Mauvaises pratiques en climatologie ?

L’affaire dite du « Climategate », vous vous souvenez ?

Eh bien, elle devrait se solder par un non-lieu s’agissant des accusations de manipulations de données lancées à grand renfort de tam-tam médiatique contre le groupe de scientifiques de l’université d’East-Anglia (Royaume-Uni), la Climatic Research Unit. Non, en fait, il n’y a pas de leur part eu de « mauvaises pratiques », conclut aujourd’hui une commission d’experts indépendants (BBC News).

Ci-dessus : Graphique publié par H. Grudd dans la revue Science. En rouge, sa courbe des températures d’origine. En noir, la version d’Allègre.

Pendant ce temps, c’est un autre ténor de la dénégation du changement climatique qui subit un coup de chaud : notre « climato-sceptique » national, Claude Allègre. Comme l’explique Sylvestre Huet dans {sciences²}, le blogue scientifique de Libération, l’auteur de L’Imposture climatique est accusé par d’autres chercheurs d’avoir falsifié une courbe indiquant les relations au cours des derniers siècles entre température moyenne et teneur de l’atmosphère en CO2.

Cette courbe, due au paléo-climatologue suédois Håkan Grudd, montre qu’au cours des XVIIIe et XIXe siècle, la température moyenne à la surface du globe était sur une courbe descendante, puis change de sens vers 1900, où elle se met à grimper. En parallèle, durant la même période, la teneur de l’atmosphère en dioxyde de carbone commence à augmenter à partir de l’an 1800 environ et ne cesse de croître depuis. L’hypothèse est donc que l’accumulation de CO2 dans l’atmosphère a atteint vers 1900 un seuil critique à partir duquel l’effet de serre est suffisant pour faire augmenter la température.

Mais dans la version d’Allègre, la courbe des températures diverge de celle de Grudd à partir de ce moment précis : d’abord elle monte moins vite, puis s’inverse même vers 1950.

Tout cela, proteste Grudd et ses collègues paléo-climatologues (spécialistes de l’étude des climats anciens à partir des traces qu’ils ont laissés dans les roches, glaces, fossiles, etc.), ne repose sur aucune nouvelle donnée ! Allègre aurait donc, dans son livre, falsifié des résultats. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois, puisqu’une paléo-climatologue britannique, Louise Sime, avait déjà accusé Allègre d’avoir déformé les résultats de ses travaux.

Pas joli, joli, monsieur l’ex-ministre !

Une réponse à “Mauvaises pratiques en climatologie ?

  1. Allègre n’est pas très sérieux dans ses bouquins, j’ai arrêté de le lire le jour où j’ai épuisé un criterium à annoter ses erreurs. Par contre, la fameuse pétition des « 400 » scientifiques adressée à Valérie Pécresse contre sa personne et celle de Courtillot n’a rien de scientifique et fait je trouve honte à la communauté. L’homme politique n’a pas à trancher un débat scientifique, son rôle n’est pas d’arbitrer les affaires des sciences. Après toutes les réformes catastrophiques de la recherche, ne l’ont-ils toujours pas compris ?

    De même que le « climategate » n’a aucun intérêt scientifique si ce n’est démontrer la mauvaise foi des climato-sceptiques.

    Dommage que le débat dénature plus la science qu’il ne la sert, l’exemple de ces courbes trafiquées en est un triste exemple…

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