Piquantes suprises

Et si le piment pouvait aider à vaincre la douleur ? Non, pas « parce que ça fait du bien quand ça s’arrête »… Mais parce que des chercheurs d’une faculté d’odontologie, au Texas, ont découvert que le corps humain fabriquait une molécule chimiquement proche de la capsaïcine, c’est-à-dire au principal élément actif du « piquant » des diverses espèces de piment.

La sensation du brûlure dans la bouche, quand on mange du piment, est provoquée par la liaison de molécules de capsaïcine ou d’autres capsaïcinoïdes à des récepteurs chimiques présente sur les muqueuses de la bouche mais aussi à l’intérieur le corps. (D’où la douleur si on met du piment sur une coupure, par exemple.) Ces substances irritantes sont le résultat de l’adaptation des plantes à la prédation par les herbivores, une sorte de course aux armements du monde végétal. Mais ne les blâmons pas trop si elles ne respectent pas la Convention de Genève sur les armes chimiques ! Pour des espèces qui n’ont pas de système nerveux et vivent fixées au sol, la fuite comme l’attaque sont hors de question. Reste la production de produits toxiques, irritants, répulsifs en tout genre…

Enfin, pas forcément pour une bestiole aussi bizarre qu’Homo sapiens, qui s’est fait une spécialité de cuisiner toutes les saveurs, piquant inclus, et de cultiver pour les connaisseurs des variétés particulièrement intenses de piment !

Et la douleur provoquée par d’autres causes que le piment, dans tout ça ?

La découverte du Dr Kenneth Hargreaves et de son équipe montre que les molécules impliquées dans la perception de douleur par le système nerveux humain ressemblent elles-mêmes à la capsaïcine, et se fixent à la même catégorie de récepteurs chimiques. Cela offre désormais aux chercheurs en anesthésiologie un meilleur modèle, plus finement détaillé, pour comprendre le mécanisme de la douleur. Une fois identifiées, dans ces fameux analogues humains de la capsaïcine, les molécules qui transmettent l’information « Aïe ! » ainsi que leur mode d’action, il devient envisageable de bloquer ce mécanisme en introduisant dans le milieu une autre molécule qui bloquerait la production de cette « pseudo-capsaïcine » produite par l’organisme en cas de blessure.

Ce qui devrait ouvrir des voies de recherche prometteuses pour le développement d’analgésiques à la fois puissants et ne provoquant pas d’addiction – un domaine où, aujourd’hui, on ne peut avoir l’un sans l’autre.

Et c’est ainsi que le piment peut aider à vaincre la douleur : non en  « soignant le mal par le mal » (vieille formule du temps des alchimistes, lorsque, faute de comprendre le fonctionnement du corps humain, on voulait y voir un microcosme, un analogue en miroir et en miniature du vaste monde avec ses plantes, ses étoiles et autres phénomènes macroscopiques) mais à en nous apprenant comment traiter le problème à la source.

Et même les palais délicats, rétifs aux plus doux d’entre les piments doux, devraient enfin pouvoir apprécier l’apport de ces plantes rétives, mais hautement évoluées, au bien-être de l’humanité.

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