Catcopter: "So u think yer life sux?"

Original ici. Gloups.

Merci, M. Fillon, de nous rappeler pourquoi il faut voter à gauche le 11

Parce que l’ancienne majorité, celle qui confond le marché avec « la vie », elle nous fabrique un monde pas très humain… 😦

Webcomics interlude: the entertainment industry

Unspeakable Vault (of Doom): « The Hollywood Malediction ». (I’m thinking of Prometheus and Benicio Del Toro’s projected adaptation of At the Mountains of Madness…)

Scandinavia and the World: « Eurovision 2012 » – and Sweden triumphs, at last! 😉

Why skeptics should care about gender and other « sensitive » issues

I think I’m in love with Crommunist! From his latest post, « The darkness before dawn »:

You’ve probably guessed at this point that I’m talking specifically about the latest round in a long-line of dust-ups over the treatment of female skeptics and the subsequent dismissal of their concerns. It seems like every time anyone mentions anything to do (even obliquely) with Rebecca Watson, a chorus of idiotic voices arise. To be sure, the worst offenders are those who decide to use the opportunity to showcase their ridiculous retrograde stupidity, but there is always a depressing number of people who decide instead to accuse both sides of needing to ‘take it down a notch’ or wonder why we can’t just be ‘on the same side’ or that they have ‘better things to do’.

First of all, this fight is fundamentally a fight about how we address sloppy and uninformed thought processes, not just about sex and gender, but about how we respond to pseudoscientific claims. The comments section of pretty much any open thread about feminism will be replete with phony ‘explanations’ for why women are just not cut out for scientific thinking, or how assault victims are just in it for the attention, or how ‘uppity cunt’ or ‘bitch’ are just value-neutral generic insults that have nothing to do with gender. These are the ‘why are there still monkeys’ retorts of an unthinking mind presented with a reality that does not conform to their worldview laden with stereotypes and mental shortcuts.

This movement is deeply interested in these lazy thought processes, because they are the exact same type of heuristics that give us pretty much everything that makes religion so appealing and dangerous. It is unbelievably foolish of us to pretend that we can use our skeptical toolbox to decry (often derisively) the intellect of those who would devote their lives to Christian apologetics, but then not fight over the exact same lazy approach that gives us “Men’s Rights Activists”, “Race Realists”, Randian Libertarians, and any other group that wishes to avail itself of the fruits of rational inquiry without subjecting their own ideas to its critical gaze.

So no, we don’t have something ‘better to do’ than fight about feminism – it’s the exact same fight we’re having against religion.

(Emphasis mine.)

Something to ponder carefully (and yes, I’m looking at you, @JMAbrassart – though you’re definitely not the only one; but I used to think of you as a friend, and I wish I’ll be able to do so again in the future).

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Note:

For more details, see this timeline and the subsequent detailed discussion at Stephanie Zvan’s Almost Diamonds, another blog of note. Read also Ashley Miller’s original post and its follow-ups to have an idea why some of us think there’s a problem. Oh, and for those who summarily dismiss Rebecca Watson for being (according to them) « divisive » and « rude »: go read the actual statement she wrote on June 1st before presuming to judge.

À quoi sert l’austérité économique: Paul Krugman rappelle quelques vérités

Paul Krugman, le prix Nobel d’économie pas comme les autres, a encore frappé: avec la clarté et la lucidité qui caractérisent ses chroniques dans le New York Times, il passe au crible de la froide réalité les motivations affichées des gouvernements européens pour réduire leurs budgets… et leurs raisons moins électoralement avouables.

Photo : Paul Krugman

D’abord, un petit rappel de première année d’éco: la situation d’un pays endetté n’est pas strictement comparable à celle d’une famille endettée. Une famille (ou une entreprise, d’ailleurs) qui contracte une dette doit rembourser une entité extérieure (généralement une banque). Mais les dettes d’un pays sont partagées entre les différents acteurs économique du pays: particuliers, entreprises, établissements publics, État…

Si on les force tous à se serrer la ceinture en même temps, cela réduit leurs revenus à tous. Et l’on aboutit à ce qu’un grand économiste américain, Irving Fischer, appelait dès 1933 la « déflation par la dette »: « plus les débiteurs payent, plus ils doivent ». Car dans le secteur privé, de moins en moins de gens sont solvables. C’est le genre de situation qui avait conduit un autre fameux économiste, John Maynard Keynes, à préconiser de sortir de cette spirale déflationniste en injectant de l’argent dans l’économie grâce aux investissements publics, quitte à passer un tour de vis d’austérité pour rééquilibrer le budget après le retour à la croissance économique.

À quoi sert donc la « spirale fatale de l’austérité » (l’expression est de Krugman) que tant de gouvernements, Royaume-Uni et Allemagne en tête, sont en train d’imposer à l’Europe? À quoi servent les politiques similaires aux États-Uni et au Canada?

Dès qu’on gratte un peu, évidemment, les masques tombent. Et c’est là qu’il est utile d’être Prix Nobel (ou plus exactement Prix de la Banque de Suède, mais passons) d’Économie: cela ouvre la porte à des invitations dans des débats et conférences où l’on peut poser franchement des questions aux décideurs et décideuses de la planète, devant les caméras ou en privé. C’est ce qu’a fait Krugman avec les dirigeants Tories anglais et leurs sympathisants.

Et que répondent les amis de David Cameron, premier ministre anglais conservateur et partisan du néo-libéralisme économique? Que cette crise est l’occasion où jamais de rétrécir le périmètre de l’État.

Mieux: on peut comparer cette attitude avec ce que les même néo-libéraux disaient avant la crise, et quels pays et politiques économiques ils érigeaient en modèle. L’Irlande? Pour George Osborne, actuel artisan de la politique économique britannique, « un exemple resplendissant ». (Avant qu’elle ne vienne faire partie des PIIGS…) L’Islande? Pour le très libéral Cato Institute, admiratif devant son bas taux d’imposition, « tous les pays industriels apprendront d’elle ». (Mais pas du fait qu’elle a été le pays européen le plus touché par la crise financière, et n’a commencé à en sortir qu’en nationalisant des banques et en refusant de faire payer leurs dettes par les contribuables…)

Profiter d’une crise financière et de la déroute économique qu’elle provoque pour imposer une politique de dépeçage des services publics: où l’on rejoint Naomi klein et sa Stratégie du Choc.

Bref, comme dirait l’humoriste Stephen Colbert:

« La réalité a des préjugés de gauche, c’est bien connu! »