Publier son livre numérique sans DRM avec Smashwords

Découvert au détour de Twitter, grâce à un message du blogueur philippin et passionné de science-fiction Charles A. Tan : c’est Smashwords, un site qui permet aux auteurs, mais aussi à de petits éditeurs, de publier des livres numériques et de les vendre sur Internet.

Précisons que le site est en anglais, mais permet aussi de publier dans d’autres langues. Avis aux francophones…

Le principe est un peu le même que celui de Lulu ou The Book Edition : une plate-forme d’auto-publication qui permet à M. et Mme Tout-le-monde de mettre en ligne leurs œuvres sans investissement de départ et sans apprendre la PAO.

Comment ça marche ?

  1. Vous avez un texte sur lequel vous possédez les droits de reproduction (ça va sans dire, j’espère…) et que vous voulez publier.
  2. Vous créez un compte Smashwords gratuitement.
  3. Vous préparez un fichier au format Microsoft Word en suivant les conseils du manuel (gratuit aussi) The Smashword Style Guide.
  4. Vous le transférez sur leur site (« upload », quoi) et remplissez les diverses rubriques – titre, résumé, genre, etc.
  5. Vous choisissez le prix de vente (l’option « gratuit » est disponible) et le ou les formats numériques sous lesquels vous voulez voir votre livre publié (PDF, Kindle, etc.).
  6. Le moteur de numérisation de Smashwords tourne.
  7. Une fois que c’est terminé, vous vérifiez et approuvez le résultat.
  8. Il ne reste plus qu’à attendre l’acheteur.

Et voilà. Votre livre numérique, ou e-book, ou livrel, est disponible à la vente publique ! Vous êtes un auteur du XXIe siècle !

En option, on peut choisir de mettre en vente le titre non seulement sur le site de Smashwords, mais aussi chez d’autres revendeurs en ligne, dont Sony et Barnes & Noble, avec qui Smashwords a signé un partenariat. Sont également annoncés pour bientôt Apple (iPad, mon bel iPad…) et Amazon.

Évidemment, pour les ventes effectuées par l’intermédiaire de tiers, il y a des frais supplémentaires : à la commission prélevée par Smashwords (15%) s’ajoute celle du vendeur partenaire, qui peut monter jusqu’à 50% pour des poids-lourds comme Sony ou B&N. L’auteur touche dans ce cas environ 1/3 du prix de vente au public, alors que pour une vente directe sur le site de Smashwords, c’est 85%. À chacun de décider si le surcroît de visibilité ainsi offert justifie de leur abandonner la part du lion.

Reste un gros bémol, pour les auteurs qui sont situés hors des États-Unis (comme la majorité de mes lecteurs, j’imagine) : si on vend son livre sur Smashwords et ses partenaires, il faut remplir un formulaire d’enregistrement auprès de l’IRS, le fisc américain. Sans quoi, Smashwords ne peut vous verser vos royalties.

À mon avis, à moins de vraiment vouloir devenir auto-entrepreneur, mieux vaut s’abstenir.

Mais, bon. À tout le moins, il faut noter que tout cela se fait sans vous infliger, ni à vos lecteurs, le moindre verrou numérique. Quand on sait que les DRM rendent les produits numériques plus chers et moins faciles à utiliser, on appréciera.

Personnellement, je ne pense pas utiliser Smashwords pour vendre des livres numériques, du moins dans un avenir prévisible. (Pour cela, voir plutôt Babelpocket.) Mais comme plate-forme de re-publication et promotion de textes que je mets déjà gratuitement à la disposition du public sous licence Creative Commons, et en parallèle avec Feedbooks, pourquoi pas ?

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