Quelques paragraphes, en attendant mieux

Et cela continue. À ce train, je devrais bientôt avoir terminé un second chapitre!

Mais à ce moment, le sort voulut que nous fussions interrompus par un jeune Kna vêtu d’une longue anbaï blanche bordée de pourpre – la dernière mode à la capitale, à ce que je devais bientôt comprendre. Si j’étais saisi de le voir ici, ce n’était rien à côté de la stupéfaction marquée à mon encontre par Izeyya Dreïminri Ksaïsha !

— Yenshaya ! Que le Ciel me damne… Enfin, monseigneur Shalinka, je veux dire, évidemment ! Je vous demande bien pardon. Si j’avais pu m’attendre…

Je faillis éclater de rire.

— Ksaïsha, Ksaïsha ! Ne fais donc pas l’idiot, je t’en prie, ni le courtisan ! Crois-moi, c’est par là que tu m’offenserais mortellement !

— Voulez-vous dire… Oh, et puis, que Shíra m’emporte ! Si c’est bien Yenshaya, le Shalinka Eyyenvi Yenshaya que j’ai connu naguère et qui a une fois été chercher des tigres jusque dans leur antre, il sait ce que je veux dire !

— Par Eynya, es-tu toujours aussi émotif, camarade ? C’est bien lui, c’est Yenshaya. Et ces tigres-là n’étaient que des bébés que j’ai pu ramener dans un pan de ma chemise.

— Et j’ai vu ce que leurs griffes t’ont fait, fou que tu étais…

Il secoua la tête, se retourna vers mon cousin :

— Ah, mon cher Néreïssin, pardonnez ce bavardage, mais ce n’est pas tous les jours qu’on retrouve sur son chemin un vieux camarade, et surtout de cet acabit ! Si j’avais un écu d’or pour chaque histoire que je pourrais raconter, je ne serais pas présentement à m’ennuyer dans la capitale en cherchant un emploi, ou à défaut une riche héritière.

— Oh, c’est donc ce qui t’amènes au palais ?

— Hélas pour moi ! J’étais tout ce matin dans l’antichambre d’une certaine duchesse à qui l’on m’avait recommandé… Mais la dame, que cent diables l’emportent, n’a jamais paru.
J’allongeai le pas, amusé, tout en écoutant son bavardage.

— Et si ce n’est pas indiscret, était-ce une affaire de cœur, ou l’espoir de recevoir une charge ?

— Oh, le second, bien sûr, le second ! La dame est bien trop haut placée… Ou plutôt, elle a un protecteur bien trop haut.

À cela, mon cousin Néreïssin, courtisan averti, manqua de s’étrangler. Moi-même, j’en savais assez sur le monde pour deviner qu’il ne pouvait s’agir que de celle que l’on nommait la Duchesse des Merveilles, bref une certaine dame Silayyindis, maîtresse du roi. Et que le souverain, plus enclin à se vanter qu’à se cacher de ses vices, ne tolérait aucun manquement à sa favorite.

Souriant franchement, j’intervins :

— Comme tu le vois, cousin, l’ami Ksaïsha n’a jamais eu l’art de la patience, ni celui de jouer les hommes de cour. Mais son cœur sera toujours où il faut !

Néreïssin fit la grimace. Ksaïsha, égal à lui-même, haussa les épaules en riant.

* * *

Nous avons poursuivi, interminablement, de couloir en galerie et de cour en jardin, à travers les multiples bâtiments que l’on avait greffés au fil des siècles sur le palais royal. Ksaïsha s’était adjoint à nous, suivi d’un seul laquais portant son manteau – et une canne qui, pour être de bois précieux et taillée comme le voulait la mode, n’en ressemblait pas moins à un solide gourdin.

Hmm. Un de ces jours, je vais devoir songer à chercher des bêta-lecteurs, moi. (Je me demande si la perspective a plus de quoi faire frémir pour eux, ou pour moi…)

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