Archives quotidiennes : 18 avril 2010

La terraformation de notre planète laisse encore à désirer

L’éruption du volcan islandais Eyjafjallajökull est la catastrophe idéale : beaucoup de perturbations pour les grands de ce monde comme pour les gens ordinaires, des photos à couper le souffle, mais pour l’instant, heureusement, aucun mort.

Pas de panique ! L’Eyjafjöll au satellite : 3 cratères sous un nuage de cendres (Nasa).

Pas comme le récent séisme dans l’ouest de la Chine. Quelques 1400 morts, 10000 blessés et des dégâts considérables. Sans parler des retombées politiques possibles, dans cette région où habitent de nombreux Tibétains.

Ou les deux autres tremblements de terre majeurs enregistrés cette année, au Mexique et surtout en Haïti. À l’échelle de l’île, celui-là est au moins un cataclysme séculaire.

Mais l’Eyjafjöll (ou Eyjafjallajökull, si vous aimez la difficulté – ou suivez de près les médias anglo-saxons) ? Nonobstant l’animation fin-du-mondesque postée sur les blogues de Gaël et de Sarkofrance, on est encore loin du Krakatoa, dont les éruptions ont plusieurs fois perturbé le climat de la planète entière. Sa situation dans la zone intertropicale garantit en effet une répartition équitable (si j’ose dire…) du plumet de cendre dans l’atmosphère.

C’est du moins l’opinions des géologues (comme Evelyn, du blogue sceptique anglophone Skepchick, que je paraphrase ici).

L’Eyjafjöll est un volcan respectable, certes, mais tout de même moins dangereux, par la taille et la violence de ses éruptions jusqu’ici observées, que le Krakatoa, le Pinatubo ou le mont St. Helens. Et la zone affectée par les retombées devrait se limiter à l’Atlantique nord et les pays riverains.

Ce qui ne veut pas dire que nous en aurons bientôt fini avec ses manifestations. La dernière explosion historique de ce même Eyjafjöll a duré deux ans.

Ce qui n’est rien à l’échelle du globe terrestre.

Il faut dire que l’Islande est traversée par la dorsale médio-atlantique, une zone de remontée permanente de magma et d’expansion entre les plaques nord-américaine et eurasiatique, une zone de formation en continu de la croûte terrestre. Au milieu de ce « tapis roulant » à haute énergie, l’île est comme une marmite sur le feu. On parle même techniquement d’un point chaud !

J’aime bien les histoires de science-fiction qui parlent de terraformer d’autres planètes. Mars, le plus souvent. Mais on ne peut que constater que la planète Terre elle-même n’est guère adaptée à la présence de son locataire, Homo sapiens

Logique : au cours de l’évolution de humaine, c’est le contraire qui s’est produit !

’Eï-ya-fya-tla-yeuu-k’-tl

Le volcan islandais, vous savez ? Celui dont personne ne sait prononcer le nom mais qui a suscité une pluie de consonnes et de voyelles sur les pages web du monde entier ?

Eyjafjallajökull.

Maintenant, dites-le trois fois très vite.

Si, si, c’est possible ! Grâce à la diligence du blogue anglo-saxon Language Log, qui fournit une leçon de prononciation et quelques explications, clips audio à l’appui.

C’est en anglais, mais je recommande d’écouter la prononciation fournie par des locuteurs islandais. (Qui ont eu l’occasion de rigoler un bon coup en entendant les différentes façons qu’ont les présentateurs des médias internationaux de massacrer à l’antenne le nom de leur croque-mitaine géologique.)

Il y a même une vidéo YouTube pour aider les novices…

Précisons que la transcription en alphabet phonétique international est [ˈɛɪjaˌfjatlaˌjœːkʏtl̥].

Soit pour nous, à peu près : ‘Eï-ya-fya-tla-yeuu-k’-tl.

(Notez que la première syllabe a un fort accent d’intensité et la troisième un autre mais moins marqué. Le ö de jökull est un eu long comme dans meugler. Les difficultés principales sont le double ll, à prononcer comme le tl de Quetzalcoatl. Enfin, le u de jökull est une sorte de ou bref qui n’existe pas vraiment en français. D’après ce que je peux entendre, il est quasiment muet.)

Bon. Nous voilà enfin plus instruits.

Eyjafjallajökull.

(NB: Oui, je sais, on dit aussi Eyjafjöll (prononcer ‘Eï-ya-fyeuu-tl), qui est le nom du volcan lui-même, alors qu’Eyjafjallajökull est celui du glacier qui le recouvre, appliqué au volcan par métonymie. Mais d’après ce que je constate dans Google, le nom le plus employé est Eyjafjallajökull. Allez comprendre.)