Avec de vrais morceaux de roman dedans

On avance, on avance, doucement mais sûrement. Si vous avez suivi, vous saurez de quoi je parle.

Capture d'écran (Libre Office et StarDict sous Ubuntu)

Nous avancions parmi les rues encombrées ; plus légers cependant, au fond de notre cœur, depuis avoir quitté le palais. Seul Néreïssin faisait grise mine.

— Toujours inquiet, Neïri ?

— Je ne sais pas… Mal à l’aise, surtout. Vois-tu, Yenshaya, la vérité n’est pas monnaie de bon aloi en ce pays-ci.

— Ce pays… Que veux-tu dire ? Ici, au Nintaïka ?

— Je veux parler de la Cour.

Je ne pus m’empêcher d’éclater de rire. Mais Ksaïsha, qui nous avait entendus, intervint à son tour :

— Je ne suis arrivé que de quelques mois à la capitale, mais je dois dire que je partage l’avis de ton cousin, Yenshaya. Et j’en suis bien désolé !

Et son visage, ma foi, était grave à un point inaccoutumé. En souriant, je répliquai :

— Croyez-vous que je n’aie aucunement l’expérience des intrigues ? Allons, nous saurons bien faire rire des rieurs ! Et prendre les fourbes à leurs propres rets.

Néreïssin se contenta de secouer la tête.

Inutile cependant de discuter pour le moment. Et dangereux. Dans la cohue matinale, Tsilkansa ressemblait plus aux descriptions des régions infernales qu’à une cité digne de ce nom. Je tirai mon cousin par la manche pour lui éviter l’écrasement sous les roues d’un carrosse, tandis que Ksaïsha jouait des coudes (et du plat de l’épée) au milieu d’une tourbe de vauriens qui prétendaient proposer leurs services aux voyageurs de rencontre. Pour mieux les dévaliser au passage, sans doute.

Plus amusé qu’exaspéré, j’appelai nos valets à la rescousse et les envoyai devant nous, munis de bâtons, pour ouvrir le passage.

— Neïri, ai-je ajouté pour le secouer de sa rêverie, la prochaine fois, ne me parle point d’économie et fait préparer la voiture, veux-tu ? Si rien d’autre ne vaut, les armes de Shalinka devraient suffire à écarter au moins le gros de cette foule.

— À moins, répliqua gaîment Ksaïsha, que cela n’attire que plus de badauds !

Quel encouragement, en vérité.

Une suite, une suite… Peut-être, un de ces jours. Mais sachez que la journée a été productive. Ça fait bien plaisir.

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