Archives quotidiennes : 21 mai 2012

Valse d’étiquettes dans les pseudo-médecines

Que faire si des essais cliniques mettent en évidence que la pratique de l’acupuncture traditionnelle n’est pas plus efficace qu’un placebo par acupuncture simulée (par exemple, le fait de piquer légèrement la peau avec un cure-dents ou d’utiliser des aiguilles rétractiles)? Que faire si, tests à l’appui, aucune trace des méridiens ni du Qi n’est trouvé, si le placement exact des aiguilles sur le corps n’a pas d’importance pour le soulagement (subjectif) annoncé par les patients, et si même il n’est pas besoin de percer réellement la peau pour observer le même effet?

En bref, comment la profession d’acupuncteur peut-elle s’en relever?

Photo: acupuncture (Wikimedia Commons)

Heh. Facile. Il suffit de baptiser des choses qui marchent « acupuncture », ou quelque mot dérivé, et le tour est joué!

Le simple fait d’appuyer sur la peau marche? Vous avez l’acupressure, en pressant avec les doigts ou un objet sur les « points d’acupuncture ».

La neurostimulation électrique transcutanée (TENS) est utilisée par les médecins et kinés pour soulager la douleur? Elle consiste à appliquer un courant électrique sur la peau grâce à des électrodes, pour stimuler directement les terminaisons nerveuses? Prenez une aiguille (ou autre appareil de même forme), reliez-la à un générateur de courant, et voici l’acupuncture électrique! (Garantie non traditionnelle et non chinoise, mais on évitera de le dire.)

Enfin, si rien d’autre ne soulage la douleur que des analgésiques chimiques, on les introduira sous la peau grâce à une aiguille et on appellera cela de la PaP acupuncture et non plus de l’anesthésie locale! (PaP désignant une enzyme, la prostatic acid phosphatase, qui peut avoir un effet anti-douleur plus durable que celui de la morphine.)

On ne sera pas étonné qu’il y ait des gens pour considérer tout cela comme peu conforme à l’éthique, voire carrément malhonnête… On les comprend. En son temps, pourtant, Confucius ne disait-il pas déjà qu’il était crucial « d’utiliser les dénominations correctes » pour agir droit?

Certains de ses disciples ont dû prendre le conseil à l’envers: pour changer la réalité, changez les noms!

Le royalisme, c’est tellement plus sexy vu d’une république

Il est mignon, le Lorànt Deutsch, « royaliste de gauche » (?) auto-proclamé. Clovis, Jeanne d’Arc, le vase de Soissons et tout ça… Les rois-qui-ont-fait-la-France, vous savez (tout seuls, avec leurs petits bras). Et qui étaient forcément de petits saints, vilement calomniés par les méchants révolutionnaires au couteau entre les dents. Un bric-à-brac tenant plus du conte de fées que de l’histoire… mais c’est sans doute ça qui fait vendre!

(Au fond, à quoi bon s’échiner à faire dans le sérieux, le fait historique, le travail de fond, quand ce que le public veut, c’est du rêve? Hmm? Les éditeurs feraient aussi bien de créer la catégorie « para-histoire », comme il y a la parapsychologie.)

Lolcat: "Fail - u r doin it right"

Mais il oublie juste deux ou trois trucs. Par exemple, que ce concordat qu’il appelle de ses vœux, il existe encore en France: en Alsace-Moselle, dans les anciens territoires annexés par l’Allemagne après la guerre de 1870, donc qui n’avaient pas connu les débuts de la IIIe République. Et où les dispositions de la loi de 1905 sur la séparation de l’église et de l’État ne s’appliquent pas. Oh, cette cruelle République forçant tous les particularismes locaux historiques à s’effacer devant son rouleau compresseur… Euh. Oups. J’m’ai trompé, là.

Et surtout que dans son cher Ancien Régime, il n’aurait été, lui, qu’un vil manant.

Bah. Qui sait? Pour un masochiste, ce pourrait être le paradis.