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On y est, le livrel commence à cannibaliser le papier!

Au niveau mondial, du moins, la tendance est nette pour la littérature dite «de genre»: SF, fantasy, romans à l’eau de rose… Là-dessus, il faut lire l’article de Nicolas Gary dans ActuaLitté, qui reprend sur un mode ironique le papier du magazine professionnel américain The Bookseller [en] à propos de l’enquête Nielsen Bookscan sur l’évolution des ventes de livres numériques entre 2009 et 2010.

Cannibaliser? Miam!

Bon. Quand on dit «mondial» dans cette enquête, entendre surtout «Amérique du Nord». Même si on sait par ailleurs que les livres numériques marchent aussi très bien au Japon, en Corée du Sud, et de plus en plus en Chine, où sont de toutes façons fabriquées la plupart de ces machines…

Mais c’est évidemment surtout une tendance lourde au pays d’Amazon.com, qui se fait discret sur les parts de marché du Kindle, et pour cause… (The Digital Reader [en].)

Et les éditeurs français, dans tout ça? Ben… Ils auraient tort de se bercer d’illusions sur le fait qu’Amazon, le «Godzilla des ebooks», n’a pas les mêmes parts de marché dans notre pays. Le Kindle est disponible en France, même s’il ne peut permettre de bénéficier des mêmes avantages qu’aux USA (notamment la connexion sans fil gratuite à la boutique en ligne, pour télécharger des livrels sans passer par un ordinateur).

Car nous ne sommes pas épargnés par la révolution des tablettes. Faut-il vraiment épeler le nom de la machine qui a bouleversé le secteur? Cela commence par i

À ce propos, voilà une autre statistique qui devrait faire chaud au cœur des éditeurs de France et de Navarre: l’application iBooks pour iPad est plus populaire que Facebook et Twitter! (Source: The Bookseller [en], encore une fois.)

Bref, pas de panique. Ou plutôt, au lieu de regarder ces chiffres de la littérature d’évasion grand public aux USA avec une inquiétude mêlée de mépris et d’un vague soulagement, nos amis les éditeurs de littérature «blanche» auraient plutôt intérêt à en prendre de la graine. Le public est prêt à passer au numérique, si c’est pour lire des trucs qui le passionnent, à un prix raisonnable. (Pourquoi en les sagas de fantasy et de SF et les romans d’amour? Parce que le concurrent du numérique est souvent le mass market paperback, un poche bon marché qui n’a ni grand attrait esthétique, ni guère de valeur à la revente. Donc acheter en numérique ne fait pas perdre grand chose.)

Question machines, c’est bien simple: les choses évoluent très vite. Il y a des convergences entre d’une part tablettes et téléphones multifonctions («smartphones», quoi), et d’autre part entre les tablettes multimédias (type iPad, Archos, Dell…) et les liseuses spécialisées, celles qui sont construites autour d’un dispositif d’affichage sur papier électronique («e-paper»). Les liseuses de dernière génération sont désormais souvent tactiles et incluent le Wifi et/ou la 3G.

Conseil pratique: pour se tenir au courant, rien de tel que le blogue eBouquin, en français.

Non, maintenant, la balle est bien dans le camp des éditeurs. Parce que si cette année 2010 a vu le phénomène de la «rentrée littéraire numérique», le reste du catalogue des éditeurs français est encore loin d’être numérisé. Dommage.

Surtout que l’autre raison du succès des littératures populaires en édition numérique outre-Atlantique (outre le côté addictif des séries, et un prix assez compétitif par rapport au papier), c’est que les éditeurs y sortent depuis des années de très nombreux titres, et que ce n’est pas près d’arrêter!

C’est fou, non? Donnez le choix aux gens, et ils sont tout de suite un peu plus intéressés…

Lecture numérique, la grande question: «Mais est-ce que ça marche avec…»

Je savais bien, en publiant mon billet sur la plate-forme numérique des éditions du Bélial’, que l’une des premières questions porterait forcément sur la compatibilité avec telle ou telle tablette à la mode. La seule incertitude restait la marque. Kindle? Sony? iPad? Eh bien voilà, ce fut l’iPad.

Ah, ce réflexe de réclamer aux blougueurs un service après-billet!

Bon. Rien que de très normal, vous me direz. À nouveaux modes de lecture, nouvelles habitudes à prendre, et cela nécessite un apprentissage… Et comme je suis bonne (et que j’aime les livrels, les liseuses et tout ce qui va avec), voici trois petits trucs à noter pour qui veut savoir avant d’acheter si telle webrairie pourra alimenter, sans trop de prises de tête, leur machine à lire personnelle:

1) Vous êtes sur le site de l’éditeur, du libraire ou de la plate-forme numérique Truc? Il y a probablement une page de F.A.Q. (Foire aux questions), ou Aide, ou même un forum d’utilisateurs où on peut échanger des tuyaux. (Exemple: dans le cas du Bélial’, c’est un forum. Et le sujet consacré à la plate-forme numérique est ici.)

2) Vous avez votre liseuse ou tablette avec vous? Repêchez au fond de la boîte le manuel d’utilisation! Si vous ne l’avez plus, ou si c’est un manuel sous forme de fichier numérique, chargez ce fichier à l’écran. Au pis, vous pouvez toujours vous rendre sur le site du constructeur, qui devrait avoir lui aussi une rubrique d’aide. (Dans le cas des liseuses électroniques de Bookeen, que je connais bien, il y a un manuel numérique dans l’appareil plus une F.A.Q. sur le site.)

3) Enfin, puisque vous lisez ceci, vous êtes sur Internet: essayez donc de poser la question dans votre moteur de recherche favori! Dans le cas de l’iPad et de la webrairie du Bélial’, qui offre des livrels aux formats epub et PDF, il suffit de taper dans (allez, au hasard, Google) les mots clefs «iPad + epub» ou «iPad + PDF» pour atterrir, dans la première page de résultats, sur des sites qui donnent la réponse. (Pour le PDF: ActuaLitté. Pour l’epub: eBouquins ou iClarified.)

Profitons-en pour faire la pub de Calibre, un gestionnaire de bibliothèque numérique (un biblioticiel?) qui a l’avantage d’être un logiciel libre et de savoir presque tout faire, y compris synchroniser avec divers appareils (dont l’iPad) et convertir d’un format de livrel dans un autre (dont l’epub). Seul défaut: l’interface est en anglais. Mais la prise en main est très, très simple.

Oh, et une dernière chose: je peux personnellement garantir que les fichiers epub téléchargés sur e-Belial se lisent très bien sur le Cybook Opus de Bookeen. Testé et approuvé. ;-)

P.S. C’était là une liste rapide des ressources en français. Pour ceux qui lisent la langue de Steve jobs, il y en a une à ne pas manquer: les forums et wikis de Mobile Read. C’est d’ailleurs là que j’ai découvert Calibre.

Le livre numérique dans tous ses états, avec Hervé Le Crosnier

La formation permanente est sur la Toile, et ça décape! Si vous deviez ne visionner qu’une seule conférence vidéo sur le livre numérique cette année, que ce soit celle donnée le 21 juillet par Hervé Le Crosnier et mise en ligne par l’ADBS (association professionnelle de documentalistes):

Ancien bibliothécaire, maître de conférences à l’Université de Caen, où il enseigne les technologies de l’Internet et de la culture numérique, Hervé Le Crosnier est aussi éditeur. Il connaît donc bien tous les dessous de la «chaîne» du livre ainsi que son marché, aussi bien dans sa version imprimée que dans ses diverses déclinaisons numériques.

Attention, il y a sept segments, tous disponibles sur la chaîne DailyMotion de l’ADBS:

  1. L’objet «livre numérique» (ergonomie, fonctionnalités…);
  2. La chaîne du livre numérique (qui n’est ni celle du Web, ni celle de l’imprimé);
  3. L’économie globale (rentabilité, modèles économiques, etc.);
  4. Ergonomie et fabrication (les normes de fait et leur évolution);
  5. Questions-réponses 1, 2 et 3.

(Source: Aldus.)

Ce qui est passionnant avec le livre numérique, mais qui rend aussi le sujet casse-gueule, c’est qu’il pose à se reposer toutes les questions que l’on croyait fixées de toute éternité.

Une nouvelle technologie de lecture? C’était déjà le défi rencontré à la fin de l’Antiquité avec la lecture silencieuse! Et ne parlons pas de la lecture sur ordinateur. Comme le fait remarquer Le Crosnier, regardez ce que vous imprimiez il y a dix ans, et aujourd’hui…

Et puis, vient la question du mode de rémunération. La frontière est de plus en plus floue entre objet et service avec le livre numérique. Payer les livres au volume, au chapitre (retour du feuilleton?), par abonnement auprès d’un éditeur? D’une plate-forme (du genre Amazon ou Apple)? Par une redevance ajoutée à l’accès Internet? Tous ces modèles n’étant d’ailleurs pas mutuellement exclusifs.

Reste à se rappeler que même si le livre numérique fonctionne dans une économie de l’attention, le métier de lecteur n’est seulement celui de client, c’est aussi un prescripteur. Trop «protéger» un livre contre le piratage, c’est risquer de se priver de cette interaction.

La question du multimédia est bien sûr évoquée, mais plus intéressant, peut-être, du point de vue de l’amatrice de lecture invétérée que je suis, c’est la question de l’organisation de bibliothèque personnelle. La bibliothèque du futur pourrait bien être en ligne, annotable, partageable, accessible depuis n’importe quel point d’accès au réseau (ordinateur, tablette, téléphone), et hébergée sur le «nuage» de Google…

Eh oui, ce genre de service universel et gratuit (mais ouvert sur diverses formes de monétisation) existe déjà – et il s’appelle Google Books. Ce qui, il faut l’avouer, n’est pas vraiment une surprise.

Bookeen + ILV + Ubuntu = une liseuse libre ?

Attention, Amapple et autres Googazon : la résistance s’organise… Enfin, l’offre alternative s’élargit ! Témoin celle signalée par PC INpact aujourd’hui : deux sociétés françaises, Bookeen (à qui on doit les très chouettes Cybook Gen3 et Opus) et In Libro Veritas (éditeur et prestataire d’auto-édition proche de la philosophie "libriste" – ayant notamment publié La Bataille d’Hadopi) s’allient pour proposer en pré-commande jusqu’au 20 mai le petit ILV Opus, un "e-reader libre", décliné en plusieurs couleurs et configurations, pour 199 € et pas un centime de plus… Et bien sûr, sans DRM.

Pour ceusses qui auraient suivi l’actualité récente de Bookeen, il ne sera pas difficile de reconnaître la nouvelle déclinaison multicolore du Cybook Opus. Les caractéristiques techniques sont sans surprise (technologie E-Ink, écran 5 pouces – non tactile, attention – et 4 niveaux de gris, résolution 600×800, 1 Go de mémoire flash, affichage portrait ou paysage, lecture des formats standard Adobe PDF et epub). Les changements résident, outre dans le choix de plusieurs couleurs pour la coque, dans une nouvelle version du logiciel embarqué (firmware, d’ailleurs aussi basé sur GNU/Linux), pour plus de fiabilité et de rapidité, à ce qui est annoncé.

Et bien sûr, si on achète l’édition spéciale chez ILV, on peut choisir de recevoir son Opus avec un choix de livres numériques déjà présents en mémoire. Plusieurs choix possibles, selon les goûts, dont :

  • La version "Ubuntu", comprend le livre de référence Simple comme Ubuntu, de Didier Roche, plus la distribution Lucid Lynx prête à l’installation ;
  • La "Sélection ILV-Bibliothéca", avec plusieurs des titres phares édités par ILV (dont Internet et Création, Le Hold-up planétaire, etc.) ;
  • Enfin, plus classique, mais ça ne fait pas de mal, une "Sélection domaine public", avec des œuvres de "jeunes auteurs" comme Shakespeare, Homère ou Victor Hugo, histoire de bien débuter une e-bibliothèque.

Pas de sans fil ? Pas d’écran tactile ? Pas de quoi faire trembler Googappfnamazon ? Et alors ? C’est une liseuse, pour les gens qui aiment lire, et qui souhaitent pouvoir emporter partout avec eux leurs livres de chevet ou de référence – et sans avoir à s’enquiquiner avec des verrous numériques, évidemment !

Attention, les tablettes tactiles arrivent

Parce qu’il n’y a pas que l’iPad dans la vie, PC INpact a eu la bonne idée de faire un tableau comparatif des principales concurrentes qui se bousculeront bientôt sur le marché français. Asus EeePad, HP Slate, les PC Tablet et Home Tablet d’Archos, la futur bébête de Google… Plus une certaine JooJoo, du constructeur singapourien Fusion Garage.

Celui-ci a déjà défrayé la chronique : le blogueur Michael Arrington (TechCrunch), qui a travaillé sur le développement de la tablette, accuse FG accuse d’avoir volé ses idées. À suivre.

On aurait enfin trouvé l’œuvre des cinq gus dans leur garage…

Un grain de prudence, tout de même : la plupart de ces machines ne sont pas encore disponibles, soit qu’elles n’existent qu’en version US (l’iPad), soit qu’elles restent en cours de développement (HP Slate, Google Pad). D’autres sont annoncées, mais pas encore en magasins. Les caractéristiques annoncées sont donc sujettes à révisions.