Quand l’auteure est en vacances…

Elle écrit. Ben oui, quelle sale manie… Deuxième billet fictionnesque en deux trois jours, on frise l’overdose, décidément.

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La Cité des Jours Nouveaux, chap.1 (extrait)

— Oh, vous avez dû vous montrer fin diplomate, Shalinka ! Le roi eut un petit rire. Quel âge avez-vous ? Dix-sept ans ? Dix-huit ? Et donner des leçons à un vieux soldat comme Soltaranyi… J’aurais voulu y être !

Je gardai la tête haute, mais serrai les poings en silence à mes côtés. Diplomate ? Oh, vous allez avoir de la diplomatie à ne plus savoir qu’en faire, Sire, avant que j’en aie fini avec les Noldaïs ! Et avec ceux qui leur font confiance…

Mais je me forçai à répondre d’une voix égale :

— Que Votre Majesté me pardonne, mais je crois n’être pas novice non plus dans le métier des armes. Si le bruit de la victoire de la Plaine Blanche est parvenu jusqu’à la Cour, alors peut-être Votre Majesté a-t-Elle une idée de ce que j’ai déjà, à ma modeste mesure, pu accomplir !

— Oh, c’est juste, la Plaine Blanche… Tiens, tiens. Et toujours au Kyalindari ! Vous m’intéressez, Shalinka, continuez.

Les petits yeux bleu pâle, acérés, ne me quittaient toujours pas. Non, le roi n’ignorait point que cette victoire inespérée avait commencé en désastre, et que le jour se serait terminé de même si je n’avais pris l’initiative, m’étant retrouvé seul commandant sur le champ de bataille.

La Plaine Blanche. Dardrekkan, pour les Krobors. Un autre souvenir de sang et de mort, de furie et de désespoir…

Un moment, je me retrouvai là-bas, dans le tumulte et la poussière qui obscurcissait l’horizon ; les yeux piquants de sueur, je vis nos lignes plier, refluer devant la furie des bêtes amenées par les Ashanis : des monstres cuirassés, hauts comme une maison, armés de cornes dans la bouche comme des démons… La terreur de leur présence même s’ajoutait au choc physique pour paniquer les nôtres. Je vis le capitaine Torayyan bousculé et piétiné alors qu’il tentait de rallier la troupe ; je me vis, comme en un rêve, saisir une lance de la main d’un fuyard et charger, l’esprit résolument vide, pendant quelques instants qui s’étaient étirés ainsi que des siècles, en visant l’œil vulnérable et minuscule du monstre… Le heurt me jeta à terre à mon tour, mais déjà la bête s’affaissait, écrasant son conducteur, effrayant ses congénères les plus proches. Le flot ennemi avait touché au récif ; bientôt, il deviendrait ressac, reflux en désordre et retrait complet à l’horizon. Entre temps, relevé, animé d’une telle furie que je ne me ressentais même pas de ma chute, rallié par les soldats les plus proches qui voyaient soudain poindre l’espoir derechef, j’avais conduit une nouvelle charge…

Cela s’était passé au début de cette même année. J’avais connu là ma deuxième bataille rangée seulement. La Plaine Blanche… Un souvenir, oui, mais d’un tout autre genre.

Et puis je me retrouvai à nouveau dans cette vaste et austère salle du trône, à Tsilkansa, et l’instant présent reprit ses droits.

Bien, bien, bien. Avec tout ça, j’ai terminé un premier chapitre et écrit la moitié d’un deuxième. Pas mal pour moins d’un mois de travail.

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