Archives mensuelles : septembre 2010

Réalité contre nihilisme: c’est toujours les mêmes qui gagnent

[Mise à jour du 24/09: Ami lecteur, amie lectrice, qui furent dirigé ici par un petit esprit incapable de faire autre chose que railler ce qu’il ne comprend pas, prend conscience, je te prie, que ce billet contient de l’ironie. Et même des blagues geeks. Si tu ne sais pas de quoi il s’agit, n’hésite pas à te cultiver dans les archives de maman Google.]

C’est que la réalité n’a pas de bons arguments, voilà bien le problème. Et dans les débats, on peut toujours démolir n’importe quel argument avec un peu de dialectique nihiliste, qu’elle soit de l’espèce sceptique, post-moderne ou bien tout simplement primaire. (Comme l’école, car cela consiste à se boucher les oreilles en chantant très fort: «Na-na-nère, je t’entends pas!» – une tactique fort prisée des leaders politiques et/ou religieux.)

Et ça explique aussi comment le gouvernement (entre autres) s’y prend pour non seulement mentir sur des trucs pourtant faciles à vérifier (ce qu’ont vraiment dit X et Y à Bruxelles, combien d’argent donnent en moyenne les contributeurs de l’UMP avant de recevoir la légion d’honneur…) mais en plus se sentir dans son bon droit quand il le fait: c’est pas sa faute à lui, c’est celle de la réalité.

On notera que les écrivains, eux, connaissent bien le problème: dans un récit, il faut au moins un minimum de vraisemblance et de cohérence interne, alors que le monde réel, lui, n’a pas à se justifier devant un éditeur – ni surtout des lecteurs – pointilleux!

Voir la suite dans Les Céréales du Dimanche Matin (VF du génial webcomic de Zach Weiner) sur le portail Lapin.

Bon, c’est un peu dommage d’avoir changé le titre (SMBC = Saturday Morning Breakfast Cereal, soit les céréales du samedi matin…) et surtout, surtout, d’avoir oublié le point rouge sur lequel on doit faire planer la souris, à la fin!

Brèves de guichet: la journée du patrimoine

Cette année, j’ai sacrifié au rite des journées du patrimoine, alors que je me trouvais dans la région de Bordeaux, avec des amis. Parmi nos visites, les jardins du château de Vayres, qui valent bien le détour. Comme beaucoup de ses pareils, c’est un peu l’abrégé en pierre de l’histoire de France: Moyen-Âge, Guerre de Cent ans, Renaissance, Fronde, etc.

Château de Vayres (Gironde), habité à l'année par...... on Twitpic

Nous apprenons que le château est toujours habité, et toujours entre des mains privées, mais sans plus de précisions, et la curiosité nous fait essayer de tirer les vers du nez au jeune homme qui officie à la vente de billets.

«Qui donc habite le château à l’année», demandons-nous? (Nous croyons jouer très fin en ne demandant pas de but en blanc qui est propriétaire de ce luxueux tas de pierre. Le pays de l’argent a ses pudeurs, on le sait bien.)

La réponse vient du tac au tac:

«C’est moi!»

Ah, ha! C’est donc lui le gardien, et discret sur son employeur, semble-t-il. Pas fou. Et il est clair qu’il suit la consigne.

Force nous étant d’être plus explicites, nous demandons qui est le proprio, mais n’obtenons que cette description: un grand banquier d’affaire français. Voilà, voilà. Le château d’Henri IV et des comtes de Foix appartient bien à la nouvelle aristocratie… Mais aujourd’hui comme hier, ce sont avant tout des employés qui y résident.

Rien de nouveau sous le soleil de France.

Où je réponds à une requête Google: droit de vote et gens du voyage

Ces temps-ci, il arrive assez souvent qu’un quidam arrive en tapant «droit de vote des gens du voyage» dans un certain moteur de recherche dont le nom commence par G. (Parfois aussi par B, mais c’est plus rare.)

Cher internaute, ne cherche plus: la réponse est ici.

En bref: s’ils ont la nationalité française (comme c’est en majorité le cas), les gens du voyage peuvent évidemment voter. Mais, et c’est là que ça coince, en pratique, les lois auxquelles ils sont soumises (carnet de circulation, condition pour s’inscrire sur les listes électorales…) rend difficile pour eux l’exercice de ce droit. Et moins risqué, pour le gouvernement, de les montrer du doigt en guise de boucs émissaires.

Le diable est décidément toujours dans les détails…

En passant

Parce que la mère fouettarde Hadopi a commencé à envoyer ses demandes d’identifications, et que dans sa grande sagesse (heu…), il y en a autant pour chaque fournisseur d’accès, quel que soit le nombre de ses abonnés. Tu sais ce … Lire la suite

En passant

Dans la rubrique «pas  très Net», n’oublions pas les éditions Hachette, dont le site de vente de livres numériques MyBoox (sic) intègre d’autorité les flux Twitter d’écrivains et d’autres éditeurs – mais qui les supprime aussi sec si, comme François Bon … Lire la suite

«Il faut se faire à l’idée» que nos médias sont amnésiques…

Pour faire avaler de nouvelles couleuvres aux cochons de payants (pardon, au peuple français), il y a une formule de rhétorique à tout faire: «Il faut se faire à l’idée que»

L’idée qu’il serait incontournable de casser la retraite par répartition, ou l’école publique et gratuite pour tous, ou encore la sécurité sociale. Celle-ci aurait un trou abyssal et incomblable autrement que par les déremboursements – et leur corollaire, le transfert progressif du marché aux assurances et mutuelles. Ben voyons.

Sauf qu’il suffit de revenir en arrière de même pas dix ans pour se rappeler que les comptes de la Sécu avaient été à l’équilibre sous… Tiens, qui donc, au fait?

La gauche! Le si décrié gouvernement Jospin!

Une question: pourrait-on – par exemple – offrir au présentateurs de journaux parlés ou télévisés une paire de rétroviseurs (en sorte qu’ils puissent encore avoir en tête les événements les plus importants de la dernière décennie), ou tout simplement un abonnement internet de manière à consulter, de temps à autre, des informations un peu plus fiables que leurs calembredaines préformatées?

Merci au Bœuf qui pleure de cette audacieuse proposition. On devrait pouvoir la financer sans peine en rognant un peu le bouclier fiscal, ou certaines niches du même alloi.

En passant

Pope Ratzi should get remedial history, quick! He claimed that the root to Nazi evil was atheism (ooh, Godwin…) but didn’t he realize that the real Nazis defended religion? By, notably, banning all books that «ridicule, belittle and besmirch the … Lire la suite