Archives mensuelles : mai 2010

L’athéisme et le scepticisme appliqués à Apple

Avertissement sans frais

Certaines opinions exprimées ci-dessous risquent de choquer les croyants sincères. Mais vous préférez sûrement que je respecte vos facultés de raisonnement logique, et pas juste votre foi en telle ou telle icône médiatico-informatique ?

Hmm ?

Ceci dit, procédons plus avant.

* * *

C’est fou comme certaines tendances ont la vie dure. Parlez sur un blougue de sujets liés au féminisme ou à l’oppression des femmes et, rapidement, voilà que des mecs rappliquent avec un grand cri de : « Mais les hommes ont des problèèèèmes aussiiii » ! Ça ne rate jamais.

De même, parlez sur un blougue de logiciels libres, de plate-formes et/ou formats ouverts, et voilà que les fans d’Apple ou de Microsoft rappliquent avec un grand cri de : « Mais iTruc / Windows N… sont de bons produits aussiiii » !

Hé, sans doute. Je veux bien vous croire. Et vos anecdotes sont bien sympathiques. Qu’importe si la plupart du temps, elles sont essentiellement tautologiques : ce sont des témoignages d’utilisateurs qui aiment les gadgets électroniques qu’ils ont adoptés. Voui, voui. Et pourquoi ils les ont adoptés ? Parce que cela correspondait à leurs besoins en matière d’électronique et de gadgets. Tiens, donc.

Mais au fait, qu’est-ce ces historiettes apportent à des gens qui n’ont pas les mêmes besoins en la matière, pas les mêmes habitudes de travail, goûts esthétiques, expérience, patience avec l’informatique, nécessités professionnelles, base installée, etc. ?

Heu…

Pas lourd.

Mais on avait bien dit qu’il s’agissait d’anecdotes, pas vrai ?

* * *

Et puisqu’il se trouve que cette fois-ci, c’est un fan d’Apple qui a détourné mon dernier billet sur une offre de liseuses électroniques sans pomme, essayons de poursuivre plus loin l’analogie, pour voir.

Une chose qui m’amuse, et qui revient souvent dans l’argumentaire de ce genre de fans, ce sont des affirmations du genre « nous libérer de la tyrannie de X… » (Microsoft, Adobe, Google : choisissez. Apple est le challenger multicartes, c’est bien connu.)

Fort bien. Mais si c’est pour tomber dans la dépendance à Apple, où est l’avantage ?

Y a-t-il de « bonnes » dictatures ? Pourquoi faut-il que Steve Jobs en personne intervienne pour modérer les rigueurs de la politique maison d’Apple en matière de ce qui est acceptable dans l’App Store ou pas ?

Hum. Autant demander pourquoi, dans l’ancien régime, on présentait au roy des placets pour lui demander d’atténuer les rigueurs de sa propre justice. Ou pourquoi c’est le Pape, dans l’Église catholique, qui a le dernier mot sur la possibilité ou non pour les cathos d’accepter l’évolution.

* * *

Tiens, au fait, puisque Jésus est revenu d’entre les morts pour diriger Apple… Posons-nous quelques questions supplémentaires. Rien n’est sacré.

Lors de la sortie du Kindle d’Amazon, en 2007, on avait entendu Steve Jobs déclarer vertement que la lecture était morte et qu’Apple ne se lancerait pas sur ce marché-là. Oooh, non.

Mais alors… À quoi joue donc à présent Steve Jobs, ou du moins sa firme, lorsque Apple fait la promotion de l’iPad comme d’un appareil idéal pour la lecture de textes numériques ? Jusqu’à provoquer un vent de panique chez Amazon, quand les grands éditeurs américains, les uns après les autres, tournent le dos au modèle du « prix unique pour les nouveautés et best-sellers » choisi par Amazon.

(Soit dit en passant : bien fait pour Amazon. Et dommage qu’ils fassent subir aux auteurs les dommages collatéraux de leurs guéguerre de mammouths de l’édition.)

Bref, faudrait savoir. Morte ou pas morte, la lecture ? Et Apple est-il en train de jouer le même coup avec les livres et l’iPad que pour l’iPod et la musique ? Ou bien est-ce un rien plus subtil ?

Subtil, oui. Peut-être même plus qu’un rien.

Car au fond, que vend Apple avec l’iPad ? Une liseuse électronique ? Non, pas vraiment. L’appareil a un écran LCD, pas à base d’encre électronique, donc sans avantage pour les yeux par rapport à un écran d’ordinateur. Et les applications disponibles sont clairement censées satisfaire une clientèle bien plus vaste que celle des lecteurs. Jeux, multimédia, communication, et j’en passe.

Mais alors, l’iPad serait une sorte d’ordinateur portable léger, avec une interface simplissime puisqu’héritée de l’iPhone ? En gros, oui. C’est un netbook à écran tactile. Ou, si on veut, un iPhone agrandi.

Sauf que, dit ainsi, ce n’est pas très glamour. Et surtout, si Apple avait lancé sa machine sous ses vraies couleurs, l’iPad aurait pris le risque de se retrouver noyé parmi la pléthore de tablettes communicantes, netbooks et autres gros smartphones qui se disputent déjà le marché.

Du coup, tout s’explique.

L’application iBook, c’est l’angle choisi par les as de l’Apple-marketing pour positionner la bébête sur le marché : lecture, instruction, culture, toutes choses respectables et qui donnent au gadget un certain cachet. Car certes, l’iPad est simple, mais il ne faudrait pas non plus que toute la communication à son sujet soit du genre « mon gamin de 2 ans 1/2 et son iPad ». Voire « mon chat et »

L’appareil offre certes le design ultra-sexy d’Apple, mais c’est devenu une habitude. Ses capacités sont limitées. Et il ne comprend pas d’innovation technologique époustouflante, il faut l’avouer.

Et pourtant, il fallait bien un truc pour amener les gens à débourser les 500 $ US, au minimum, pour se le procurer. Et quoi de mieux que l’appel de la culture ?

D’où ce (discret) revirement par rapport aux livres numériques…

I’m in your galaxies, spewing black holes

Don’t panic! Galaxies around us may be routinely hurling out super massive stars and even black holes into the unsuspecting surrounding space, but hey, what can we do about it? Ab-so-lute-ly nothing, that’s what. So, why not just take a seat and enjoy the pictures?

« Cannonball » star ejected from the 30 Doradus cluster (or Tarantula Nebula), a noted nursery of stars. Image credits: Hubble Space Telescope (NASA/ESA) and ESO’s 2.2 meter telescope in Chile.

In black, the center of the galaxy, where normally lies a massive black hole. In red, what may be the ejection of said black hole, « hurled out » by the collision between two galaxies if the theory of Marianne Heida, of the University of Utrecht, is verified. (Image: Chandra Space X-Ray Observatory.)

Facebook, tout le monde descend. Je répète, tout le monde descend…

Avis à la Facebookepopulation : d’ici le 26 mai, ce compte et toutes les informations qu’il contient auront disparu de la Facebookosphère. Idem pour le NetworkedBlog attenant.

Pourquoi ? J’ai décidé de supprimer ma page Facebook. Pas « désactiver », non, supprimer définitivement. Nuance. Si, si, c’est possible, même si FB n’aime pas trop que vous fassiez cela. D’ailleurs, voyez le délai de deux semaines qu’ils imposent pour valider la suppression effective du compte : j’ai rempli le formulaire aujourd’hui, le compte ne disparaîtra que le 26 mai. Sans justification, d’ailleurs. C’est juste l’une des mille et une façons qu’a FB de prendre les usagers pour des buses.

Pourquoi je pars ? Oh, disons que la dernière faille de sécurité, celle du chat, venant après l’affaire des courriels non sécurisés, venant après le changement des conditions d’utilisation, qui réaffecte unilatéralement certaines données privées dans le champ public – tout cela en plus de la frustration croissante que je ressentais à utiliser ce site/réseau lourdingue, bourré de spam et de pseudo-jeux à la mord-moi-le-clavier… Bref, pour faire simple, disons que marre, c’est marre.

  • Mais, euh, argh ! Comment on pourra me contacter, alors ?

Facile. Comme précédemment : soit en commentant ici, sur ce blogue (pas d’inscription nécessaire). Ou en m’envoyant un message sur Twitter, pour ceux qui ont un compte de gazouillis. Voire, si on est trrrès rassis et conservateur, avec cette adresse électronique :

irenedelse <chez> gmail.com

En remplaçant <chez> par une arobase. Vous savez, le machin rond avec un a minuscule dedans…

  • Dites donc, ce n’est pas la première fois que je « quitte » l’écosystème FB, non ?

Ha. Oui et non. La dernière fois, FB était surtout casse-pied (la pub, les quizz, jeux et gadgets qui bouffent du temps et de la bande passante…) mais pas aussi big-brotheroïde qu’aujourd’hui. Et surtout, la seule chose qu’ils ont améliorée, à mon avis, c’est qu’on peut désormais réellement supprimer son compte. Eh oui, j’avais précédemment quitté Facebook en désactivant mon compte, faute d’autre possibilité !

Et il n’est toujours pas évident de découvrir la page de suppression. Mais c’est possible, en cliquant sur ce lien :

https://ssl.facebook.com/help/contact.php?show_form=delete_account&__a=3

Et en appliquant les directives suivantes :

  1. Cliquez « Envoyez » pour confirmer la suppression.
  2. Entrez votre mot de passe et le résultat du CAPTCHA (à vos souhaits) pour montrer que oui, c’est du sérieux-pour-de-vrai.
  3. Acceptez encore une fois.

Enfin, surtout, jusques et y compris à la date annoncée pour la suppression effective de votre compte, ne vous reconnectez pas !  N‘utilisez pas non plus Facebook Connect pour vous abonner à un autre site ou commenter sur un blogue… Et pour cette raison, nettoyez l’historique de votre navigateur Internet de ses cookies (certains peuvent avoir enregistré la connexion automatique à Facebook).

Enfin, bien sûr, ne cliquez pas directement sur les liens des courriels que vous envoient vos « amis » par Facebook !

Ou sinon, vous risqueriez d’avoir tout à recommencer.

À bon entendeur…

Bookeen + ILV + Ubuntu = une liseuse libre ?

Attention, Amapple et autres Googazon : la résistance s’organise… Enfin, l’offre alternative s’élargit ! Témoin celle signalée par PC INpact aujourd’hui : deux sociétés françaises, Bookeen (à qui on doit les très chouettes Cybook Gen3 et Opus) et In Libro Veritas (éditeur et prestataire d’auto-édition proche de la philosophie « libriste » – ayant notamment publié La Bataille d’Hadopi) s’allient pour proposer en pré-commande jusqu’au 20 mai le petit ILV Opus, un « e-reader libre », décliné en plusieurs couleurs et configurations, pour 199 € et pas un centime de plus… Et bien sûr, sans DRM.

Pour ceusses qui auraient suivi l’actualité récente de Bookeen, il ne sera pas difficile de reconnaître la nouvelle déclinaison multicolore du Cybook Opus. Les caractéristiques techniques sont sans surprise (technologie E-Ink, écran 5 pouces – non tactile, attention – et 4 niveaux de gris, résolution 600×800, 1 Go de mémoire flash, affichage portrait ou paysage, lecture des formats standard Adobe PDF et epub). Les changements résident, outre dans le choix de plusieurs couleurs pour la coque, dans une nouvelle version du logiciel embarqué (firmware, d’ailleurs aussi basé sur GNU/Linux), pour plus de fiabilité et de rapidité, à ce qui est annoncé.

Et bien sûr, si on achète l’édition spéciale chez ILV, on peut choisir de recevoir son Opus avec un choix de livres numériques déjà présents en mémoire. Plusieurs choix possibles, selon les goûts, dont :

  • La version « Ubuntu », comprend le livre de référence Simple comme Ubuntu, de Didier Roche, plus la distribution Lucid Lynx prête à l’installation ;
  • La « Sélection ILV-Bibliothéca », avec plusieurs des titres phares édités par ILV (dont Internet et Création, Le Hold-up planétaire, etc.) ;
  • Enfin, plus classique, mais ça ne fait pas de mal, une « Sélection domaine public », avec des œuvres de « jeunes auteurs » comme Shakespeare, Homère ou Victor Hugo, histoire de bien débuter une e-bibliothèque.

Pas de sans fil ? Pas d’écran tactile ? Pas de quoi faire trembler Googappfnamazon ? Et alors ? C’est une liseuse, pour les gens qui aiment lire, et qui souhaitent pouvoir emporter partout avec eux leurs livres de chevet ou de référence – et sans avoir à s’enquiquiner avec des verrous numériques, évidemment !

The Internet Is For Cats

And for anime fans too. Srsly. Behold: a rare, real-life instance of the famed Neko-koneko!

funny animal photos - I Got a Tattoo of Myself, Only Thinner
more at ActingLikeAnimals.com

But, « Ghost cat »? I think not. (Tip of the kitty-eared hat: Jerry Coyne.)

(=^.^=)

Le caractère des polices

Pour un meilleur impact sur vos lecteurs, choisissez bien vos polices de caractères ! On s’en doutait ? Oui. Mais c’est aussi dans ce sens que conclut une étude sur « la perception des polices (de caractères) au plan des émotions et de la persuasion » (« Emotional and persuasive perception of fonts », par S. Juni et J.S. Gross, deux psychologues de l’Université de New York).

Le but de l’étude était de comparer deux polices courantes, Arial et Times New Roman, et de voir si un même texte était lu différemment ou non selon sa typographie. On a mis à la tâche 102 étudiants, qui ont dû lire un même texte satirique imprimé dans les deux polices (mais dans la même taille de caractère), et cocher ensuite les termes qui décrivaient le mieux l’effet produit sur eux par le texte.

Résultats de l’étude ? Intéressants : un texte satirique est à la fois plus drôle et plus exaspérant – donc a un impact satirique plus marqué – s’il est écrit en Times New Roman qu’en Arial.

Est-ce à dire que pour faire passer un message complexe, qu’on peut lire à plusieurs niveaux, il vaut mieux ne pas utiliser le genre de police claire, simple et sans fioriture qu’est Arial, qui afficherait dès l’abord un gros « Lire ce texte au premier degré » ? Alors que Times New Roman et autres polices d’aspect livresque, associées à la littérature (et aux journaux de référence…) pourraient mieux préparer à une lecture active, voire interactive ?

Hmm. On notera que l’extrait de l’étude publié dans PubMed est affiché dans une police linéale qui semble bien être de la famille Arial. Alors que le blogue où j’ai trouvé cette référence, Pharyngula (tout comme l’autre blogue scientifique qu’il cite, Discoblog), emploie des caractères adornés d’empattements (ou serifs), comme le Times New Roman.

Coïncidence ? Ou judicieux emploi de ressources typographiques ?

À votre avis ?

(Et non, je ne me prononcerai pas sur le cas de Comic Sans MS. Ni même de Papyrus, pour rester dans le registre des polices ubiquistiquement agaçantes…)

Quand la réalité imite le Disque-Monde…

On se croirait dans Va-t-en-guerre, le roman de Terry Pratchett (Jingo, en V.O.): depuis près de 30 ans, l’Inde et le Bengladesh se disputaient le contrôle d’un minuscule îlot rocheux du golfe du Bengale, un caillou inhabité mais contesté sous le nom de New Moore Island, alias Purbasha ou South Talpatti.

Sauf que… Avec la montée du niveau de la mer concomitante au réchauffement climatique, la question s’est trouvée résolue pour eux: l’île est désormais entièrement submergée par les eaux de l’océan Indien. Une disparition confirmée à la fois par l’imagerie satellite et les patrouilles en mer. Oups. (Source: Discworld Monthly.)

Bon débarras? Allez dire ça aux habitants d’autres îles de cette région, un peu moins petites, mais tout aussi vulnérables…

Mais on reparlera encore de cette réalité qui imite la fiction – après que celle-ci eut imité la réalité. Et on se souviendra peut-être aussi de «l’île à éclipse» de Ferdinandea, en Méditerranée, qui avait donné lieu à divers affrontements entre Anglais, Italiens, Français et Espagnols au XIXe siècle, et qui fut une source d’inspiration de Pratchett pour son roman!