Archives quotidiennes : 7 mai 2010

Le caractère des polices

Pour un meilleur impact sur vos lecteurs, choisissez bien vos polices de caractères ! On s’en doutait ? Oui. Mais c’est aussi dans ce sens que conclut une étude sur « la perception des polices (de caractères) au plan des émotions et de la persuasion » (« Emotional and persuasive perception of fonts », par S. Juni et J.S. Gross, deux psychologues de l’Université de New York).

Le but de l’étude était de comparer deux polices courantes, Arial et Times New Roman, et de voir si un même texte était lu différemment ou non selon sa typographie. On a mis à la tâche 102 étudiants, qui ont dû lire un même texte satirique imprimé dans les deux polices (mais dans la même taille de caractère), et cocher ensuite les termes qui décrivaient le mieux l’effet produit sur eux par le texte.

Résultats de l’étude ? Intéressants : un texte satirique est à la fois plus drôle et plus exaspérant – donc a un impact satirique plus marqué – s’il est écrit en Times New Roman qu’en Arial.

Est-ce à dire que pour faire passer un message complexe, qu’on peut lire à plusieurs niveaux, il vaut mieux ne pas utiliser le genre de police claire, simple et sans fioriture qu’est Arial, qui afficherait dès l’abord un gros « Lire ce texte au premier degré » ? Alors que Times New Roman et autres polices d’aspect livresque, associées à la littérature (et aux journaux de référence…) pourraient mieux préparer à une lecture active, voire interactive ?

Hmm. On notera que l’extrait de l’étude publié dans PubMed est affiché dans une police linéale qui semble bien être de la famille Arial. Alors que le blogue où j’ai trouvé cette référence, Pharyngula (tout comme l’autre blogue scientifique qu’il cite, Discoblog), emploie des caractères adornés d’empattements (ou serifs), comme le Times New Roman.

Coïncidence ? Ou judicieux emploi de ressources typographiques ?

À votre avis ?

(Et non, je ne me prononcerai pas sur le cas de Comic Sans MS. Ni même de Papyrus, pour rester dans le registre des polices ubiquistiquement agaçantes…)