Critique médias: sachons détecter le sexisme ordinaire

Et allez donc. Au Téléphone sonne du 29/07 (avec Laurence Allard) sur les «cinq milliards de portables», un représentant de Nokia ne craint pas de parler du téléphone mobile comme:

«accessoire de mode pour les femmes, accessoire de travail pour les hommes»

Je cite textuellement.

Il n’est donc pas venu à l’esprit de ce monsieur (car c’est un monsieur) que les hommes pouvaient être sensibles aux modes et les femmes utiliser leur portable pour travailler? C’est fou.

Voilà qui va intéresser les utilisatrices de portables. Hmm…

Hélas, personne dans le studio n’a relevé. Bon, ils avaient un ordre du jour déjà chargé comme ça, on leur pardonnera donc. Mais c’est un exemple typique du genre de distorsions sexistes de la pensée, du langage et du champ de vision que l’on rencontre tous les jours et qui est très, très, très énervant.

Je sais, je sais, on m’objectera que c’est un exemple de phallocentrisme minuscule, à côté de ce qui se passe, oh, disons, au Pakistan (où un projet de loi punissant les maris qui battent leur femme a été rejeté au motif que c’était «contraire au Coran», qui donne – selon le Conseil de l’idéologie islamique local, bien sûr – l’autorité au mari sur sa femme); ou encore au Mexique, si catholique, où les femmes qui veulent mettre fin à une grossesse non voulue risquent de lourdes peines de prison…

C’est exact. Mais faut-il pour autant cesser de balayer devant notre porte? D’exercer notre esprit critique et notre sensibilité?

J’ai envie de citer une de mes écrivaines fétiches, Lois McMaster Bujold, qui faisait dire à un de ses personnages: «Le premier et le dernier champ de bataille, c’est l’esprit humain.»

Une seule chose à dire: oui.

4 réponses à “Critique médias: sachons détecter le sexisme ordinaire

  1. Sujet voisin: je me suis fait la remarque en feuilletant le dernier numéro de Lire, avec des extraits de romans de la rentrée: combien d’auteurs féminins? Deux, je crois, sur une quinzaine d’auteurs sélectionnés. Ca permet d’éviter Catherine Pancol, mais c’est une mince consolation…

  2. Comme le dit souvent ma copine @Desirade face à ce type de déclaration: c’est vrai pour les femmes pour qui c’ est un accessoire de mode et vari pour les hommes pour qui c’est un accessoire de travail mais dans tous les autres cas c’est faux.

    • Et c’est aussi une conséquence du découpage plus ou moins arbitraire de la clientèle en catégories marketing. On peut faire plusieurs sortes de découpages, y compris les hommes et les femmes; les utilisateurs pros et les particuliers; les acheteurs de gadgets à la mode, sensibles au design et à la nouveauté, et puis les acheteurs qui valorisent avant tout l’utilité ou le rapport qualité-prix. Quand on vient à confondre femmes et acheteurs d’accessoires d’une part, et hommes et usagers pros de l’autre, on verse dans un cliché sexiste particulièrement sournois. Qui n’est peut-être pas nocif pour le chiffre d’affaire de l’entreprise, du moins à court terme… Cependant, cela influe aussi sur l’image de la marque.

  3. Pingback: Variae › Nouvel Observateur, vieux sexisme

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