#Boiron parviendra-t-il aussi à diluer l’effet Streisand?

Imaginez le topo. Vous êtes une entreprise multinationale [fr] dont les profits ne se portent pas trop mal dans le contexte économique actuel, merci.

Mais un dessin de xkcd marche toujours.

Voilà qu’un blogueur indépendant [en], au sein de la vaste Toile mondiale, critique l’efficacité de votre produit, voire le principe même sur lequel s’appuie votre industrie? Gare à la mauvaise publicité! Vite, vite, envoyez à l’imprudent quelques avocats pour le dissuader!

Sauf que… Ah, mais zut alors, on est sur Internet, et vos menaces contre les fauteurs de mauvaise publicité peuvent rapidement se retourner contre vous, sous forme… de plus encore de mauvaise publicité, sur les réseaux sociaux et dans les moteurs de recherche! Effet Streisand [fr], vous connaissez?

On peut aussi parler d’effet « I am Spartacus! » [fr] si on a des références cinéphiliques.

C’est en tout cas ce que les Laboratoires Boiron devraient découvrir… Car leurs pressions juridiques sur l’auteur de Blogzero [it] sont en train de donner l’occasion à de nombreux médias [it], y compris des poids lourds comme le British Medical Journal [en] (lu par des médecins, des chercheurs, des journalistes scientifiques, des décideurs en matière de santé publique… bref ceux qu’un laboratoire n’a pas envie de s’aliéner), et à divers blogs scientifiques, (comme Science-Based Medecine [en]) de se pencher sur l’affaire… et de répercuter [en] les critiques initiales contre votre business, en plus de pointer du doigt vos tactiques pas très fines [en].

Vous avez dit « oooups »? Ou, en termes plus geekesques, « FAIL »?

P.S. En lumière de ce qui s’est passé la dernière fois que j’ai cité une pseudo-médecine, et pour éviter une énième prise de tête, je préviens aimablement que je me réserve le droit de me gausser bien fort des arguments du premier qui viendra jouer ici la carte du « mais, heuu, il y a aussi des problèmes avec la médecine normale ». Non, faire dérailler une discussion dans tous les sens n’est pas une chose appréciée ici! Pas plus que d’entretenir encore et toujours le genre de confusion mentale [fr] qui ne profite qu’aux charlatans.

11 réponses à “#Boiron parviendra-t-il aussi à diluer l’effet Streisand?

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  3. je préviens aimablement que je me réserve le droit de me gausser bien fort des arguments du premier qui viendra jouer ici la carte du « mais, heuu, il y a aussi des problèmes avec la médecine normale ». Non, faire dérailler une discussion dans tous les sens n’est pas une chose appréciée ici!

    …Par contre, caricaturer les propos de ses contradicteurs et leur faire dire ce qu’ils n’ont pas dit semble possible ! Enfin si c’est à moi que ça s’adresse, en tout cas.
    Je n’ai jamais dit « il y a aussi des problèmes avec la médecine normale » (qui serait une façon de dire « tout se vaut ») mais « il y a des problèmes avec les médicaments » (Servier, il faut le chanter ?), problèmes qui ne risquent pas d’arriver avec l’homéopathie puisque l’homéopathie n’a pas d’effets. Enfin bref…

  4. Ah, tiens, on lit l’avertissement mais on y va quand même? C’est fou. J’aurais espéré un peu plus de discernement de la part d’un prof de fac. Mais qui sait, j’ai dû fréquenter les mauvais cercles universitaires moi-même. (Et non, bien sûr, le cliché sur les hommes qui ignorent systématiquement ce que disent les femmes n’a rien de fondé, vous êtes là pour le prouver…)

    Sinon, je suggère aux lecteurs de ce blog qui ne seraient pas encore lassés (bon courage!) de se reporter au fil de discussion en question, et de juger par eux-mêmes:
    https://irenedelse.wordpress.com/2011/08/08/le-proces-en-class-action-que-boiron-navait-pas-envie-daffronter/#comments

    Ils seront sans nul doute édifiés par des formules du type « la médecine est en grande partie de la magie » – et donc, pourquoi l’homéopathie ne ferait-elle pas de même, hein?

    Autre suggestion, comme ça: avant d’affirmer gratuitement que « ce genre de choses ne pourrait pas arriver avec l’homéopathie », il n’est pas interdit de faire une petite recherche en ligne, pour savoir de quoi on parle… Ou, plus simple encore, cliquer sur le lien donné ci-dessus vers l’article du Cercle de Zététique:
    http://www.zetetique.ldh.org/homeo.html#arguments
    On y voit des exemples de ce qui arrive quand on croit un peu trop à l’homéopathie. Des gens qui retardent la visite à un médecin parce qu’ils espèrent que les pilules magiques les tireront d’affaire (et donc se retrouvent ensuite avec des complications qui auraient pu être évitées), jusqu’à ceux qui sombrent carrément dans le refus de tout ce qui ne ressemble pas à des « médecines alternatives » et meurent (ou ne soignent pas leurs enfants, avec les conséquences que l’on imagine), voire qui menacent de tirer sur le médecin qui les soignait auparavant parce qu’ils croient désormais qu’on les « empoisonne »!

    Si on lit l’anglais, on trouvera plus d’exemples sur l’excellent site What’s The Harm, que j’ai déjà donné deux fois, et que mon contradicteur a déjà ignoré à chaque coup: http://whatstheharm.net/homeopathy.html

    Enfin, en sus des problèmes d’éthique récurrents (si je soupçonnais que mon médecin me racontait des fables sur l’efficacité d’un médicament, bref qu’il me mentait « pour mon bien », je ne serais pas très rassurée, on peut s’en douter), en sus du surcoût économique pour les consommateurs d’homéopathie dans la plupart des cas (puisque les médecins qui en prescrivent, dans leur majorité, le font en plus d’un traitement normal), il y a aussi le cas des produits étiquetés « homéopathiques » qui ont des effets secondaires, parce qu’ils ne sont pas réellement ultra-dilués.

    Eh oui, c’est toujours le problème du flou artistique entretenu par les tenants de l’homéopathie: en plus de vouloir constamment effacer dans l’esprit du public la différence entre ce qui est science et ce qui est pseudo-science (souvent en se drapant dans du jargon emprunté aux sciences mais utilisés à mauvais escient, comme l’effet placebo ou les phénomènes quantiques – eh oui!), non content de cela, disais-je, ils vendent aussi comme « homéopathiques » des choses qui n’en sont pas. Ainsi de l’affaire du Zicam, un médicament labellisé homéopathie et prescrit contre le rhume aux USA, mais qui contenait du zinc… à des doses pas du tout infinitésimales. Quand des patients ont commencé à perdre l’odorat après en avoir pris, il y a eu procès, mise en garde de la FDA et finalement retrait du produit:
    http://en.wikipedia.org/wiki/Zicam#Litigation
    Ce qui permet ce genre de problème, c’est l’insuffisance de la régulation et du contrôle des « médecines alternatives », puisqu’elles sont si souvent considérées comme sans danger…

    Plus près de chez nous, Boiron vend allègrement un dentifrice parfaitement normal (il contient autant de fluor que les autres dentifrices du marché, en plus j’imagine de l’hypothétique mémoire de quelques molécules magiques) mais « recommandé en cas de traitement homéopathique », comme si suivre un traitement homéopathique obligeait à un mode de vie spécial, oooh, il ne faudrait pas que les clients croient que tout cela est du vent:
    http://www.boiron.fr/Nos-produits/Hygiene-et-Soins/Hygiene-bucco-dentaire/Homeodent-soin-gencives-sensibles
    Et il suffit d’aller dans n’importe quelle pharmacie pour trouver de très classiques pastilles pour la gorge à base de plantes, mais elles aussi labellisées sans vergogne « homéopathie », alors qu’il y a dedans des doses actives d’extraits végétaux.

    On comprend donc pourquoi la confusion s’installe dans l’esprit de beaucoup de gens, qui pensent vaguement que l’homéopathie, c’est un peu comme la médecine par les plantes, c’est plus « naturel », etc. Une confusion sciemment entretenue et qui, je le disais, ne profite qu’aux vendeurs de produits à l’efficacité douteuse, que ceux-ci s’appellent Boiron ou Servier. Mais – comme c’est bizarre – certaines personnes ne réagissent que lorsqu’il s’agit d’un labo qui vend aussi de vrais médicaments, efficaces contre des maladies graves, pas seulement les coupe-faims qui valent à Servier sa disgrâce actuelle (et probablement méritée)… mais prennent la défense du labo qui vend seulement un choix de pilules inutiles, plus quelque produits para-pharmaceutiques banals genre dentifrice.

    Et après, on dit que les sceptiques sont difficiles à contenter! Tss, tss, quelle pitié.

  5. Je ne suis pas un vrai prof de fac, je ne suis que Maître de conférences associé, ça doit expliquer mon manque de discernement.

    Je n’ai plus la référence mais j’ai lu dans une tribune (Le Monde ?) un connaisseur du médicament qui disait justement que Servier est un peu un mouton noir dans le domaine, que ce n’est justement pas un labo qui produit des médicaments utiles. Maintenant ce n’est pas moi qui trancherais puisque j’ignorais le nom du laboratoire Servier avant le Médiator.
    Boiron commercialise effectivement des médicaments non-homéopathiques, entretenant la confusion. Ex : une pommade à l’arnica qui contient 7% d’Arnica, eh bien ça n’est pas du tout de l’homéopathie même si c’est écrit sur la boite.
    Et par ailleurs je ne nie pas que quelqu’un qui aurait confiance dans un médicament homéopathique pour traiter une maladie véritable au point de refuser tout autre traitement risque de le payer cher, ça me semble même une évidence logique, tout aussi logique que de dire que les gens qui utiliseraient un coupe-faim homéopathique (vraiment homéopathique) risqueraient moins leur vie que ceux qui se feraient prescrire du Mediator.
    Je défends l’homéopathie assez théoriquement : conscient de son inutilité, je ne pourrais pas en utiliser moi-même. Mais pour les gens déraisonnables qui veulent régler le moindre petit problème à coup d’homéopathie, grand bien leur fasse.
    Ce n’est pas moi qui parle de magie en médecine, mais le docteur Dupagne. Ceci dit le terme me convient, parce que les patients ne sont pas que des machines à réparer, ce sont aussi des personnes qui ont besoin d’être traitées comme ça et qui ont, souvent, besoin de se faire croire à la magie, parce qu’ils ont besoin d’espoir. Et pourquoi pas ? Pourquoi juger le besoin d’espoir ? Je trouve cette forme « active » de l’espoir moins gnagnan que la foi religieuse, à tout prendre.
    Dans les campagnes, les médecins disent parfois aux gens : « si vous allez chez un rebouteux/désenvouteur/…, continuez votre traitement médical quand même, hein ». C’est assez raisonnable comme conseil : ne pas empêcher les gens de croire à la magie, mais ne pas non plus les laisser se suicider à cause de cette croyance. Les gens ont besoin de merveilleux, pas de beaucoup de merveilleux, mais d’un peu. C’est pour ça qu’ils lisent, qu’ils vont au cinéma, qu’ils croient à l’amour, aux miracles, et que sais-je encore. So what ?

  6. Arrêtez, je suis morte de rire… Après le très postmoderne « je mélange en apparence tout et son contraire, mais j’ai une bonne raison, je ne crois pas à l’unicité de la vérité » (sic), après le gag de « Scientists of America » (re-sic) et l’usage répété de l’argument d’autorité avec la caution du sempiternel Dr Dupagne, voici que mon contradicteur me ressort un autre truc éculé, ce que l’on appelle, dans les cercles libres-penseurs, « avoir foi dans la foi » (belief in belief). Assorti au passage d’une bonne dose de condescendance. Il y a des remèdes de charlatans qui ne sont pas scientifiques et qu’on n’utiliserait pas soi-même, n’est-ce pas, mais c’est bien assez bon pour les ploucs. Puisqu’ils qui y croient…

    Bon, trêve de plaisanteries. Ce va-et-vient stérile dure depuis le 8 août. Vous avez exposé en long et en large des idées que j’ai critiquées (mais vous avez laissé mes arguments glisser comme de l’eau sur les plumes d’un canard); vous avez présenté des arguments, que j’ai assez largement réfutés, et des exemples – qui ont surtout révélé l’aspect superficiel de votre connaissance du sujet.

    En résumé, si vous cherchez à vous donner en spectacle, libre à vous. Mais cela devient très, très casse-pieds, pour ne pas dire carrément lourdingue, de continuer ainsi à vous imposer sur un blogue qui n’est pas le vôtre. L’internet est vaste et (encore à peu près) libre, mais ici, c’est mon espace personnel, et je ne suis pas obligée d’y tolérer n’importe qui. Merci d’en prendre note. Ou bien d’aller jouer ailleurs.

  7. Est-ce que c’est moi qui suis lourdingue,

    Irène: Oui. Ne pas écouter les avertissements polis du départ, puis se plaindre de recevoir des réactions plus vigoureuses, c’est fou comme ça donne l’impression que vous ne faites attention ni à ce que vous postez, ni à ce qu’on vous répond.

    ou vous qui supportez mal d’être contredite ? Vous avez vos arguments, moi les miens.

    Hélas, une discussion ne consiste pas à affirmer « moi je dis ci, et toi tu dis ça », comme deux trains qui se croisent en sifflant; mais à comparer les arguments, voir lesquels collent le mieux à ce que l’on connaît des faits, etc. Enfin, idéalement. Certains préfèrent apparemment le bruit et contre-bruit.

    Je ne pense pas avoir fait preuve de condescendance

    Autre erreur…

    et je suis désolé si vous avez lu mes propos de cette façon. Vous avez apparemment une formation intellectuelle et scientifique, vous avez de bonnes lectures, des choses à raconter, ce qui pourrait faire de vous une personne avec qui il est agréable de ne pas être d’accord

    C’est gentil, ça. L’ennui, c’est que ça fait maintenant près de dix jours que vous m’ennuyez (retournez en arrière, relisez-vous, relisez ce que j’ai posté depuis le 8 août et réfléchissez) et que je ne vois pas pourquoi je ferais des efforts maintenant avec vous.

    – c’est en confrontant ce qui fâche que l’on parvient parfois à faire émerger des idées nouvelles plutôt que de répéter à l’infini ce que l’on pense déjà sous le triste et fallacieux nom « d’opinion ».

    Ah, tiens, vous avez entendu parler du concept de discussion… Mais pour la mettre en pratique, c’est une autre paire de manches, on dirait.

    Je vais, cette fois, essayer d’en rester là

    Chouette.

    car je vois que nous ne sommes pas faits pour discuter. C’est pourtant difficile car chaque fois vos réponses contiennent des affirmations à mon encontre qui me peinent ou que sur lesquels j’aimerais pouvoir réagir : le post-modernisme (donc le relativisme culturel quoi), par exemple, n’est pas spécialement proche de moi même si j’ai eu des disciples ou des amis de Lyotard et de Deleuze comme professeurs.

    Heu, désolée, mais ce ne sont pas vos fréquentations (dont je ne sais fichtre rien) qui m’ont fait prononcer le mot « postmoderne », mais les mots que vous avez postés ici même, et que j’ai cités. Bref, si vous n’avez pas conscience de les avoir écrit, j’ai bien de la peine pour vous.

    Par ailleurs, je ne cite pas x fois le docteur Dupagne, je me suis juste contenté de préciser qu’il était l’auteur de propos cités précédemment.

    Ah, oui, toujours ces problèmes de mémoire avec les commentaires que vous avez laissés sur le précédent billet consacré à Boiron…

    Et je ne dis pas que l’homéopathie est bien pour les ploucs, juste que l’espoir donné par des moyens de ce genre ne touche que ceux qui y croient.

    Nooon? Vous n’avez vraiment pas vu les implications malheureuses, socio-culturellement parlant (du genre, abus de pouvoir et mépris implicite des détenteurs du savoir envers les autres, exactement le genre de chose que l’on reproche souvent à la médecine telle qu’elle se pratique, ou s’est pratiquée jusque à la fin du XXe siècle, et dont elle a en effet encore du mal à se dépêtrer), que l’on pouvait tirer de votre vision optimiste du rôle de l’homéopathie et autres pratiques magiques dans la médecine? Ah, c’est vrai que c’est dur de « se confronter à ce qui fâche »!

    Quoi qu’il en soit, je trouve votre manière de répondre aux commentaires très étonnante : je ne vous insulte pas, je ne vous agresse pas, je ne fais pas trop de fautes d’orthographe, je n’ai rien d’un voyou !

    Non, en effet, vous n’utilisez ni gros mots, ni menaces. Tous vos commentaires ne consistent pourtant qu’à tourner en rond en répétant les mêmes choses après que je vous ai apporté moult contre-exemples qui auraient dû vous faire réfléchir. Ou bien vous essayez de faire dérailler la conversation vers un domaine qui vous convient mieux, alors même que ce n’est pas votre blog et que c’est hors sujet, après quoi vous vous plaignez qu’on vous rembarre. C’est le comportement, je suis désolée de le dire, de certaines espèces de trolls. Tiens, je remets ici un lien précédemment cité, celui sur les tone trolls

    Alors quoi ? Un minimum de respect n’a jamais tué personne.

    Petite information utile, comme ça: la liberté d’expression est garantie par la Constitution; le droit de venir poster ce que vous voulez sur mon blog en ne recevant pas de critiques négatives, en revanche, a curieusement été omis…

  8. Tiens, d’ailleurs, ça me fait penser à un truc:

  9. Pingback: Les labos Boiron s’attaquent à un bloggeur italien | La terrasse du café

  10. Pingback: #Boiron parviendra-t-il aussi à diluer l’effet Streisand? | L’Extérieur de l’Asile | Le Codex Gnoufique

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