Choses que l’auteure a apprises grâce aux jeux de rôles

Comment donner plus d’épaisseur aux personnages d’un roman, par exemple, de façon à les rendre plus crédibles, plus réalistes. Non, non, ne riez pas, il y a une logique là-dessous…

Cela remonte à pas mal d’années. Quand j’étais étudiante, j’ai pendant un moment joué assez régulièrement à des jeux de rôles, essentiellement des variantes de Donjons & Dragons. (Ultra-banal, quoi.)

Je n’étais pas super passionnée, juste joueuse du week-end. Le genre qui se fait « tuer » en ouvrant bêtement une porte ou en lisant un grimoire(1)

Mais j’en ai quand même profité pour acquérir une ou deux astuces qui se sont révélées utiles dans un domaine presque voisin: la création et l’animation le temps d’un récit de personnages de fiction.

En écrivant un roman ou une nouvelle, il y a des moments où l’on n’a pas de peine à « sentir » la logique interne d’un personnage, ses émotions profondes, ses valeurs, ses réflexes, et donc à décider comment il ou elle réagira dans une situation donnée. Et puis parfois, hélas, cela devient beaucoup moins évident. Coincée, l’auteure hésite, ne sait plus comment poursuivre, car son protagoniste principal lui échappe entre les doigts.

C’est là que je me suis rendu compte que j’appliquais en pratique le conseil donné naguère par un MD (oui, on était fort classiques, dans notre groupe):

Si tu as des doutes sur ce que peut faire ton perso et que ce n’est pas autrement spécifié, ni incompatible avec le jeu, n’hésite pas à lui donner une de tes propres caractéristiques.

(Par exemple: ton barbare sait-il nager? ton voleur sait-il lire? ta magicienne aime-t-elle les chats? Et ainsi de suite.)

Le principe a l’air simpliste, mais en pratique… ça marche. Surtout dans mon cas, puisque j’ai tendance à écrire des histoires qui sont chaque fois racontées du point de vue d’un ou d’une protagoniste en particulier, donc qui nécessitent pour l’auteure et les lecteurs de rester un long moment dans la tête du personnage, guidés par sa façon de sentir, de penser et de réagir face au monde extérieur.

On conseille souvent aux auteurs débutants d’écrire sur « ce qu’ils connaissent ». Pour la science-fiction ou le fantastique, cela n’a pas l’air évident… Et pourtant, c’est utile – même si d’une façon légèrement modifiée!😉

____

(1) Ou en se disputant avec les persos des autres joueurs… Authentique.

4 réponses à “Choses que l’auteure a apprises grâce aux jeux de rôles

  1. Je vois exactement ce que tu veux dire: je constate que les jeunes qui n’ont connu que le jeu de rôle sur ordi ont beaucoup plus de mal à construire scénarii, intrigue et personnages. Ce jeu d’interprétation a été très bénéfique pour mes propres écrits. Sauf que j’étais aussi master donc beaucoup plus impliqué dans la création d’histoires.

  2. Salut,

    Sympa le billet. Malheureusement, l’aspect roleplay a fortement diminué avec la dernière édition de D&D, qui ressemble de plus en plus à du wargame.

    Comme le disait un bloggeur américain, aujourd’hui, si vous jouez à D&D dernière édition, vous ne jouez pas aux jeux de rôles. C’est un état des choses fort malheureux, vu la popularité de D&D…

  3. Oui c’est sûr qu’on apprend bcp par le jdr. Bah c’est simple, de mon côté c’est ecrire des RP qui m’a permis de développer massivement ma plume (ça donne un support et une motivation pour écrire souvent).

  4. Je crois que je n’aurais pas pu faire le maître de jeu. Quand j’écris, au moins, j’ai la situation sous contrôle. Dans un jeu, il faut compter avec ce que font les joueurs…😉

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