Archives quotidiennes : 19 avril 2010

Parfois, je ressens beaucoup de compassion pour les croyants

C’est vrai, quoi. Si leurs guides spirituels sont censés être un exemple, les croyants et croyantes de base ont bien matière à s’inquiéter.

Voyez les catholiques.

En visite à Malte, le pape Benoît XVI n’a pas seulement donné le bizarre spectacle d’un grand patron confronté à la réalité humaine des crimes qu’il a contribué pendant des années à mettre sous le boisseau, tout en restant incapable de les condamner clairement sans saper l’autorité de l’organisation même que ces cachotteries étaient censées protéger.

La solution ? Ô miracle ! Au grand délice des médias du globe, il a pleuré ! Les dirigeants d’Enron ou de Goldmann Sachs n’en avaient pas fait autant. Mais cela ne l’a pas empêché de s’endormir un moment pendant la messe. Tss.

Ou bien prenez les musulmans chiites.

En Iran, un religieux haut placé, l’ayatollah l’hodjatoleslam Kazem Sedighi, a sérieusement affirmé, lors des prières du vendredi 16 avril, que les jeunes femmes qui s’habillent de façon trop séduisante ou font l’amour hors mariage étaient des fauteuses de tremblements de terre ! Admirez l’audace de son raisonnement : une femme légèrement vêtue provoque des remous émotionnels chez les mâles alentour (présumés d’ailleurs incapables de ne pas agir en conséquence… pas très flatteur pour eux). De même, la liberté sexuelle de l’humanité cause des troubles dans l’ordre de l’univers. Car tout est lié, forcément. Et rien n’arrive sans raison. Et tout ce qui arrive est un jugement divin. Allez prouver le contraire.

À croire (comme le suggère un commentateur sur Kabyle.com), que les vrais séismes que craignent les théocrates de Téhéran sont ceux de la jeunesse de leur pays, non les humeurs de la terre…

Internet n’a pas d’odeur

Michel Onfray (dans Le Monde du 17/04) a – encore – une dent après Internet. Et il essaie désespérément de l’opposer au bon vieux livre d’autrefois, jusqu’à friser le point Godwin.

Mais… Une « Littérature de vespasiennes », vraiment ?

Quelle ironie. On se souvient de la fameuse réponse de l’empereur : « Non olet. »

Internet, monsieur le philosophe, c’est comme la recette des taxes sur les toilettes publiques sous Vespasien : ça ne sent pas. Tout dépend de l’usage qu’on en fait.

Et si on peut lire aux cabinets avec une tablette électronique, il reste plus facile d’y emporter un bouquin en papier.

Voire même un quotidien de référence.