Roman: L’Héritier du Tigre, chapitre 6

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L’Héritier du tigre

Roman

par Irène Delse

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Première publication : éditions Le Navire en Pleine Ville,
Saint-Hippolyte-du-Fort (France), mai 2006.

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Présente édition publiée sous licence Creative Commons 2.0 (France)
BY-NC-SA (Paternité, Non commercial, Partage à l’identique)

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Chapitre 6 : Mort sur la route

Enfin, au matin du huitième jour, nous passâmes la dernière ligne de crête, et le vallonnement familier fit place à une longue étendue de sable piquetée d’ajoncs, bordée à l’est par l’immensité grondante de la mer.

C’était comme un animal au vaste dos gris, léchant la côte de sa langue d’écume à chaque respiration. Des oiseaux au cri aigu voltigeaient au-dessus de ce monstre, tantôt plongeant, tantôt s’élevant haut dans les airs, se becquetant, se chamaillant, comme des pique-bœufs sur un troupeau.


Les chevaux ne firent guère de difficulté pour descendre sur la plage, bien aises de pouvoir courir librement sur le sol plat et dégagé. On les laissa quelque temps se dégourdir les jambes. Quand ils se furent calmés, Zunsi ordonna de les faire marcher dans les vagues peu profondes le long du rivage, en allant vers le nord. Cela leur ferait du bien, déclara-t-il, de se rafraîchir les jambes après avoir tant cheminé. Et l’air de la mer valait pour les bêtes comme pour les gens, n’est-ce pas ?

S’il en parlait avec autant d’aise, poursuivit-il, c’est que sa famille venait du sud du Nintaïka, de la région côtière de Tamna-Rora. Son épouse était restée là-bas, avec leurs enfants et le reste de leurs gens. Il les ferait venir dès qu’il aurait accompli sa mission auprès du seigneur Shalinka Solraïni Ktassilsha…

Quel bavard, pensai-je. Si le retour en pays familier le fait babiller autant, nous aurions mieux fait de rester dans les collines !

Agacé, je tournai mon regard vers le bateau qui était mouillé non loin du rivage, à quelques centaines de pas devant nous. Des Knas s’affairaient sur la plage alentour. Ils avaient mis un canot à la mer et semblaient décharger des caisses et des ballots. Sans doute des marchands venus d’un pays lointain. Leurs voiles bariolées tranchaient sur l’étendue bleu-gris de la mer. Je m’étonnai vaguement de ce qu’ils aient accosté en ce lieu, si loin de toute ville.

Annkeld aussi les avait vus. Soudain, il s’élança follement, mettant sa monture au galop, devançant dans sa hâte les soldats surpris. Espérait-il trouver parmi ces inconnus aide et assistance ? Ou tout simplement échapper à un péril certain, quitte à retomber peut-être dans un autre ? Je ne le saurai jamais à présent.

Obéissant aux ordres jetés à la hâte par Zunsi, quatre soldats se lancèrent à la poursuite du jeune serviteur. Quand ils virent qu’ils ne pourraient le rattraper à temps, ils s’arrêtèrent, bandèrent leurs arcs, et tirèrent d’un même mouvement. Quatre flèches dans le dos. Annkeld fut fauché net.

Les soldats allèrent en hâte récupérer le corps. Ils tâchèrent aussi de ramener à eux le cheval de leur victime, qui avait continué à trotter un moment droit devant lui, la bride sur le cou. L’un des Knas réussit à l’attirer à l’aide d’un quignon de pain. Il put bientôt le saisir par la bride et le ramener vers les autres, murmurant tout du long des paroles d’encouragement. Puis ils revinrent au triple galop. Échaudé, Zunsi fit repasser à sa troupe la crête qui séparait les collines du rivage, et ne s’arrêta qu’après avoir gagné l’ombre de la forêt.

Tout cela n’avait duré que quelques instants.

J’étais hors de moi, tremblant de peur et de rage. Me tournant vers Zunsi, je criai :

— Assassin !

Il se rebiffa.

— N’as-tu pas vu leurs couleurs ? cracha-t-il. Ce sont des pirates ! Ils nous auraient tués, ou vendus comme esclaves à Tamna-Rora, si ce gamin sans cervelle avait réussi à les rameuter !

Des pirates…

Rien qu’à cette voile jaune, on pouvait les reconnaître ! Ils ne se cachent pas, ces brigands !

Brûlant de colère, je baissai la tête, tâchant de me souvenir. Elle était jaune, en effet, frappée d’un long serpent noir… Lui-même surmonté d’une couronne rouge.

Je baissai la tête, écœuré. Oh, oui, j’avais entendu parler d’eux ! Les pirates de la Mer Orientale étaient un nom de terreur, bien trop familier, hélas, tant au Nintaïka qu’au Kyalindari. Eyyenvi m’avait fait apprendre leurs signes distinctifs, comme il m’avait enseigné les armes et emblèmes du Nintaïka et des royaumes voisins.

Je lançai à Zunsi d’un ton amer :

— Vous faites un drôle de maître, Denshari. On fait plus de cas des bêtes que des gens, chez vous ! Ou bien avez-vous seulement peur de laisser des traces ?

Mon trait lancé au hasard avait fait mouche. Ne pas laisser de traces visibles des pirates comptait plus que la vie d’un ou deux Knas… Le Denshari grimaça. Son expression fut si semblable à celle de son frère, pendant un instant, que je ne pus m’empêcher de frissonner.

Encore heureux que nous eussions laissé Zunsatyi loin derrière nous ! S’il m’avait fallu compter avec lui…

Zunsatyi… Zunsatyi, pensai-je, avait eu beaucoup trop de chance, et maudit soit Shíra pour cela ! Un jour, peut-être, son tour viendrait. Mais en attendant, je préférais ne pas penser aux ravages qu’il pouvait faire, laissé seul et sans entraves, tenant en main une forteresse et de nombreuses troupes. L’absence de son frère ne l’arrangerait que trop bien.

Nous continuâmes notre route, cheminant par d’étroits sentiers. Mais avant, comme je l’avais craint, Zunsi fit recouvrir de terre le corps du petit serviteur.

Et il semblait vraiment si petit, seul et nu dans le trou peu profond. Quelques instants suffirent bientôt à le faire disparaître sous les mottes noires. Annkeld n’avait qu’un an ou deux de plus que moi et ne me dépassait guère en taille. Je ne sais pourquoi, cela me poignit le cœur.

Ravalant chagrin et colère, je prononçai en moi-même quelques paroles d’un chant funèbre que m’avait appris Eyyenvi, un jour, et qui m’avait toujours semblé paisible et beau.

À l’issue du chemin,

À l’orée de la vie,

Nous faisons nos adieux :

Nul ne revient jamais de la Rive Sombre.

À l’entrée de la mort,

Au début du chemin,

Tu chemineras sans crainte :

Nul ne revient jamais de la Rive Sombre.

* * *

Et nous avons chevauché et chevauché encore, jusqu’à la fin du jour. Le surlendemain, les collines s’abaissèrent peu à peu, descendant par degrés vers une vaste plaine que sillonnait une rivière aux eaux lentes, aux méandres envahis de roseaux. Dans les bois, pins et cèdres cédèrent la place aux hêtres, puis à d’épais taillis de chênes où retentissait de temps à autre le bruit de la scie et de la cognée, le bruit des Knas au travail. Le chemin s’élargissait. La route se faisait plus civilisée de lieue en lieue.

Des groupes de voyageurs nous croisaient, méfiants eux aussi, puissamment armés. Un brin de conduite, le temps d’échanger les dernières nouvelles d’en deçà et au-delà des monts, puis l’on se séparait.

Nous passâmes devant quelques villages fortement remparés, entourés de champs défendus par des murs ou de hautes haies. De petits groupes de jeunes gens se tenaient aux carrefours, armés de piques et de bâtons : milices paysannes. Bientôt ce serait un village, une auberge hospitalière, peut-être, ou quelque château ami… Je réalisai brusquement que les étendues sauvages du Kyalindari, où tout semblait possible, touchaient à leur fin.

Agir, pensai-je. Et vite, ou il ne sera plus temps.

Ce soir-là, au bivouac, je m’appliquai à mâchonner consciencieusement ma ration, puis je m’allongeai tranquillement, enroulé dans une vieille couverture. L’équipement des Denshari, pour tout ce qui n’était ni arme ni armure, laissait décidément beaucoup à désirer.

Silencieux, feignant de dormir, je me mis à réfléchir fébrilement. Comme souvent, les soldats ergotaient pour savoir qui monterait la garde, sous l’œil acéré du vieil Aïtin Fansha. Celui-ci finit par trancher. Tête-de-bœuf viendrait en premier, puis lui-même, puis deux autres à tour de rôle. On avait cette fois laissé de côté le gamin imprudent, avec un reniflement de mépris. Quant à Zunsi, j’avais remarqué qu’il ne prenait jamais son tour.

Pourtant, qu’importait qui monterait la garde et quand ! Avec Aïtin Fansha qui rongeait son frein dans l’ombre, forcé de veiller, le camp était assuré de ne jamais rester dégarni. La mésaventure de l’autre nuit l’avait assez prouvé.

C’était comme un problème d’échec, au fond. Le vieux soldat était un obstacle en travers du chemin. Y avait-il moyen de le contourner ? Ou mieux encore, de l’utiliser ?

Eyyenvi, mon père, m’avait appris à jouer dès que j’avais su rester attentif plus de deux minutes. Assis à ses pieds, j’avais suivi avec fascination le mouvement léger de ses doigts, ornés comme les miens de blanc et de rouge, tout en buvant la moindre de ses paroles. Ta plus grande ressource, disait-il souvent, ce sont les faiblesses de l’ennemi…

Au début, les règles de marche des pièces d’échecs m’avaient semblé bizarres, venues d’on ne savait où, sans aucune logique entre elles. Jusqu’au jour où mes yeux s’étaient dessillés : peu importait l’origine de chaque pièce, peu importait même chaque coup, il fallait voir dans mon esprit l’ensemble de la partie pour juger la valeur d’une position. Ici au moins la stratégie était claire. Impossible d’agir pendant le tour de garde de l’un des autres soldats. Le vieux Toujours-éveillé risquait à chaque instant de me surprendre, quand bien même l’autre serait assoupi, ou parti pisser dans les fourrés. Et j’étais bien trop petit pour simplement l’assommer.

Pendant qu’Aïtin Fansha monterait la garde, donc. Pour le reste, il faudrait se fier à la chance. Et à la nature. Le vieux Kna avait la vessie un peu faible, je l’avais remarqué les nuits précédentes. S’il s’éclipsait…

Il suffirait de quelques instants.

Pour le moment, je ne pouvais qu’attendre. Aïtin Fansha prendrait sa garde pendant les heures glacées qui suivaient la mi-nuit, dans le « creux » obscur des ténèbres. Jusque là, moi non plus, je ne dormirais pas. Et après…

Après, qu’importe. Je n’y songeai même pas.

* * *

Tout le monde se prépara tant bien que mal à passer une autre nuit sur la route.

Zunsi s’était installé non loin de moi, comme de coutume, pour mieux me surveiller. Oh, le Kna eût fait un bon geôlier, s’il n’avait été si sûr de lui !

Je le dévisageai un moment avec curiosité, regardant les flammes éclairer de leurs lueurs dansantes le visage aux traits rudes, marqué par les ans. Ses cheveux étaient coupés courts, ses yeux gris-bleu. À part une certaine assurance, il n’y avait pas grand-chose pour le distinguer des soldats qui l’accompagnaient.

Soudain je me levai sur un coude et demandai, d’un ton faussement naïf :

— Quel est votre nom, Denshari ? Votre nom entier, votre nom d’Enknayya, veux-je dire.

L’autre me jeta un regard de doute, comme s’il n’était pas sûr lui-même d’avoir bien entendu.

— Qu’est-ce que ça peut te faire ?

J’affectai de rire. Je cherchais à insulter, à blesser… Le Denshari se prétendait bien le vassal de notre famille. Une mission pour le seigneur Ktassilsha, avait-il dit. Cela m’écœurait.

— Rien, fis-je. J’aime seulement connaître le nom de mes gens. Car tu es des miens si tu es au seigneur Shalinka !

Je m’attendais à de la colère. Lui qui se prétendait un Enknayya, malgré son ignorance et ses manières de soudard, qui se glorifiait d’être des vassaux de notre famille, comme si les Denshari étaient autre chose, au fond, que des mercenaires chanceux qui avaient accroché leur char à celui de Shalinka ! Cela ne pouvait que le piquer au vif de le traiter comme tel…

Pourtant, sa réaction me pris en défaut. Elle m’effraya, aussi, et je me maudis d’avoir joué avec le feu. Fallait-il vraiment que je cherche à l’aiguillonner, au dernier moment ?

En un instant, Zunsi fut sur moi. Il me secoua si fort que je dus serrer les dents pour les empêcher de se briser les unes contre les autres. Glacé et surpris, je fixai les yeux sur son visage en furie. Des veines gonflées, bleuâtres, pulsaient sur sa tempe comme un nœud de serpents. Soudain, je fus bien au-delà de la peur.

— Mes gens ! Oh, vraiment ! Tu ne manques pas d’audace, jeune démon ! Sa voix sifflait de rage. Tu veux savoir mon nom ? Apprend que je m’appelle Denshari Dmayanin Zunsi. Si c’est assez bon pour le seigneur Shalinka, gamin, tu n’as pas à tordre le nez ! N’oublie pas que tant qu’il vit, tu n’es pas encore le maître. Je n’ai pas de comptes à te rendre, à toi ! Alors colle-toi ça dans la mémoire, et ne m’adresse plus jamais la parole !

Il me laissa retomber, raide comme un morceau de bois, et se détourna en jurant et maudissant l’orgueil des Enknayyar.

Frissonnant des pieds à la tête, je fermai les yeux, sentant lentement décroître les battements affolés de mon cœur. Il ne faisait pas bon rappeler à Zunsi à quel point je les haïssais, lui et son frère.

Je n’eus pas de peine à m’empêcher de dormir, cette nuit-là. La fatigue me fuyait autant que le sommeil. Gisant immobile, les yeux à demi fermés, je guettai le moment propice, tâchant de deviner à l’oreille les mouvements des gardes. Le camp s’assoupit peu à peu ; on n’entendit bientôt plus que le craquement des flammes, le remuement occasionnel d’un dormeur parmi les bruits de la forêt, les bruits de la nuit.

Nuit sans étoiles, nuit sans lunes,

Le voyageur frémit quand il ferme les yeux.

Couché sous le ciel impassible,

Sous le ciel glacé,

Il guette les bruits, sent passer les heures.

D’un bord à l’autre du monde,

La peur règne, les ombres rôdent.

La noirceur de la nuit a rempli l’horizon.

Le feu baissait. J’en sentais la chaleur diminuer sur mon visage, tandis que la première lune montait entre les silhouettes noires des arbres. J’attendais. J’écoutais le cri des chouettes, le chant flûté des crapauds-musiciens sur la berge de la rivière, et je pensais à Tayyen. La chaleur de son sang sur mes mains. Son cri étranglé au moment où la mort l’avait saisie. La résistance atroce de la chair et de l’os sous ma lame. L’épée y était entrée jusqu’à la garde.

Et je revoyais son visage étonné, où la tristesse le cédait à la douleur, puis à l’immobilité de la mort.

Aujourd’hui encore, quand je pense à ce jour de printemps de l’An 731, au sommet de la dernière tour de Nitindra, j’ai du mal à me représenter Nitjin et Eyyenvi, mes parents. Mais je revois toujours Tayyen. Et je ne dors guère non plus, depuis.

Près du feu rougeoyant, Aïtin Fansha se leva en soupirant, faisant craquer ses vieux os. Il s’éloigna. J’hésitai un instant. La nuit était profonde et calme, tous les soldats endormis.

J’allais me lever, quand j’entendis Fansha revenir et jeter sur le feu une brassée de bois mort. Il tisonna les braises un long moment, penché au-dessus des flammes. J’écoutai mon cœur battre furieusement, comme s’il voulait sortir par force de ma poitrine. Mais le vieux Kna s’en alla de nouveau.

Cette fois, j’entendis le son de ses pas mourir peu à peu dans l’épaisseur des fourrés. Je me levai lentement, sans gestes brusques. Un chasseur doit bouger en silence, aussi léger que la brise du soir… Ce n’était pas la voix de mon père qui résonnait à présent dans ma mémoire, mais celle basse et rauque du Krobor Dernkald, qu’il employait souvent comme guide dans ses chasses. Dernkald aussi était mort, emmenant avec lui dans les Ténèbres plusieurs soldats Denshari.

Comme une brise légère, je me rapprochai de Zunsi. Il dormait profondément, son visage sombre paraissant plus vieux dans l’immobilité du sommeil. Il avait ôté ses bottes, appuyé la tête contre la selle. Et son épée gisait là où je savais la trouver : tout près de lui, à portée de sa main.

Erreur, Zunsi. Profonde erreur. Je m’en saisis et la tirai du fourreau, écartant mes bras de tout leur long.

Tenant la pointe à quelques doigts seulement du visage endormi, je restai un instant immobile. Quelque chose en moi hésitait. Un Enknayya, pensai-je. Tu es un Enknayya, pas un quelconque brigand, Yenshaya ! Tu es un Shalinka, Shalinka Eyyenvi Yenshaya… Et un noble, un Shalinka, ne tue pas ainsi, comme un voleur dans le noir.

Envahi d’une sueur de glace, je relevai quelque peu l’épée, en la gardant fermement à deux mains, et touchai du pied le corps du dormeur. À mi-voix, je crachai :

— Denshari !

Rien. C’était presque décevant. Je recommençai :

— Lève-toi, Denshari ! Et tâche de te défendre ! Ma voix était aiguë et frêle dans la nuit.

Cette fois, la tête hirsute tressaillit, et Zunsi me regarda en clignant des yeux. Manifestement, il n’arrivait pas à y croire. Peut-être me prenait-il pour un cauchemar ?

Je m’écartais d’un pas, maintenant toujours l’épée en position, et le regardai se lever lentement, un air de stupéfaction peint sur le visage. Une dague était suspendue à sa ceinture, et je savais qu’il avait un autre couteau dans sa botte droite. Je l’avais vu couper du sucre avec et le donner à ses chevaux. Il aurait pu m’avoir, s’il avait seulement essayé.

Mais non. Incapable d’y croire, il porta vaguement la main à sa ceinture tandis que je relevais l’épée, la pointe dirigée contre son ventre. Je plongeai vivement sous son bras gauche alors qu’il essayait en vain de m’écarter.

J’imagine qu’il ne commença à comprendre que quand l’arme lui perça le foie.

Ignorant ses hurlements, je forçai l’épée vers le haut à travers la chair. Il se courba en deux, tremblant de tout son corps. J’arrachai l’épée et frappai à nouveau. La gorge était là, à ma hauteur. Je l’ouvris d’une oreille à l’autre.

Les autres soldats étaient levés à présent. Je laissai le Denshari s’effondrer à mes pieds, pissant le sang de toutes parts. Lâchant la lourde épée, je bondis vers les fourrés et m’enfonçai dans la nuit.

(À suivre)

(Liste de tous les chapitres publiés)

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